Un debut d’été au jardin

Depuis deux semaines co-propriétaire d’une maison (à rénover) avec un jardin, je partage mes journées actuellement entre un appartement à Grenoble et cette maison et son jardin.

En même temps, je n’oublie pas non plus les quelques clients que j’ai encore en traduction ( chuis en mode cumul retraite- emploi) ce qui finalement tout comptes faits ne me laisse que peu de temps pour écrire.

« Surveiller » l’avancement des travaux de rénovation et découvrir la (lourde) tâche d’un jardin – un monde qui jusque là était très très loin de mes intérêts d’urbain.

Les amis s’amusent déjà « Métamorphose » disent-ils en offrant des livres du genre « Le jardin pour les nuls ». Dans le cas d’espèce « Le jardin mois par mois » (Jean-Michel Groult – chez Ulmer…. ainsi j’ai pratiqué la « taille d’été sur la vigne » (afin de « canaliser la sève vers les grappes« ), manier « first time ever » une tondeuse à moteur, broumbroum…., un kaercher…. Bientôt je serai maître S en terminologie jardinière. (gratter, binoter, labourer, sarcler, biner ….- quel privilège!)

Mais je vous promets de revenir bientôt avec de nouveaux gribouillages sur les films et livres que j’ai vus/lus.

(romans de Dolores Redondo, Alexis Jenni et de textes lu dans le cadre du Prix Caillé et/ou films ADN, Father, Drunk, Adieu les cons).

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Livre Inter 2021 – Shadow Cabinet

[je m’exkuz auprès de mes amis de les avoir mis en pâture ainsi du monde internet]

Pour notre 11e Edition nous avons malgré une météo instable choisi de nous réunir dans un joli pré au-dessus du village Sappey (Chartreuse).

Piquenique et longues discussions – sachant que nous étions bien prévenu par Eva Bettan (via communiqué que :

Message d’Eva Bettan

« Ils étaient 10 livres en compétition pour le prix du livre inter, ils ne sont plus que 9 !

En effet, Miguel Bonnefoy vient d’obtenir le Prix des libraires pour son livre Héritage, paru aux éditions Rivages. Bravo à lui ! Mais dès lors il sort de la compétition pour le Prix du Livre Inter. En effet, les critères de sélection des livres en compétition pour notre prix sont les suivants :

Des romans, écrits en français, parus depuis la rentrée d’aout 2020, dont l’auteur n’a pas déjà obtenu le prix du livre inter, et qui n’ont pas obtenu de prix littéraires importants. Ce qui est le cas du prix des libraires, d’ordinaire remis plus tôt dans l’année.

Les éditeurs avaient été prévenus que leur livre sortirait de la compétition pour le Prix du Livre Inter s’il obtenait le prix des libraires. »

Ce livre était pour certains d’entre nous le 1er choix – il fallait donc refaire nos propres « hitparades ».

Le livre de Franck Bouysse « Buveurs de vent » se trouvait rapidement éliminé.

Après d’âpres débats et trois (!) tours, nous avons choisi le 1er livre de Hugo Lindenberg (9 votants – 5 voix pour conte 4 pour Ndiaye). Nous pensons cependant que le roman de Marie NDiaye a pas mal de chances. Et il y avait des défenseurs très convaincants pour Le Pont de Bezons (qui toutefois est tombé des mains de certains d’entre nous) . Ce qui, d’après notre expérience inaugure de débats houleux dans le Jury.

Demain Lundi 7 juin j’actualiserai l’entrée du blog avec le « vrai » gagnant, sachant que ce sont nous les vrais gagnants !

Lundi 7 Juin

Nous avons donc – une nouvelle fois – visé juste. C’est « Un jours ce sera vide » de Hugo Lindenberg qui a « gagné »

Toutefois la « majorité absolue » obtenu par le livre à Paris, de 13 voix sur 24 au 1er tour, montre bien qu’il y avait d’autres prétendant (Eva Bettan a cité ceux de Toledo et « L’ami » de la Miss Tavernier (que nous avons tous aimé mais en regrettant une fin trop bâclée et/ou un nombre de clichés trop important pour faire adhérer plus de monde….

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Pont de Bezons – Sélection du Livre Inter 2021

Présentation de l’Editeur (P.O.L.) :

« Heureux qui a vu le jour se lever sur le pont de Bezons ». C’est la première phrase de ce roman dont le projet consiste « à mener sur les berges de la Seine, entre Melun et Mantes des reconnaissances aléatoires, au fil des saisons, dans un désordre voulu ». Mais très rapidement ces déambulations prennent des allures de petite odyssée sur les berges du fleuve, au cœur de banlieues bousculées, parcourant des espaces fracassés, des friches et des zones industrielles. Traversée du monde d’à côté, celui que nous ne voyons plus depuis des décennies. De micro évènements prennent une tournure fatale et romanesque, comme la fermeture d’un Mc Donald’s à Bezons ou des parties de pêche organisées par des Rroms. On y croise des réfugiés tibétains sur une péniche à Conflans, un café kurde révolutionnaire à Corbeil, un restaurant brésilien, des mosquées salafistes à Saint-Denis, une base assez confidentielle de la marine nationale. C’est le roman discret d’un monde bouleversant de solitude, d’oublis, de ruines et de décomposition.

