2 x Virginie Efira

Dans ma série « Soutien au cinéma français » (à laquelle je rajouterai bientôt une série « soutien aux salles de cinémas » (tant les 2 salles étaient vides), j’ai rattrapé un peu mon retard (de ciné français). Deux magnifiques portraits de femmes d’une petite quarantaine (faits par les réalisatrices (!) Alice Winocour et Rebecca Zlotowski.

Certainement pas facile de s’atteler à faire un film sur la difficulté de se reconstruire après avoir été victime d’un attentat (novembre 2015) sans tomber dans le glauque ou une accumulation de clichés (j’ai lu de plus que le frère de Alice Winocour se trouvait le 13 novembre au Bataclan)…

Avec une certaine élégance (quand elle filme Paris – par drone – et ses marginaux dont, d’une certaine manière les traumatisés font partie (vues distillées par ci- par là) et une Virginie Efira qui – je l’ai déjà dit ailleurs – n’a pas besoin de mots (absolument tout passe dans son visage) Alice Winocour arrive a éviter tout piège de ce sujet casse-cou. S’ajoute à cela une légèreté (et je ne pense pas au poids qu’il a pris) apportée par Benoît Magimel qui donne un peu d’air et de sourire.

Mia, traductrice/interprète du russe à la radio (vivant en couple avec Vincent – Grégoire Colin – médecin) sera victime d’un attentat dans une brasserie dans laquelle elle avait cherché abri d’une pluie battante, un vrai hasard qu’elle se trouvait là. Après l’attaque, blessée, elle ne se souvient de plus rien et se reconstruit sa mémoire/ses souvenirs/ les détails peu à peu au contact avec une association d’aide aux victimes, épaulée en cela aussi par Thomas (Benoît Magimel – banquier), victime aussi… Son compagnon Vincent a cependant du mal à comprendre que Mia n’arrive pas à « vivre comme avant »… Comment pourrait-il par ailleurs ?!.

Parfois Alice Wincour a la main un tout petit peu lourde (qqs scènes illustrant trop les récits/discours entendus peu avant, la scène à l’Orangerie et Monet…- même si l’idée de la pièce manquante est belle), deux-trois scènes « convenus » dans le sens qu’on s’y attendait… mais à vrai dire, cela n’entache pas l’ensemble, les errements (la recherche de pièces de puzzle pour reconstituer le « film » de la déflagration) et le(s) questionnement(s) sont rendus incroyablement crédibles par le jeu des membres du casting (fascinant aussi la tristesse de Sara – Maya Sansa – qui a perdu ses parents…).

Drôle de devoir avouer que j’avais du mal à laisser Virginie/Mia dans la salle obscure. Même si, il faut en être conscient, on ne sort pas du ciné joyeux et en dansant…

A souligner enfin la belle musique de Anna von Hausswolff (une chanteuse suédoise) qui, je cite Cinezik.org : signe la musique du drame de Alice Winocour avec une musique à la dimension sacrée, lumineuse, qui convient à l’idée de communiquer avec le monde des mort.

Ce film commence (pour moi) « très mal » (dialogues « fausses », situation peu crédible, approche genre « roman photo » avec des raccourcis) mais développe peu à peu sa petite musique, pour devenir pour le spectateur mieux qu’un film TV.

Là aussi, Virginie Efira n’a pas besoin de 10 pages de mots pour exprimer, avec une émotion retenue, crédiblement, une femme en mal de maternité.

Rachel (une prof’) est en couple avec un homme (Ali – Roschdy Zem) qui vient de se séparer de sa femme Alice (C. Mastroianni – elle sait camper en qqs scènes cette femme) et garde en alternance sa fille de 5ans….et ne veut pas un autre enfant. Malheureusement (spoiler !!) les circonstances vont faire que Ali va retrouver sa femme (tiraillé entre envie de former une famille et de vivre son amour ?/son désir pour Rachel) : Exit donc pour la maternité (la ménopause pointe son nez….)

On pourrait reprocher (à côté des débuts du film un peu « faible »), le revirement trop expéditif de la part d’Ali, les scènes de l’école (même si – pour moi – le moment le plus touchant du film est l’Epilogue qui donne du sens aux scènes à l’école: dans la classe et les échanges dans la salle des profs).

Mais grâce à Virginie Efira (étonnant comme elle peut être belle comme un ange et terne comme une souris qui se cache d’une scène à l’autre) je suis resté scotché.

Là aussi la musique naviguant entre jazz, musique classique et/ou Moustaki, J. Clerc et R. Aubry…) donne un accent de « easy viewing » à un sujet qui aurait mérité un traitement plus fort et moins « télévisuel ».

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6 commentaires pour 2 x Virginie Efira

  1. Revoir Paris, j’ai pleuré d’un bout à l’autre…doucement bien sûr! Mais VE est remarquable de justesse. Et c’est vrai que c’était casse gueule, ce sujet, et là, je dis bravo, assez de pudeur et pas trop de larmes, sauf pour moi, mais j’adore pleurer au cinoche… Pas vu le second film

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  2. Bibliofeel dit :

    Deux films que j’ai beaucoup aimé avec mention spéciale pour Revoir Paris. Virginie Efira m’a impressionné et pourtant ce n’était pas gagné d’avance pour moi. Roschdy Zem excellent une fois encore… Hâte de le rencontrer vendredi prochain pour la rencontre en avant première de son nouveau film Les miens. Vite que le public revienne dans les salles, il y a pleins d’excellents films 😀

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  3. lorenztradfin dit :

    Tu vas rire mais j’ai vu Roschdy Z., sa fille et Sami B. Présenter le film à Grenoble. A mon goût le film n’est pas son meilleur mais plein d’amour pour les siens et surtout loin des stéréotypes des familles issues de l’immigration. Les meilleures scènes sont entre celles Roschdy et Maiwenn ( coscenariste)….

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  4. Philisine Cave dit :

    Je n’ai vu ces deux films. Mais je suis d’accord avec toi : Virginie Efira est lumineuse de naturel, c’est une très grande actrice. Elle est à la fois concentrée et concernée par les personnages qu’elle habite et dont elle donne corps. J’adore son jeu d’actrice qui me scotche à chaque fois.

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  5. J’ai vu la bande annonce de « Revoir Paris » et c’est un film que je pourrais avoir envie de regarder un jour. Les images semblent belles, en plus. Par contre je n’avais pas entendu parler du deuxième et ta chronique est plutôt dissuasive.

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