Baby Spot & Orange Blossom

Lecture dans le cadre du jury du Prix Caillé 2017 

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Présentation de l’Éditeur:

Isabel AlbaMichelle Ortuno (traductrice*) finaliste du prix de la traduction PFCaillé en 2015

« Avec les films c’ est plus facile, parce que quand les images t’ envahissent et que t’ arrives pas à les effacer, tu peux te consoler en te disant que, comme dans les cauchemars, tout est faux, que rien de ce que tu vois dans ta tête n’ est vrai et que bientôt tout va disparaître pour toujours. Mais ce qui est arrivé au Zurdo, et aussi à Lucas, je sais que c’ est arrivé pour de vrai, voilà pourquoi ça ne sort jamais complètement de ma tête. C’ est pour ça que je veux écrire, pour voir si j’ arrive à faire sortir toute cette histoire et à la laisser pour toujours sur le papier. »

Tomás, un garçon de douze ans, vit dans une banlieue de Madrid. Un soir d’ août, son ami Lucas est retrouvé pendu à une poutre, sur un chantier abandonné.
Tomás se met alors à écrire. Son récit prend l’ apparence d’ un roman noir.

« Je m’appelle Tomás, j’ai douze ans et je ne sais pas qui est mon père. Mais après tout, c’est banal dans la vie d’un gamin, et d’ailleurs je crois que ça n’intéresse personne, même pas moi, et puis j’en ai vraiment marre de toujours entendre la même histoire. » 

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Comme d’hab’ je ne dirais rien sur la traduction – et je re-souligné que cet article ne reflète que mon opinion personnelle et non pas du jury du prix. 

Belle découverte pour un premier roman basé, selon l’interview donné à bookalicious  http://bookalicious.fr/rentree-litteraire-2016-isabel-alba-baby-spot/

sur une histoire vraie. Tomás (12 ans) habite dans une banlieue madrilène (mère caissière dans un Tabac,  père violent, petite sœur un peu attardée (?) et dénommée Diana, « comme la princesse », l’être le plus chère à Tomás.

Ce sont les vacances et Tomás joue avec ses amis (Zurco, Martin déjà délinquants et le timide Lucas) souvent dans un chantier abandonné (une arnaque immobilière). Lucas, bouc émissaire par excellence, va être trouvé mort, pendu sur l’immeuble en chantier.  Un flic véreux va saisir l’occasion pour battre et coffrer Zurco comme le coupable. Et Tomás, qui ne peut oublier l’image « des baskets du pendu qui semblent le fixer sans le lâcher », va raconter dans une logorrhée chaotique et cahotante ce qui est arrivé.

Il nous fait le récit comme s’il nous racontait un film (p.ex. de Terence Malick – tant il y a des digressions, des images qui déclenchent d’autres images, et nous projettent dans nos têtes un « film » ou déroulé qui ne sera pas tant celui qu’on s’est imaginé). Un été de vacances donc après duquel Tomás ne sera plus jamais le même, dans lequel il se frotte à la dure réalité de la vie, des culpabilités, des remords, des questionnements, du sang, du sexe, du bien et du mal. Donc pas étonnant qu’il y a des redites, de détours, de digressions quasi hypnotiques.

Le lecteur devient Psy et ne peut plus arrêter le flots de mots que Tomás nous dit (en réalité il les fixe – selon l’auteur – dans un cahier (mais je n’y crois pas trop – c’est une idée purement scénaristique).

Écrit de manière puzzlesque à la première personne, parfois peut-être (à mon goût) dans un langage qui n’est pas tout à fait celui d’un gosse de 12 ans (aussi déluré et basculé par la vie et son entourage qu’il soit). Mais on se laisse happer par la critique social qui s’y niche entre les lignes empreintes d’une cruauté innocente qui émeut (légèrement).

