Avignon – Une première

Voilà c’est fait. J’y suis allé pour la 1ere fois dans ma vie : Avignon aux temps du festival (OFF). Et pour corser le tout, on a invité le soleil en plus….(plus de 40° C)… « du sérieux, quoi », comme me disait MLS.

A peine 4 jours, avec des amis, dans une ancienne ferme à 15km d’Avignon (près de Roquemaure dans les vignes….) .- donc dans le Nord et à 20minutes de l’impressionnant parking duquel partent en un ballet surprenant des bus qui emmènent les badauds à la Porte Ouille au pied de l’enceinte de la ville d’Avignon), parfois avec une joie communicative (même à Minuit).

Dans les jours précédant notre arrivée, nous avons feuilleté sur internet le catalogue des plus de 1.500 pestacles (mille cinq cent !!!!), lu les articles sur les « immanquables/les coups de cœur/les à voir-à fuir.… », et avons réservé au moins un spectacle par jour en espérant de trouver d’autres dignes d’intérêt…

C’est toutefois un peu plus difficile pour un néophyte de s’y retrouver.

Ce qui saute aux yeux c’est l’avalanche d’affiches et de « flyers » (un « bargain » pour les imprimeurs et un cauchemar pour l’écologie….).

Les discussions dans les queues avec des festivaliers chevronnés apportent parfois des infos, le bouche-à-l’oreille fonctionne assez bien comme le « tractage » (les acteurs et/ou leurs amis et/ou soutiens passent deux-trois heures dans la journée dans les rues pour donner le tract/flyer de leur spectacle, font un pitch – plus ou moins réussi… et parfois ça marche). Des fois, il y a aussi des troupes qui présentent une ou deux scènes de leur spectacle dans la rue…. Le festival d’Avignon est un grand marché-expo des troupes /metteurs en scène à la recherche de salles et/ou producteurs qui veulent bien les programmer…

Pour notre 1ère nous sommes restés assez « conservateur » : 2 spectacles dans la journée. Vu la chaleur qui régnait, nous avons regroupé les spectacles (donc pas selon le schéma : un à 9h, un 2e à 15h et finit avec un à 22h15) – mais plutôt : 13h – 15h30 – 18h…. Nous ne voulions pas être non plus stakhanoviste (parmi nos connaissances il y’en a qui visent « au moins » 4 spectacles dans la journée. – sachant que dans le « off » la plupart des spectacles = 1h/1h30 max – et les prix variant – avec la carte d’abonnement public (16,- €) permettant d’obtenir des réduc’ de 12 à 17 €/spectacle. « Conservateur » dans le sens de « a déjà fait ses preuves ».

Ainsi nous avons vu, avec délectation, à la Scala « Ceci n’est pas une framboise frivole » un spectacle de deux artistes belges (pianiste et violoncelliste) que nous avions déjà vu 25 ans auparavant…. (Comique musicale). Dans la même salle également vu les « Cata Divas » (deux chanteuses classiques – mezzo et soprano. La soprano Céline Laborie jouant par ailleurs sur le fait d’être le portrait craché de Céline Dion + la mezzo Cecile Provian une pianiste (Jeanne Vallet) Comment lier la haute couture musicale avec l’humour et faire un spectacle que même les rétifs à la musique classique peuvent aimer.

Décevant dans la même salle (Scala encore) : la cinquième pièce de Michalik « Une histoire d’amour » – [c’était la dernière avec Michalik himself] on est sorti en disant « qu’est-ce mauvais ! ». Mais on s’est dit que vu qu’une partie du public s’est « même » levé pour applaudir, que finalement nous avions simplement attendu autre chose, plus profond, pas un petit survol avec des scénettes qui passent du rire aux larmes (« sans temps mort » comme disait un critique – bonne note cependant pour les changements de décors)….Je parie qu’il y aura un film sur la base de cette pièce….

A part ces choix « conservateurs et légers » nous avons fait aussi des pas « de côté » ou plutôt du côté des petites salles. A souligner particulièrement la présentation de l' »Ennemi du peuple » d’Ibsen dans une mise en scène de Guillaume Gras (déjà montré au Théâtre de Belleville – Paris ) – une adaptation « à l’os »). La pièce s’est jouée dans un lycée, devant 49 spectateurs, sans 4e mur, à savoir nous étions assis en carré, les acteurs se trouvant parmi nous, se levaient pour jouer au milieu, ce qui dans cette pièce (qui n’a pas pris une seule ride, dépoussiérée comme elle l’était par G. Gras) allait fort bien, puisque on se sentait impliqué. Mention très bien à Nicolas Perrochet (le médecin « lanceur d’alerte »)

