Vacances au pays basque (4) – Hondarribia

Une nouvelle excursion sur le sol espagnol.

A quelques km de la frontière – en face de Hendaye – se trouve la ville de Hondarribia (que j’avais déjà vu en 2012 mais à l’époque en mode rapide). Là, c’était initialement pour prendre la ville comme départ pour une randonnée. Nous apprenons en arrivant que la ville (?) aurait été être classée parmi les 20 plus beaux villages d’Espagne et finalement – ce n’est pas usurpé (remparts, église, place des armes…) .

En nous baladant – je rappelle, avec le souhait de commencer une randonnée – nous avons « découvert » une rue jonchée de bars et restaurants tapas (pinxtos), avec des queues immenses de gens qui attendaient tranquilou des places assises, ce qui nous a donné envie de retarder le début de notre rando et plutôt faire une croix sur des sandwichs et de nous restaurer comme les espagnols.

Ainsi le départ pour la randonnée a été retardé de deux heures – et nous n’avons « fait » moins de km qu’initialement prévu.

Après un petit total de 8 km nous sommes retournés en ville, en passant par la (belle) plage et en retraversant la ville.

Franchement – ils savent vivre ces espagnols !

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Feu

Un roman comme une déflagration.

Une histoire d’adultère-d’amour déclenchée par une sorte de coup de foudre entre Laure, professeure universitaire, mariée avec 2 enfants et Clément, quinquagénaire célibataire, cadre supérieur dans une banque, vivant seul avec son chien et n’ayant pas encore résolu un petit problème œdipien.

Présentation de l’Editeur (Fayard) – 4e de couv’

Laure envie, quand elle devrait s’en inquiéter, l’incandescence et la rage militante qui habitent sa fille aînée, Véra. Clément n’envie personne, sinon son chien. De la vie, elle attend la surprise. Il attend qu’elle finisse. Ils vont être l’un pour l’autre un choc nécessaire.
Saisis par la passion et ses menaces, ils tentent de se débarrasser l’un de l’autre en assouvissant le désir… Convaincus qu’il se dompte.

Dans une langue nerveuse et acérée, Maria Pourchet nous offre un roman vif, puissant et drôle sur l’amour, cette affaire effroyablement plus sérieuse et plus dangereuse qu’on ne le croit.

Depuis des années j’aime lire des romans sur le couple, l’amour, la passion, romans écrits par des femmes et ceci pas seulement pour percer un tout petit peu le « mystère » de la femme et de l' »alchimie » foudroyante qui peut se produire entre 2 personnes dissemblables.

La rencontre de 2 personnes, qui ne se connaissent ni d’Adam ni d’Eve, pour les besoins de la préparation d’un colloque (elle voudrait qu’il y intervienne) ouvre la brèche dans la vie d’une femme marié (une fille née d’une aventure d’un soir – une autre de son mariage avec Anton, médecin généraliste). Cette rencontre est décrite par Laure et ne se déroule finalement pas aussi professionnellement qu’initialement prévu par elle :

…..Tu t’étonnes de ces mains de fille nouées par erreur au corps d’un homme. Doigts frêles, attaches poncées, phalanges adoucies, et sous la peau trop fine pour en masquer la couleur, les veines sont enflées. La droite s’agitant au-dessus des olives et du pain, tu vois remuer un muscle vulnérable, d’enfant, qui bientôt tremble quand il soulève la carafe. Tout ceci est très fragile et pourrait se briser dans un geste un peu vif. Tu penses qu’il serait incapable de t’étrangler. Tu notes les ongles limés court, l’annulaire sans alliance ni trace de, les extrémités blanches, exsangues, et presque mauves. Chez lui le retour du sang au cœur se fait mal et par à-coups. Entre la malléole et le drap sombre du costume, tranchent deux centimètres de coton épais, immaculé. Tu supposes une chemise étroite lavée une fois, portée deux. Maximum. Tu voudrais soudain voir le reste sous la laine froide. Alors regarde ailleurs, s’affole ta mère dans la tombe, depuis les femmes correctes et aliénées. (p.8)