Au cœur de ce parcours, il y a aussi les retrouvailles avec une vieille cousine et la maison de Carrières- sous-bois qui cache un secret de famille que le narrateur révèle pour la première fois : le fantôme de l’oncle Joseph. Mais le chaos de ce monde périphérique, sous le regard aigu du narrateur, cache lui aussi un mystère : la présence de toute une vie sauvage et animale nichée souvent dans d’improbables lieux. Oiseaux rares, cygnes sauvages, poissons… Avec humour, Jean Rolin traque les détails des existences, des paysages, des lieux, et les traces historiques d’un décor périurbain qui devient sous nos yeux le roman contemporain de notre abandon.

Je fais rapidos.

Indéniablement Jean Rolin a une plume et un sens d’observation formidable – je tire mon chapeau.

Toutefois je suis resté – mais complètement (sorry) en dehors de ce carnet de déambulations – entre Melun et Mantes-la-Jolie, lelong la Seine, aussi cocasses, ironiques et/ou mélancoliques qu’elles sont/ont été.

Je dois avouer que j’aimerais savoir (d-)écrire ce qui m’environne à la manière de J. Rolin, mais un lecteur du centre de la France p.ex. ou « même » de Grenoble comme moi peut se dire – et à quoi bon ?

Le 1er novembre 2018, jour de la Toussaint, j’ai pour la première fois poussé la porte du café Mekan, rue du Cloître-Saint-Spire, au pied de la cathédrale. Auparavant, j’avais été longuement me promener dans Corbeil et, par la rue Emile-Zola, jusqu’au quartier des Tarterêts et jusqu’à l’autoroute la Francilienne qui marque la limite nord de celui-ci. En chemin j’avais visité celle des épiceries Château-Rouge – Corbeil en compte au moins trois – située à l’angle des rues La Fayette et Emile-Zola, qui faisait ce jour-là une promotion de tilapia à 3.90 euros le kilo et de cuisses de poulet halal à 14.50 euros le carton de dix kilos je m’y étais interrogé sur l’identité du leader en tenu léopard, le visage grêlé, coiffé d’une casquette, dont le portrait trônait dans la vitrine.

Contrairement à bcp d’autres lecteurs j’avais assez aimé à l’époque la délocalisation du « Traquet kurde » lu en 2018 dans le cadre d’une autre sélection du Livre Inter. Là, je retrouve certes une certaine acuité et un don d’observation critique, mais je n’ai pas apprécié (à sa juste valeur peut-être)

Enfin la haute idée que je m’étais faite de la réserve, à la longue, fit que je ressentis douloureusement, le 10 mars, ce qui m’apparut comme un véritable saccage, les quelques étendues auparavant couvertes de bruyère ayant été abandonnées, semblait-il, à l’invasion des fougères, des genêts, des saules ou des ronces, cependant que le sol, rendu boueux par les averses qui toute la journée avaient alterné avec des éclaircies sans que jamais le vent ne tombe, était labouré en tous sens de profondes ornières creusées par des engins de chantier, comme si l’on avait organisé sur le territoire de la réserve, depuis ma dernière visite, une reconstitution de la bataille de Koursk. Si souvent que j’y sois retourné depuis, je n’ai jamais trouvé à ce saccage le moindre début d’explication : inévitablement, la proximité des pylônes – qui jamais, où que l’on aille dans la réserve, ne vous perdent de vue – faisait que l’on était enclin à soupçonner la marine, mais d’un autre côté on ne décelait aucune trace d’un aménagement ou d’une transformation quelconque du terrain, au-delà de son labourage….. (p. 142)

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Thésée, sa vie nouvelle – Sélection du Livre Inter 2021

Lu dans le cadre du Prix du Livre Inter 2021 – et surtout de notre Club Shadow Cabinet qui va se réunir le 6 juin pour débattre des 10 livres.

« et cette enveloppe que nous appelons Corps que nous revêtons, soignons et vénérons, n’est rien qu’une cristallisation de liens qui peuvent dans l’exil, la vieillesse ou l’accident se dissoudre » (p. 10)

Présentation de l’Editeur

En 2012, Thésée quitte « la ville de l’Ouest » et part vers une vie nouvelle pour fuir le souvenir des siens. Il emporte trois cartons d’archives, laisse tout en vrac et s’embarque dans le dernier train de nuit vers l’est avec ses enfants. Il va, croit-il, vers la lumière, vers une réinvention. Mais très vite, le passé le rattrape. Thésée s’obstine. Il refuse, en moderne, l’enquête à laquelle son corps le contraint, jusqu’à finalement rouvrir « les fenêtres du temps »…