Voici un long extrait – difficile de choisir sur les 96 pages … le reste est dans la même veine…
« Et je crois que Gloria aussi a dû faire dans son froc en voyant les baskets qui pendaient au-dessus de sa tête cette nuit-là ; en fait c’est elle qui l’a trouvé, Lucas, le pauvre, quand elle revenait de son travail à l’usine, pendu à une poutre du premier étage du bâtiment en construction. Et je peux dire qu’elle a dû faire dans son froc parce qu’elle est rentrée dans le bar en criant comme une cinglée, et blanche comme si elle venait d’apercevoir un zombie et Antonio, pour qu’elle arrête de gueuler et qu’elle revienne à elle, eh bien il a fallu qu’il lui flanque une paire de gifles. Mais je crois que ça lui était égal, à Gloria, qu’Antonio la cogne ; elle a même peut-être aimé ça, comme la fois où il l’a cognée dans la voiture, et nous, Martín et moi, on a tout vu. Ça fait longtemps de ça, quand on était encore tout mômes et qu’on rôdait pour tirer des rétroviseurs – pour après les revendre à cette mauviette de Gamba qui n’osait pas trafiquer avec des choses plus sérieuses, et le fric qu’il nous donnait, une misère parce qu’en plus c’est un radin, on le claquait dans les machines. Eh bien cette nuit-là, celle où on a vu qu’Antonio la cognait, Gloria, on revenait de l’autre côté du périph, de tirer des rétroviseurs. On allait là-bas parce que – comme disait le Zurdo – on peut pas être débile au point de truander ses propres voisins et, en plus, ceux d’en face, c’est tous des salauds et ils l’ont bien cherché. Eh bien, à peine arrivés sur le pont, au-dessus du périph, on a commencé à se disputer. Martín et moi, on voulait balancer des pierres sur les voitures qui passaient dessous. On faisait ça tout le temps. C’était encore mieux que de jouer sur les simulateurs, et en plus, c’était gratuit. En fait, de là-haut, et de nuit, on voyait seulement les phares des voitures, et moi j’imaginais que le périph, c’était un écran géant, mais en vrai, où se déplaçaient à fond de train les vaisseaux ennemis et il fallait les exploser avant qu’ils envahissent la Terre. C’était mortel, ce jeu. Si on touchait la carrosserie ça valait un point et les vitres cassées, dix. Mais il fallait s’entraîner longtemps parce que si la pierre s’écrasait sur la route tout le monde se foutait de ta gueule, parce que t’étais nul ; par contre, si t’arrivais à faire déraper la voiture, et qu’elle finissait sa course dans le fossé, alors t’avais gagné et t’empochais le fric, celui qu’on avait misé, comme aux jeux de cartes. Le truc, c’est qu’on avait pas le temps de fêter ça, il fallait déguerpir à fond parce que le conducteur pouvait avoir un portable et appeler les flics – ces portables, c’est une invention qui ne me plaît pas du tout ; ça ne sert qu’à nous contrôler davantage. « 

J’ai bcp aimé la couverture de ce livre d’une Maison d’Edition que je ne connaissais pas.

*Michelle ORTUNO est agrégée d’espagnol. Après des études doctorales à l’Université de Pittsburg, USA, (hispanic langages and litteratures), elle enseigne en lycée. Passionnée de cinéma, elle a traduit des articles pour la revue « Cinémas d’Amérique Latine » et produit des sous-titres pour le festival   Cinélatino Rencontres de Toulouse ». Elle est la traductrice de La véritable histoire de Matías Bran d’Isabel Alba, publié en 2014 et finaliste du prix de la traduction Pierre-François Caillé 2015

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PS : J’ai écrit cette entrée dans mon blog après une très belle soirée musicale. Je ne suis pas fan de la Techno, mais le groupe « Orange Blossom » invité du Festival «  Cabaret Frappé »  s’y inspire et la travestit en rock alternatif.

C’était une belle transe de 1h qqs – planant, parfois des guitares saturées, orientalisant – j’avais pour une heure rajeuni de 40 ans (ahh la belle époque des concerts aux Pays-Bas dans les années 70)

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L’étrange mémoire de Rosa Masur (Vladimir Vertlib)

Lecture dans le cadre du jury du Prix Caillé 2017 – Le livre a reçu (en Autriche) les PRIX ADELBERT VON CHAMISSO et PRIX ANTON WILDGANS

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Traduction de l’allemand (AUT) par Carole Fily (c’est sa troisième traduction

Présentation de l’Editeur :

Pour son 750e anniversaire, la petite ville de Gigricht en Allemagne décide de favoriser l’intégration des étrangers : 5000 marks sont offerts à ceux qui auraient quelque chose d’intéressant à raconter. Rosa Masur, vieille Juive russe à qui on ne la fait pas et dotée d’un sens de l’humour à toute épreuve, se porte candidate. Elle a l’anecdote du siècle. 
Un siècle qu’elle a vécu de bout en bout, avec ses révolutions, ses guerres mondiales, ses soubresauts. Petite Juive dans un village biélorusse où les pogroms ne sont jamais loin, jeune fille émancipée dans la Leningrad des années 20, ouvrière dans une usine textile, puis traductrice de l’allemand… Pendant l’interminable siège de la ville, mère de deux enfants, elle fait du bouillon avec la colle du papier peint, alors que ses voisins dévorent leur canari, ou pire; après la guerre elle doit batailler pour que son fils puisse étudier, l’antisémitisme étant entre-temps revenu à la mode. 
Sorcières, apparatchiks, soldats, cannibales, passeurs, commères défilent dans une épopée menée tambour battant par une femme extraordinaire, drôle, intelligente, et qui n’a pas froid aux yeux. Même face à Staline. 
Vladimir Vertlib écrit là un grand roman russe, énergique, fascinant, qui vous emporte à sa suite aussi sûrement que le cours de l’Histoire.

