Faire mouche

Lu dans le cadre du Livre Inter 2018  – sous le signe d’un Saint-Joseph blanc de très bon aloi et un Chasse Spleen formidable après 2h de carafe)

4e de couv’

À défaut de pouvoir se détériorer, mes rapports s’étaient considérablement distendus avec ma famille. Or, cet été-là, ma cousine se mariait. J’allais donc revenir à Saint-Fourneau. Et les revoir. Tous. Enfin, ceux qui restaient.
Mais soyons honnête, le problème n’était pas là.

L’expression « Faire mouche » signifie atteindre un but, un objectif.

Dans cette expression, la mouche ne désigne pas le petit insecte bourdonnant. La mouche dont on parle ici fait référence à une mode apparue au XVIIème siècle (en particulier chez les femmes) qui consistait à se coller un petit point noir sur le visage afin de mieux souligner la blancheur de la peau! On sait qu’à cette époque la blancheur de la peau était synonyme d’appartenance à une classe sociale aisée qui cherchait à se distinguer par l’aspect physique des classes paysannes qui passaient toute la journée dans les champs.

Comme le point central d’une cible (au tir à l’arc, aux fléchettes comme sur l’image ci-dessous, etc…) peut, à une certaine distance, se confondre avec un point noir, faire mouche signifie donc viser le centre de la cible.   Faire mouche

______________

« J’avais été, jusque-là, un homme sans histoire. Peut-être parce que j’étais né dans un village isolé, au milieu de rien« … c’est Laurent le narrateur qui le dit. Il (re-)vient (officiellement) pour le mariage de sa sœur (qu’il n’aime pas), pour revoir son oncle (qui va bientôt mourir), ainsi que pour présenter à l’occasion son « épouse enceinte » (que personne ici dans village avait vu auparavant. Elle s’appellera pour eux Constance (mais on apprendra bientôt qu’elle s’appelle en fait « Claire »….)

« Tiens un revenant » dit la mère du narrateur dans ce petit bijou huis-clos plein de malaise rampant. Almendros mêle peinture sociale, avec un kilo d’âme noir humaine, un zeste de polar (un livre hybride inclassable) dans une langue millimétrée au scalpel…chaque mot pèse sa patte de mouche….

128 pages qui se lisent d’une traite, quasiment en « apnée » pour une chute (un peu surprenante, mais attendue aux vues des indices semées par ci- par là par l’écriture au cordeau) on verra à la fin que « le problème était ailleurs » – Difficile de parler du parler du livre sans dévoiler « l’intrigue » (puisqu’il n’y en a pas vraiment : ainsi Almendros a dit dans une interview : « J’aime les errances, les incertitudes, les livres qui ne sont pas explicatifs, où le lecteur a une part active. »)
On peut toutefois souligner que chaque mot à sa place (comme la mouche à placer correctement dans le visage) et Le Monde le dit bien dans une critique :  « A force de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant d’écrire, de multiplier les ellipses dans lesquelles le lecteur s’engouffre avec plaisir, il parvient à générer une formidable tension : « Dans ce qu’on dit, il y a toujours quelque chose qui se cache. Pour le lecteur, ça peut créer beaucoup de “narratif”. » »
 http://www.lemonde.fr/livres/article/2018/03/29/vincent-almendros-maitre-en-non-dits_5277853_3260.html#WpI1QW7xb9og1whw.99.

 

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En lieu et place une petite « collection » de phrases mouchetées :

Mouche (tdlf/ atilf.fr) – extrait des significations :

Insecte volant au corps rayé de gris, aux ailes transparentes, à la trompe molle, familier des habitations et parasite des aliments

Il ne faut qu’une mouche pour l’amuser (vx). En parlant d’une ,,personne oiseuse, d’un domestique musard« 

Quelle mouche l’a piqué ? Pourquoi se fâche-t-il brusquement?

Prendre la mouche (fam.). Se fâcher brusquement et mal à propos.

Être piqué de la mouche de + subst. (vieilli, fam.). Donner dans, être pris par.

Tuer les mouches (à quinze pas). ,,Avoir une haleine assez infecte pour empoisonner les mouches au vol`

ESCR. Chasser les mouches. ,,Parer au hasard, par des mouvements désordonnés« 

Fine(-)mouche. Personne fine et rusée (dont l’intelligence est rapide et insaisissable, comme l’insecte, ou encore qui est témoin sans être vue).