Tout y est dans ce (presque) début de roman – la langue vive, le fait qu’elle dis « tu », qu’elle se parle à elle, observation au scalpel – ainsi que la voix de la mère ( « mais fous-moi le camp, s’époumone maman de sous la dalle, depuis les femmes éteintes mais renseignées » – p. 15 ou « Silence bobonne, t’ordonne au ciel la mère de ta mère, celle qui fit la vraie guerre, apprends-lui simplement à faire sauter les boutons-pressions d’une seule main, la vie est courte et Roland Barthes inutile. » (p. 59 – il y’en a plein comme ça…)

Chirurgie esthétique des mamelons Lyon | Jean-Marc TOROSSIAN
la 1ere de couv’ m’a fait penser aux auréoles – pardon je n’y vu que du feu

Surprise ensuite dans le chapitre suivant (aisément repérable puisque date, heure, température, FR, FC et TA mesuré par sa montre ouvrent le ballet comme ici : « 23 juin, 07:15, TC 36,6°, FR 17/min, FC 82/min, TA 16″ p.65): un aperçu de la même scène par l’homme, cynique, blasé, imbue de lui-même, célibataire maniaque endurci et (surtout) monologuant à son chien dénommé « Papa » – et ces paroles sont à des km-lumières de ce qu’on vient de lire avant.

« Elle m’a écrit. La fille de la serre, la bizarre, la d’hier. …Elle m’a écrit la première, d’habitude elles attendent. Elles attendent longtemps dans la mesure ou elle ne savent pas, ce n’est pas criant que je suis quasi mort, elles attendent que ça bouge dans la tranchée d’en face… » (p. 38)

Et voilou les bases d’une douche chaude-froide sont jetées. L’auteure ne peut guère sortir des ornières du schéma ultra-usé du triangle classique des adultères (la critique pro’ du livre parle souvent de Flaubert – moi j’ai pensé à Annie Ernaux, ou la « Conversation Amoureuse » (Ferney) ou aussi ma « chère » Camille Laurens ….)

Toutefois, trame à part, Maria Pourchet nous offre qqchose de nouveau – avec des accents Covodiens par ailleurs – ça se passe en 2020 et sous les masques (le mari on l’entendra peu, de Vera, l’une des deux filles on entendra et verra nettement plus). C’est que le tout se pare d’une vision très noire de notre société (vie au bureau/dans une banque – les relations humaines dans une boite; travail d’une maître de conf’)….

La Chambre bleue, de Mathieu Amalric
La chambre bleue

« Je lui adresse au-dessus du gobelet, le regard du clan de ceux qui baisent les femmes des autres tandis qu’ils, les autres, pour leur payer à elles, celles qu’on baise, une baraque à peine décente. Un regard d’ordure ultralibérale qui fatiguée du choix des corps dévalués par le libre accès, du choix immense des femmes libres gratuites qui ne demandent rien, ni argent, ni protection, ni job, ni paroles, ni pardon, tape dans les femmes interdites. » (p.100)

La langue – parfois juste des substantifs, un staccato sténographique dans la bouche de Clément – m’a un peu déconcerté au début (ce n’est pas un langage châtié) – , mais elle avait le « don » de m’entrainer comme dans un maelstrom dépeignant encore mieux que 10 phrases l’état psy des personnages.

Quelques highlights à côté des douches froides (et attristantes) que sont les chapitres des monologues de Clément devant Papa (tout en restant muet devant les « cris » de Laure – Mais parle moi ! Dis moi quelque chose ! Ne reste pas muet….) : la diégèse d’Andromaque par Vera (« Andromaque, dit-elle, ex-bombasse du palais, n’a pris que des râteaux mais continue à vous regarder de haut, c’est la reine... », la séance du jury pour un poste de Maître de conf, la soirée « Lorenzaccio », mais aussi de petites scénettes glaçantes, comme quand Laure couche avec son mari, ou aussi les vues désabusées sur le monde de la finance…….

« Vous restez sur le canapé. Bientôt sur le corps lourd d’Anton, tu parviens à trouver en fermant les yeux la clavicule coupante de Clément, le fantôme de l’étreinte qu’il t’a refusée tout à l’heure. Et c’est vraiment ça l’obscénité, la vrai. Prendre le corps de l’autre comme une roue, aller se faire sauter en rêve. » (p. 208/209)

Enfin une nouvelle voix pour l’éternelle « boy meets married girl » – réjouissante, touchante, remuante, triste, cynique, amusante… et qui nous emmène aussi en Toscane/ à Sienne (mais ce ne sera pas romantique).