« Vladimir Vertlib n’a pas à craindre la comparaison avec Joseph Roth ou Isaac Singer, ni avec leurs personnages abîmés par la vie et torturés par leurs sentiments de culpabilité et leurs excès. L’œuvre, que le lecteur dévore d’un bout à l’autre avec passion, distille l’histoire européenne à l’époque de ses grands bouleversements. » Frankfurter Allgemeine

 

Quel bonheur – les Allemands ont eu telle mauvaise conscience après avoir massacrés tant de juifs, qu’ils autorisent maintenant quelques’uns d’immigrer de Russie vers l’Allemagne ….. Les Allemands retrouvent ainsi « leurs » juifs et ces Russes là commencent à avoir une meilleur vie.

C’est le fils de Rosa Masur, Kostik qui parle ainsi (j’ai résumé une tirade…)… et donne par là un peu le ton de ce livre qui par certains aspect n’est pas loin de   Illska – Le Mal qui m’avait bouleversé en 2015. Rosa Masur, une femme qui a traversé le siècle et retrace « son siècle » à elle (et de son peuple) avec humour parfois, des larmes aussi…. Une femme forte, debout contre vents et marées….

Toutefois, Rosa m’a moins touché et/ou remué  que « Illska » (sauf les 2 chapitres autour du siège de Leningrad… qui m’ont rappelé une phrase de mon père (rentré en 1953 (!) de captivité – dans l’Oural) : « L’homme peut être comme une bête. » (seule réponse à nos questions sur sa captivité…! (sic).

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Ô grand Staline, Ô chef des peuples

Toi qui fais naître l’homme

Toi qui fécondes la terre

Toi qui rajeunis les siècles

Toi qui fais fleurir le printemps

Toi qui fais vibrer les cordes musicales

Toi splendeur de mon printemps

Soleil reflété par des milliers de cœurs.

Avec une myriade d’episodettes (comme des perles noires ou de petites histoires juifs se densifiant pour un grand conte philosophique) le lecteur est confronté – à travers les yeux de Rosa M. –  avec l’histoire de la Russie (en générale) et l’histoire des juifs russes (en particulier)… ainsi qu’avec l’accueil  des juifs (d’origine allemand ou pas – ahhh ce marché des faux papiers) en Allemagne…. Les souvenirs de Rosa comme miroir des événements  historiques (avérés) vont au-delà de la simple anecdote et reflètent parfaitement la bêtise et cruauté humaine… non sans humour (souvent jaune) … dans des situations kafkaïennes.

 

 

– …..Ce sont les dérives de la transition, répondis-je. Nous bâtissons un monde nouveau, un monde meilleur. Cela ne se fait pas en un seul jour. Chez nous à Vitchi, j’ai vécu moi aussi des choses terribles, des pillages, des pogroms. Il y avait un commandant polonais, il s’appelait Radek Knofelewski. Ce Polonais…
– Un monde meilleur ?! m’interrompit Macha, et elle rit de nouveau si fort que le pauvre voisin tambourina du poing contre le mur. A chaque fois que les hommes veulent bâtir un monde meilleur, c’est-à-dire jouer à Dieu, c’est l’occasion de tirer des conclusions sur l’essence divine. Il serait peut-être plus judicieux de remplacer les croix et les icônes dans les églises par la représentation d’un fou en camisole de force. Cela collerait bien avec notre époque. Même si, bien sûr, le Crucifié n’est pas un mauvais symbole – un criminel qui se fait exécuter.
J’imaginais les fidèles en train de réciter « Notre père qui êtes aux cieux », inclinés devant la photographie d’un homme en camisole de force attaché à son lit. » (p. 163)

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Last but not least – avant de laisser la parole à la traductrice – Le personnage Rosa Masur est devenue traductrice (et c’est autour d’un travail de révision de traduction se nouera un drame qui lui sera dénoué – en présence de Staline – grâce à un jeu de mot … vive la différence entre « dormir avec qqn » et « coucher avec qqn » !

Entretien avec Carole Fily (traductrice) 

http://www.lapetiterevue.fr/infos-5/is7qgvjm218/Rencontre-avec-Carole-Fily

 

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L’effet papillon

Voyage oblige – lecture d’un thriller-policier « easy readin' » du Nord, par le multimillionnaire danois des éditions (plus de 13 millions d’exemplaires dans le monde – traduit dans une trentaine de pays)  Jussi Adler Olsen.

Parfait pour un voyage en train (et/ou avion).

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« L’effet papillon » (traduit du danois par Caroline Berg – pour l’histoire : en allemand le titre est « Erwartung » = attente ou anticipation avec le sous-titre « l’effet Marco » ) se passe en Danemark mais vit ses premiers battement des ailes au Cameroun.  Il s’agit du tome 5 du désormais fameux « Département V » (avec son chef Carl Morck et ses assistants Rose et Assad).

