Magnus

Magnus lui propose, lors de ses visites, de lui faire la lecture. « Désormais, dit Lothar, je ne peux plus rester en tête à tête avec l’auteur d’un livre, il me faut chaque fois un lecteur, ou une lectrice, et ainsi nous sommes trois. Les inflexions de la voix de l’intermédiaire entre l’auteur et moi se répercutent sur le texte, et alors j’entends des nuances que je n’aurais peut-être pas su déceler en lisant en silence, solitairement. Cela réserve parfois d’étranges surprises…. » (p. 176)

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C’est B. qui m’a parlé de ce livre avec ces mots :

« De la prose poétique, des explosions de lumière, de noirceur, jaillit de  nulle part avec son ours décrépi  pouilleux et rafistolé, Magnus  est fascinant. L’écriture est brillante, elle m’a aspirée dans son flot fougueux, et laissée stupéfaite et admirante de tant de brio. Ce livre est passionnant, l’histoire dans l’histoire, je suis enivrée de phrases bijoux qui nous emportent tout au long de cette quête d’identité , c’est haletant. » 

Introduction longue pour un livre dense (et pourtant facile à lire) que je n’aurai probablement pas lu sans qu’elle m’en parle. Les derniers livres de S. Germain lus étaient il y a des décennies maintenant « Le livre des Nuits » et « Nuit-d’ambre« .

Wien - Vienne (2018)

4e de couv – version Folio (Albin Michel) – livre paru en 2005. Il avait alors reçu le prix Goncourt des Lycéens (!) 

«D’un homme à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d’incertitudes, et un jour soudainement portée à incandescence, quelle histoire peut-on écrire?»
Franz-Georg, le héros de Magnus, est né avant la guerre en Allemagne. De son enfance, «il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est aussi vide qu’au jour de sa naissance». Il lui faut tout réapprendre, ou plutôt désapprendre ce passé qu’on lui a inventé et dont le seul témoin est un ours en peluche à l’oreille roussie : Magnus.

Rien laissait s’attendre à un voyage à Londres, Vienne, le Morvan – ni que le roman est un long fleuve intranquille des années 40 aux années 70…. qu’il nous parlera des nazis, de D. Bonhoeffer, ni du Lebensborn (de manière furtive et allusive – on apprendra (Attention Spoiler (!)  – que la mère de Franz-Georg/Magnus n’est pas sa mère naturelle).

Rien non plus d’une savante structure dont les chapitres seront intitulés « Fragments », « Séquence » (des extraits de chansons et de poèmes),  « Notules » (des notes biographiques donnent de la chair à certains personnages) ou « Résonances ».

Ainsi le roman se divise en 31 chapitres numérotés de 0 à 29 + un appelé  le « Fragment ? ». On dirait que l’effritement de la mémoire de Magnus se trouve renforcé par la numérotation chahutée ainsi que par le fractionnement des chapitres, avec leur temps de pause, les ‘intermèdes’ dans ce puzzle familial paré d’une esquisse de portrait d’un homme à l multitude de prénoms : Franz-Georg, Adam ((le premier prénom de l’humanité), Magnus…. portrait qui laissera des blancs.

« Adam a reconstitué une partie du puzzle familial qui ressemble bien davantage à un tableau d’Otto Dix, de Georg Grosz ou d’Edvard Munch qu’à la peinture romantique que lui présentait sa mère. Mais ce puzzle reste encore très incomplet, il y a ce trou du côté de sa petite enfance, et Lothar ne peut pas l’aider à le combler puisqu’il avait quitté l’Allemagne l’année de sa naissance. » (p. 65) 

Otto Dix

Signalons ensuite l’omniprésence des sons, de la musique – allemande

« Knautschke, Klautschke – ces sobriquets le taraudent, ils clapotent dans sa bouche, se font vermine grouillants en mots divers, Klatsche, Klapse, Knalle, Karen, Knacke, Knülche, Knauser, Kleckse... * Des mots gifles, des mots crachats; il les voit rouler en gros caillots de sang dans la gueule rosâtre d’un hippopotame bâillant jusqu’à la béa,nce. Il les sent gargouiller dans sa gorge, embourber sa salive. Il se met à frapper le sol de son bâton pour faire taire ce brouhaha visqueux. » (p. 238)

*Bavardages, taloche, claquements, crécelles, craquements, bougres, radins, tâches

et des femmes qui jalonnent la vie de Félix-Adam-Magnus : May, Peggy…. qui lui sauvent la vie aussi.

