Premier sang

La dernière fois que j’ai parlé de Mme Nothomb c’était en 2019 en présentant un roman de Dubois. Je disais : « Le roman a reçu le Prix Goncourt 2019 au 2e tour. La Miss Nothomb – en tête des ventes – a été écartée » !

Aujourd’hui, je dois penaudement dire ou rappeler (à ceux qui n’ont pas suivi la pluie des prix littéraires de 2021) qu’elle vient de recevoir le Prix Renaudot 2021 – et reste « en tête des ventes ». C’est vrai, sa prose annuelle est simple, « légère » – et j’avais dit clairement à C. que je ne suis pas fan de cette auteure qui « pond » chaque année un petit livre avec de petites phrases.

« J’eus quatre ans. C’était la guerre. Je savais que c’était grave. » (p. 23)

Toutefois, C., en partant de notre soirée du réveillon, a laissé deux livres chez nous, dont ce dernier né (recommandé et destiné à A.). Toutefois A. lisant nettement plus lentement que moi (elle a mis 2 mois pour le dernier Padura – mais a dévoré en 3 jours (!) le roman de Mathieu Palain – et comme pour vérifier le bienfondé de mon abstinence Nothombienne depuis des années j’ai englouti les qqs 173 pages (aérées) en un petit-après-midi en espérant (?) changer d’avis, puisqu’elle semble avoir écrit ce roman peu après le décès de son père, un peu comme si elle voulait le faire re-vivre – et le fait donc parler. Procédé intéressant et touchant, pour moi qui ne donnera certainement pas envie à ma fille d’écrire un jour un livre sur moi.

C’est donc finalement lui qui parle mais avec la langue simple, plutôt fluide et légèrement ironique de La Nothomb (3e enfant du couple Nothomb Patrick et Danièle).

Je l’ai lu il y a qqs jours seulement mais bizarrement j’ai déjà quasiment tout oublié.

La 1ere partie (l’enfance) est assez enlevée, a des accents d’un conte (genre : « Le petit prince chez les barbares – et il aime ça » ou « Les aventures du Petit Lord « ), mais a manqué pour moi de profondeur, comme si on restait juste à la surface…..Pourtant, le domaine du Pont d’Oye aurait pu avoir des accents plus gothiquement effrayant.

Aujourd’hui, le domaine du Pont d’Oye a changé de propriétaire et propose à la location des chambres d’hôtes et des salles pour mariages ou événements culturels. ©DR

Cette 1ere partie m’a permis par contre de faire connaissance avec l’œuvre d’un peintre portraitiste belge de nom Edmond Verstraeten qui, à en croire les paroles de Patrick-Amélie, a fait un beau portrait de la mère avec le petit Patrick sur les genoux (ses meilleurs souvenirs de sa mère – « A vingt-cinq ans, elle trouva son expression de veuve. Elle ne quitta jamais ce masque. Même son sourire était figé. La dureté s’empara de ce visage et le priva de sa jeunesse. » (p. 14)

Verstraeten – Portrait de sa femme

Plus tard, l’intermède de la rencontre du jeune Nothomb avec sa future (le couple se forme sur une toile de fond de lettres de Cyrano à Roxanne – presque trop appuyé et prévisible) et les réactions de la famille passent encore.

Mais ensuite on se trouve en Afrique avec un 3e épisode – le pas-encore-papa-d’Amélie est devenu diplomate. Cet épisode avait donné matière à un récit-roman « Dans Stanleyville » écrit par papa Nothomb qui – sans que je l’ai ouvert – vaut certainement davantage d’être lu que les mots couchés (on dirait rapidement) par Miss Nothomb (pour inciter à lire plus en détail les aventures d’un Belge dans cette prise d’otages…?) .

Congo Belge - Province de l'Equateur: Réédition du livre de Patrick NOTHOMB  :"Dans Stanleyville".

Je suis dur, certainement. Je peux l’être, sachant que Miss Nothomb n’a pas besoin de moi pour trouver son lectorat. Même La Masque et la Plume avait aimé le livre…et ils n’ont pas toujours été tendre avec elle.

Je reste donc un prophète dans le désert que personne n’entend.

Nul n'est prophète dans son pays - Des idées pour une Révolution 2.0

Finalement, je sais juste que ce n’est pas ce livre non plus qui va changer d’avis mon ami F., farouche anti-Nothomb depuis des siècles… Je resterai donc un farouche anti-Nothomb qui restera éloigné des montagnes de livres d’elle pullulant dans les librairies.

A propos lorenztradfin

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3 commentaires pour Premier sang

  1. sb/rfa dit :

    cette photo du marcheur dans le désert — c’est en Namibie ? elle me rappèle l’extraordinaire voyage qu’on y a fait, en famille, 3 générations, 8 personnes, il y a quelques années. A recommander chaudeent ! Les adolescentes étaient subjuguées par ces dunes couleur orange, le charme du désert, au-dessus de la tente un ciel étoilé extraordinaire, fascinant, à tel point que nous dormions souvent devant les tentes, et pas dedans. Allez en Namibie ! avec un guide du pays !

    Aimé par 1 personne

  2. princecranoir dit :

    Stupeur ! tremblement ! Cette critique assassine Amélie !
    Bon, en même temps, je t’avoue que je n’ai pas lu un de ses romans depuis trrrrrrès longtemps, donc je suis bien tes recommandations.

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