Une douleur jusqu’à la garde

Deux films au programme, deux fois de la série « soutien au cinéma français »

La Douleur (Emmanuel Finkiel

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Synopsis – Allociné :

Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

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Un film « France Inter »  acclamé par la critique et basé sur une oeuvre éponyme de Marguerite Duras dans lequel est relaté dans une 1ere partie l’arrestation de Robert Anthelme, depuis 1939 son mari, résistant (et écrivain : L’espèce humaine – sur les camps). Marguerite D. a pu échapper à la Gestapo à l’aide F. Mitterand (Jacques Morland). Elle essaie par tous les moyens (en flirtant aussi avec un agent de la Gestapo (joué de manière très convaincant par B. Magimel)). Suit dans une 2e partie du film, après la déportation de son mari, son attente à elle jusqu’à son retour des camps, dans un état qu’on peut bien s’imaginer.

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Mélanie Thierry, qui joue Mme. Duras explose à l’écran. L’attente devient presque physiquement palpable pour le spectateur (une impression de longueur). Par ailleurs, à la « douleur » du non savoir, de l’attente…(peu à peu des revenants des camps et toujours pas son mari…!) s’ajoute une 2e « douleur »…. c’est que M.D. se rend compte qu’elle n’aime plus ce mari absent et voudrais bien refaire sa vie avec son amant joué par Benjamin Biolay (Mélanie T. joue très bien cette période, surligné par la voix off (le texte de la Duras) mais j’ai eu du mal à « sentir » ce que les deux font ensemble …. leur attirance/couple est resté mystérieux pour moi – la faute à Benjamin B?).
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Filmé comme vu par un œil de photographe, l’oeuvre nous propose des plans magnifiques, une intensité du jeu (pour moi plus forte dans la 1ere partie) des acteurs et surtout de Mélanie Thierry …. Belle retranscription à l’écran de cette moment historique entre guerre et paix, la joie dehors à la libération et la tristesse (et attente) chez Marguerite…. Un beau film introspectif donc qui fera peut-être pleurer certains (une scène m’a marqué…). Jamais Finkiel (il était assistant chez Kieslowski) en rajoute, il reste sobre et poursuit son héroïne qui est sur presque tous les plans….  rajoutant ainsi à la subjectivité (de la caméra) bercée par les mots de la Duras…

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Jusqu’à la garde (Xavier Legrand)

Synopsis (Allociné) :

Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive.

Premier film de Xavier Legrand sur la trame d’un court métrage acclamé…

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Le film a été primé au festival de Venise et tombe à pic dans un monde dans lequel on (re-)parle bcp sur les violences faites aux femmes…. Donc d’emblée on sait que ce n’est pas une comédie….

Le début du film est magnifique : de manière quasi documentaire, on assiste, avec des changements de point de vue sensibles, à une séance de confrontation devant une juge qui doit décider de la garde d’un des deux enfants (une fille a presque 18 ans…) du couple divorcé. C’est « technique », les avocats des deux parties débitent leur « défense » à l’image de l’homme et de la femme (elle mutique, lui bouillonnant, impressionnant par sa carrure), on est jeté en plein dans un drame dont on ne connait rien…(on sait qu’il y avait des violences (morales), que les enfants ne veulent pas de l' »autre » (nom donné au père) qui les angoisse… mais rien sur le passé avant le divorce…..la juge doit trancher sur la seule base des « faits » et se trouve face à une femme presque butée qui donne l’impression de davantage penser à elle-même qu’à l’enfant….et un père dont qqs indices laissent planer le doute ….peut-être il est « juste » maladroit dans un corps cachant finalement un être sensible (et brisé par ses parents…)…

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Le mari, Denis Menochet, est impressionnant (ses explosions de colère sont fortes et viennent pas surprise…) et Léa Drucker rend tout à fait crédible cette femme qui essaie de se reconstruire une nouvelle vie…. La fin du film est digne d’un thriller américain, tout en tension – peut-être un peu moins « subtil » que le début….

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Ce que j’ai aimé, c’est le dévoilement progressif des « histoires » et de l’environnement des personnages… sans explications inutiles, faisant confiance au spectateur. Il distille de la matière à réflexion sur la justice (et ses jugements – toujours le facteur humain, n’est-cepas ?!), sur le silence des femmes, sur le mal que les parents peuvent faire aux enfants, sur les frustrations qui peuvent en naître…

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour Une douleur jusqu’à la garde

  1. Strum dit :

    La Douleur est très réussi en effet, Finkiel faisant passer par l’image les impressions de Duras. Mélanie Thierry y est impressionnante.

    Aimé par 1 personne

  2. Strum dit :

    C’est sympa, merci ! Le vôtre témoigne de centres d’intérêt sacrément variés. Je vois qu’il y a même des billets politiques, exercice toujours périlleux.

    Aimé par 1 personne

    • lorenztradfin dit :

      Ha…politique…. je n’ai pas l’impression de me mouiller particulièrement dans ce domaine…. quant à la diversité, normale pour un traducteur (vers l’allemand) de s’intéresser à bcp de sujets…. et vu que ce blog est également une sorte de « journal » pour mes frères et sœurs en Allemagne…. il s’approche donc farpaitement aux coquecigrues du titre ! Merci d’être passé !

      Aimé par 1 personne

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