Edvard+Munch+-+three+ages+la+la+woman+(1894)+

« May n’a plus la force de rire, elle sourit. Et leurs sourires s’entremêlent, et leurs souffles. Ils ne parlent pas, n’ont plus rien à sa dire, ou trop à se dire, c’est pareil en cet instant. Ils sont bien, là, comme ça blotti, dans le nu de l’amour. Leur complicité  n’a jamais été si dense, si vaste, si lumineuse. Ils sont dans l’absolu de la confiance, de l’abandon de soi à l’autre, de l’oubli de soi dans l’étonnement. Jamais ils ne se sont sentis aussi présents l’un à l’autre, aussi présents au monde – mais sur son seuil, non plus en son plein. » (p. 132 – Fin du trio May – Terence – Franz-Georg)

Beau roman qui est si j’ai bien lu désormais lu dans les lycées (en effet une foultitude de sujets de discussion/analyse stylistique pour un prof’ de français).

 

 

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Miss Islande

Roman des Editions Zulma traduit de l’islandais par Éric Boury (comme toujours en excellente forme) et couronné par le PRIX MÉDICIS ÉTRANGER 2019.

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Et je remercie Je me livre (Stéphanie)  de m’avoir adressé ce livre (c’est un livre qui voyage ! – concept que j’adore et qui reproduit en « grand » ce que nous pratiquons déjà dans nos divers Clubs de Lecture)

C’est désormais le 2e roman de cette auteure que je lis (après Ör )

4e de couv’

Islande, 1963. Hekla, vingt et un ans, quitte la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík. Il est temps d’accomplir son destin : elle sera écrivain. Sauf qu’à la capitale, on la verrait plutôt briguer le titre de Miss Islande.

Avec son prénom de volcan*, Hekla bouillonne d’énergie créatrice, entraînant avec elle Ísey, l’amie d’enfance qui s’évade par les mots – ceux qu’on dit et ceux qu’on ne dit pas –, et son cher Jón John, qui rêve de stylisme entre deux campagnes de pêche…
Miss Islande est le roman, féministe et insolent, de ces pionniers qui ne tiennent pas dans les cases. Un magnifique roman sur la liberté, la création et l’accomplissement.

  • Hekla, le volcan

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Je suis d’accord pour le « féministe » moins pour l’insolent. J’aurai dit plutôt roman hymne à la liberté, à l’amour aussi. Un roman d’une certaine manière délicat, d’une poésie douce et simple (ou sobre – sans artifices), presque un long Haiku, ce qui est certainement dû aussi aux .

Ce que la 4e de couv’ ne dit pas, c’est qu’il y a aussi d’autres « larrons » dans l’équation de ce roman qui s’apparente plus à un journal : le père de Hekla, féru de volcans, et l’Homme Poète (de nom Starkadur  de Hveragerdi – ce nom n’est cité que quand ce dernier a bu..(!)) – avec lequel Hekla partage (un peu) la vie et le lit, son cœur penchant pour l’homosexuel J.John, de sa meilleure amie Isey aussi.

Sirius-Bar-Wrapped

« Je suis réveillée. Le poète dort. En dehors des étoiles qui scintillent au firmament, le monde est noir. Une phrase vient à moi puis une autre,une image se dessine, cela fait toute une page, tout un chapitre qui se débat dans ma tête, pataud comme un phoque pris dans un filet. J’essaie d’accrocher mon regard à la lune par la lucarne, je demande aux phrases de s’en aller, je leur demande de rester, il faut que je me lève pour les écrire avant qu’elles d’évanouissent. Le monde sera alors plus vaste et, cette nuit encore, je serai plus grande que je ne suis réellement, je prie Dieu de me venir en aide pour rendre le monde plus petit en me donnant un océan noir, lisse et tiède, en me donnant une jolie nature morte avec un moulin hollandais comme sur le calendrier de la librairie SnaebjPorn ou bien de mignons petits chiots comme sur le couvercle de la boite de chocolats Noi dans laquelle Jon John range ses coupures de journaux, je le désire et, en même temps je ne le désire pas, j’ai tellement envie de continuer chaque jour à inventer le monde….. Blotti sous la couette en duvet de canard, le poète ignore tout du phoque qui se débat dans ma tête, il tend le bras vers moi, je le laisse faire et je cesse de m’accrocher aux mots, demain matin ils auront disparu, j’aurai perdu mes phrases. Chaque nuit, j’en perds quatre. « ( p.136/137) 

1963, l’année du « dream » de M.L. King, de l’assassinat de J.F. Kennedy, de la « naissance » de l’Île Surtsey (éruption d’un volcan sous-marin) et ses soubresauts de la libération des femmes du joug de la société/des convenances…. Occasion pour Audur Ava Olafsdottir  de décrire (d’une certaine manière de l’intérieur) le devenir d’une écrivaine dans une société dominée par les hommes et de juxtaposer cette envie de « liberté d’expression », de poursuite d’un rêve, à la vie de Isey (qui aurait bien aimé écrire, mais qui va suivre la voie « classique » de tomber enceinte et devient femme au foyer (et mère), contrairement à Hekla (qui « refuse d’être une femme comme les autres » (p.160).

