Amour propre

« La liberté demande une discipline adaptée à la déroute » (Erri de Luca)

Amour propre Le Bihan

L’amour-propre est l’amour de soi dans le regard des autres. Celui-là se substitue à l’innocence de celui-ci ; l’amour de soi est la tendance à rechercher sa propre conservation, ainsi que ce qui nous satisfait, dans un rapport intrinsèque et non pas extrinsèque comme l’induit la médiation nécessaire à l’amour-propre. Pour Rousseau, le passage de l’amour de soi à l’amour-propre consacre l’entrée de l’individu dans la confrontation à d’autres….. En psychologie l’amour propre désigne l’appréciation subjective  généralement positive, qu’une personne porte sur elle-même. (en psy = estime de soi) Wikipedia

Roman de Sylvie Le Bihan (c’est le 1er roman d’elle que je lis).

Il m’a attiré parce qu’il parle (un peu) de Naples, de Capri (bcp), de Malaparte (dont je n’ai toujours pas lu « Kaputt », ainsi que surtout de maternité (ou comment en sortir une fois que « le nid est vide »)… et/ou le fait d’être/(ne pas) souhaiter d’être mère (et ne pas se sentir mère) et femme…

villamalaparte_new2

Une grande partie de ce roman introspectif parlant de re-naissance ou de retrouvailles avec soi-même se passe dans la maison de Malaparte (connue notamment par les cinéphiles – « Le Mépris » de Godard y a été tourné).

Présentation de l’Éditeur (JCLattès) 

Giulia n’a hérité de sa mère que son prénom, italien comme elle, et son amour pour Malaparte. Elle a grandi seule avec son père et avec les livres du grand écrivain. Elle est devenue mère, elle est devenue professeure d’université, spécialiste de Malaparte. Ses enfants ont grandi, ils ont encore besoin d’elle,  mais c’est elle qui a besoin de vivre sans eux maintenant  : elle ne fuit pas comme sa mère a fui dès sa naissance, elle fuit pour comprendre ce qu’elle a hérité de cette absente, ce qu’elle a légué, elle, mère si présente, à  ses enfants.
Elle répond à l’invitation d’un ami universitaire et part seule à la Villa Malaparte à Capri pour écrire un livre. L’œuvre du grand écrivain, ce qu’elle lit, découvre de l’auteur dans cette maison mythique, sa solitude, le silence de la maison où sont passés tant d’hommes et de femmes qu’elle admire, tout cela sert sa quête  : quelle mère a-t-elle été, quelle éducation a-t-elle reçu et a-t-elle donné  ? Et une question plus grave et plus essentielle  peut-être  : a-t-elle aimé ses enfants  ? Les aiment-elles tout en regrettant la vie qu’elle aurait pu avoir sans eux  ? Était-elle faite pour être mère ou est-elle faite comme sa mère pour la liberté, l’absence de responsabilités  ?

cannes_excalier malaparte  Villa-Malaparte-Schnitt-A-A-BIM-Software-Architektur_Edificius

Les 276 pages se lisent rapidement (simplement) – Belle construction (formelle) J’ai vu/lu le livre comme une sorte de digest a) de la littérature féminine autour du sujet de la maternité (la bibliographie mentionne un livre de E. Badinter (Le conflit : la femme et la mère) et une étude de Orna Donath (Regretting motherhood) et b) du personnage de Curzio Malaparte (sur la base de bon nombre d’écrits sur lui) et surtout un interstice permettant, à moi, l’homme, d’entrevoir la pensée d’une femme en pleine « re-construction » (la narratrice avait « honte de la femme qu’elle était devenue« ).  Pourtant ce n’est pas larmoyant du tout, elle nous offre une réflexion pertinente qui permettra (peut-être) à des femmes de déculpabiliser (if ever elles ressentent un regret….)

D’autres vont peut-être être un peu choqué par l’approche, par la « fuite » même de la narratrice – et seront probablement apaisés par le « twist » du roman sur les dernières pages….  en effet, beaucoup de femmes (des hommes aussi ?) auront certainement du mal à s’imaginer que le rôle de mère n’est finalement pas vraiment écrit dans les gènes des femmes.

Enfin un roman-récit qui cite Baudelaire, Philippe Roth, qui entrelace, avec une grande sensibilité, des réflexions sur la littérature, les rapports mère-enfant, mère (absente) – fille, femmes-hommes), et enfin, qui fait ça devant un décor de rêve (au moins mon rêve) – ne peut être mal.

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
Cet article, publié dans Livres, est tagué , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Amour propre

  1. Matatoune dit :

    Deux blogueurs à quelques minutes d’intervalle qui présentent le même livre! . Alors, je le note avec deux étoiles. Merci

    J'aime

    • lorenztradfin dit :

      ah…. c’est drôle, j’ai « posté » et « programmé » l’article avant de partir en week-end…., j’ai vais de ce pas regarder ce que d’autres lecteurs en pensent…. Merci pour ton passage !

      J'aime

  2. CultURIEUSE dit :

    Ah la maternité! Après Angelica, je me demende pourquoi on se met dans une telle embrouille, nous les femmes… Non, je plaisante!

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s