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La fonte des glaces

La dans le cadre du Prix du Livre Inter 2018  (belle discussion autour de bons vins)

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Louis est le fils d’un comptable et né en Afrique:

(… »peut-être aurait-elle préféré un mari un peu plus enjoué, mais elle comprenait que la pression des chiffres puisse modifier l’étoffe d’un homme, l’amidonner et contraindre ses gestes les plus intimes et même les plus amoureux, allant jusqu’à les soumettre à un strict planning hebdomadaire. L’arithmétique ne cédait du terrain que les veilles de week-end et les samedis soir, quoique pouvant subir des défaites en semaine, car la jeune femme s’y entendait assez bien pour réorienter son mari vers des territoires ou l’impératif comptable s’effaçait devant le devoir conjugal. Toutefois, du point de vue statistique, Louis était un enfant du week-end » (p. 15)

Après la mort de son père (écrasé par un éléphant – drôlissime), le duo mère-fils rentre en France, Louis deviendra charcutier, épousera la fille d’un maître de stage, reprendra sa boutique (les qqs pages – trop courtes – décrivant le bonheur des époux sous l’influence et/ou sur des carrelages et le froid de la salle frigo sont pétillantes) et se retrouve seul après la mort de cette dernière – et entre en retraite comme d’autres au couvent. La description de sa déprime post-retraite est tristement-joyeux :

« Ses journées, ses soirées et ses nuits se succédaient dans une continuité que pourrait modéliser le cylindre mollement sinueux d’une pâte dentifrice au sortir du tube. Pour le dire clairement, Louis déprimait. Fidèle à sa nature placide, il déprimait discrètementSon moral descendait une pente douce, au dénivelé d’autant plus pernicieux qu’il était infime. Il manquait à ses journées un schéma directeur de type belote, lotos, excursions de groupe et autres occupations agrégeant les retraités sociables. Il avait un certain nombre de connaissances mais pas d’amis, pas de famille, personne avec qui partager un rituel hors commerce, ne serait-ce qu’une partie de pétanque ou de dominos. N’ayant ni la main verte ni le goût du bricolage, il fut confronté à l’infernale gymnastique des aiguilles de sa montre qui prenaient tout leur temps pour arriver au grand écart de midi trente, heure officielle du déjeuner, puis à celui de dix-huit heures ; il mettait alors la table bien qu’il soit encore un peu tôt, comme pour appâter le moment du souper. Il faisait de son mieux pour arrondir les angles de ces aiguilles qui tricotaient des fins de journées bien trop grandes pour lui, tissaient d’interminables dimanches dans lesquels il flottait.. » (P. 45)

Autour de la page 50, le roman prend une virée – c’est que Louis va « tomber amoureux » d’un manchot empereur (ne dites surtout pas « pingouin » !) trouvé dans un vide-grenier.

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Louis, jusque là pas aventureux pour un sou, va s’intéresser au sort des manchots empereur (la description de ses excursions dans la médiathèque de Toulon est – également – un régal). Il va découvrir la « fonte des glaces », construire dans son grenier une (sorte de) « banquise », rajoutera, grâce à des achats sur internet, 11 compagnons autour de son 1er manchot (la Dream Team)…. et se mettre à la quête du grand froid…. ce qui offrira au lecteur (qui tourne les pages avidement) un voyage à l’Antarctique « qui se jette au cou de Louis que son grenier-banquise avait habitué à un froid moins démonstratif » (p. 115.) Ivaluardjuk, un inuit, sera son guide….

 » Il a fait ce qu’il fallait pour être là, dans la patrie du manchot empereur, après s’être posé maintes questions d’ordre pratique mais aucune sur la nécessité profonde de ce voyage au bout du froid. Just do it, aurait-il pu dire. Il s’était transporté de Toulon en Antarctique en plusieurs étapes physiques mais d’un seul jet mental, comme il offrait jadis un bouquet de persil aux clients sans y penser, parce que c’était la chose à faire.  »

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Une suite de micro-événements feront que Louis ratera son vol du retour, croise une journaliste-activiste (Alice) et déclenchera un mouvement (mondial) qui dépassera l’entendement… pamphlet contre les marketeurs, l’homme-déchet…. avec un accent de dystopie….

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Alice et Louis regardent des iceberg passer…..avant de faire un voyage sur un chalutier (de chasseurs d’iceberg) …

D’une logique imparable, c’est pourtant sur ce tout dernier tronçon de la vie de Louis, de plus en plus dodelinant, que j’ai perdu un peu ce personnage attendrissant et loufoque comme sorti d’un roman nordique….(genre Arto Paasilinna ou Jonasson…)

Un roman très, très agréable à lire. Un récit comme on aimerait en lire plus souvent, qui vous attrape par les cheveux. Il vous étonnera, il vous apprendra des choses, fera rire plus d’une fois – Joël Bacqué est doué pour rendre les choses les plus infimes de la vie vivantes (et drôles). Ce qui aurait pu virer en une « simple » émanation de WWF/Greenpeace (défense de la nature et des animaux en général – sous l’étendard du mancho empereur) se voit adouci voire contrecarré notamment par une attaque en règle contre les canidés (p. 100 – 101 – tordant à souhait !) …

Une belle lecture, qui, de plus, vous apprend pas mal de choses (et pas seulement sur les manchots – il incite « même » à la réflexion) et nous fera – enfin – assister à une « parade nuptiale » dont la vidéo imaginée par Joël Bacqué n’existe malheureusement pas sur youtube !