femme qui écrit

Cette « trame » est enrichie par la poésie, la littérature islandaise, par des réflexions sur la difficulté d’être homosexuel dans cette société, de la « jalousie » d’un auteur qui constat que l’autre est plus doué (« je t’ai épié… à ton insu… pendant ton sommeil…pour essayer de comprendre, bafouille-t-il. Là au moins j’ai le sentiment…que nous sommes égaux… Quand tu dors. Parce que tu n’écris pas… et tu n’es pas…meilleur écrivain….que moi… Et... » (p. 164)  de l’omniprésence de la nature (âpre) et brille par ses ellipses et une structure faite de lettres, instantanés, des choses de la vie transformées en pure littérature… ainsi qu’enfin de la douleur d’écrire :

« …- les mots m’évitent, dès qu’ils me voient, ils prennent la fuite comme un banc de nuages noirs poussés par un vent propice. Il en suffit d’une quinzaine pour écrire un poème et je ne les trouve pas. Je suis au fond de l’eau, oppressé  par le poids de tout un océan salé et froid, mes mots n’atteignent jamais le rivage. » (p.200)

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Très beau roman fait d’instantanés saynèteux, de scènes survolées mais d’un concret concis, dont la brièvetude (parfois seulement 2 pages) est sous-tendue par une grande émotion (mélancolie aussi) qui nous touche.

« Brûle cette lettre. Ou plutôt, déchire-la en mille morceaux, jette-les en l’air et laisse-les retomber sur ta tête et tes épaules comme une averse de neige, ma chère amie. » (p.240)

Merci Philisine (Stéphanie). Je préfère nettement ce voyage islandais à celui que j’ai fait récemment avec Askja (mais celui-là était écrit par un Français qui choisit de nous pondre un roman tous les 15 mois…)

Pour finir ici la (belle) critique de Miss Islande par Je me livre

https://jemelivre.blogspot.com/2019/12/les-livres-lepreuve-du-temps-2-miss.html

 

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La Frontière – The border

Attention – chef d’oeuvre pour lecteurs avec un souffle long et le cœur (des ténèbres) /estomaque bien accroché…

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Eh ben, c’est un voyage terrifiant (et pourtant Winslow dit dans des interviews qu’il à souvent mis de l’eau dans son vin pour « adoucir » les atrocités commises de part et d’autres des protagonistes). Les lecteurs qui ont déjà lu « La Griffe des chiens » et/ou « Le Cartel » les deux opus précédents autour de Art Keller dont « The Border » constitue la 3e pierre du triptyque consacré à la guerre contre le trafic de /la guerre contre la) drogue et couvre la période de 2012 à 2018, ne seront pas déçus.

Celui qui ose suivre Keller et les personnages qui gravitent autour de lui sans avoir lu les 2 premiers tomes ne sera pas perdu (il y a pas mal de rappels, qqs flash-back) permettant de suivre les 842 (!) pages sans problèmes… et c’est un vrai page-turner.

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Ecriture efficace, souvent cinématographique (ne vous attendez pas à de très belles phrases littéraires ou le travail d’un grand « styliste » – et préparez vous à des dialogues qui fouettent) pour dresser un tableau qu’on sent très documenté, le plus complet possible de plus (la structure est parfaitement agencée) avec une floppée de personnages bien campés dans leurs réalités respectives : ainsi Nico & Flor (des enfants dont on suit la fuite du Guatemala sur Le Train qui dévore/ El Tren Devorador/ les Train des Inconnus (El Tren de Desconocidos…le Train de la Mort pour arriver finalement aux States (presque un documentaire en soi (les personnages sont introduits  page 387…. – Chapitre « La Bestia » – un autre nom pour ledit train), Sean Callan, Bobby Cirello (qui opère en infiltré – assez de matière pour un nouveau Scorcese), Damien, Elena, Tito, Eddie Ruiz (et ses 2 épouses)… (du côté des héritiers et ennemis de(s) Barrera) et toute la bande de crapules politiques (et financiers sans lesquels l’épidémie de la drogue serait déjà affamée), crapules, dont certains comme Mullen, O’Brian, Dennison (dont les tweets démasquent rapidement qu’il s’agit en « prête-nom » de D. Trump et/ou de Lerner (son genre Jared Kushner)…. , Marisol (la médecin et activiste qui épousera Keller) ou tant d’autres….