« L’efficacité du spectacle tient dans le fait que le metteur en scène réussit transposer l’action aujourd’hui, sans décors ni costumes, par des répliques simples et directes qui vivifient l’action. Les spectateurs sont assis autour des acteurs qui incarnent les protagonistes, dans un thriller haletant et tragique. Nicolas Perrochet et ses camarades font preuve d’un engagement total. Une réussite ! » ARTISTIKRÉZO

Un autre « highlight » : une pièce adaptée suite à une nouvelle de Tolstoï (« La mort d’Ivan Ilitch« ) au Théâtre du Petit Louvre, avec un immense acteur (« habité »): Hervé Falloux. « Quelque chose au côté gauche »

Hervé Falloux (à droite) après le spectacle débarrassé de son manteau blanc….

L’acteur (qui a adapté le texte) était criant de vérité pour une « pièce » (un texte) qui prends/prenait à la gorge (je vais le lire un de ces cinquante).

L’actrice Sylvie van Cleven qui faisait un seule-sur-scène sur la vie de Pauline Dubuisson (vous vous rappelez « La petite femelle » de Jaenada – le texte de la pièce est une adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Seigle). Elle arrive à émouvoir sans toutefois laisser « autant de traces » dans nos cœurs que Hervé Falloux – la mise en scène peut dérouter certains, sauf si on connaît l’histoire de « la petite femelle » au bout des doigts (ce qui est mon cas, hem).

Sylvie Van Cleven dans « Je vous écris dans le noir » d’Evelyne Loew, d’après le roman de Jean-Luc Seigle. (ROLAND BADUEL)

Enfin une pièce faible : « Un amour de Blum« . Léon Blum est emprisonné par le gouvernement de Vichy. Sa dernière compagne va, de prison en prison, lui apporter réconfort et tendresse. Cet amour naissant, en pleine difficulté, se mue peu à peu en une grande passion. Joué par Natacha Régnier (c’est elle Jeanne Levylier qui deviendra un jour Jeanne Blum/Jeanne Torrès/Reichenbach) et Jean-François Derec – seule elle était (à peu près) convaincante et rayonnante (le texte reste assez plat et Leon Blum aurait mérité un acteur plus « convaincant »).

Enfin un spectacle au Théâtre Rouge-Gorge mené tambour-battant par une Carmela Giusto (Docteure es lettres et spécialiste de Molière qui a conçu ce spectacle sur la base de ses études…). Une sacrée bonne femme pleine d’énergie, un peu trop racoleuse parfois (et pas assez de modulations de sa voix) mais parfaitement « érudit ». Une belle manière de nous raconter l’influence du théâtre de Molière sur l’évolution de l’Opéra (Italienne). Les intermèdes chantés par Miss Alvès étaient parfaitement réalisées (que des hit-des-hits, donc très grand public).

Un après-midi entre deux pièces je suis allé au Musée Angladon pour voir (merci la clim’) une exposition sur « Le désir de la ligne » de Matisse. Une exposition qui s’est focalisé sur les dessins de Matisse (dont j’avais déjà vu pas mal à l’occasion de « Le laboratoire intérieur » (2017 à Lyon ).

4 jours hors du temps, sans news, radio et/ou journaux. Une petite bulle aussi pour re-découvrir sous une autre lumière la ville d’Avignon qui finalement était, malgré le monde, malgré la chaleur qui n’incitait pas trop aux balades, plus belle que je ne l’avais en mémoire.

Cela ne m’étonnerait pas que j’y retourne pour le festival, un peu mieux préparé …

A propos lorenztradfin

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3 commentaires pour Avignon – Une première

  1. CultURIEUSE dit :

    Oh je croyais t’avoir laissé un commentaire… Addictif ce festival, j’y retournerai l’an prochain, la programmation du IN de Tiago Rodriguez sera sûrement extra! Pour le off, il y a un certain nombre de théâtres à fréquenter connus pour leurs excellentes sélections (la Manufacture, le onze Gilgamesh, les Halles, les Doms, etc.) et d’autres à éviter (dont le Rouge-gorge!). Mais bien sûr, tout dépend de tes attentes.
    Michalik continue de suivre son procédé puisque ça marche! Plutôt pour des gens qui ne vont pas souvent au théâtre.

    Aimé par 1 personne

    • lorenztradfin dit :

      C’est noté pour l’année prochaine…je regrette de ne pas avoir eu des places pour le Beckett avec D.Lavant… maintenant qu’on sait comment ça marche on s’y prendra mieux. Et je signe ta dernière phrase bizz

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  2. lorenztradfin dit :

    …tu avais laissé un commentaire sur FB suite à ma photo des murs d’affiches antiecolo….

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