D’abord réticent face aux mélanges de poésie, récits, réflexions autour du suicide d’un frère et le poids de l’histoire (et non-dits/mensonges) d’une famille (des photos et lettres tirées de cartons d’archives à l’appui), je me suis laissé embarquer pendant un moment et dériver dans le dernier tiers sans toutefois pouvoir m’intéresser aux « modifications de l’expression de nos gènes en fonction des traumas passés » – et pourtant, la langue lancinante et labyrinthique de Camille de Toledo est belle.

un père dénoue seul la corde à laquelle son fils s’est pendu, je suis dans un taxi qui traverse le fleuve, j’ignore tout de ce qui est en cours, mais le message sur mon répondeur dit de me dépêcher, et c’est une voix de terreur, celle du père; à peine sorti du taxi, je cours, je tape un code, ne me souviens plus; la pendaison est un acte archaïque, ce n’est pas un saut par la fenêtre, la corde vient du passé, je devrai y revenir; mais pour l’heure, je m’engouffre dans l’escalier, les marches sont usées, au deuxième la porte est ouverte, je vois le père assis; dans l’angle, le frère allongé …..(p. 15)

Un livre qui a mon avis va partager les lecteurs (cela ne m’étonnerai pas qu’il se trouve dans le top 3 de bon nombre de membres du jury – mais ce n’était pas mon cas). Soit on se sent concerné et embarqué par la musique mélopée-enne des flux de mots/maux, soit on reste loin dehors, devant la porte, butant sur l’intellectualisation abyssale et/ou torrentielle autour de la culpabilité… (la corde vient-elle du passé??) et/ou les réflexions sur la synchronicité et les lapsus du temps.

« L’essentiel tourne autour de ce que j’y ai compris du suicide, de ce que le suicide m’a offert comme matière à penser... » – dit de Toledo vers la fin du livre, mais il y a aussi des réflexions sur les racines juives, sur le capitalisme à visage humain, des questions sur l’écologie sont soulevées… – on ne sait plus dans quel registre littéraire on se trouve… parfois c’est un atout, pour moi non.

en sortant du cimetière après l’enterrement de Jérôme – ou était-ce après la mort de la mère, du père ? – une vieille s’était approchée de Thésée pour lui confier qu’après le décès de son enfant, elle avait noué une conversation avec lui ; la vieille lui conseilla d’en faire autant ; elle ajouta, confiante, qu’elle n’hésitait plus à demander de l’aide à son fils décédé ; on peut faire ça, elle lui dit, ce n’est pas une honte de demander de l’aide aux morts ; et Thésée sourit, car il était encore, à cette époque, un moderne ; mais depuis que son corps l’a mis par terre et faute de trouver une explication médicale raisonnable, il a dû s’ouvrir aux savoirs improuvés ; se tourner, à sa manière, vers la foi, vers le mystère ; et maintenant, alors que le soleil décline derrière les montagnes et qu’une ombre enveloppe le haut du cimetière, il se met à parler à Jérôme comme s’il était là… alors, il dit, tu m’entends ? je t’entends, répond son frère mort
(p.189-190)

B

Curieux je suis maintenant de l’accueil réservé à ce livre par mes amis lecteurs du Shadow Cabinet… et, je me répète, je ne serai pas surpris de voir ce livre dans le Top du/des jurys. Il y a bcp de passages qui permettraient à un bon orateur et bon nombre de passages à l’appuie de couronner ce livre au 3e tour. [Il se trouvait déjà sur pas mal de listes de prix à l’automne de 2020 avec une nuée de critiques professionnels enthousiastes ]

L

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Vercors titouanesque

Deux jours dans le Vercors (à Saint-Julien en Vercors un petit village pas loin des Gorges de la Bourne) pour être avec notre fille, son mari et notre petit-fils.

C’est grâce à HomeExchange que ce beau trio breton a trouvé une belle maison ouverte vers la verdure…. on y a même – en pleine journée vu une biche traverser les champs…

La météo n’était bonne que le premier jour (après-midi à notre arrivée) et le matin de la 2e journée. Petites balades vers Saint-Martin et à travers les forêts, en partie avec le bout de chou.

La vallée invite à la contemplation, à la marche, à l’écoute des chants d’oiseaux… quand on habite la ville on oublie ça.

Le village de Saint-Martin (un boulanger, un petit commerce pour tout, une boutique bio et quelques poteries, un relieur – ces derniers fermés pour cause de Covid) a un tilleul impressionnant planté au 16e siècle.

Le coin idéal pour se ressourcer un peu, d’oublier les voitures….

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DEUX – Wir beide – Two of us

Après deux jours dans le Vercors retour à Grenoble pour me joindre aux premiers pas de déconfinement dont la 2e phase a commencé ce 19 Mai.

Dignement fêté avec un apéro champagne avec un couple d’amis – et hop disparu dans une salle obscure ( la première fois depuis octobre 2020 !) – on était 7 dans la salle.