Vu dans une boutique à Sienna

J’apprends également que ce roman se trouve dans la 1ere sélection du Goncourt 2021 (16 livres).

PS (en date du 13.9.2021) : les critiques de la « Masque et la Plume » ont dans leur émission d’hier (12.9.) unanimement encensé ce roman… ce qui n’était pas le cas pour les romans de Marie Darrieussecq, ni de David Diop, de Kazuo Ishiguro ou de Tanguy Viel…. Ca vaut ce que ça vaut… mais m’a surtout conforté dans mon sentiment positif.

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Vacances au Pays Basque (3)

Un petit tour ou plutôt une petite journée du côté espagnol.

On s’était fait tout un cinéma pour le passage de la frontière – Covid oblige – mais que nenni, on passait comme une lettre à la poste.

Nos amis ont choisi un petit tronçon (GR 121) du camino de compostella entre Zumaia et Getaria (à l’ouest de San Sebastian – env 55 minutes de route à partir de Saint Jean de Luz.

Nous avons fait un aller-retour pour changer de perspectives – chemins entre les vignes, quasiment toujours vue sur la mer, verdure partout. Pas de vrais dénivelés mais toujours des montées et descentes qui doivent être fatiguant pour les vrais Compostellistes dont nous avons croisé pas mal.

Montée au-dessus de Zumaia une petite ville dont nous avons dégusté la plage après notre retour (photo en entrée de l’article)

Picnic devant l’église de San Prudencio avant de prendre notre café à Getaria – après un tour dans la ville (que j’ai déjà visité en 20212) – et dont j’avais ben gardé en mémoire l’église avec la tombe du navigateur Juan Sebastián Elkano, le premier homme qui a fait le tour du monde.

Le véritable clou de la journée a été toutefois la plage de Zumaia avec ses fameux Flysch.

Nous avons fini notre journée sur la terrasse des amis de nos amis à Saint-Jean-de-Luz – j’ai adoré leur appartement, sa déco et sa vue…. Discussions animées (lui est de Lille elle une vraie basque et ils ont quitté Grenoble pour s’installer ici).

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Lectures malgaches

Pendant les vacances j’ai lu, dans le cadre de la 2e lecture de livres candidats au Prix Caillé, deux petits ouvrages traduits (du malgache) par Johary Ravaloson.

Cette « fiche de lecture » n’est en aucun cas l’expression de notre jury et ne reflète que mon opinion. Je m’abstiens bien entendu de parler de la traduction qui fera objet de nos débats en octobre.

Fofombadiko/Ma Promise

Présentation

Roman d’amour reprenant les obsessions de l’auteur pour la fiancée éternellement recherchée, l’ouvrage éclaire aussi l’époque mouvementée de 1947 sur la côte Est de Madagascar et les relations complexes entre colons et rebelles. C’est la première fois que l’œuvre d’Andriamalala est traduite.

Ma Promise d’Emilson Daniel Andriamalala (1918-1979) – un auteur malgache célèbre – est la traduction (par Johary Ravaloson) de Fofombadiko, roman écrit en 1954 et publié en 1962. Le livre se trouve depuis quelques années dans le programme des écoles et est – selon ce qu’on lit sur le net – une référence poétique et romanesque de la littérature malgache.

Le narrateur s’adresse à une femme qu’il n’a pas su ou réussi à conquérir puisqu’elle pense encore à un homme aimé idéalisé qu’elle pense disparu. Le narrateur déroule le cheminement de leur histoire (d’amour) et y mêle passé et présent, l’insurrection de 1947, le pouvoir colonialiste (les Français) et/ou les « Sénégalais » et dresse un portrait de la multitude des populations malgaches (Merinas, Betsimisarakas, colons français etc)

Scènes réalistes, rêves, violences, aperçu historique (chapitre 15) ou d’une société patriotique et divisée et enfin descriptions d’une nature pour nous « exotique ».