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L’insertion (très réussie) de l’enlèvement (l’assassinat) de 42 étudiants  d’Iguala  dans le récit épique de la guerre des Cartels (ou de ce qui en restait) ajoute un frisson supplémentaire quand on pense ce que vivent les populations qui se retrouvent entre les différentes chaises des différents cartels.

Si vous n’avez pas envie de lire la charge contre les Etats-Unis lisez (au moins)  l’article de Mediapart sur le rôle des States dans cette guerre et vous avez une approche « journalistique » de ce qui se trouve de manière romancée mais plus efficace encore dans le roman de D. Winslow.

Certes il y a des redites, malheureusement parfois des boulettes d’imprimerie (sur les 800 pages j’en ai trouvé 5 – et ça m’énerve toujours….) et un dernier chapitre en forme de charge peut-être trop « américaine » – mais cela n’enlève rien à la force de ce « réquisitoire sous forme de thriller » qui vous dispense de voir sur Netflix « Narcos »…. et vous apprend pas mal de choses sur la vie dans les prisons américaine (avec des uppercut aussi sur la privatisation de celles-ci ou des camps/foyer pour mineurs immigrés (gérés par des sociétés privés : comprendre recherche de bénéfices)  « La CCA ne gagnerait pas un dollar avec Nico Ramirez s’il était transféré, comme il devrait l’être, dans un foyer. En revanche, si le juge le considérait comme une « menace » à cause de son tatouage (il a un tatouage d’un gang – Calle 18), il serait envoyé dans un « centre surveillé » qui percevait soixante-trois dollars par jour grâce à ce gamin. ….. La CCA …devait remplir les lits et les cellules. La CCA n’avait pas pour vocation de libérer les prisonniers, mais de les garder enfermés. Nico était de l’argent sur pattes. » (p. 593)

Quant aux dialogues, voici un parmi une centaine … Eddie Ruiz vient de sortir de prison :

« « J’ai un truc à te demander: tu as couché avec d’autres types quand j’étais en taule? » – « Non ». A cause de cet accent californien qu’elle avait adopté, sa réponse ressemble à : Naon. « Ok », dit Eddie. Sale menteuse de merde.  « Alors comment tu faisais niveau sexe? » Priscilla ouvrit le tiroir de la table de chevet, d’ou elle sorti un vibro-masseur. « J’avais mon lapin, trésor. Tu crois que tu peux rivaliser? » Elle le mit en marche. Eddy examina l’appareil et conclut: « C’est sur, j’arrive pas à faire tournoyer ma bite. » « Approche, trésor. Je vais te faire mon numéro de majorette. » Ce qu’elle fit, et Eddie était ailleurs quand son téléphone sonna le lendemain matin. …. » (p. 442 – c’est Teresa sa 2e épouse US, tandis que Priscilla est son épouse mexicaine).

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Mention spéciale à Jean Esch pour sa traduction.

Belle critique de la part de Nyctalope (qui fait bien la différence entre la trilogie et d’autres œuvres de cet auteur prolifique) dont je me permets de citer la fin de son article : « La route vers “la frontière” est longue, difficile, complexe, noyée de sang et de larmes, pavée d’horreur et de mort: huit cents pages sidérantes, époustouflantes au bout de l’enfer. »

http://www.nyctalopes.com/la-frontiere-de-don-winslow-harper-collins/

 

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Le lac des oies sauvages

Film chinois de Diao Yi’nan (après : « Black Coal« )

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Un film d’ombres chinoises. Un film ombrageux, stylisé et loin du « haletant » promis sur l’affiche… qui tire son casque de moto par révérence aux grands manitous (Welles, Wong Kar-Wai, Godard, F. Lang, Tarantino)

Synopsis (Allociné) 

Un chef de gang en quête de rédemption et une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté se retrouvent au cœur d’une chasse à l’homme. Ensemble, ils décident de jouer une dernière fois avec leur destin.

Film d’ambiance plutôt, avec des « fenêtres » sur la société chinoise d’aujourd’hui (la crasse, la violence, l’avidité, sur un scénario mince (et moins retors que laissaient entendre quelques critiques – je n’étais jamais perdu, sauf parfois dans la flamboyance des images – et dans l’admiration de certains plans-séquences.