 

 

 

 

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Fief

Lu dans le cadre du Livre Inter 2018

Un vrai uppercut ou un jab ce roman !

(le jab n’est pas une arme aussi offensive que le direct, le crochet ou l’uppercut, mais le coup le plus indispensable par rapport à tous les autres punchs combinés. Il permet notamment de maintenir votre opposant à distance, de susciter à votre adversaire un certain inconfort et de neutraliser les coups de puissance de votre rival)

4e de couv’

Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents ont eux-mêmes grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c’est le langage, son usage et son accès, qu’il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d’orthographe. Ce qui est en jeu, c’est la montée progressive d’une poésie de l’existence dans un monde sans horizon.

Au fil de ce roman écrit au cordeau, une gravité se dégage, une beauté qu’on extirpe du tragique ordinaire, à travers une voix neuve, celle de l’auteur de Fief.

David Lopez a trente ans. Fief est son premier roman.

David Lopez nous enchaîne les textes courts comme des perles :

Pablo ( un jeu de cartes hilarant entre copains, histoire de nous présenter les divers copains de Jonas, le narrateur) ; Soixante-sept cinq (20 pages d’une séance d’entrainement de boxe) ; Sur  la chatte à Voltaire – (un jardin, Candide (de Voltaire) et beaucoup de shit… »l’ennui, c’est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. I faut un certain sens de la mesure. On a trouvé la parade, on s’amuse à se faire chier. On désamorce. Ça nous arrive de d’être frustrés, mais l’essentiel pour nous c’est de rester à notre place. Parce que de là ou on est on ne risque pas de tomber. » (p. 46) ; Périscope (sur la petite ville – Nemours ? – ) « …il y a trop de bitume pour qu’on soit de vrais campagnards, mais aussi trop de verdure pour qu’on soit de vrais cailleras... (p. 57), Ballon (un match de foot); Au calme (discussion entre Jonas et son père ; Virgule (p. 85 – 98) – une dictée entre potes … » il va nous dicter trois  extraits d’un livre écrit par une femme qui s’appelle Céline je crois, enfin c’est ce que j’ai cru entendre parce que ce n’est pas facile de l’écouter avec tous les autres qui demandent quel jour on est, pour mettre la date en haut à gauche sur la feuille, et ceux qui râlent parce que leur stylo n’écrit pas bien… » (p. 90); Eponyme and Clyde (p. 99 – 110)  – Jonas fait jouir une fois par semaine Wanda (cuni et consort sans pénétration)… « … elle lâche des onomatopées plus ou moins longues, plus ou moins régulières. C’est comme les notes, il y a les blanches et des noires, et puis des croches…. elle m’a trouvé moi. Assez éduqué pour échanger trois mots. Assez joli pour être désirable. Trop marqué cependant pour devenir intime. Trop sauvage pour être apprivoisé à long terme. Trop peu désireux de vivre... » ; Tempête (une séance d’entrainement de boxe – « on arrive repassé on repart froissé... » : Caillou (lecture de Robinson Crusoe) ; Ruche (travail au jardin – lien avec Sur la chatte à Voltaire) ; Baromètre (saynètes autour de « quand j’était petit, le meilleur moment de l’année c’était » ; Savoir vivre (une longue virée en ville après une beuverie – Ils sont dans un bar : …. « La musique n’est pas très forte, elle est surtout là pour donner un ton et couvrir les blancs dans les conversations. C’est un genre d’électro un peu lounge et minimale, du jazz pour des incultes… »  et cela se finit dans une fête dans laquelle les amis s’incrustent et où sort la frustration de Jordan (qui y voit Wanda) ;

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(photo de chetsam « jolis rochers en forêt de Nemours) 

Tipi (une sortie sur le rocher de la forêt « … Il y a un petit vent qui souffle, ça fait parler les feuilles… ») ; Papillon (Jonas chez Wanda – ses parents à elle sont absents, belle maison avec piscine… le titre fait référence au film « Le Papillon » que les deux vont regarder… magnifique scène toute en tension quand Wanda se masturbe et Jordan « préfère » s’occuper d’une coccinelle… (« … son geste est de plus en ^plus appuyé, et je me dis que c’est le moment de la rejoindre, parfois elle monte vite. La coccinelle ouvre ses ailes qui ont l’air d’être tout a fait sèches maintenant. Je l’incite à prendre son envol, et pourtant elle reste là, les ailes ouvertes. Wanda ne regarde plus dans ma direction….p. 205) ; Deux rounds et demi (un combat de box décisif de Jonas) ; Estocade ….