Ce qui à mon avis manque au lecteur (aussi bien français qu’allemand comme moi) pour mieux saisir le contexte (historique et social) c’est soit un avant-propos (qui aurait pu présenter l’auteur) ou un aperçu de l’insurrection (qu’il faut/fallait trouver soi-même dans l’internet).

Parfois, sans ancrage et/ou repères, le lecteur se perd un peu dans le mélange de réflexions philosophiques et religieuses (ahh! ces religions « importées » qui s’opposent aux gardiens des connaissances rituelles et superstitions (Ombiasy) mais on sort des 204 petites pages de cette fresque enrichie d’une ancienne voix (qui semble encore résonner aujourd’hui)

Lance-Pierre

Présentation :

Avec tendresse et humour, ce recueil de onze nouvelles nous plonge dans le quotidien des Malgaches sans cesser de nous étonner. Soamiely Andriamananjara excelle à faire saisir l’extraordinaire d’existences banales, douceur et violence s’y conjuguant en continu. Une voix contemporaine, qui sait s’imposer en murmurant.

Ce recueil de 11 nouvelles de Soamiely Andriamananjara (également traduit par Johary Ravalson) – vit actuellement à Washington DC (il est économiste).

Les nouvelles – inégales, comme souvent dans ce genre de recueil – avec des titres comme « Lance-Pierre » (la 1ere qui donne le titre de cet ouvrage et dresse le tableau d’une société à deux vitesses) ou « Solivophone », « La fille aux baskets violettes », « Rouge-gagnant », « Le portefeuille » ou « Herizo S. Razoharimanga, coiffeur » (une de mes préférées) – c’est en effet drôle d' »entendre » un homme dire à longueur de phrases qu’il ne sait pas argumenter mais qui sait si bien parler et se défendre.

Toutes les nouvelles se déroulent à Antananarivo (« belle ville ») se passent dans un présent proche, de toute façon plus proche que le roman « La promise » s’articulant lui autour de l’année 1947.

C’est une manière très simple et agréable d’avoir un aperçu des divers aspects de la société malgache… et un moyen formidable de sortir du nombrilisme des auteurs français et de « voyager » un peu.

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Vacances 2021 – Pays Basque (2) – Cambo-les-bains & La-Bastide-Clairance

Programme de contrastes …. après les villes un peu de campagne.

Une journée en 2 étapes à l' »intérieur » du pays – à travers ses collines d’un vert magnifique, ses petites routes sinueuses….

Cambo-les-Bains

Dans cette petite ville nous nous sommes limités à visiter l’église Saint-Laurent, édifiée au XVIIème siècle. A l’extérieur déjà un beau point de vue et des stèles discoïdales. L’intérieur est typique des églises basques (nef unique et trois niveaux de galeries sculptées).

Ensuite après une petite balade (sans passer par les thermes) et avons poursuivi (en voiture) la fin de matinée à la villa Arnaga la demeure qu’Edmond Rostand s’est fait construire.

Villa Arnaga

Ce bâtiment et son parc impressionnant (une sorte de Versailles en petit – avec un jardin à la française et un de type anglaise – Rostand a fait venir des arbres de toute l’Europe). Visite de l’intérieur aussi (la demeure a 40 pièces et a été construite de 1903 à 1906 – jardin inclus – ce qui semble assez rapide quand je vois la durée d’une « simple » rénovation de maison telle que je la vis actuellement)

Quelques beaux tableaux, pleines de lettres, une belle bibliothèque et des chambres au goût aussi bien de Monsieur que de Madame.

Nous déjeunons au centre ville sur une terrasse – et repartons cette fois-ci direction

La Bastide Clairence

Louis 1er roi de Navarre avait de son temps décidé d’implanter sur son territoire des Bastides et c’est une véritable joie d’arpenter les rues ( de plus pas trop de monde (et surtout pas de trop plein de magasins !)

Là aussi une belle église – on marchait sur les tombes…

Le soir rdv avec des amis de S&M pour dîner au meilleur restaurant d’Ahetze Hiriartia et préparer notre sortie avec eux le lendemain.