3347871.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx Les flash-backs sont – à mon avis – bien amenés, éclairent bcp et nous offrent notamment une décapitation (presque) surprise d’un gangster motard. Le gangster en fuite (après avoir tué un policier) s’appuie sur une prostitué (une baigneuse – des dames coiffées d’un chapeau blanc qui soulagent des hommes dans l’eau du lac…- littéralement : « les femmes qui accompagnent pour aller se baigner (pratique courante dans le Sud de la Chine) » ) pour faire parvenir la récompense pour toute information permettant son arrestation à sa femme ….

les baigneuses du lac

Le chassé-croisé entre le fugitif, la ‘baigneuse’ et la police (qui fait tout pour ressembler à des gangsters) permet quelques réjouissants moments – beau tableau sur « Raspoutine » de Boney M. (avec des policiers camouflés parmi des danseurs aux chaussures fluorescentes) …. c’est à presque à perdre l’intérêt à l’intrigue (mince – il faut le rappeler) tant les images sont d’une belle beauté noire fluo.

La baigneuse_chaussures flouos

C’est vrai qu’il y a des images sublimes dans ce film – qui fourmille de citations (toutefois souvent en mineur) de films de grands (comme p.ex. dans une scène : pas 6 miroirs comme dans Dame de Shanghai, pas de « corps à corps » juste les reflets de deux âmes errants dans deux miroirs….), le jeu des ombres devant une gare…

Pour être honnête, j’ai le souvenir d’une force plus tellurique dans « Black Coal » (une histoire nettement plus étoffée – plus compliqué et moins chargée d’approche esthétique. J’en sors donc la curiosité attisée par le marketing autour du film satisfaite, mais pas « remué » ni cent-pour-cent convaincu (à part pour les images très très belle).

Autre point « Positif » dans cette 1ere sortie de 2020 : Je m’étais séparé de mes amis qui ont préféré voir « La vérité » (Binoche & Deneuve dans un film de Kore-eda), personne ne voulait voir « mon » choix….. Ils ont bien été déçus de leur choix…...- le repas qui a suivi nos visionnages était plein de leurs regrets et de mes images (stupéfiantes)

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Der andere Mann – L’autre Homme – (K. Tucholsky)

Pour commencer l’année – un poème allemand (de Kurt Tucholsky

C’est une amie FB qui a posté une vidéo (dans lequel une femme récite ce poème – ordinairement dit par des hommes – youtube fourmille de versions « masculines »). Occasion pour mettre (de nouveau) en ligne trois morceaux de musique que j’aime bcp pour bien commencer l’année en mode mineur.

Le premier pour le « bon danseur » évoqué dans le poème :

Du lernst ihn in einer Gesellschaft kennen.
Er plaudert. Er ist zu dir nett.
Er kann dir alle Tenniscracks nennen.
Er sieht gut aus. Ohne Fett.
Er tanzt ausgezeichnet. Du siehst ihn dir an …
Dann tritt zu euch beiden dein Mann.

Und du vergleichst sie in deinem Gemüte.
Dein Mann kommt nicht gut dabei weg.
Wie er schon dasteht — du liebe Güte!
Und hinten am Hals der Speck!
Und du denkst bei dir so: « Eigentlich …
Der da wäre ein Mann für mich. »

Ach, gnädige Frau! Hör auf einen wahren
und guten alten Papa!
Hättst du den Neuen: in ein, zwei Jahren
ständest du ebenso da!
Dann kennst du seine Nuancen beim Kosen;
dann kennst du ihn in Unterhosen;
dann wird er satt in deinem Besitze;
dann kennst du alle seine Witze.
Dann siehst du ihn in Freude und Zorn,
von oben und unten, von hinten und vorn …
Glaub mir: wenn man uns näher kennt,
gibt sich das mit dem happy end.
Wir sind manchmal reizend, auf einer Feier …
und den Rest des Tages ganz wie Herr Meyer.
Beurteil uns nie nach den besten Stunden.

Und hast du einen Kerl gefunden,
mit dem man einigermaßen auskommen kann:
dann bleib bei dem eigenen Mann!

 

J’en propose ici une trad’ pour compréhension – sans toutefois essayer de rendre les rimes (ci-dessous) …

J’invite mes ami(e)s traducteurs/-trices de m’aider à faire swinguer ces lignes légères dans le style des années 20 Berlinois – je serai preneur de toute proposition pour un work in progress :

Tu le rencontre lors d’une soirée.

Il maîtrise l’art de la conversation. Il est gentil avec toi.

Les noms des grands champions du tennis, il peut te les citer.

Il est beau, n’est pas gras.

C’est un excellent danseur. Tu le dévores des yeux …

Puis votre mari se joint à vous deux.

 

Et tu les compares les deux.

La cote de ton mari en prend un coup.

La façon dont il se tient là… Mon Dieu.

Et regarde un peu l’épais collier au cou !

Et tu te dis : « Eh ben ! …

« Et si cet autre pouvait être mien. (je serai certainement mieux dans les bras de l’autre) »

 

Madame, Madame*… Écoutez un père …

un vrai de la vieille école !