Il n’y a pas vraiment une (seule) intrigue dans ce roman (du quotidien d’une bande de jeunes et sans surprise scénaristique ou de retournement estupendo).

Il n’est pas nécessaire de lire le livre d’une traite, on peut même se « contenter » d’en lire que certains chapitres. Mais en effet, pour s’immerger de la langue très parlé ou lépar, vaut mieux de se jeter dans ce bain. Le premier chapitre déconcerte un peu, ensuite le registre cailleras s’adoucit (ou est-ce moi qui s’y est habitué…).  Je seillecon cependant de lire foispar des passages à voix haute, le phrasé (qui vient peut-être aussi du rap (?) est d’une énergie folle (et pourtant qu’est-ce qu’ils fument du shit dans ce livre…..(ça ferait des amendes « forfaitaires » hénormes….)

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Je lis que D. Lopez a fait un Master de création littéraire (sous la houlette paraît-il de Olivia Rosenthal) et a dû suer pour sortir ce livre, comme sur un ring.

Je suis ébloui – une vraie voix, une langue d’une précision (malgré le non-conformisme) diabolique et empreinte d’une mélancolie drôle…..

Coup de cœur !

« ...On sort de la rue piétonne pour déboucher sur une autre, il y a des terrasses de restaurant. À notre passage on nous observe. Faut dire qu’on fait du bruit. Romain est hystérique, Poto et Miskine parlent fort quand ils lui disent de fermer sa gueule. Habib rit comme une hyène tandis que Ixe doit hurler pour faire entendre ses blagues toutes flinguées qui nous font marrer quand même. Je demande à Sucré, Sucré, comment ça se fait que par exemple si je creuse pour aller en Chine ou en Australie ou je sais pas où, bref juste en dessous quoi, il me coupe et dit ouais, ou au Pakistan, et je dis oui bref tu vois ce que je veux dire, et il fait ouais, ou bien aux Philippines, et je dis non on s’en fout en fait, admettons que je creuse tout droit tu vois, peu importe où ça mène, et il fait ouais, mais ça s’trouve tu vas arriver en pleine mer, et il rigole, et je dis mais putain t’es relou j’ai une vraie question à poser gros, et je fais semblant de lui envoyer une combinaison gauche droite crochet au corps. Il dit bah vas-y et je dis donc, si je creuse pour aller en Chine, t’es bien d’accord que je vais creuser vers le bas, t’es d’accord, il dit ouais, et je dis alors quand je vais arriver en Chine, je vais sortir de sous terre, donc je vais creuser vers le haut. Il y a un silence. J’ai fait des gestes explicites, genre je tiens une pelle dans les mains et je creuse, vers le bas d’abord, vers le haut ensuite. On se regarde, et je demande, à quel moment je me retourne en fait ? Carrément il s’arrête de marcher pour réfléchir et Romain lui rentre dedans, bah alors Sucré qu’est-ce qui te prend de piler comme ça dans la rue quand tu marches, et puis il avance et il passe son bras autour des épaule de Poto, ce soir on va choper des meufs ouais, et Poto lui répond mais vas-y wesh t’es bourré, si y a des meufs viens pas les voir avec moi tu vas m’afficher. » (p. 153)

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Mektoub – My love (Canto Uno)

Amine est de retour chez lui, dans le sud, Languedoc (Sète dit le dossier de presse). Ce qui est sûr, c’est au bord de la mer : il y retrouve ses amis, sa famille et la belle Ophélie… qui cependant sera « avec » Tony, tout en étant fiancée Benjamin (qu’on ne verra jamais)….

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Quelle entrée en matière…. soleil, vélo et Mozart….. Amine passe devant la maison d’Ophélie, voit la moto de Tony (c’est son cousin), et sera témoin (voyeur, avec ses yeux de cameraman/photographe) de débats charnels : Ophélie est en train de faire l’amour avec Tony…. elle aura des jambes tous flagada après…..

Kechiche s’est librement inspiré du livre « La blessure, la vraie » (de François Bégaudeau), mais n’en a gardé que l’ossature (des jeunes en vacances estivales, mer, bars, boîtes et émois amoureux) et y a rajouté un zeste autobiographique (c’est lui, Amin) et s’applique à transcrire en images les émotions, les corps (jeux dans l’eau, en train de danser dans les bars et discothèques) et des âmes.

Mektoub, my love : canto uno d’Abdellatif Kechiche

Point de véritable intrigue dans ce film, Kechiche pose sa caméra et filme « la vie », peint un hymne au désir, au « naturel » (pas seulement à travers les dialogues – souvent d’une vérité frappante), , mais aussi celui de la nature comme le montre une double mise bas de brebis… « miracle de la vie »)….