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Vacances 2021 – Pays Basque (1) – Saint-Jean-de Luz – Ciboure – Sentier littoral

Après la Bretagne Cap vers le sud – 11h pour faire 650 km (sur autoroute !)

Retrouvailles avec nos amis S&M. L&M ne pouvaient malheureusement pas nous joindre…. Location à Ahetze dans une maison (trop chère pour les prestations mais on s’était pris très très tard…) – toutefois bien située pour faire la découverte aussi bien de l’intérieur du pays que de la côte.

Le temps étant sous le signe de la grisaille – du ciel bleu seulement à partir de vendredi (!) – et de dimanche à mardi « même » sous le crachin. Ce qui nous a pas empêché de faire des randonnées sur les parties du chemin littoral qui n’ont pas été frappé par l’interdiction préfectorale (les côtes sont mal stabilisées et s’écroulent… – vive le dérèglement climatique)

Chemin littoral entre Guethary et Saint-Jean de Luz…..

Ciboure

« Retrouvailles » avec une petite ville ou j’ai passé trois jours en camping il y a 9 ans…. dommage que le chemin littoral était fermé.

Saint-Jean-de-Luz

Immuable – toujours belle et toujours surfréquentée. Dans une petite rue par contre un glacier d’excellence « Moustache« …Balade sur la pointe de Sainte Barbe et la vue sur la « concha »….

Les plages étaient assez fréquentées – mais bous avons fait l’impasse…

La suite la semaine prochaine……

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Vacances 2021 – Bretagne en Août

3 semaines de vacances. Avec pas mal de route.

1ere semaine « babysitting » de notre dernier petit-enfant T. près de Vannes (Arradon). Pour ne pas faire la route d’une seule traite, une halte à Angers.

Ville très agréable – comme presque toutes les villes au bord de l’eau…..- par ailleurs nous avons dormi à l’Hostellerie Bon Pasteur …… un ancien couvent dont certains critiques disaient sur des sites que c’était comme dans une auberge de jeunesse, mais c’était nettement mieux et surtout d’un excellent rapport qualité/ prix – à part peut-être le réfectoire pour le pdj qui me rappelait les auberges de jeunesse en phase avec le ‘bon pasteur’….mais on y était pour dormir et pas pour passer une semaine en Spa, et franchement c’était farpait.

Le lendemain direction Rochefort-en-terre un petit village charmant, un peu trop envahie par des touristes (pleines de boutiques d’articles ‘inutiles’) mais gardant sous la perte de son « authenticité » quelques beaux coins.

Après un déjeuner en terrasse (Crèpes – et à notre surprise nettement moins cher qu’à Grenoble) parti vers le « Nord » direction La Gacilly ou il y a chaque année une exposition de photos en plein air, qui cette année tyitrait « Plein Nord ».

Je ne m’attendais pas à ça. C’était formidable – même sous la pluie.

Des photos « partout » – et je dirais pour tous les goûts.

Ainsi bluffé j’étais pas le photographe Erik Johansson (photographies surréalistes) avec ces idées surprenantes et enchanteures.

Ou toutes ces photos dans les paysages glaciales…*

et un peu plus loin un reportage sur les papillons …..

Un vrai enchantement.

Nuit à – dans un Hôtel à Guer en face de l’Ecole Saint-Cyr et dîner pas loin de là.

Le lendemain petit tour à Ploermel sur le circuit des Hortensias dessiné autour d’un Golf et le long le Lac du Duc.

Circuit agrémenté par des œuvres landart dans/sur le Lac.

Halte et déjeuner à Damgan – avant d’arriver à Arragon pour voir notre fille (son mari) et T.

T. s’est laissé bien trimballer – c’est un garçon « facile » – donc promenades soit en poussette (Thule) ou porte-bébé lelong les chemins à 5 minutes de la maison (ou – c’était le cas pour Baden – à 15min de voiture…)

Sur l’Ile Berder il faut faire attention aux marées – bon nombre de personnes se font chaque année piéger et doivent rester sur l’Ile s’ils ratent la descente.. ou se font débarquer par les pompiers. On voit là une famille qui (avec l’aide de 3 personnes) passent ‘tout juste’.