Si tu l’avais ferré cet homme (que tu désire): dans un an ou deux

tu te (re-)trouveras dans la même situation !

Tu connaîtrais alors les variations et nuances de ses câlins ;

tu l’aurais vu en slip;

il ne fera plus d’effort en ta présence;

tu connaîtrais alors toutes ses blagues.

Tu l’auras vu en mode joyeuse et furieux aussi,

Des pieds à la tête, sous toutes les coutures…

Crois-moi, quand tu nous connaîtras mieux, nous les hommes, tu peux oublier le happy-end.

Dès fois, nous pouvons être charmants, lors d’une fête…

le reste de la journée, nous sommes comme M Tout-le-Monde.

Quelques belles heures ne suffisent pas pour étayer ton jugement.

Et si par hasard tu trouves un mec,

avec lequel tu t’entends (avec lequel tu arrives à t’arranger à peu près) raisonnablement bien :

Alors reste avec celui-là!

****************

Pour info (qui manque pas de piquant) : Tucholsky était – selon ses biographes – un « érotomane incapable de nouer une relation stable » (« beziehungsunfähiger Erotomane » dont la 1ere épouse (il était marié 2 fois) disait : 

« Quand j’étais obligé d’enjamber les demoiselles pour dormir dans mon lit, j’ai divorcé »  « Als ich über die Damen wegsteigen musste, um in mein Bett zu kommen, ließ ich mich scheiden« 

****************

*******************

*J’ai mis « Madame, Madame » puisque j’entends dans cet appel la voix blessée de P. Leotard qui s’adresse à une femme qui « rêve trop »

 

En mode miroir – et plus triste : « The other woman » (Nina Simone) 

****************

 

Je vous souhaite une belle année 2020 !

 

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Le Ghetto intérieur

Ghetto intérieur

Ahh, ces liens invisibles qui mènent de mon tour au mahJ à ce roman qui n’a rien, mais absolument rien à voir avec le dernier que j’ai lu de cet auteur (à savoir le roman « clé » sur sa rupture d’avec J. Gayet…:  https://lorenztradfin.wordpress.com/2014/03/04/des-jours-que-je-nai-pas-oublies/)

On retrouve certes le ressassement qu’aime pratiquer l’auteur mais là on est sur un autre niveau /sujet : donc point de « comment parler de l’amour pour une femme qui est en train de choisir un autre » mais plutôt un « comment évoquer la Shoah « autrement » ? et tenter de répondre à la question:  « Qu’est-ce qu’être juif? »

Présentation de l’Editeur /4e de couv – P.O.L.

Buenos-Aires, 1940. Des amis juifs, exilés, se retrouvent au café. Une question : que se passe-t-il dans cette Europe qu’ils ont fuie en bateau quelques années plus tôt ? Difficile d’interpréter les rares nouvelles. Vicente Rosenberg est l’un d’entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Ils auront trois enfants. Mais Vicente pense surtout à sa mère qui est restée en Pologne, à Varsovie. Que devient-elle ? Elle lui écrit une dizaine de lettres auxquelles il ne répond pas toujours. Dans l’une d’elles, il peut lire : « Tu as peut-être entendu parler du grand mur que les Allemands ont construit. Heureusement la rue Sienna est restée à l’intérieur, ce qui est une chance, car sinon on aurait été obligés de déménager. » Ce sera le ghetto de Varsovie. Elle mourra déportée dans le camp de Treblinka II. C’était l’arrière-grand-mère de l’auteur.

Santiago H. Amigorena raconte le « ghetto intérieur » de l’exil. La vie mélancolique d’un homme qui s’invente une vie à l’étranger, tout en devinant puis comprenant la destruction de sa famille en cours, et de millions de personnes. Vicente et Rosita étaient les grands-parents de l’auteur qui écrit aujourd’hui : « Il y a vingt-cinq ans, j’ai commencé un livre pour combattre le silence qui m’étouffe depuis que je suis né ». Ce roman est l’histoire de l’origine de ce silence.

Vicente - grand père de Santiago Amigorena

Tout et rien est dit dans cette 4e de couv’. Le tout = le silence auquel Vicente se condamnera lui-même un jour (après la lecture de la dernière lettre de sa mère) et c’est avec retenue, une pudeur certaine, de l’émotion aussi qu’Amigorena met les mots sur ce qui incite Vicente à garder le silence.