Présentation de l’Editeur :

Si William Stark n’avait pas été intrigué par un SMS envoyé du Cameroun, René Ericksen, son boss au Bureau d’aide au développement, n’aurait pas été obligé de se débarrasser de lui. Si Marco, un jeune voleur gitan, n’avait pas trouvé refuge là où le cadavre putréfié de Stark végète depuis trois ans, son oncle, chef d’un réseau mafieux, n’aurait pas lancé ses hommes à ses trousses à travers Copenhague pour l’empêcher de révéler à la police l’existence de ce corps qu’il a enterré de ses propres mains…
Pour stopper cet engrenage de violence, l’inspecteur Carl Mørck et l’équipe du Département V doivent retrouver Marco. Et remonter la piste d’une affaire dont les ramifications politiques et financières pourraient bien faire vaciller l’intégrité politique du Danemark.

On retrouve avec plaisir l’équipe de choc et son humour si particulier, même si l’intrigue est peut-être un peu « too much » (trop de réussite à fuir les méchants nuit grave à la crédibilité) et une fin genre « tout est bien qui finit bien ».  Les méchants ( aussi bien les membres du clan de Marco – des Rom vivant des vols organisés – que les tueurs professionnels  africains en plein Copenhague…) sont vraiment méchants – et seront bien « punis », des touches d’humanité et de tendresse, permettent de prendre un peu d’air entre des scènes assez adrenalinesques (…des poursuites et autres guets-apens rondement menés à 110 km/h) …  ça ne prend pas la tête et offre un vrai « page-turner » (peut-être légèrement trop long).

J.A-Olsen arrive à créer de personnages auxquels on peut croire – tout cela inséré dans un tissu romanesque à multiples couches, parsemés d’une critique (douce) de la société danoise et du monde. Roman pour la plage ou – comme je disais pour de longs voyages.

 

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Une semaine loin du PC

Ce n’étaient pas des vacances, mais cela ressemblait à ça….

D’abord 3 jours en Suisse à l’Université d’Été de la Traduction Financière à Spiez.

Rendez-vous d’une petite centaine de traducteurs spécialisés (ou souhaitant se spécialiser) en Finance… .

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De la macroéconomie aux investissements, les Banques Centrales (pendant, après la Crise de 2007), Blockchain, Tables Rondes, Terminologie, ateliers (workshops), networking…. pour (presque) tous les goûts … vraiment enrichissant et indispensable.

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De plus, le lieu /le site est simplement fantastique : à une demie-heure de Bern, situé au-dessus du Lac de Thoune (le préféré du peintre Hodler)

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– avec vue sur les montagnes (presque 4000m enneigés après le coup de froid de fin juin !). Dîners auprès du lac, visite du château de Spiez…. (ici vue du donjon)

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La visite du château n’est pas particulièrement « renversante » mais qqs portraits dans la salle baroque …

Je n’ai pas assisté au programme de vendredi… (le voyage dure environ – heures et il fallait que je sois à GRE en fin d’aprème…. Départ tôt (8h) pour pourvoir m’arrêter une heure à Berne qui vaut le détour…et pas seulement pour ces vélos et son Bernroller

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(vue du Parc domanial – Die kleine Schanze – objectif 300 mm)

A GRE Fête des 10 ans de mariage de G & A à la Bastille – la pollution lumineuse de Grenoble rendant le décor féérique. Un moment formidable et joyeux en présence de 230 personnes (à 24°C vers minuit…. pas étonnant que GRE est comme un little Italy!.

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Départ ensuite – après 3h de sommeil seulement – pour Düsseldorf – moins pour la Fête de la France – rdv des amoureux de la France – http://www.duesseldorfer-frankreich-fest.de/ que pour les 90 ans de ma mère… qui était heureuse d’avoir fait la connaissance de son 2e petit fils.

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Maintenant j’ai retrouvé mon PC et les joies de la traduction….

 

 

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Lac du Crozet

Ça date déjà une bonne semaine, mais compte tenu de mon « hyper-activité » [je serai à l’Université de la Traduction Financière à Spiez  (CH) et enchaînerai un déplacement Outre-Rhin voyage] sans une ombre de minutes pour ce blog…. Je vous propose un petit « intermezzo » – en attendant, entre autres, mon point de vue sur le livre somme « Vernon Subutex 3 » (V. Despentes) et/ou le dernier film de C. Klapisch  (« Ce qui nous lie » – ou jusqu’à la lie ?!) ou….

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La rando du Lac du Crozet (de fait un barrage) est une classique de la région : J’habite dans la région depuis 11 ans maintenant et j’ai arpenté ces lacets  5 fois  « déjà » (trois fois en automne – un charme fou avec l’embrasement des couleurs des arbres; et deux fois en un printemps finissant (dont un sans parvenir jusqu’au bout, à cause de la neige – et l’absence de raquettes (fin mai – 2015)

Là c’était presque parfait – forte chaleur en vallée – et fraîcheur dans les hauteurs.

http://www.grenoble-montagne.com/balade/13/779-lac-du-crozet-aller-retour-depuis-freydieres.htm

Dénivelé de 600m (aller retour 3h environ) …

Exploité depuis la fin du XIXe siècle par Artistide Bergès, célèbre inventeur de la « Houille Blanche » à laquelle Grenoble doit d’être la première ville à disposer d’un éclairage public électrique, le lac du Crozet et les ruisseaux des Domènons ont été l’objet de nombreuses querelles qui ont abouti à la construction d’un répartiteur de débit au col de la Pra.