(suite : Pays Basque

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La beauté dure toujours

La beauté dure toujours

Présentation de l’Editeur (Gallimard)

« Dans cette ville de cyniques, où personne ne croit en rien de peur de se faire avoir, je voudrais parler de Felice et Noé qui sont les seules personnes de plus de vingt-cinq ans à croire à ce qu’ils vivent. Je voudrais parler de ça, de l’amour d’un homme et d’une femme, parler de l’impossible qui a lieu, parler de ceci qui n’a aucun témoin, de ceci tellement intime qu’il est invisible à ceux qui ne le vivent pas, je voudrais parler de ceci dont on ne peut qu’interpréter les signes ou inventer les scènes. Je voudrais savoir pourquoi deux personnes peuvent rester côte à côte, se frotter longuement l’une à l’autre, et y prendre plaisir ; et continuer pendant des années. » Lors d’un été de canicule, secoué par la crise des Gilets jaunes, un romancier désabusé veut croire qu’on peut encore écrire sur le grand amour. Et le vivre. Felice et Noé, une avocate et un dessinateur que tout semble séparer, l’entraînent alors dans le secret de leur couple : le goût du risque, la soif de désir et de beauté. Avec ce roman d’enquête intime, Alexis Jenni choisit la ligne claire et dessine l’amour dans toutes ses dimensions, sensuelle et spirituelle.

Drôle de roman qui tour à tour envoûte et/ agace.

La littérature (internationale) regorge de romans sur les débuts de l’amour ou des moments d’exaltation et nous offre pléiade d’écrits sur le délitement d’un amour, les phases mélancolico-dépressives qu’il déclenche. Mais qui parle du couple et de l’amour qui perdure ? Alexis Jenni essaie de capter ce qui fait qu’un couple dure, mais il en fait un peu trop et se perd aussi dans des méandres que d’autres lecteurs que moi ont interprété comme la tentative de remplacer ou plutôt faire mieux qu’Houllebecq.

Son « dispositif » : un narrateur-écrivain (qui par ailleurs va un jour déjeuner avec Houllebecq – et il l’éreinte !) propose un nouveau livre à son Editeur et va observer deux amants ( Noé – un dessinateur et Félice, avocate – qui sera particulièrement touché par les laissés pour compte des gilets jaunes).

« quand je les vois ensemble, je sens un mouvement particulier de l’air qui me donne des frissons sur l’avant-bras, qui me donne une envie d’écrire. » (p.43)

Les deux se sont rencontrés 12 ans auparavant – dans une galerie dans laquelle Noé a exposé ses œuvres. A ce moment Félice est (encore) marié. La scène est vu des deux protagonistes (qui parlent à tour de rôle – avec de temps en temps les réflexions du narrateur)

 C’est Noé qui est venu. Il fallait qu’il vienne car sans lui je ne m’en serais pas sortie, il fallait que quelqu’un vienne et me prenne et me sorte pour dénouer l’enchantement qui me retenait prisonnière dans la grotte de mon mari, dans antichambre du royaume des morts dont il avait fait recouvrir les murs de moquette épaisse pour que l’on n’entende pas crier, ni pleurer, ni les remerciements éperdus qui étaient bien pires que des pleurs. Sortir de là, je n’aurais pu le faire seule ; j’attendais que l’on m’emporte. » (p.68)

Le lecteur passe ainsi d’une voix à l’autre comme dans un musée des mots/maux changeant de perspectives, remplissant les vitrines d’exposition de métaphores et de reflexins.

« L’amour laissé à lui-même c’est un oiseau qui se lance dans le vide (chez « Carmen » c’est un oiseau rebelle – nda) en déployant ses ailes, et tout content de voler, de voir le monde de haut, il ne pense plus à bouger une fois qu’il est en l’air, il profite du moment. Il croit voler, mais plutôt il plane, au bout d’un moment il se pose. – Mais qu’y faire ? – Battre les ailes. – Se débattre ? SSe battre contre la gravité grâce à l’épaisseur de l’air ? – Quoi d’autres, pour continuer de voler ?…. (p. 245)

Epaisseur supplémentaire du roman : des réflexions sur l’Art, l’influence de l’amour sur la créativité, la différence entre écrire et dessiner… sujets chers à Jenni.