« Vicente avait l’impression que sa tête allait exploser. Les mots se précipitaient les uns contre les autres, et si parfois ils composaient des phrases qu’il arrivait à comprendre, des pensées qu’il arrivait à suivre, le plus souvent ils se battaient et tombaient défaits sur le trottoir, formant de petites tâches sombres comme des cafards qui se mêlaient aux déjections claires ou verdâtres des pigeons. » (p. 91/92)

Amigorena joue habilement avec ce que nous savons de cette grande entreprise des nazis pour éliminer/ faire disparaître  les juifs, ce qu’on aurait dû savoir déjà en 1941/42 (il cite qqs articles de journaux – reçus par Vicente dans son exil en Amérique du Sud – parfois avec des semaines/mois de retard) dans une époque ou il n’y avait pas encore d’internet et une ubiquité des informations quasiment en temps réel.

« .Je comprends qu’il ne veuille pas parler de sa mère, mais pourquoi ne peut-il pas parler d’autre chose ? Pourquoi sa parole semble-t-elle le brûler comme si chaque mot qui pouvait sortir de sa bouche était une petite larme de lave ? Si ça continue, on va oublier le son de sa voix. » (p. 98 )

Ce n’est qu’à la fin du livre (sauf si on a lu la 4e de couv’ !) qu’on apprend que Vicente est le grand-père de S.H. Amigorena – ce qui dédouble l’émotion qui nous étreint face à cet homme croulant sous la culpabilité et la mauvaise conscience, dont le passé négligé (refoulé), cet homme qui voulait « même » être allemand dans sa jeunesse, qui fait travailler un temps un allemand chez lui, dans son magasin de meubles et qui dit en 1928 avant de partir pour l’Amérique du Sud «  » « Les Juifs me font chier. Ils m’ont toujours fait chier. C’est lorsque j’ai compris que ma mère allait devenir chiante comme la sienne que j’ai décidé de partir. »

Et pourtant le livre décrit sobrement la vie de ce juif qui a fui l’Europe, se crée une vie à lui, déconnectée de sa judaïté (qu’il découvre finalement tardivement), amoureux de sa femme Rosita (et de ses enfants) – avec « juste » un peu de remords de ne pas avoir fait venir se famille (mère et frères) restée en Pologne, à 12.000 km de Buenos Aires

« Peut-on penser l’impensable ? Peut-on comprendre l’incompréhensible ? Peut-on imaginer ce que personne n’a jamais vu, ce que personne n’a jamais cru que l’homme serait capable de faire ? Il y a des événements, de temps en temps, qui renouvellent ce que nous sommes capables d’imaginer, qui amplifient le domaine du possible jusqu’à des limites que personne auparavant n’avait supposé qu’on pourrait atteindre. »

« Au début, ça ne s’appelait pas. On parlait « d’événement », de « catastrophe », de « cataclysme », d’apocalypse. Mais au tout début, ça n’avait par vraiment de nom…..  » (p.130) d’autres mots (et euphémismes) ont été trouvé plus tard : holocauste, Shoah, génocide, solution finale même ‘crime sans nom’….

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Une manière certaine de parler de cette solution finale (après Kertèz, Grumberg….)

« La cuarta oleada inmigratoria de judíos hacia la Argentina comprende dos momentos: los primeros años de la década del 30 en la que llegaron refugiados de Alemania, Austria, Hungría, Polonia y Rumania, que escapaban del régimen nazi. El comienzo de la deportación de judíos a campos de concentración en 1938 y, un año después, el inicio de la Segunda Guerra Mundial dificultaron ya la llegada en masa. Si bien la mayoría se asentaba en centros urbanos, en 1936, la Jewish Colonization Association (JCA) creó la colonia Avigdor –la última fundada por la entidad filantrópica-, para dar cabida a judíos centroeuropeos que huían de Hitler.

En los años de la posguerra, y cerrando el ciclo migratorio judío, llegaron a la Argentina alrededor de 8.000 sobrevivientes de la Shoa. »

Texto extraído de la Exposición “Vida Judía en la Argentina” realizada en Londres.

« ...Et, comme le Concerto pour piano n° 24 de Mozart commençait, il avait fermé les yeux… (p.116)

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Paris de A à Z – comme Adler & Zadkin

Un petit regard dans le rétroviseur.

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Il était une fois une fin de mois de novembre et je me trouvais pour 48 h à Paris pour des rdv (et pour voir mes enfants).

Je voulais faire un tour à Beaubourg (Centre Pompidou) pour voir l’exposition « Bacon en toutes lettres » (jusqu’au 20.1.2020)  et me rafraîchir la mémoire (dans les années 90 j’ai déjà pu voir, au même endroit, si ma mémoire est bonne, une rétrospective, à l’époque présentée comme monumentale).