Et nous n’avons regretté pas une seule minute de ce film qui aurait pu être « déjà vu/traité » ou encore tire-larme mais qui est sous la direction du jeune Italien Filippo Meneghetti et avec deux actrices qui dans ce film ne font pas leur âge (comme si l’amour rajeunirait) et nous livrent une partition d’une finesse rarement vu sur la « quête de liberté » (donc parfaitement en phase avec ce 1er film de ma sortie du confinement).

Il y a Madeleine (française – veuf d’un homme qu’elle n’a jamais aimé, mère et grand-mère – la grande Martine Chevallier) et Nina (allemande – l’extraordinaire Barbara Sukowa – le rôle de sa vie ??).

Elles se sont rencontrées – et ont commencé à s’aimer 20 ans auparavant à Rome, habitent dans le même immeuble, au dernier étage et le même palier, leurs portes se faisant face.

Pour tout le monde (notamment les enfants de Madeleine) elles sont des voisines, amies mais personne ne sait qu’en fait Nina habite chez Madeleine (et doit s’enfuir dans le sien quand il y a des visites). Les deux femmes envisagent de partir Rome, vendre leurs appartements respectifs – mais pour ça Madeleine doit parler à ses enfants …. (qui ne sont pas au courant du « désamour » avec leur père défunt)….

Madeleine aura un AVC…. conséquence : la vie « commune » des deux (toujours) amoureuses est interrompue. Et Nina, désormais cantonnée à son appartement (vide) tentera tout pour s’approcher de Madeleine, dont la fille (Léa Drucker) s’occupe avec l’aide d’une aide.

Je n’en dis pas plus – le film se terminera, thank’s god, avec une fin ouverte qui laissera au spectateur sa liberté (en effet nous ne sommes pas confinés dans un récit hollywoodien mélo à souhait). Tout est d’une finesse incroyable, de petites touches qui épaississent les caractères, laissent entrevoir les failles des enfants. Filippo M. rajoute « même » des accents de psychothriller (ahh cette montée de la tension avec les vues à travers les judas des portes d’entrées qui laissent toujours d’attendre au pire….) pour déjouer toute once de « déjà-vu ».

Beau cocktail de réalisme, d’émotions et de tension avec une économie de scènes et de mots comme je les aime (pas une scène inutile – sachant que les premières 2 minutes inaugurales peuvent déconcerter un moment – mais s’expliquent au cours du film).

Film qui a représenté la France aux Oscars et a reçu le César pour le meilleur premier film.

Je conseille absolument !

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Week-end sportif

Je pense que la 1ere dose de Pfizer que j’ai reçu la semaine dernière contenait d’autres substances dopantes.

Samedi (après une nuit chez des amis à St. Jorioz – coucou D & G – merci pour vos conseils de jardinage que je pourrais bientôt mettre en pratique) tour du lac d’Annecy en vélo (sans assistance électrique).

https://www.alti-mag.com/alti-sport/alti-velo/tour-du-lac-dannecy-en-velo

J’entends déjà les cyclistes parmi vous ricaner, surtout quand vous apprenez que nous avons choisi la montée de Talloires (Roc du Chère) en direction de Duigts et pas l’inverse comme les VRAIS sportifs. Mais nous avons fait quelques « détours », quittant la piste cyclable en site propre (bientôt le tour complet sera possible en site propre) pour nous promener doucement aux bords du lac ou pour piqueniquer.

Vu que c’était samedi 8 mai (donc férié pour pas mal de monde) on s’est cru un mois d’aout sur l’Ile de Ré….. les vélos avec les VRAIS cyclistes et les vélos électriques se livrant en plus des courses effrénés et stupidement dangereux (à mes yeux).

Enfin le picnic à l’ombre de Père Bise et surtout de l’Abbaye de Talloires (de cet endroit-là Paul Cézanne a peint son tableau Lac d’Annecy)

tableau cezanne

Un moment d’une quiétude formidable.

Retour à Grenoble (bcp de gendarmes sur les ronds-points !) puisque le lendemain réveil assez tôt pour une randonnée en Chartreuse.

L’Aulp du Seuil

Randonné que pas mal de personnes considèrent comme une des plus belles de la Chartreuse. J’adhère mais n’oublie pas de rajouter que ce n’est pas une balade « familiale ». C’est plutôt assez costaud (presque 900m de dénivelé sur une assez courte distance – montée env. 2h30).

On traverse les pistes de ski de St Bernard, et suit une piste forestière qu’on traverse parfois pour arriver à une zone d’éboulis (une vraie « bavante » = pente raide).

Au haut de cet éboulis, le sentier débouche sur la clairière de l’Alpette (1h30) et on entre dans l’espace protégé de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse.

Après l’Alpette, le sentier monte sans difficulté (bon nombre de sangles) par des radins rocheux (larges marches taillées sécurisées par des barrières et des fils de fer barbelés (!) .

Il y ‘avait un vent très très fort (du Sud) annonçant le très mauvais temps de cette semaine (il fallait être très prudent à la descente).

Deux jours après je sens encore mes cuisses…. mais keske c’était bon !