Dessin d’Ernest Pignon Ernest
La Rochelle, espace Encan, août 2010

Le sexe, la réunion charnelle, le désir est très présent – sans que Jenni réinvente le genre.

« …alors que mes mains, mes simples mains posées simplement sur lui, lui donnent ce frisson avant même toute caresse, eh bien cela me fait revivre, cela me guérit d’années d’immobilité intérieure, cela me remplit d’amour. (p. 121)

Pablo Picasso (1881-1973) (d'après) Femme endormie, homme assis à ses  côtés. -[...] | lot 334 | Estampes Anciennes et Modernes chez Audap &  Mirabaud | Auction.fr
Pablo Picasso (1881-1973) (d’après) Femme endormie, homme assis à ses côtés

« L’art, je ne sais pas si c’est bien la peine qu’il existe, mais il a un usage personnel qui suffit pour que l’on en fasse. L’artiste, c’est celui qui dessine la femme qu’il aime et qu’il désire, parce qu’il en veut encore et que le monde tout entier, et le temps tout entier, ne lui suffiront pas pour aimer cette femme-là, il lui faut au moins l’univers, et l’éternité. L’artiste est celui qui se se réveille après l’amour, qui se lève pour aller chercher ses outils et dessine l’amoureuse encore endormie, enveloppé dans le drap qu’ils viennent tous les deux de froisser, parce que dans son corps éreinté la même flamme qui les a embrasés brûle encore, et le profil de l’endormie se détachant sur l’oreiller l’émeut encore, et de cette émotion il veut s’approcher, encore. L’art c’est ce seul mot : encore. (p. 202)

Le roman n’étant pas d’un seul tenant, cachant en lui-même une multitude de romans et images et idées – tantôt d’une langue simple tantôt avec une emphase ou littéralité – est limite exigeant même s’il se lit d’une traite.

H. Craig Hanna, peintre génial et ingénu au MNHA | Le Quotidien
H Craig Hanna
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Benedetta – Croire ou ne pas croire

J’avais hésité de voir ce film (trop de brouha dans la presse : « navet libidineux », « brûlot outrancier » ou « on est sortis au milieu du film ». J’ai lu les critiques de Newstrum qui s’était « laisser prendre » par « l’art du conteur » et de Princecranoir/Le tour d’écran toujours en avance et renseigné – merci pour la « poire d’angoisse » – qui m’ont donné envie…

Et je n’étais pas déçu. J’ai finalement cru à l’histoire que nous conte Verhoeven en se basant sur un livre de Judith C. Brown qui lui s’inspire d’une religieuse (Benedetta Carlini) au 17e siècle .

Chez Verhoeven nous sommes en 1599 à Pescia en Toscane. La petite Benedetta entre (à l’Age de 8-9 ans?) en couvent (scènes du début du film) – et on la retrouve 18 ans plus tard sous les traits de Virginie Efira. Benedetta a des visions (elle se dit choisie par Jésus et « mariée à lui »), sera trouvé avec des stigmates et deviendra l’abbesse du couvent (en remplacement de mère Felicita (une excellente Charlotte Rampling).

D’abord esquissé, éclot une liaison charnelle entre la novice Bartolomea (Daphné Patakia – que j’avais vu jusqu’ici seulement dans « Paris-Brest » de P. Lloret). Cette liaison mettra l’inquisition en branle (Felicita va chercher le nonce de Florence (Lambert Wilson) pour confondre et juger Benedetta. Pendant ce temps la peste règne en Italie.

Ok – je suis un homme, mais franchement je n’ai pas eu l’impression que les scènes érotiques entre Bartolomea et Benedetta étaient « lubriques » ou « gratuites ». Je ne me rappelle pas d’un regard lourd sur le corps des deux femmes – j’avais plutôt l’impression d’une certaine « neutralité » presque dans le genre, « c’est comme ça que ça se passe, si ça vous plait ou pas ». Même la scène « scandaleuse » de la statuette de la vierge Marie transformé en godemichet n’est pas « exploité libidineusement » (on peut juste se demander – comme l’a fait Strum dans son article – si c’est possible en réalité (la statuette était un cadeau de la mère et un objet fétiche pour la petite Benedetta – comme je me doute qu’en une réalité « vraie » Bartolomea abusée /violée par son père et ses frères se livrera si vite et proactivement à des étreintes charnelles – mais ça c’est une autre question).