Le rapport à l’événement et son impact culmine dans une séquence merveilleuse où Amin attend l’accouchement d’un agneau qui se retrouve justement jeté au monde par sa mère. La patience documentaire avec laquelle filme Kechiche vient tout d’abord invalider le cliché « naturaliste » qui colle à son auteur, puisqu’elle montre dans la dramaturgie même comment l’événement n’est pas subordonné au récit mais bien que le récit est subordonné à l’événement : il nous est ainsi distinctement dit que Amin attend la mise au monde le matin et, pourtant, c’est bien de nuit que l’accouchement, en tant qu’événement documentaire, se produit – et c’est bien ensuite comme un fait nocturne qu’il sera évoqué dans un dialogue entre Ophélie et le héros. Outre ce rapport au réel, ce qui se joue entre l’expérience et son impact ne s’affirme désormais plus comme binaire – la frontière du champ-contrechamp qui sépare le photographe de son sujet se retrouve même abolie quand la brebis, à la surprise d’Amin, fait une embardée vers lui pour jeter au sol un second agneau – mais comme circulaire : Kechiche ne filme au fond que ça, des allers et retours entre ce qui se passe et la manière dont Amin absorbe ce qu’il regarde. (www.critikat.com)

Morceau qui passe au moment de la mise bas ….:

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….  Kechich laisse courir/ fait durer ces instants, rajoute une B.O. intéressante et très très variée : Classique : Laudate Dominus (avec C. Bartoli), « Sonata n°1 in G minor (Bach), Disco & Dancfloor (bcp de scènes de danse : « Fly Away With Me », Tom Walker, « Pump Up The Volume (M/A/R/R/S) , « Sing Hallelujah » – Dr. Alban…) une louchée française « Osez Joséphine » – Alain Bashung  et l’hymne … »San Francisco » – Scott McKenzie…. Enfin du Raï….

Mektoub, my love : canto uno d’Abdellatif Kechiche

Melting pot parfait dans un monde (encore presque parfait, ou les touristes filles vont encore facilement avec des Français de souche tunisienne… )… je dirais au regard de l’évolution de notre société un rêve, une utopie des années post soixante-huit, un monde avant le cloisonnement…. Le film crée chez des spectateurs de ma tranche d’âge un regard presque mélancolique sur les émois d’une jeunesse que nous gardons dans la tête (le cœur) mais qui s’est évanouie, il ne faut pas se voiler la face. J’ai pensé d’un coup à mes étés de jeunesse (Interrail, le monde des possibles, le soleil d’Espagne ou de la Côte d’Azur…. ) De plus, Amin m’a rappelé mon comportement d’alors, plus proche du sien que de son cousin Tony…. le film a déclenché des résonances, donnés des envies d’été…

Mektoub, my love : canto uno d’Abdellatif Kechiche

Ce qui n’empêche pas que je le trouvais (malgré tout) trop long ce film, malgré des acteurs sympathiques…  Théoriquement je comprends l’approche de Kechiche (notamment quand du point de vue d’Amin il observe la danse d’Ophélie en boite (curieuse hauteur de la caméra scotchée sur ses belles courbes – Verhoeven y rajoutait qqchose en plus dans « Showgirls » ) – je ne suis pas loin de penser comme Michel Ciment :

Libération a très bien dit que c’était un film avant tout sur le cul des femmes et même sur le cul en général, qui moi m’a véritablement gêné. Il y a les pages société dans les journaux, et les pages culturelles. Dans les pages société on a depuis cinq mois des revendications féminines certainement souvent très justifiées sur le regard masculin, et là dans les pages culturelles, ça ne gêne absolument plus qu’une caméra filme des fesses en permanence !  Abdellatif Kechiche se défend en disant « en peinture, il y a des vénus callipyges* » – oui mais un tableau on le regarde dix minutes, pas trois heures…

Je sors donc du film partagé – bluffé par la capacité de Kechiche d’enregistrer le naturel des jeunes, mais freiné dans mon enthousiasme par une volonté trop appuyé de faire durer les scènes, sans qu’il y ait toujours une situation nouvelle qui en est générée….

 

*

« Du temps des Grecs, deux sœurs disaient avoir
Aussi beau cul que fille de leur sorte ;
La question ne fut que de savoir
Quelle des deux dessus l’autre l’emporte :
Pour en juger un expert étant pris,
À la moins jeune il accorde le prix,
Puis l’épousant, lui fait don de son âme ;
À son exemple, un sien frère est épris
De la cadette, et la prend pour sa femme ;
Tant fut entre eux, à la fin, procédé,
Que par les sœurs un temple fut fondé,
Dessous le nom de Vénus belle-fesse ;
Je ne sais pas à quelle intention ;
Mais c’eût été le temple de la Grèce
Pour qui j’eusse eu plus de dévotion. »

— La Fontaine : Contes et nouvelles en vers – Conte tiré d’Athénée.

