Le roi s’est endormi (Livre Inter 2012)

Il y a un style certain, une ambiance indéniable que crée Cécile Coulon dans son court roman – esquisse de roman ? – « Le roi n’a pas sommeil » (143 pages). (lu dans le cadre du Livre Inter 2012)

Personnages de perdants, description méticuleuse de la douleur de vivre, de l’espoir qui nait et retombe dans les interstices perceptible au seul lecteur. Le récit est, tel certaines tragédies grecques situé dans une temporalité floue, incertaine (années 30 & 40 ? Etats-Unis bouseux ? Steinbeck n’est pas loin (voir l’extrait en exergue), pourtant la IIe guerre mondial ne semble exister).

Sobrement, avec une belle écriture et un vocabulaire toutefois très riche et se servant de moultes métaphores, nous assistons à un triste quasi huis-clos, fait divers autour de l’histoire d’une famille (fils, mère, père qui disparaît tôt, un oncle, un médecin qui entre peu à peu dans le cercle familial), et dont C. Coulon dévoile dès le début la fin, ce qui enlève pas mal de tension, d’interrogations et laisse le lecteur seul avec la narration qui se déroule, se déroule parfaitement, mais à mon avis de semeur de trouble froid et sans coeur, pour rien. J’aurai envie de demander : tout ça pour ça….? Je serai bien cntent de savoir écrire comme elle, mais malheureusement l’histoire glisse sur moi, lors d’un twist narrativ jê me suis même dit qu’elle tord le cou à quelquechose qui aurait pu être plus ample, plus entrainant, dommage.

De toute façon, il y avait une épée de Damocles & son serpent qui depuis toujours sont suspendus au-dessus de la vie dure et aride, qu’ils auraient dû fuir, ou est-ce-que la vie n’est pas meilleure ailleurs ?

Parfois, ils se serraient l’un contre l’autre, éblouis par la lumière ; deux chats de campagne qui se lèchent mutuellement les oreilles avant de s’enfuir dans l’escalier d’une cave humide. Ils n’étaient pas heureux. Ils voulaient juste avoir le temps de s’ennuyer, de regarder les plants de salade cuire au soleil sans devoir se lever pour aller les arroser. Petit à petit, ils s’éteignaient, semblables à des bougies dont la cire se consume.. (p. 60)

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2 commentaires pour Le roi s’est endormi (Livre Inter 2012)

  1. constance93 dit :

    je suis en train de le lire, et j’ai comme une légère impression d’inabouti malgré la qualité de l’écriture…

    J’aime

  2. Ping : Trois saisons d’orage – Livre Inter 2017 | Coquecigrues et ima-nu-ages

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