J’ai par ailleurs retrouvé un article des Cahiers du Cinema (n° 762) – numéro qui parlait en janvier 2020 – càd avant la pandémie des « films les plus attendus de 2020). La rédaction avait reproduit 2 pages du storyboard de Verhoeven pour la scène de la vision de Benedetta qui se déshabille pour se joindre à Jésus sur la croix (« faut il faire un plan en plongée à la verticale ?…. Comment cadrer cette étreinte si les bras de Benedetta sont plus courts que ceux du Christ » ?)

Par ailleurs, il faut féliciter Verhoeven pour cette capacité de nous laisser libre arbitre de croire ou non aussi bien à l’histoire qu’il raconte, de nous laisser seul juge de croire aux visions divines ou de plutôt penser que la belle Benedetta n’était qu’une bonne actrice (et menteuse). Le spectateur est balloté, souvent indécis aussi – et se réjouit comme un gosse quand l’Eglise (hypocrite, avide) sera « punie ». Et quand il voit que la seule personne qui semble avoir vraiment de la foi est Benedetta – jouée parfaitement par Miss Efira qui devient de mieux en mieux avec chaque rôle.

Je sais que Verhoeven aime jouer avec des auto-références mais 2 drôles de moments de flash de « Recall » : une fois un zeste de Basic Instincts quand Benedetta est assise devant Bartolomea et ouvre ses jambes (juste un peu) pour se masturber devant celle-ci et une étrange similitude de Lambert Wilson, blessé par terre après un passage à tabac avec …..Schwarzenegger.

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La loi de Téhéran

Qui a dit que le cinéma iranien ne peut nous offrir un thriller-policier ?

Belle surprise ce film de Saeed Roustayi de 2019 sorti cet été dans le flot d’œuvres dont la sortie a été retardé pour cause de Covid. Il démarre assez fort (toutefois « convenu » = à l’américaine) avec une descente de police, une course poursuite (à pied) assez haletante – qui se termine non pas par une arrestation ou un tir de sommation mais par la mort du fuyard sans que le policier le poursuivant y soit pour quelque chose.

L’heure qui suit cette poursuite sera une nous laisse sans répit – la police, sous l’égide d’un policier tel un chien de chasse – remonte la filière du crack (du petit consommateur à l’intermédiaire au gros poisson) jusqu’à l’arrestation d’un grand poisson (Navid Mohammadzadeh). Occasion notamment de « découvrir » un amas de taudis (des personnes/familles « logées » (plutôt végétant) dans des tuyaux de canalisations en béton empilés….

Dès lors le film change, ne sort presque plus de la prison, est constitué davantage de confrontations (affrontements) entre le policier et le « gros poisson », une magistrature, des rivalités entre collègues ponctués de dialogues qui élargissent le panorama et donne à voir une société iranienne kafkaïenne, d’une logique qui nous échappe, nous les occidentaux bien assis dans nos fauteuils.

Le policier est fascinant (Payman Maadi – vu dans A propos d’Elly et Une séparation) – je comprends pourquoi la critique le compare à l’obstiné Gene Hackmann de « French Connection » (on ne peut pas s’attacher à lui, on peut pas l’aimer mais seulement admirer dans son entêtement désenchanté).

On apprend que la drogue, et notamment le crack fait des ravages inconsidérés (la détention de plus 30gr peuvent vous mener à la mort par pendaison). Il y a par ailleurs une scène de pendaison de « masse » qui glace le sang – même si l’entassement des prisonniers dans les sous-sols de la police nous laisse déjà entrevoir le côté inhumain de la justice – expéditifs – de ce pays après avoir plutôt finement illustré la « fracture » sociale.

Peut-être le film souffre un (tout petit) peu de son déséquilibre (en deux « parties »), peut-être aussi d’une utilisation trop systématique de plans pour réduire les masses des prisonniers en entité grouillante et hébétée ainsi que finalement l’impossibilité d’empathie pour les personnes, mais il semble bien documenté et charrie sa charge contre un système kafkaïen.

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