Miss Dior

Avec ce livre-là, je surprendrai certains parmi-vous. Bernhard du côté de chez Dior ? Pourtant il porte plutôt du Chanel (Antaeus !). Hah…

L’explication et non l’expiation c’est que je continue à lire, dans le cadre du Prix Caillé (PFC), les livres candidats au Prix (1ere phase de sélection). Mes bafouilles ici ne préjugent pas de l’opinion des membres du jury dans son ensemble, et bien évidemment je ne parlerais pas de la traduction (que ce jury devra évaluer et juger)).

Présentation de l’Editeur (Flammarion)

C’est en effectuant des recherches sur le célèbre couturier que la journaliste Justine Picardie découvre par hasard le passé héroïque de la sœur de ce dernier. Inspiratrice très chère au cœur de Christian Dior, elle a en effet rallié, dès 1940, les rangs de la Résistance au sein de l’un des premiers réseaux de France. Quatre ans durant, la jeune femme expérimentera la clandestinité, active dans la lutte contre l’occupant en Provence puis à Paris. Dénoncée, elle est arrêtée en 1944 puis transférée rue de la Pompe dans la tristement célèbre annexe parisienne de la Gestapo, véritable antichambre de l’enfer. Catherine Dior y sera longuement torturée avant d’être déportée à Ravensbrück avec tant d’autres prisonnières politiques. Durant ces mois d’absence, rongé d’inquiétude, son frère remuera ciel et terre pour la retrouver…
À travers la vie de « Miss Dior » – tel est le surnom donné à Catherine –, Justine Picardie retrace le destin des Françaises qui résistèrent au péril de leur vie. Dans un récit saisissant de réalisme, elle offre une plongée vertigineuse dans le milieu de la mode parisienne, tombé entre les mains de l’ennemi et fréquenté par le gratin de la Collaboration.
Une histoire vraie de courage et d’héroïsme.

Avec des photographies de Cecil Beaton, Margaret Bourke-White, Robert Doisneau, Willy Maywald et André Zucca. Traduction (Anglais) : Gabriel Boniecki

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Etonnante biographie de Catherine Dior (la sœur de Christian Dior). « Muse et résistante » dit le bandeau. Je m’attendais donc à une sorte d’hagiographie de la marque Dior, éventuellement du parfum « Miss Dior », eh ben loin de là, et peut-être « même » de cette sœur dont je ne savais rien, mais rien du tout….. (comme je ne savais pas grande chose non plus de Christian (« Tian ») Dior.

353 pages (auxquelles s’ajoutent des pages de bibliographie et de crédits photos – parce que des photos il y’en a) Justine Picardie parle pas mal de la beauté, de robes et autres vêtements, retrace l’histoire des Dior, là ou on s’attend à une plongée dans l’invention du parfum Miss Dior entre autres…. La 4e de couv’ le dit toutefois, « en effectuant des recherches sur le célèbre couturier …la journaliste Justine Picardie découvre par hasard le passé héroïque de la sœur de ce dernier » et nous voici donc confronté à de longues passages (douloureux) sur les traumatismes de la 2e guerre mondial (notons par ailleurs que j’ai lu le livre du 7 au 9 mai – quelle coïncidence !)

Nous assistons à la création du New Look (« Your dresses have such a new look  » – Carmel Snow, rédactrice en chef du magazine Harper’s Bazaar) en 1947 (« Miss Dior » le parfum « hommage » à sa sœur sort la même année) – mais avant d’y arriver le lecteur est confronté à la barbarie des Nazis (Catherine Dior – qui était du côté des résistants aux côtés de Hervé de Charbonnières (il devient son amant – et après la guerre son compagnon de vie) – sera arrêtée et envoyée après un passage dans l’enfer de la Rue de la Pompe (la bande Berger) au camps de concentration de Ravensbrück (dédié aux femmes – et des usines dépendant de ce camp pour les femmes). [ pour rappel : 92000 femmes de 18 nations y ont laissé leur vie!!]

Mur de photos d’anciennes femmes détenues au KZ Ravensbrück https://videoarchiv-ravensbrueck.de/extern_v_2_3/de/rbinfo/rbinfo.html

Par ailleurs, les passages sur l’implication des industriels allemands (les Krupp, Henkel et Grosse et tant autres – ce qui m’a refait penser au petit livre de E. Vuillard  » L’Ordre du jour« ). On sent la révulsion de Justine Picardie, notamment au vu de la non-condamnation de bon nombre de femmes gardiennes, de tortionnaires après la guerre – mais oui, les américains, anglais et français avaient besoin des « anciennes » infrastructures et rouages administratifs pour contrer la « menace communiste » (par ailleurs bien décrit dans le livre allemand « Die zarte Blume Demokratie » sur la « ré-éducation » d’Allemagne entre 1945-1949) de H. Borchers. (en allemand seulement)

Extrêmement bien documenté et étayé par des biographies et récit d’autres femmes qui comme Catherine sont passé (Catherine est restée tout sa vie d’une discrétion exemplaire – elle n’en a jamais parlé (et comment parler de ce qui est innommable ?)), la biographie laisse finalement bcp de place à son frère, le grand couturier… même si en filigrane on sent que bcp de ses créations (qu’il voit « comme des bâtiments, comme si c’était de l’architecture ») étaient censées (avec leur rembourrages et corsets) d’être une sorte de protection aussi, empreints de nostalgie. Un livre qui vous ne sort pas vraiment du conflit russo-ukrainien (qui sait combien de « résistants » et espions se font torturer actuellement pour avoir des informations ?! ) mais qui parle de beauté, de créativité, et surtout de la force de vivre, la capacité de « survivre ».

Christian Bérand 1947

A propos lorenztradfin

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5 commentaires pour Miss Dior

  1. lorenztradfin dit :

    Merci….. j’ai mal lu on dirait…. et merci pour le lien

    J’aime

  2. Bibliofeel dit :

    Très intéressante chronique. Ce n’est pas si souvent qu’est évoqué le sort des femmes résistantes…

    Aimé par 3 personnes

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