Liv Maria

Illustration par Ilya Haharev

Portrait de femme avec un zeste de « surnaturel » (à savoir une multitude de hasards qui font se croiser des gens qui ne devraient pas se croiser) et surtout une accumulation de vies différentes vécues par une femme forte de caractère.

Présentation de l’Editeur (Gallimard/ 4e de couv’ de l’édition Folio) :

«D’une certaine façon, la distance n’était plus la question, où qu’elle vive à la surface de la Terre, elle ne pourrait échapper au rayonnement du passé, aux conséquences de ses actes.»Née sur une petite île bretonne, Liv Maria grandit au milieu des livres. À dix-sept ans, elle est envoyée à Berlin où, le temps d’un été, elle fait une rencontre qui bouleversera le cours de son existence. Éprise de liberté, elle deviendra tour à tour une amoureuse, une aventurière, une libraire, une mère, et connaîtra mille vies. Mais laquelle est véritablement la sienne? Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d’une femme qui, malgré un secret inavouable, cherchera sans cesse à réécrire son histoire.

Ilya Haharev – Yellow

« Qu’est-ce qu’il t’a fait ? — Seulement ça, dit Liv Maria, montrant ses vêtements froissés, soudain épuisée. — Ne dis jamais ça, avait sifflé sa mère brusquement, sans la regarder. Ne dis jamais : seulement. »

Conte (initiatique?), fable (a-)morale (?), roman d’aventure, tragique (?) qui m’a parfois fait penser à Isabel Allende ou un A. Perez-Reverte (genre La reine du Sud) de par ses curieux hasards romanesques qui font rencontrer des personnes qui ne devraient pas se rencontrer.

Une île en Bretagne, Berlin, Chili, Irlande sont les stations des « mille » vies de Liv Maria. C’est après une tentative de viol sur Liv, que sa mère va l’envoyer à Berlin (chez sa sœur). Liv va y rencontrer Fergus, un prof’ irlandais (marié et père de famille), qui l’initiera aux jeux de l’amour le temps d’un été.

« Elle avait découvert ce dont elle n’avait jamais eu la moindre idée ni la moindre intuition. Ce qu’on pouvait faire avec un corps — avec deux corps. Les frottant l’un contre l’autre comme des silex, longtemps, patiemment, jusqu’à faire jaillir des étincelles, puis le feu, le feu ravageant tout. »

Après elle va devoir vivre avec son absence (et celle de ses parents, morts dans un accident) quand celui-ci rentre chez lui sans donner de nouvelles (- on apprendra pourquoi il a rompu son contact !)…. Elle rentre de nouveau en Bretagne, tente d’y vivre mais s’envole bientôt pour l’Amérique du Sud ou elle fera « carrière » (elle deviendra riche et une femme « libre »)….avant de rencontrer un autre irlandais (Flynn), qu’elle rencontrera dans une librairie (sic !), et plongera tête la première « dans l’eau fraîche du cœur de Flynn« .

Ilya Haharev

Pour être franc : j’ai eu du mal à aimer le personnage de Liv, dû mal aussi à bien comprendre certaines décisions, conséquence du poids et d’une certaine « culpabilité » qu’elle emporte avec elle même quand tous les curseurs de sa vie sont au vert dans sa vie… Elle est restée une « énigme » pour moi, je la ressentais plus comme une « construction » littéraire permettant à l’autrice de la faire porte-drapeau de la liberté de la femme.

De plus, il y a un peu trop de « longs and winding roads » (sur le cheminement jamais tout droit de Liv), des « hasards » qui s’emboitent, qui deviennent des secrets à taire, des ellipses plus ou moins « crédibles ».

Toutefois une lecture sympathique, sensible (on lit le roman d’une traite – une vrai roman de « plage ») qui par ailleurs, fourmille de lectures, de livres (d’où peut-être le prénom « Liv » ??). Un autre atout : ce n’est jamais « mièvre » et ses ruptures de ton (et de comportement de la femme) débouchent aussi sur une fin qui est éloignée du « happy end » et laisse au lecteur de la place pour s’imaginer la/une suite. De plus, le séjour à Berlin, ses cours d’anglais permettent à l’autrice de glisser des réflexions sur la langue, les divers niveau (comment passer d’un anglais « sans profondeur, sans envergure, sans émotions, sans nuances – de simples phrases déclaratives, des formules de politesse, composant une langue faite pour s’en sortir, non pas pour pénétrer le cœur des choses. » vers une langue, un style qui permet d’exprimer davantage.

Ilya Haharev

Un beau portrait de femme à multiples facettes, qui a trouvé ses lecteurs (Babelio donne 3,86 points sur 1140 notes).

« La nuit, quand Flynn lui faisait l’amour dans le silence du sommeil de leurs enfants, elle ne parvenait pas à se dégager de cette vision de son propre corps comme un territoire déchiré entre plusieurs nations, avec la cicatrice de son opération, les traces de feutres des petits sur ses doigts, les marques de brûlures de la cuisine. Et dans tout ça moi. »

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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