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VOD

VOD = Visions (?) Ou Déceptions (?) ou plutôt V.O.D.   = Vereinigung der Ordensoberinnen Deutschlands (association des supérieures d’ordres d’Allemagne) ???? meuh non, c’est

Video-on-demand….

J’ai fait une petite excursion dans ce monde cloudé et visionné au total trois films sur des plateformes (Orange et Netflix – merci V. & R. !!).

Le Caire Confidentiel : Affiche

« Raté » à sa sortie…. j’ai « rattrapé » – et je suis plus que content.

Un très beau/bon film (germano-dano-suédois!! – Tarik Saleh est Suédois) qu’un James Gray (de chez « Little Odessa » n’aurait pas renié. Je m’épargne toutefois une avalanche de mots et me réfère avec plaisir sur l’excellente analyse (que je partage parfaitement) de Newstrum, qui a eu la bonne idée de le voir au moment de sa sortie. Un film très fort et puissant, qui sort du mainstream (tout en s’inspirant d’autres maîtres)…. un film qui marque (ne serait-ce que avec en toile de fond ce qui qui se passe actuellement en Egypte) aussi par son côté inéluctable et la tragédie grecque ou shakespearienne qui y rode. C’est grâce aussi du flic obstiné Noureddine (Fares Fares) (un pourri dans un univers de pourris&mafieux, matiné d’un ange de justice) que les propos dénonciateurs trouvent leur envergure. L’article de Newstrum :

le-caire-confidentiel

Annihilation : Affiche

Résumé sur allociné :

Lena, biologiste et ancienne militaire, participe à une mission destinée à comprendre ce qui est arrivé à son mari dans une zone où un mystérieux et sinistre phénomène se propage le long des côtes américaines. Une fois sur place, les membres de l’expédition découvrent que paysages et créatures ont subi des mutations, et malgré la beauté des lieux, le danger règne et menace leur vie, mais aussi leur intégrité mentale.

Après avoir lu une critique de ce film (de Alex Garland – découvert dans « Ex Machina » ) dans Le Monde (le film a pour diverses raisons pas trouvé son chemin vers les salles et n’est (pour le moment) distribué que sur Netflix.

Ce n’est pas trop grave…. film SF  qui mélange pleines de genres, se distingue par le fait que ce sont 5 femmes (Natalie Portman et Jennifer Jason Leigh entre autres) qui vont s’attaquer à la « zone infestée » et par quelques idées visuelles de bon allant (les fleurs parsemant les clairières et parfois des Hommes statufiés…)

Annihilation : Photo

Selon les dires de la presse il y avait des litiges entre les producteurs (dont un aurait dit que le film est « trop intellectuel et compliqué » (qu’il faudra donc le modifier pour qu’un public plus large puisse le « comprendre » – d’autre part il souhaitait qu’on rende plus sympa le personnage de N. Portman… ) refus de l’autre partie donc pas de sortie en salle …..

Il y’a un peu de Ridley Scott, un zeste de « Prédator », une louchée de « Premier Contact » et de « Avatar » (pour l’idée de la colonisation de l’enveloppe humaine), une étincelle de « Stalker » – mais chaque fois sans le flux « génial »… la fin déjà vue aussi (« Alien »)… donc après presque deux heures – une déception toute relative (et content que je n’ai pas d’abo’ de Netflix)

Au Revoir Là-haut : Affiche

Je n’y suis pas allé voir ce film en salle. J’avais lu le livre goncourisé et craignais une déception. C’est que le livre fourmillait en personnages hautes en couleurs et P. Lemaître est un grand portraitiste, qu’est-ce ça pouvait donner à l’écran…. Je dois avouer qu’il a trouvé en Albert Dupontel un artisan qui le servait bien. Son choix d’acteurs cadre parfaitement avec sa panoplie de personnages : Pradell, le cynique pervers (Laurent Lafitte) le père d’Edouard: Niels Arestrup (son face-à-face avec son fils qu’il croyait mort est d’une force émotionnelle formidable, c’est joué (et capté) avec une subtilité magnifique. Le comptable modeste Albert Maillard joué par Dupontel himself (peut-être un peu âgé pour son rôle, mais c’est une question de goût…

Le lieu de vie de Edouard et Albert est très bien « reconstitué » (‘càd que j’ai presque eu une sorte d’effet de déjà vu….)…. film très classique, mais parsemé d’éclats d’imagination débridée (notamment par un travail formidable sur les masques d’Edouard (pour cacher sa « gueule cassée »)…  Donc pas une déception, même si je l’ai regardé ce film avec une attention plutôt courtoise.

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Summer

Lu dans le cadre du Livre Inter 2018

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« La nature humaine est un putain de mystère. » (p. 265)

4e de couv’

Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image  : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs  ?
Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences.
Comment vit-on avec les fantômes  ? Monica Sabolo a écrit un roman puissant, poétique, bouleversant.
C’est mon 1er roman de cette auteure (qui a déjà remporté des prix littéraire (Prix de Flore en 2013 ainsi que le GPSGL en 2016).

