Trio cinématographique

Taxi Teheran (Jafar Panahi)

Partout on lit de ce film qui a reçu l’Ours d’Or au festival de Berlin (2015) : est « un chef-d’oeuvre, du grand art, d’une virtuosité renversante…. »

téléchargement (3)

Je n’étais pas le bon client on dirait. Vu avec des amis (7 pax) – il y avait 2 qui ont beaucoup aimé, d’autres un peu moins, j’étais le plus virulent. Je pense qu’on n’aurait pas parlé autant de ce film s’il n’y avait pas le contexte (politique) de l’interdiction faite à Panahi de filmer. De ce côté le film qui consiste à filmer avec une caméra GoPro  l’intérieur d’une voiture que Panahi himself  (avec son éternel sourire bouddhique) conduit….Le spectateur assiste donc à une succession de « passagers » dont deux femmes

téléchargement (4)

qui veulent remettre en liberté un poisson rouge à une heure précise  (drôle). On a également un passage de l’avocate de Panahi ainsi que la présence envahissante d’une petite nièce qui parle (récite son texte) comme une adulte…

téléchargement (2)

Film qui permet de faire un tour en voiture dans Téhéran (non touristique), qui termine formidablement – avec un pied de nez scénaristique! – mais dont la tonalité d’improvisation ultra-scénarisée m’a énervée. Certes la trame, l’approche est intelligente et parfois drôle mais je n’y était pas sensible….

http://www.lalibre.be/culture/cinema/taxi-teheran-panahi-filmeur-a-tout-prix-5534f59035704bb01bdd00bf

….Malgré ses problèmes judiciaires, la foi de Panahi dans le pouvoir du cinéma est en effet intacte. Avec cette production sans budget, sans acteurs, il invite même tout un chacun à se saisir d’un appareil photo, d’une petite caméra, d’un smartphone pour faire du cinéma, pour raconter des histoires, pour montrer la « sordide réalité » que tente de masquer le régime iranien. En brisant toutes les règles du « cinéma islamique »que, malicieusement, il rappelle par la voix de sa nièce, qui étudie le cinéma à l’école : ne pas parler de politique ou d’économie, montrer des héros sans cravate au prénom issu du Coran et à la barbe fournie. Autant d’interdits que le cinéaste prend évidemment un malin plaisir à enfreindre dans une œuvre d’une rare intelligence, portée autant par la rage que par l’espoir.

Une belle fin – Still Life (Uberto Pasolini)  avec Eddie Marsan

ob_53b384_une-belle-fin

Eddie Marsan joue dans ce film sans climax, déroulant de manière répétitif (-avec de petites variantes) le quotidien d’un employé (fonctionnaire) relégué dans les sous sol d’une administration britannique. Son travail : quand une personne de la ville décède sans famille connue, c’est lui qui se met, tel un détective, à la recherche de proches, d’amis, de connaissances…. Il est un fin limier, trouve souvent des personnes, mais rarement quelqu’un qui veut finalement assister au funérailles . Donc c’est lui qui s’y colle.  Sa vie est d’une tristesse à mourir, réglée comme du papier musique, jusqu’à ce qu’il  va côtoyer dans le cadre d’un dossier une femme…..

images (1)

Classique vous dites. Certes, la fin (que certains considèrent comme « insupportablement bâclée », « manipulatrice »), je l’ai subodorée – et elle est, je dirai, « logique » et m’a fait bizarrement fait chavirer entre un petit cri « too much » et de quelques larmes aux coin des yeux.  Je peux comprendre que des spectateurs trouvent le film ennuyeux (comme l’est à priori le « héro » – et surtout sa vie), mais je trouve que le film très sobre (beaux cadrages et deux trois travellings sublimes), sans esbroufe, dégage – grâce aussi à l’acteur principal – une petite musique (Satie-nnement triste) et profondément humaniste, tendre et nous dit aussi assez subtilement finalement qu’il faudra un jour faire exploser la solitude des (gens (petits ou grands).

ob_0ea245_une-belle-fin-uberto-pasolini-critiqu

Jamais de la vie (Pierre Jolivet) avec Olivier Gourmet.

images (2)

J’ai vu de P. Jolivet que « Ma petite entreprise » et il y a très longtemps « Force Majeure ». Dans le cadre de mon soutien au cinéma français j’ai regardé ce film pour Olivier Gourmet, toujours imposant dans tous les films dans lesquels il joue. Dans ce film il joue un gardien de nuit (d’une petite cinquantaine – en en CDD) d’un centre commercial dans une banlieue parisienne. Dans le passé  il était ouvrier spécialisé et délégué syndical (assez radical) – et dans son job là il périclite, proche de (re-)tomber dans l’alcool, vivant une vie d’une tristesse à mourir (pas, plus de femme, il se brouille avec sa sœur – un peu volage -, essaie tant que possible rester clean, en espérant de voir son contrat transformé en CDI – ou de trouver – à la suite de rdv réguliers au pôle emploi ou il s’entretient souvent avec sa conseillère un peu perdue (Valérie Bonneton)….

téléchargement (5)

Il observera une grosse bagnole (genre 4×4) faire des rondes de plus en plus régulières autour du centre commerciale, apprendra qu’il y aura un casse (un jour de repos pour lui) et décide d’intervenir.

Le film vaut pour Olivier Gourmet, pour la description de la vie quotidienne de ce type dans le triste décor de la banlieue à la recherche d’un sens à sa vie et pour les 25 dernières minutes – sans paroles (!) – des événements autour du casse.

téléchargement (6)

Polar social noir/gris et désespéré – avec des petites lueurs d’espoirs démentis. Et Bénabar devrait se cantonner au chant.

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s