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Sélection Livre Inter 2021 – Un jour ce sera vide

En voyant les méduses de la 1ere de couv’ je pensais à la Gorgone et aux monstres hybrides…. Je me suis fourvoyé.

Présentation de l’Editeur + 4e de couv’ (christian bourgeois éditeur)

C’est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l’enfance où tout se vit intensément, où l’on ne sait pas très bien qui l’on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d’une guerre qu’il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d’autant plus forte qu’elle se fonde sur un déséquilibre : la famille de Baptiste est l’image d’un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui.
Flanqué d’une grand-mère à l’accent prononcé, et d’une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Il entre dans une zone trouble où le sentiment d’appartenance est ambigu : vers où va, finalement, sa loyauté ?
Écrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu’on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. L’auteur y explore les méandres des sentiments et le poids des traumatismes de l’Histoire.

Roman sur l’enfance, ou plutôt une enfance, narrée en apparence par un garçon d’une petite dizaine d’année, en mode « je », mais en langage d’adulte. Ce qui m’a au début perturbé – niveau de langue trop choisi, trop instruit. j’ai donc supposé avec le temps, que l’adulte qu’il est devenu regarde dans le rétroviseur et donne des mots (parfois des formules estupendo) aux émotions ressenties dans l’enfance tout en laissant pleins de non-dits.

Le garçon narrateur passe l’été auprès de sa grand-mère et s’ennuie, observe d’autres familles qui vont à la plage, ne joue avec personne : Rien ne m’est plus étranger qu’un garçon de mon âge. »

Tout va changer avec la rencontre avec Baptiste avec lequel il va d’abord mettre à mort des méduses échoués sur la plage… combattre l’ennui et découvrir une autre « famille » idéale/idéalisée.

« Les méduses sont les cerveaux des naufragés, les méduses communiquent entre elles et j’en ai tué tant que les entends désormais hurler dans l’écume. J’ai libéré leurs âmes en trifouillant leurs méninges de la pointe de mon bâton. […] je voudrais me purifier dans la mer pour tout oublier, mais tout seul je ne sais pas. Je n’ai pas cette légèreté qui permet aux autres enfants de se défaire de leur vêtements d’un geste et de courir dans les vagues tendant les bras comme pour des retrouvailles. » (p. 50)

C’est par ailleurs sur cette page 50, il y avait, comme en écho « un comptage de pas » qui rassure le garçon et joue (déjà?) un rôle énorme dans « L’enfant lézard » : »Il n’y a pas longtemps pourtant, je comptais les pas qui me séparaient de la plage, c’est-à-dire de Baptiste. J’étais à soixante -quinze enjambées de la vie.  »

« À demain. » Me voilà l’heureux destinataire d’un rendez-vous. Pour la première fois depuis mon arrivée, j’ai quelque chose à faire. Un projet. Une foule de questions aussi. Est-ce qu’il a voulu me dire demain à la même heure ? Est-ce qu’il a dit « demain » comme il aurait dit « à bientôt » ? Voulait-il dire qu’on allait rejouer ensemble ou seulement se saluer d’un signe de tête ? Est-ce lui qui va venir me chercher ? Faut-il attendre au même endroit ? Que va-t-on faire ensemble ? Cette rencontre a-t-elle vraiment eu lieu ? (p. 16/17)

Le roman se décompose en 3 parties (Baptiste, Les monstres, les mondes engloutis).

Chaque « partie » comporte un nombre inégal de petits chapitres aux titres simples et évocateurs –  » Les Méduses », « La Mouche », « Le Baptême » ou « Les Fourmis », « Le baiser, Pipi au lit…etc … dans lesquels le narrateur, dans une langue délicate et pleines d’images, présente les émois, les sensations les plus infimes, les questionnements et les rêves qu’un garçon de cet âge peut avoir: « une odeur âcre de tilleul et de chicorée. Une odeur que je n’ai jamais sentie ailleurs et qui sera désormais et pour l’éternité l’odeur d’ici, de l’ennui et de mes dix ans. »

L’histoire du garçon, de sa famille (sa grand-mère, une tante) se dévoile par tous petits bouts tout en laissant toujours une part d’ombre.

 » Maman dit que vous êtes juisse », dit-il après un long silence., comme s’il s’agissait de dissiper un malentendu et qu’il avait attendu d’être sûr que nous soyons seuls pour en parler. Je redoutais ce moment depuis notre deuxième rencontre, quand il s’était retourné sur le phrasé coupant de ma grand-mère. Il fallait bien trouver une explication à la présence de ce petit garçon à la peau pâle et aux cheveux frisés, seul avec une vieille dame qui roulait les r sur une plage de Normandie. D’autant plus qu’elle avait cru bien faire en offrant à sa famille un bol de foie haché en l’honneur de notre amitié naissante. (…) j’étais sceptique quant au choix du présent : un mélange d’œuf dur, d’oignon, d’ail et de foie de volaille grossièrement coupés formant une pâtée marron à l’odeur âcre. J’aimais le foie haché comme j’adorais ma grand-mère : dans l’intimité du foyer. Offerts à la vue de tous, l’un et l’autre m’embarrassaient terriblement. »

Ah cette maman de Baptiste.

