La cité en flammes – Don Winslow

Un nouveau Don Winslow (et le début d’une trilogie)

« S’il pleuvait de la soupe, les Irlandais se précipiteraient dehors avec leurs fourchettes« 

Présentation de l’Editeur (Harper Collins / Noir)

Le 1er tome de la nouvelle trilogie événement de Don Winslow

État de Rhode Island, 1986.
Danny Ryan, 29 ans, est docker. Intelligent, loyal et réservé, il n’a jamais vraiment trouvé sa place au sein du clan des Irlandais qui règne sur une partie de la ville. Son rêve  : fuir loin de cet endroit où il n’a pas d’avenir.
Mais lorsque Paulie Moretti, mafieux d’une famille italienne jusque-là amie, s’affiche avec sa nouvelle conquête, Hélène de Troie des temps modernes, Danny se retrouve mêlé à une guerre sans merci à laquelle il ne peut échapper.
Il lui faudra s’imposer enfin et affronter un déchaînement de violence sans précédent pour protéger sa famille, ses amis, et la seule patrie qu’il ait jamais connue.

Avec La cité en flammes, Don Winslow livre le premier tome d’une trilogie magistrale, transposition des épopées antiques : la ville de Providence est Troie incendiée par les Grecs, Danny Ryan un héros homérique digne  d’Énée. Une Iliade contemporaine.

Traduction de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch.

Don Winslow laisse dans les placards la région frontalière mexicano-américaine, les cartels de la drogue (ahh c’est loin le magistral « La griffe du chien » et ses suivants!!) et/ou New York pour retourner dans les années 80 à Providence (dans l’Etat fédéral Rhode Island – à 3h de voiture NY et près de Boston). Une époque dans laquelle les clans d’Irlandais et les familles et gangs italiens avaient tout sous leur contrôle (les docks, les machines à sous etc…) – en respectant sous la houlette des « anciens » une sorte de paix relative…

Bien documenté comme à son habitude, on a l’impression de « lire » un film de Scorcese mâtiné d’une couche tragique de la part de James Gray. C’est que D. Winslow nous concocte un drame qui a tout pour être shakespearien mais qui s’avère plutôt (c’est au moins la 4e de couv’ qui le dit) une transposition de l’Iliade… et pour qu’on ne se trompe pas il y a « même » une Cassie (vous avez compris : Cassandre (!)).

Les 392 pages du roman se lisent d’une traite, c’est plein de fureur, un peu de sexe, des meurtres aussi, des trahisons, des biographies plaisamment brossées (il est doué pour nous pondre en 2 pages le background d’une vie) … Les personnages (entre autres): Danny Ryan (docker), son père irlandais (qui est une sorte de roi déchu, déprimé depuis que sa femme Madelaine (la mère de Danny qui avait abandonné le petit et est désormais richissime et une sorte de « Déesse ex machinae), la femme de Danny (Terri) – les familles …. et encore des acolytes sorti d’une encyclopédie du crime organisé.

Suite à une dispute autour d’une belle femme (Pam) sortant de l’eau…..

 Aphrodite », d’Adolf Hirémy-Hirschl, vers 1893, huile sur toile, 110,7 x 275,6 cm.
https://www.lepoint.fr/culture/breves-exposition-au-havre-les-filles-de-l-eau-18-08-2018-2244261_3.php

Danny Ryan regarde la femme sortir de l’eau telle une vision émergeant de ses rêves d’océan. Mais elle st bien réelle, et synonyme d’ennuis. Comme souvent avec les femmes aussi belles. Danny le sait bien. Ce qu’il ignore, en revanche, c’est la quantité de problèmes qu’elle va lui apporter. S’il l’avait su, s’il avait su tout ce qui allait se passer, peut-être serait-il entré dans la mer pour lui maintenir la tête sous l’eau jusqu’à ce qu’elle cesse de respirer. Mai sil ne le sait pas. (le début du roman)

une guerre éclate, d’abord larvée et devenant de plus en plus violente. Elle opposera les italiens, le FBI et les Irlandais… (attention spoiler – Danny sera bien fidèle à sa femme Terri, ce n’est pas lui qui….)

Ca vous rappelle Lehanne et Ellroy (?) – oui, ce n’est pas bien « nouveau » mais D. Winslow a trouvé en Jean Esch, son traducteur, un mec qui vous pond un vrai page-turner (signalons toutefois qqs passages un peu plus longuets…et une fin, au regard du développement des drames, peut-être un peu précipitée – mais ça reste un appetizer pour la suite – if ever – c’est que j’avais lu que D. Winslow voulait s’arrêter et « délaisser la littérature pour mieux se consacrer à l’activisme politique contre Donald Trump« .)

Vous savez, rétorque Peter, une pute qui suce un type pour un sachet de came ou pour un million de dollars, ça reste une pute.
– Oui, mais c’est une pute avec un million de dollars, réplique Madeleine. Et il se trouve que je suis beaucoup plus riche que ça. Alors, croyez-moi sur parole, monsieur Moretti, je ferai monter vos couilles en pendentif et je le porterai autour du cou pour me promener en ville.

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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