Un panneau situé sur le déversoir qui rehausse le lac vous expliquera tout ça mieux que moi mais ça vaut le coup de se plonger dans l’histoire de ce pionnier de l’hydroélectricité…

Le lieu est très fréquenté, d’une part pour le lac en été et d’autre part parce qu’il se situe sur la route normale de la croix de Belledonne ou du refuge de la Pra, des secteurs au caractère belledonnien très affirmé : ruisseaux, lacs et lande subalpine…   https://www.altituderando.com/lac-du-crozet-1974m

 

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Le paysage devient plus minéral. Et toujours en face la Chartreuse (malheureusement parfois évanescente à cause des nuages..)

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Des marcheurs sur le muret du barrage du lac….

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Vive l’oxygène et des genoux qui fonctionnent (encore) !

 

 

 

 

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Un travail comme un autre

Roman traduit de l’anglais (USA) par Carine Chichereau (« Work like any other« ) qui a reçu le prix Page/ America 2016

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Présentation de l’Éditeur sur son site (par ailleurs = 4e de couv’) :

« On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. » 

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie..

« Un premier roman exceptionnel, porté par une langue sincère, directe et suave. »
Kevin Powers.

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Roman publié dans la série « La Cosmopolite » de chez Stock – avec en 1ère de couv’ une citation de P. Meyer (l’auteur de « Le Fils » ) : « Une voix puissante et lyrique, un nouveau talent majeur. »

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Un roman surprenant – non seulement de par son sujet – qui commence au cours des premières pages comme un de ces récits de la vie dure dans une ferme de l’Amérique profonde (1920…), maintes fois lus et sans surprise. Toutefois, Roscoe, le personnage central n’est pas un homme de la Terre et des Champs, lui, ce qui l’allume et fait vibrer, c’est l’électricité (encore balbutiante dans ces années 20-30 du 20e).

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« On naît avec quelque chose dans les veines, comprend Roscoe, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. [C’est venu] en découvrant les réverbères de Birmingham. La première fois que je les ai vus, je ne pouvais plus détacher mon regard de ces ampoules, la rue était illuminée par une force plus vaste que j’en avais jamais connue. »

Roscoe aura la (bonne) mauvaise idée de détourner une des lignes éclectiques du fournisseur (Alabama Power) et se fait aider par Wilson, un ouvrier noir. A partir de ce moment la vie à la ferme, qui auparavant s’étiolait, devient quais fée-électrique. Malheureusement le bricolage de Roscoe va être la cause d’un accident mortel – et Roscoe va se trouver en prison.  « Si Roscoe s’était contenté d’être un fermier, rien de tel ne serait arrivé. »

Dès le 2e chapitre nous savons que le narrateur se trouve en prison – et il y aura un va-et-vient entre le récit de sa/la vie à la ferme et la description de sa vie en prison (ou il occupera une grande variété de boulots – chenil* – et la chasse aux fugitifs, bibliothèque, laiterie… – et cela sans nouvelle ni de sa femme, ni de son fils, ni de Wilson – jugé en même temps avec lui comme « complice » mais envoyé dans une mine. Le lecteur, quant à lui, aura droit à trois, quatre reprises une incursion dans la pensée pragmatique de Marie et comprend cette absence de prises de contact.

Par ailleurs qui dit chenil, dit chien, et comme bcp de romans américains qui se respectent, un chien jouera un rôle important.

Roscoe sortira après qqs années (de manière anticipée) de prison, profondément changé (et conscient de sa/ses responsabilité/-s – ce qui n’tait pas le cas au début de son récit-) et va essayer de renouer avec les siens (aussi bien la famille de Wilson, son fils et sa femme). C’est dans cette « seconde partie » du livre (p. 247 – 326) que l’homme se re-construit dans la vie hors prison, sur les débris de son passé et essaie de renouer avec son fils Gérald (et sa femme – « Elle souriait, et je me voyais presque l’aimer à nouveau. » ) – et ou il trouvera la réponse aux questions qu’il s’est posé au cours de l’emprisonnement.

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Il y a une douce mélodie triste, mélancolique dans cette récit introspectif d’un calme absolue, sans cris, ni sentiments exacerbés – qui permet au lecteur au fil des pages de faire une idée de ce Roscoe finalement moins monolithique qu’on aurait pu le croire après les premières 50 pages.