La description qui est fait d’elle m’a rappelé la mère d’un élève en 6e (« Sexta » en Allemagne). Moi, fils d’un manutentionnaire, lui fils d’un médecin. La mère était à mes yeux toujours habillée comme dans les illustrés, toujours impeccable, bcp plus aimant avec mon copain que ma mère avec moi. Hugo Lindenberg arrive très bien à mettre en mots cette admiration pour un mirage (on n’est jamais qu’un observateur de l’extérieur)

La construction du roman par une ronde de « moments » (étirés et/ou décrites de manière très détaillée/précises) permet au lecteur à se mettre dans un carrousel d’émotions (qui passent de la jalousie à l’angoisse en faisant le détour par l’ennui et/ou le désir, avec un zeste de cruauté (la « tante » bien névrosée/dépressive, sa grand-mère juive-polonaise).

Et ce qui étonne particulièrement dans ce premier roman c’est que malgré la précision et sensibilité énorme du garçon narrateur, il y a et il restent des non-dits (chapeau l’artiste !) que nous devons remplir nous-mêmes.

La Haye (2018)

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Lucertola – L’enfant lézard – Das Eidechsenkind

Livre lu dans le cadre du Prix Caillé 2021 – L’Editeur Zoe à soumis la traduction de Benjamin Pécoud pour l’Edition 2021, il concourt donc avec une bonne dizaine d’autres livres. La short-list du prix sera annoncée avant les vacances d’été.

Je ne parlerai ici pas de la qualité de la traduction et ne parlerai que de mon ressenti de lecteur (franco-allemand). Toute opinion ne sera que la mienne et en aucun cas celle du jury dans son ensemble.

Présentation de l’Editeur :

Dans le pays d’accueil, il est d’abord un enfant qui n’a pas le droit d’être. Il vit caché sous le buffet, dans l’armoire ou au fond du cagibi. Les heures passent, les jours, les mois, l’enfant se métamorphose progressivement en lézard et se faufile dans la cage d’escalier. Bientôt il se glisse dans les appartements et le petit immeuble décati se mue en une galerie de portraits : il y a le couple de concierges, leur caniche noir et le Padrone qui d’une voix tonitruante impose sa loi ; mais aussi le vieux professeur, la violoniste qui perd doucement la tête, le gros Carlos. Et Emmy, bien sûr, la jeune voisine complice, qui finit par se sentir à l’étroit dans l’imaginaire de l’enfant lézard.

« L’enfant lézard » est un texte de fiction….. qui par certains aspects rappelle « Kaspar Hauser », de manière limitrophe d’une situation – toutes proportions gardées – vécu par Anne Frank ou si on élargit le focus aux habitants de l’immeuble dans lequel l’enfant lézard doit se cacher à ‘L’immeuble Yacoubian (de Alaa al-Aswany). Certains aspects font penser aussi à Claustria (l’affaire Fritz)

Nous sommes dans les années 1960 et 1970. Vincenzo Todisco parle d’une famille italienne de « travailleurs (saisonniers) immigrés » (« Gastarbeiter »). Et nous sommes en Suisse (cependant pays pas nommé directement, seul quelques « indices » nous guident : les bonbons « Sugus » et un professore qui parle le suisse allemand (Schwyzerdütsch). A l’époque les travailleurs immigrés (Max Frisch disait d’eux : « Nous avons appelé des forces de travail, ce sont des hommes qui sont venus« ) venaient sans avoir le droit de faire venir leur famille. Leurs épouses ne pouvaient les rejoindre que si elles travaillaient également à plein temps dans les usines p.ex. Leurs enfants n’étaient pas autorisés. Au cours des quatre premières années, le pays d’accueil ne leur permettait pas à travailler en Suisse plus de neuf mois par an (il fallait donc revenir dans le pays d’origine – période non payé bien entendu…). Ensuite ils ont pu rester toute l’année. Les immigrés qui ne souhaitaient pas placer leurs enfants chez des proches ou les confier à un foyer prenaient souvent les enfants avec eux (en les cachant !). Et vous vous imaginez bien que l’œil vigilant des concierges, de la police et leurs contrôles inopinés, les dénonciations faciles pesant tous les jours sur la famille le risque d’être expulsée….

L’enfant lézard, qui auparavant était resté chez sa Nonna Assunta, va, une fois arrivé en Suisse, devoir vivre caché (et cela jusqu’à son adolescence….). Le choix de Todisco est de ne pas lui donner un nom. L’enfant n’existe pas, rase littéralement les murs, doit se cacher dès que quelqu’un frappe à la porte, n’a pas le droit de s’aventurer dans l’escalier, d’être vu, et ne parlons pas de l’extérieur.