Eh ben, il y avait trop de monde, et vu le peu de temps que j’avais, j’ai décidé de marcher qqs centaines de mètres direction Marais et suis allé (pour la ere fois) au Musée d’Art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) dans l’Hôtel de Saint-Aignan (que la Ville de Paris a acheté en 1962 – bel immeuble du 17e siècle !).

J’y ai vu l’exposition du Peintre du Peuple – Jules Adler  qui est à des km-lumières de l’oeuvre de Bacon….

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Paris vu du Sacré-Coeur 1931

Un peintre fêté et distingué par des prix à son époque, il est tombé dans un oubli certain : c’est vrai que la vague de la modernité (impressionnistes, cubistes, Nabis et autres Blaue Reiter, fauves et expressionnistes) a poussé cet artiste, avec son style quasi anachronique à l’époque, dans les cases d’un style révolu en ce début du 20e siècle. Adler s’est attaché aux figures populaires (le prolétariat), la lutte sociale (son oeuvre La Grève au Creusot (1899) est une sorte d’icône des luttes ouvrières) et les campagnes.

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Très belles compositions, très « naturaliste » donc du point de vue d’aujourd’hui en effet davantage « illustratif » (le tableau « Fumées » par exemple a presque qqchose de Rockwell:

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Une chose est sur, le bonhomme savait dessiner :

Sa famille a par ailleurs quitté Luxeuil-les-Bains (voir le tableau ci-dessus en bas à droite) quand il a 17 ans pour s’installer à Paris (ou il est admis l’Ecole des Beaux-Arts)…. (il est un des premiers qui peint les hauts fourneaux  (Charleroi) – l’être humain y disparaît…,

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Les hauts-Fourneaux de la Providence – 1904

flâne énormément dans les rues de Paris et plus tard des paysans et marins… – touché par l’industrialisation galopante qui génère un exode rural….

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Un tout autre programme ce week-end pluvieux : l’exposition au Musée Zadkine dans le 6e 

L’exposition « Le rêveur de la forêt »  nous propose une approche multi-sources (poésie, philosophie, sciences), offre des pistes entre les diverses époques, supports et même genres…. donc c’est assez jouissif. On sort, point comme un rêveur, mais titillé et moins « courtois » comme après les tableaux de Adler (dont seul le « récit » et la « composition » peuvent toucher, là   c’est une exposition qui « interroge la fascination faite de peur et d’enchantement mêlés que suscite la forêt dans l’imaginaire commun. Refuge du vivant, du sauvage, du sacré, le monde sylvestre représente ce qui échappe aux entreprises humaines de domestication et de rationalisation du monde ; ce qui leur préexiste et leur survivra. » Et il y a en effet foultitude d’artistes « dialoguant » avec les sculptures de Zadkine :

Guillaume Apollinaire | Karel  Appel | Jean Arp  |  Bard Patrick | Christophe Berdaguer et Marie  Péjus | Hicham Berrada | Joseph Beuys | Constantin Brancusi | Victor Brauner | Marc Couturier | André  Derain | Jean Dubuffet | Max Ernst | Pascale Gadon- Gonzalez | Paul Gauguin | Alberto Giacometti | Natalia Gontcharova | Félix Gresset | Jean-Luc Hervé | Eva Jospin | Laurie Karp | André Masson | Ariane Michel | Edvard Munch | Eadweard  Muybridge | Estefania Peñafiel Loaiza | A. R.  PENCK | Giuseppe Penone | Javier Pérez | Pablo Picasso | Laure Prouvost | Bernard Réquichot | Germaine Richier | Auguste Rodin | Séraphine de Senlis | Raoul Ubac | Maurice de Vlaminck |  Theo Wiesen  | Ossip Zadkine

Alina Reyes  (l’auteure du sulfureux « Le boucher ») a consacré  une entrée dans son blog (avec une ribambelle des œuvres ET les encarts sur les artistes (ce que je ne fais quasi jamais)

http://journal.alinareyes.net/2019/11/02/enchanteresse-lexposition-le-reveur-de-la-foret-au-musee-zadkine/

(pas besoin d’indiquer qui a conçu ça, non ?!) 

(C’est un peu plus difficile – Eva Jospin

(Laure Prouvost – « Parle ment branches ») 

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J’y retournerai certainement dans ce petit Musée pas loin du Jardin du Luxembourg. J’aimais bien les sculptures en bois  d’Ossip Zadkine (la porteuse d’eau est d’une grande grâce comme le sont certaines odalisques) – entre le subtil et le primitif – qui trouvent dans cet endroit lumineux (mais aussi très petit) un écrin formidable.

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L’exposition est programmée jusqu’au 23.2.2020

En sortant et en me promenant je « tombe » sur un bus avec la peinture suivante dessus :

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ça vous ramène de nouveau dans la vie (réelle).

 

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