« Marie avait toujours aimé les noyaux des pêches, avec leurs rainures tels les sillons d’un champ fraîchement labouré, ou le front profondément ridé d’une femme âgée – des objets doux au toucher. Pourtant les noyaux étaient rugueux  et durs au point d’égratigner… »  (p. 198)

Par ailleurs, on peut considérer le livre également comme une charge du système pénitentiaire (et de manière sous-jacente) du racisme (la vie de Wilson en témoigne à profusion) et/ou comme un éloge aux bienfaits de la lecture et des livres (il y a des beaux passages sur les bibliothèques)

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Pour finir deux entretiens avec la traductrice (qui nous a livré un très beau travail):

http://www.encres-vagabondes.com/rencontre/chichereau.htm

https://diacritik.com/2017/02/03/carine-chichereau-la-traduction-est-un-travail-de-creation/

Et pour finir (et compléter) un intéressant interview de l’auteure par Steven Sampson sur « en-attendant-nadeau » et mediapart

https://blogs.mediapart.fr/en-attendant-nadeau/blog/071016/ecrire-aux-etats-unis-entretien-avec-virginia-reeves

Pourquoi avez-vous choisi de situer ce livre dans l’Alabama ?

Quand j’avais huit ans, ma grand-mère paternelle a déménagé à Lillian, dans l’Alabama. Elle y habite encore tandis que mes parents et moi n’avons pas arrêté de bouger, sa maison représentait un repère immuable. J’y retourne souvent. J’ai commencé à écrire des nouvelles sur sa communauté – une retirement community (village de retraités). Le village est étrange, divisé en trois quartiers hiérarchiques : celui de mobile homes, un autre composé de maisons modestes construites dans les années soixante et enfin, le plus luxueux, sur la baie, où se trouvent des demeures magnifiques. Lillian se situe sur Pensacola Bay, en face de l’État de Floride.

Mais votre roman a lieu dans une autre partie de l’Alabama, à une autre époque.

Quand j’étais étudiante au Michener Center (qui abrite un programme d’écriture créative –à l’Université du Texas), j’ai suivi un cours sur l’écriture de l’histoire avec H.W. Brands dans le but d’approfondir ma connaissance de cet état. La bibliothèque universitaire m’a été très utile. En faisant des recherches j’ai trouvé un mémoire de maîtrise intitulée These Came Back, écrit par une étudiante dans les années trente, une étude des taux de récidive pénale. Ce document me semble une sorte de rêve pour un romancier parce qu’il construit une typologie de personnages selon des éléments statistiques et objectifs : QI, âge, race, métier, religion, situation maritale, présence ou absence des maladies sexuellement transmissibles. Et les résultats, paradoxaux, m’ont surpris, il se trouvait que les ex-prisonniers qui récidivaient le plus souvent étaient ceux dotés d’un QI élevé, d’un métier, mariés avec enfant. Cela m’a poussé à créer le personnage de Roscoe.

Pouvez-vous me parler de vos trois années au Michener Center ? Pour être franc, j’ai des présupposés assez négatifs, sans doute du fait que j’essaie moi-même de publier de la fiction, sans avoir entrepris une telle démarche.

Le Michener Center (fondé et financé par le célèbre écrivain populaire James Michener) est extraordinaire à plusieurs titres : les étudiants disposent d’une bourse complète, et sont dispensés de travailler en parallèle. J’ai pu étudier avec Margot Lindsay, avec J.M. Coetzee, et puis avec des membres permanents de la faculté dont Elisabeth McCracken et James Magnuson, directeur du centre. J’ai eu un professeur incroyable, Michael Adams. Nous étions trois à nous réunir dans son bureau pour suivre un cours sur la Bible, dont nous identifions les éléments narratifs. Mais le Michener Center m’a surtout permis d’avoir le temps d’écrire, le cursus est peu contraignant. Chaque promotion ne comprend que douze étudiants, toute discipline confondue : fiction, dramaturgie, poésie, scénario. Il y a aussi des ateliers, phénomène typiquement américain : on est douze personnes à débattre des textes des uns des autres. Dans ma promotion il y avait ma grande amie Fiona McFarlane, dont le livre L’invité du soir est très réussi. Elle est devenue la lectrice dans laquelle j’ai la plus de confiance.

N’y a-t-il pas un danger que ce système amène à une écriture conformiste ?

Je ne crois pas qu’on soit en train de fabriquer des écrivains à la chaîne. Ces programmes ne cherchent pas à promouvoir un style univoque. Dans ma promotion il y avait Fiona McFarlane, Kevin Powers, Brian Van Reet, dont le roman vient d’être acheté et sera publié l’année prochaine. Nous sommes tous très différents. Je crois que chacun était accepté pour ce qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses. Pour publier aux États-Unis, on n’est pas obligé à avoir un MFA (Master of Fine Arts dans l’écriture créative). Ces programmes ont remplacé le mécènat. Si quelqu’un était venu me voir et m’avait dit : «  je trouve que vous avez du talent, je vous soutiendrai financièrement pendant trois ans », je crois que cela m’aurait tout autant convenu. J’aurais sans doute simplement mis plus de temps à obtenir des contacts dans le monde de l’édition.