Avec les années (les parents qui ont l’idée de construire dans leur pays d’origine une maison et d’y revenir « plus riche »…) l’enfant lézard va explorer l’immeuble, passant de cachette en cachette. Va s’introduire peu à peu dans les appartements des autres occupants, va faire la connaissance d’un professore (qui lui prêtera des livres), d’une femme qui joue au violon, d’une jeune fille, les enfants des autres familles….

Une bonne idée de Vincenzo Todisco est d’avoir fait de cet être caché un observateur parfait, avec une acuité qui devient encore plus grande par la sècheresse, la précision, la courtitude des phrases.

V. Todisco dit dans des entretiens que c’est son premier livre écrit en allemand (il avait écrit 4 en italien auparavant). et fait la différence entre la langue de tête (l’Allemand) et la langue des tripes/du ventre (l’Italien) (Kopf- und Bauchsprache). Son allemand est parfait – et d’une précision qui fait mal et rend triste, et surtout, ce qui est assez étonnant, elle nous permet quasiment physiquement ressentir l’enfermement (et les évasions) du garçon qui sait se faire lézard.

Le Français a le même effet.

Par ailleurs, le livre résonne également avec notre époque (je pense aux tentatives de réduire l’immigration – en Suisse et ailleurs), les enfants seuls dans les rues de Paris et ailleurs. Et souligne (d’une certaine manière que les rêves, la littérature (de la BD aux « vrais » livres et la musique sont des moyens de nous élever et de laisser derrière nous (ne serait-ce que pour un moment) la solitude.

Un très beau roman qui vaut le détour.

Lien vers le blog de la lectriceencampagne qui en parle aussi en de bons termes – sa conclusio :

Il faut se préparer un peu pour cette lecture qui peut affecter le moral, en ces temps qui (re) confinent. On y ressent une solitude intense et inquiétante. C’est donc un très bon livre, remarquable par sa capacité à nous faire éprouver ce qu’il diffuse, et c’est en cela que sa lecture n’est pas aisée. Mais c’est vraiment un sujet qui reste d’actualité, sur la séparation, la privation de liberté et les liens humains qui nous sont si nécessaires pour le rester nous, des êtres humains.

https://lectriceencampagne.com/2020/10/15/lenfant-lezard-vincenzo-todiscoeditions-zoe-traduit-par-benjamin-pecoud/

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Comédies Françaises – Sélection du Livre Inter 2021

Présentation de l’Editeur (Gallimard)

Fasciné par les arcanes du réel, Dimitri, jeune reporter de vingt-sept ans, mène sa vie comme ses missions : en permanence à la recherche de rencontres et d’instants qu’il voudrait décisifs. Un jour, il se lance dans une enquête sur la naissance d’Internet, intrigué qu’un ingénieur français, inventeur du système de transmission de données qui est à la base de la révolution numérique, ait été brusquement interrompu dans ses recherches par les pouvoirs publics en 1974. Les investigations de Dimitri l’orientent rapidement vers un puissant industriel dont le brillant et sarcastique portrait qu’il en fait met au jour une «certaine France» et le pouvoir des lobbies.

Encore un livre que je n’avais pas trop envie de lire – mais maintenant c’est fait et je dois avouer que je n’ai pas vraiment regretté, malgré une certaine longueur et un côté fourre-tout, certes déconcertant, mais aussi souvent amusant.

Jeune homme intrigué par le vol d’une mouche non euclidienne, la planète affolée

Vous vous demandez probablement pourquoi je mets en illustration un tableau de Max Ernst !? Hah ! C’est que tout un chapitre du roman est consacré à la rencontre de Max Ernst (qui se trouvait à NY avec Marcel Duchamp, Breton et les autres – et qui souffre sous la c(r)oupe de Peggy Guggenheim) et Jackson Pollock (il y en a des sources qui disent que Max Ernst aurait revendiqué « le droit de se dire l’inventeur de l’Action Painting » (suivez mon regard et les points de ce tableau peint en 1939 (!)) (« dripping ») …. pour finir avec un rappel du soutien de la CIA à Pollock et ses confrères pour montrer au monde entier, notamment – on est en guerre froide – aux Russes, que nous, les Américains nous laissons les peintres travailler librement (une sorte de Soft Power avant l’heure) sans leur imposer un style comme vous le faites à Moscou…

La 4e de couv’ nous laisse entendre que ce cher Dimitri (dont on lit dès la première page le faire part de décès) s’intéresse – en reporteur d’AFP – à Louis Pouzin (le créateur du réseau Cyclades (Datagrammes – services de transmission des données en mode paquets – donc le système avant-coureur de l’Internet d’aujourd’hui) et par ricochet à Ambroise Roux (Compagnie Générale d’électricité) qui avait/aurait, à l’époque un fort lobbying pour faire capoter l’idée des « modes paquets » pour mieux vendre les commutateurs téléphoniques proposés par le futur Alcatel…. et empêché ainsi la naissance d’un internet français …. Les chapitres 11 – 14 sont presque un documentaire et on en apprend des choses (que je n’aurai jamais cherché à comprendre)…