Je serai peut-être mieux, installé aux bords du Lac Léman (ou dans les Bains des Paquis)

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avec vue sur « Le jet d’eau semblait à portée de ma main, je voyais les détails de ses remous, l’eau qui retombe en écume soyeuse, comme de la mousse, du champagne ou une gigantesque giclée de sperme. » (p.17) pour parler de ce livre hypnotiquement morbide. Le lac étant un personnage à part entier dans cette narration.

Benjamin, membre d’une famille de bourgeois aisé (« il ne se passait jamais rien d’inconvénant… »!) (père avocat), et frère de Summer qui comme la 4e de couv’ l’annonce, se volatilisera (noyée, enlevée, enfuie ?) raconte. Non, il ne raconte pas, il essaie de se souvenir, de tisser le tapis de bribes d’images, de moments, sautant les années, en une longue quête intime….. Parfois c’est face à son thérapeute, parfois dans sa chambre  ou dans la nature, dehors, face au lac :

« …le lac, plus sombre chaque jour, ressemblait à une grande assiette d’eau sale. » (p. 128)

« Les filles, petits points noirs dans l’eau noire constellée d’éclats brillants, nageaient vers le rivage. De loin, elles semblaient prises dans de l’acier fondu. » (p. 98)

Bildergebnis für lac leman

La disparition de Summer a eu lieu il y a « vingt-quatre ans, neuf mois, …. » et elle pèse sur toute la vie, tout l’être de Benjamin, de tout son poids de mélancolie, de silence(s) (non, plutôt des non-dits ou non-compris). Des crises de panique inexpliquées l’assaillent, sa vie n’est que « noyade », il n’est que froideur, ses rencontres avec les filles sont un échec et le démolissent encore plus…

Le lecteur – surtout s’il a lu des romans de J. Carol Oates ou de Laura ­Kasischke (Suspicious River p.ex. ou White Bird in a Blizzard) – capte assez rapidement que les apparences, la façade de la famille toute comme il faut (ou dont on pourrait penser qu’elle est l’image même du bonheur), est/sera trompeuse. Et en effet, notamment dans le dernier tiers du roman on aura son lot de révélations…

La langue est parfois empreinte d’une belle poésie, toutefois je n’ai pas été aussi capté par les personnages (et finalement le récit en tant que telle) que j’aurai voulu. Les affres de l’adolescence (vive la névrose de Benjamin) ne m’a pas touché, les parents et le milieu décrit sonnaient clichéesque (prenons le nom de la famille : « Wassner » – Wasser = eau – ceux de l’eau…) et les « révélations » (ou twists) viennent dans « cette tragédie d’une famille illustre » un peu comme téléphonées (je me suis même dit à la fin : « tout ça (316 pages – écrites en gros) pour ça…? »)

Restant quelques phrases et descriptions qui sonnaient bien (mais que j’ai comme évoquée déjà lu/perçu chez JCO ou LK)…

Bildergebnis für lac léman+ Hodler

La Rade de Genève et le Mont-Blanc à l’aube de Ferdinand Hodler

Une phrase qui m’a fait rire  pour cause d’utilisation d’un adjectif surprenant :

« Elles passaient tendrement leurs doigts sur mes yeux, ou se transformaient en bête sauvage nocturne, leur langue glissant dans les lieux les plus extravagants de mon anatomie » (p. 209)…. C’est ou le lieu extravagant (fou, délirant, qui dévie par rapport aux normes reçues de la vie sociale, qui va contre la raison ???) ?

Le thérapeute : « il jouait avec son stylo-bille, en appuyant compulsivement sur le cliquet, et cela évoquait si fort la tristesse masculine et la masturbation que j’ai dû fermer les yeux. » (p. 231)

Une des phrases plus longues (pleines de couleurs miroir de l’âme de notre narrateur) :

« Je regarde A.A… sans le voir, et sous mes paupières défilent toutes ces années, les étés, les hivers, le soleil se lève et se couche sur le lac Léman en accéléré, en dessinant des grands arcs lumineux dans le ciel qui change de couleur à toute vitesse, des nuages filent comme des ombres, des plantes naissent, fleurissent, leurs couleurs explosent tels des milliers de cris, et aussitôt elles meurent en se recroquevillant, puis tombent en poussière, et je tombe en poussière avec elles. » (p. 263)

En fin de compte, j’ai eu un peu de mal à lâcher le livre, il y a vraiment qqchose d’hypnotique entre ces lignes et le va-et-vient entre les événements, avec un zeste d’effroi sourd et frémissant (tant le lac fourmille de fantômes, poissons et monstres sous sa surface grise d’acier…) mais qui ne m’a pas pris dans ses tenailles, contrairement à la promesse de la 4e de couv’ je n’étais pas bouleversé…(coeur de pierre qui roule !!!).

