De son vivant

Petite sortie ciné dans le cadre de mon soutien au cinéma français.

Affiche du film – Allociné

Elle est courageuse E. Bercot – s’attaquer à un sujet casse-cou comme l’est la fin de vie d’une personne malade d’un cancer (Pancréas, stade IV – considéré inguérissable).

C’est un vaillant B. Magimel (il a perdu un tas de kilos pour /pendant le tournage) qui se colle au rôle du malade-mourant, prof’ de théâtre qui a toujours trop écouté/obéi à sa mère (C. Deneuve).

La Com autour du film nous invite à prendre un paquet de Kleenex avec nous dans la salle obscure (vous allez pleurer…. la question est juste combien de temps vos yeux resteront secs…! « Torrent d’émotions »).

Je regrette, même pas des yeux mouillés, pas versé une seule larme, pas de (vraie) émotion. Et pourquoi ? Je pense parce que trop de mélo tue l’émotion. Voir clairement les mécanismes mis en place pour mieux déclencher l’effet lacrymal a provoqué chez moi un « shut down » vigoureux, qui même a deux-trois reprises a déclenché un rire nerveux. Je dois être un être froid et sans cœur.. ..

C’est une amie cinéphile atteinte d’un cancer (elle vit désormais avec un seul poumon…) qui a trouvé le film formidable, film qu’à priori je ne voulais pas voir, malgré la belle filmographie de E. Bercot (La fille de Brest, La tête haute...). A cette amie, malheureusement accoutumée des hôpitaux, des séances de chimio… je poserai la question si elle aussi a déjà eu droit à des danseurs tango et un musicien pendant des séances en « open space » comme dans cet hôpital ou tout le monde semble bien empathique, pas pressé, ou pas un seul lit encombre les couloirs…).

Moi qui peut verser des larme(tte)s de petite Madeleine quand une Meryl Streep (Francesca) ne quitte pas son mari pour Clint Eastwood (Robert Kincaid), j’ai eu un mal fou pour croire en Cecile de France en blouse blanche hésitant entre rentrer chez elle (sa belle-famille l’attend) et/ou passer encore un moment tendre avec le mourant.

J’aurai finalement préféré voir un docu sur cet hôpital qui prend également psychologiquement en charge les soignants (bonne idée – qui me rappelle des débats que j’ai eu avec des infirmières à Lourdes en 1984 (! sic) dans le cadre d’une rencontre franco-allemande sur les soins palliatifs) – Groupes de paroles (chacun partage ses douleurs et les émotions ressentis face à un malade). Malheureusement – pour moi le spectateur – ces paroles sont davantage de pistes stabilobossées annonciatrices de scènes qu’on verra plus tard avec M. Magimel, . Et – ces groupes de paroles se terminent toujours avec des gospels….le médecin chef à la guitare…). Une amie travaillant dans un hôpital ne m’a jamais parlé d’une « offre » de ce type.

Enfin E. Bercot pensant que tout cela ne suffit pas pour faire un film, elle nous rajoute une pincée de regrets familiaux (une femme quittée il y a des années, un fils jamais vu, mais qui va venir le voir – arrivera-t-il avant la mort du père inconnu ?….) ainsi que des extraits du travail du prof de théâtre avec des jeunes à préparer pour un concours (entre nous, ces scènes étaient les plus belles pour moi – même si le sens sous-jacent des scènes jouées était pointé scénaristiquement too much sur la fin de vie annoncée…., mais j’ai un cœur en pierre, je vous dis).

Pour finir avec une note « positive » : d’autres ami(e)s étaient ému(e)s et touché(e)s par le film. Donc à vous de voir…. !

A propos lorenztradfin

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5 commentaires pour De son vivant

  1. Philisine Cave dit :

    Pour avoir connu l’étape Cancer mais sans traitement lourd à part une ablation, je peux dire que le personnel rencontré a été extrêmement prévenant et attentif, et disponible pour répondre aux urgences. Je vais peu au cinéma et n’irai pas voir ce film, pour son thème en particulier .

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    • lorenztradfin dit :

      Je ne mets pas un « j’aime ». Je ne savais pas pour cette « étape ». Je veux bien croire ce que tu dis du « personnel ». Dans une autre vie (interprète-et-animateur de rencontres franco-allemands avec des jeunes professionnels – d’une vingtaine d’année – j’ai eu le douloureux « plaisir » d’animer deux séminaires/ateliers F-All sur l’accompagnement en fin de vie. C’était à Lourdes et j’ai pu me rendre compte de l’empathie et de la difficulté d’être empathique – … et je te comprends pour ce choix de ne pas aller le voir, ce film.

      J’aime

  2. princecranoir dit :

    Je n’avais pas tellement l’intention d’y aller (j’ai tendance à classer le cinéma de Bercot dans une barque plombée et chargée de pathos, quel que soit le thème du film), et après avoir lu, j’ai encore moins envie de faire l’effort.

    Aimé par 1 personne

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