Comment vos collègues ont-ils reçu votre texte ?

J’avais du mal avec l’intrigue, j’avais tendance à prendre une scène ou une idée et à l’élaborer, sans pour autant l’intégrer à une progression narrative. Je tournais en rond en quelque sorte.

Est-ce un véritable défaut ? Une « scène » ne constitue-t-elle pas une « histoire » ?

Cela pourrait l’être. Je pense par exemple à Au cœur du cœur de ce pays, où il s’agit en quelque sorte de clichés photographiques successifs. Mais cela ne correspondait pas à mon projet, il manquait quelque chose à mon écriture, une direction. On me disait, « d’accord, vous êtes écrivain, vous savez enchaîner des phrases, mais quel est votre but ? »

Que voulez-vous dire exactement ?

Parfois il faut terminer un livre avant de pouvoir se l’expliquer. Dans Un travail comme un autre, je dirais que l’histoire tourne autour d’un homme, Roscoe. Je m’intéresse énormément aux personnages. Cette approche s’impose de plus en plus chez moi comme une évidence. Mes histoires commencent avec un personnage et une situation.

« Une situation » ?

Un endroit et une époque. Un travail comme un autre n’aurait pas pu avoir lieu ailleurs que dans l’Alabama des années vingt et trente, à cause de ce qui se passait dans l’État à ce moment de l’Histoire.

Pourquoi cet endroit et cette époque précis ?

J’avais entamé une collection de nouvelles sur Lillian, et je cherchais à la compléter. Je voulais en rajouter une qui remontait davantage dans le passé. Quand je l’ai entreprise, je croyais qu’elle ne serait qu’une nouvelle de plus. J’écrivais sur Roscoe, considéré du point de vu de son fils. Mais quand j’ai compris qu’il allait faire de la taule, je me suis renseignée sur les prisons, et j’ai découvert l’existence fascinante de Kilby. L’ancienne prison, Kilby ayant été rasée et reconstruite.

Qu’avait-elle de si fascinante ?

Elle avait été créée en 1922 pour combler les défaillances du système pénitencier de l’Alabama, l’un des états le plus arriérés dans ce domaine. Sur internet, j’ai trouvé les plans ainsi qu’une multitude de notes expliquant le projet. Les constructeurs obéissaient à des objectifs ambitieux et louables en ce qui concerne la réinsertion des détenus : Kilby devait servir de centre de traitement pour l’intégralité de la population carcérale de l’État, chaque détenu y subissant des évaluations physiques et psychologiques afin de préparer un bilan individuel servant à développer un programme sur mesure.

Dans votre roman Roscoe y arrive en 1926.

Il fallait qu’il soit là en même temps qu’Ed Mason, créateur de la première chaise électrique. Ce menuisier anglais est l’unique personnage historique réel du roman. Venant de Londres, il échoue dans l’Alabama, est arrêté pour vol, fabrique la chaise électrique en échange d’un mois de permission, ne retourne jamais à Kilby, et disparaît.

Wilson, l’employé noir de Roscoe, est moins chanceux. Il est « loué »  par l’État aux propriétaires d’une mine de charbon.

Pendant mes recherches, j’ai trouvé un essai : Slavery by Another Name (inédit en français) qui démontre comment les États du Sud ont prolongé la tradition esclavagiste d’une autre manière. L’Alabama a été le dernier État à abolir cette pratique.

Mais avant même découvrir toutes ces injustices, vous aviez eu envie d’écrire sur cet endroit. Pourquoi ?

Je l’aime. L’Alabama me paraît fascinant parce qu’il condense l’Histoire de notre pays. On la voit encore, on la sent. Une ségrégation aberrante y subsiste encore. Là où vit ma grand-mère tout le monde est blanc. Les seuls Noirs que j’ai pu apercevoir sont des éboueurs. Mais si vous faites deux kilomètres sur la route, vous tombez sur des maisons habitées exclusivement par des Noirs. Il n’y aucun lien entre ces espaces distincts, il y a une frontière invisible qui les sépare.

Alors qu’aimez-vous dans cet endroit ?

Je ne sais pas comment l’expliquer sans laisser l’impression d’être monstrueuse. J’ai passé beaucoup de temps sur le golfe du Mexique. Dans l’une de mes nouvelles j’évoque cette « nonchalance en sandales »  que je n’ai ressentie nulle part ailleurs, cette idée de « fais comme chez toi », qu’on doit profiter des choses simples. C’est l’image d’un verre de thé glacé qui suinte des perles froides le soir sous un porche. Tout cela existe encore, la lumière est plus basse, les objets sont tangibles, l’Histoire semble vivante, le passé, même s’il est immonde, est incroyablement présent. Il y un sentiment de persévérance, de résilience. Ici, on a encore cette  croyance que n’importe qui peut éventuellement réussir. On a le sentiment très fort que la vie est une épreuve, que l’on doit tous lutter.