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Hostiles

Hostiles : Affiche

Un western métaphysico-philosophique qui n’oublie pas les codes du genre tardif (indiens déjà dans des réserves, déplacés mais se révoltant parfois – les comanches surtout), v(i)ols par des trappeurs, une armée en déliquescence (les grandes batailles sont terminées), les politiques prennent le pouvoir, réveil des consciences…. dans un théâtre de paysages (ahh le Montana) simplement magnifique (et sauvage).

Hostiles : Photo

Synopsis (allociné) :

En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple.
Façonnés par la souffrance, la violence et la mort, ils ont en eux d’infinies réserves de colère et de méfiance envers autrui. Sur le périlleux chemin qui va les conduire du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus comanches qu’ils rencontrent.

Hostiles : Photo Christian Bale, Rosamund Pike

Christian Bale (Blocker) est un héros des guerres indiennes, qui a participé (entre autres)  au massacre de Wounded Knee pendant lequel il s’est distingué d’une sauvagerie sans pareil – il est « fatigué » et « saturé de violence » et tout simplement époustouflant dans ce rôle. Je savais que c’est un bon acteur (mais il arrive à transmettre ses sentiments et émotions – sans paroles – d’une manière qui m’a touché à plusieurs reprises dans ce film).

Hostiles : Photo Adam Beach, Christian Bale, Wes Studi

Une lenteur assumée (si vous n’aimez pas le rythme lent comme dans le film « L’assassinat du lâche Jesse James par Robert Ford » n’allez pas voir ce film) qui laisse de la place aux réflexions et dialogues d’êtres ravagés et traumatisés (de tous côtés) et/ou rattrapés par leurs démons.

Le réalisateur (connu et déjà apprécié dans Crazy Heart (avec Jeff Bridges) et Les Brasiers de la Colère (déjà avec C. Bale) s’inscrit dans la lignée des réalisation comme « The Homesman » (vu à la TV après avoir lu le livre – superb) et ou « La dernière piste » et moins (à mon avis) de celle de « Impitoyable » (Eastwood) mis en avant par le marketeurs.

Hostiles : Photo Christian Bale

Par ailleurs, il y a également d’autres « rappels » à la littérature comme « 1000 Femmes blanches » de Jim Fergus  – deux scènes du film en témoignent du réveil de la conscience des « américains » que les peaux rouges ne sont (peut-être) pas si « sauvages » que ça, et que c’est « le blanc » qui les chasse de leurs terrains ancestraux…

Hostiles : Photo Rosamund Pike

Même si vous êtes rétifs au genre qui longtemps a mis sur un piédestal une des fiertés américaines : la construction d’un grand pays nouveau, d’une nation malgré les obstacles et difficultés (la nature et les intempéries ainsi que les méchants Indiens), allez-y. Le genre Western devient ces derniers temps-ci de plus en plus « critico-réaliste » [les prémisses cinématographiques existaient certainement, ainsi peut-être un des premiers films qui a entaillé le « côté glamour » du héro blanc est « La flèche brisée » (Daves Delmer) – film dans lequel l’indien n’est (pour la 1ere fois ? – je ne suis pas un grand spécialiste) pas un sauvage….]…. mais on est loin, loin des archétypes du genre « Rio Bravo » ….

Dans l’opus de Cooper les réflexions sont poussées plus loin encore (et moins emphatique que p.ex. dans « Danse avec les loups » (K.Costner)…. il est vrai que le film se situe historiquement parlant à la fin du 19e …

J’ai passé un excellent moment.

 

PS

Par contre je me suis ennuyé à mort dans une séance de soutien au cinéma français : « La belle et la belle » de Sophie Fillières – malgré une Sandrine Kiberlain maniant bien le 2e degré avec son désinvolture. Sur un fil scénaristique tenue (une femme de 45 ans rencontre son « double » de 20 ans plus jeune…) on sent le spectre de possibles mais l’imagination fait du surplace ….

Une belle scène cependant (qui m’a fait sourire:  L’amant (et Ex) de la plus âgée (Kiberlain) a écrit une lettre en écriture spéculaire après une nuit passée avec elle … elle doit donc se mettre devant un miroir pour la lire – dernière phrase de la missive : « regarde bien comme tu es belle » (sous-texte : et accepte toi)…. l’idée m’a plu (bcp.). Sinon j’ai un petit problème avec  l’actrice Agaçe pardon Agathe Bonitzer …..

La Belle et la Belle : Photo Agathe Bonitzer

Par ailleurs, ci-dessous la critique, comme à son habitude affûtée et argumentée, de Newstrum qui partage d’une certaine manière mon problème tout relatif avec A. Bonitzer :

https://newstrum.wordpress.com/

 

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