Mais pour arriver à ce « cœur » (?) du roman (fort documenté), Eric Reinhardt nous balade par des chemins détournés. On apprend des bouts la jeunesse de Dimitri, ses années prépa (il y a des moments bien drôles et acerbes sur le système d’éducation à la française ainsi que sur la perpétuation de la dualité du système social français, mais aussi du « remplissage de pages » p.66 – p. 68 l’énumération de toutes les pièces de théâtre que ce fan des planches Dimitri a vu : « .…il avait vu les spectacles de Romeo Castellucci. Il avait vu les spectacles de Krystian Lupa. Il avait vu. .... » etc sur 3 (!) pages en mode mantra… et n’en parlons pas de l’énumération de la totale de l’œuvre de Jules Verne de « Cinq semaines en ballon » à « Le château des Carpathes » (p. 368)

Il y a aussi une femme qui hante notre cher Dimitri, femme qu’il voit/ croit voir (c’est parfois surréaliste, tzzz) à Madrid, au Théâtre de la ville etc…. et il nous n’épargne pas ses hésitations, son admiration non plus (et il faut dire, il sait parler aux femmes) :

Ses rides témoignaient de la fréquence de ses sourires, les plus marquées chez lui n’étant pas celles de l’inquiétude, du doute ou de l’angoisse, mais de la joie, de la vitesse : ces rides-là étaient de celles qui, soulignant ce qui est vif chez une personne, en exacerbent la beauté plutôt qu’elles ne la flétrissent, compensant par cet apport ornemental – par cette gravure sur peau – ce que l’âge peut retirer à un visage de sa fraîcheur.

Cette femme, ou plutôt la difficulté de la rencontrer le conduit aussi à des recherches sur Internet (dans une phase de déprime), des forums et autres sites « dédiés » au X pour satisfaire sa libido….(en envisageant « même » une escort-girl trop bandante)

Il fallait absolument qu’il fasse la connaissance de cette fille, c’était impératif, quoique recourir à une escort lui semblât évidemment incongru. Évidemment. 

On revient pas mal de fois sur la sexualité (drôle : un long dialogue avec la meilleure amie de Dimitri (p. 45 – 59) ou j’apprends de la bouche de sa copine que des draps/housses motifs zèbres pouvaient influer sur la libido :

« Why not. Une fois déshabillé : micro-bite. Micro bite /motifs zèbres ! Le gars, ça lui avait jamais traversé l’esprit….Comment on dit déjà. Merde.. – De quoi ? – Le mot…Aide-moi Dimitri…. Pas raccourcis… – ??? – Analogie ! Le gars il s’était jamais dit que par analogie recevoir des filles sur des zèbres, ça pouvait être dévaluant pour ! Je me suis barrée tout de suite. »

Finalement je sors de la lecture sans savoir exactement ce que je dois penser de ce livre déconstruit et rempli de digressions. Je me demande, comment relier les filles, l’Art, la politique politicienne, les bouts de romans que Dimitri écrit fébrilement dans sa tête ou dans un de ses cahiers (Clairefontaine et pas Moleskin). Mais peut-être il faut/fallait juste se faire porter, se faire « saouler », (tr’)émousser, par le tsunami de mots qui (toutefois) parfois fait bien sourire.

Qu’arrive-t-il à un homme de pouvoir quand il se rend coupable, à l’égard de son pays, d’une faute irréparable? On le sait, il n’est pas dans la nature des patrons français d’être particulièrement indulgents à l’égard de ceux de leurs salariés qui ont le malheur de commettre une erreur, de perdre un client, de voir baisser leurs chiffres, d’avoir une tache sur leur cravate. Ou d’arriver en retard à une réunion (de dix petites minutes). Ou de ne pas répondre à un mail le dimanche. Ou d’avoir même seulement mauvaise mine un matin, alors la remarque rabaissante ne tarde jamais à terrasser la tête du salarié ensommeillé qui manifestement n’a pas pris la sage résolution de consacrer à l’entreprise davantage encore que l’intégralité de son temps, de sa personne, de ses pensées et de son énergie. Aucun être humain n’est plus prompt à humilier un autre être humain qu’un patron français agacé par un subalterne. A telle enseigne que les relations entre patrons et salariés, en France, m’ont toujours donné le sentiment d’être fondées sur l’unique postulat que le patron a toujours raison et le salarié toujours tort, que les vues du patron sont forcément courageuses, justes, pénétrantes, visionnaires, inspirées, célestes, magiques, majeures, grandioses, symphoniques, transcendantales, quand celles du salarié, à l’inverse, sont inverties, sournoises, mesquines, petites, floues, fourbes, frileuses, dodues, narquoises, duveteuses et réticentes, forcément réticentes, constamment réticentes, par principe réticentes c’est tout du moins ce que se plaît à répercuter à longueur de tribunes la rhétorique des éditorialistes à particule qui les écrivent. (p. 258)

Eric Reinhardt a incontestablement une plume mais, je l’avais déjà constaté ici , dans ce livre-là il ne s’est pas bien freiné … donc comme pour « L’amour et les forêts » je suis et reste partagé.

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