On voit difficilement le rapport entre le titre de votre roman et le thème.

Il vient d’une phrase dans le roman. Roscoe a purgé sa peine, et lorsqu’il retourne besogner à la ferme, il trouve le même sentiment de bien-être qu’il avait à Kilby, où il avait travaillé à la laiterie, dans la bibliothèque et avec les chiens. Le travail physique me fascine, dans toute ma vie, je ne l’ai fait que pendant deux jours. J’ai passé une journée à aider des voisins dans le Montana à écorcher des arbres à la scierie, et une autre fois, j’ai assisté les patrons du restaurant où j’étais serveuse lorsqu’ils marquaient leur bétail au fer rouge. Il fallait donner aux mâles une injection d’hormones dans l’oreille. Quand vous avez passé la journée à travailler avec votre corps, vous dormez merveilleusement bien.

Finalement, vous semblez valoriser le labeur physique plus que l’écriture.

En effet, c’est un conflit intérieur. J’aimerais pouvoir dire : « j’ai bâti cette maison »  ou : « j’ai posé les pavés pour cette rue », ou : « j’ai abattu cette forêt ». Quelque chose de fort, de réel, de tangible, qui ne requiert aucune justification. Alors que moi, que fais-je ? J’aligne des mots sur la page. D’accord, un monde sans art serait triste, je le concède. Mais j’ai besoin de concevoir l’artiste comme quelqu’un de connecté à l’univers concret, qui réussit à fabriquer un objet concret.

Donc vous décrivez des personnages qui vaquent à des travaux physiques, tandis que notre monde actuel est de plus en plus virtuel.

J’en suis d’accord. Je suis un luddite, je rendrais volontiers mon téléphone portable, j’abandonnerais mon ordinateur en faveur d’une machine à écrire. Je refuse d’écrire un livre où il y aurait un téléphone portable, par conséquent, toutes mes fictions doivent avoir lieu à une époque avant l’introduction de cet outil. A mes yeux, il enlève toute possibilité de tension dramatique : il suffit pour un personnage de téléphoner ou d’envoyer un SMS, sans doute l’appareil de son interlocuteur est-il allumé ?

Propos recueillis par Steven Sampson  

 

 

 

 

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La sénilité de Vladimir P.

Un autre livre lu dans le cadre de la sélection de livres pour le Prix Caillé.

9782258135048

Traduit par Laura BOURGEOIS

Présentation de l’Éditeur :

Pots-de-vin, Bakchichs et vodka !

Dans un futur proche, reclus dans une luxueuse datcha de la campagne moscovite, l’octogénaire Vladimir P. délire, s’imaginant encore président. Le vieil homme entretient de longues conversations avec ses ex-complices : les oligarques qui l’ont porté au pouvoir et les anciens du KGB.
Entouré vingt-quatre heures sur vingt-quatre par une kyrielle de domestiques tous plus corrompus les uns que les autres, Vladimir pourrait bien finir sur la paille. Seul Nikolaï Ilitch Cheremetiev, son infirmier, ne profite pas de lui. Mais le monde du brave homme s’écroule lorsque son neveu Pavel est jeté en prison pour avoir critiqué le régime. Si sa famille ne paie pas l’énorme caution demandée contre sa libération, le sort du garçon est scellé. Inspiré par l’ancien politicien qui, entre deux crises hallucinatoires, revit ses moments de gloire, Nikolaï se lance dans l’art du chantage et de la magouille.
Un roman à l’humour corrosif et politiquement incorrect !

« Michael Honig a eu une idée de génie et l’a réalisée d’une façon […] complètement dingue […]. L’auteur nous livre avec style une comédie burlesque mais aussi une satire de la société. » The Independent

http://www.pressesdelacite.com/livre/litterature-contemporaine/la-senilite-de-vladimir-p-michael-honig

[Pour la complétude : le livre a été également traduit en allemand : Titre « Mächtig senil » Die unglaublichen Pflegejahre des Wladimir P. (un jeu de mot (très frappé par la sénilité, mais en sous-texte un brin de « avec (encore) du pouvoir » « les incroyables années de soins de Wladimir P.]

Le nom de l’auteur (Michael Honig) est un pseudo – pas étonnant quand on on lit dans ce petit roman assez mordant et satirique les arcanes d’un système caractérisé par la corruption, du chantage, marché(s) noir(s), trafic de tous genres. La sénilité, l’Alzheimer de V.P. imaginée par M.H. offre la porte à tous dérapages de la part du personnel.

La 4e de couv’ nous promet d’humour … j’ai parfois souri devant l’ironie mordante et la béatitude genre  Le Brave Soldat Chvéïk, mais malheureusement il y avait qqs longueurs/répétitions du quotidien des protagonistes ainsi qu’une fin assez prévisible pour ne pas avoir été transporté outre-mesure.

 

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