Klara et le soleil

And around the corner – or have we already turned this corner? – lie the challenges posed by stunning breakthroughs in science, technology and medicine. New genetic technologies – such as the gene-editing technique CRISPR – and advances in Artificial Intelligence and robotics will bring us amazing, life-saving benefits, but may also create savage meritocracies that resemble apartheid, and massive unemployment, including to those in the current professional elites. (Ishiguro Discours Nobel 2017)

Présentation de l‘Editeur (Gallimard)

Klara est une AA, une Amie Artificielle, un robot de pointe ultraperformant créé spécialement pour tenir compagnie aux enfants et aux adolescents. Klara est dotée d’un extraordinaire talent d’observation, et derrière la vitrine du magasin où elle se trouve, elle profite des rayons bienfaisants du Soleil et étudie le comportement des passants, ceux qui s’attardent pour jeter un coup d’œil depuis la rue ou qui poursuivent leur chemin sans s’arrêter. Elle nourrit l’espoir qu’un jour quelqu’un entre et vienne la choisir. Lorsque l’occasion se présente enfin, Klara est toutefois mise en garde : mieux vaut ne pas accorder trop de crédit aux promesses des humains…
Après l’obtention du prix Nobel de littérature, Kazuo Ishiguro nous offre un nouveau chef-d’œuvre qui met en scène avec virtuosité la façon dont nous apprenons à aimer. Ce roman, qui nous parle d’amitié, d’éthique, d’altruisme et de ce qu’être humain signifie, pose une question à l’évidence troublante : à quel point sommes-nous irremplaçables ?

Nouveau chef-d’œuvre ?! Personnellement je n’en suis pas convaincu. 8e roman (en 40 ans !!) du Prix Nobel britannique. Déconcertant au début du récit d’une androïde qui observe notre monde avec une pointe de naïveté parée d’un sens d’observation – elle décortique chaque geste, chaque changement de son environnement (ce qu’on apprécie toujours chez Ishiguro (ahh son « Les vestiges du jour » !!!) – et un style qui penche souvent (à cause de la naïveté de la AA ?) vers qqchose de « surannée » empreinte d’une douceur infinie (jamais un mot plus haut que l’autre – à la limite de la litanie monocorde) et surtout, je dirais une tristesse.

Le roman fourmille de mini-évènements et de mini-intrigues savamment distribuées – Dans ce monde qui ressemble à l’Amérique dans un avenir proche (donc dystopique), Klara va-t-elle devoir un jour remplacer Josie, souffrant (suit à son « relèvement » (la modification génétique pour permettre aux enfants d’aller (peut-être) un jour à l’Université pour y étudier une des rares matières proposant encore des jobs pour les êtres humains ? (substitués par des robots dans bon nombre de métiers), Josie et Rick (qui n’est pas « relevé »), un voisin vont-ils au bout de leur histoire d’amour naissante ? Le Soleil va-t-il se montrer généreux (aussi bien avec Klara qu’avec Josie…?

La description du monde dans lequel le roman évolue est parfois un peu « déroutant » (qu’est-ce que sont les « oblongs » sur lesquels travaillent les enfants ? Pourquoi Klara voit souvent son environnement sous forme de cases, boites, pixels ?) – on n’aura pas de réponses directe, parfois en sous-texte seulement.

Peut-être un jour ce seront des ados de demain qui liront ce livre à l’Ecole pour discuter sur les différences entre « artificiel » et « humain » – le roman, de par sa langue simple, réduit au minimum (presque décharnée – sauf quand elle parle du Soleil), offre une porte d’entrée. Mais moi, l’adulte j’aurai préféré une approche un peu plus « profond » et réflexive (qu’ont ébauché des films tels que « Blade Runner » et ses androïdes, « Prometheus » (l’androïde David !) ou « Ex Machinae » (film de Arland))

Toutefois, il faut souligner que la traduction de Anne Rabinovitch est à la hauteur du dessin de Ishiguro, elle restitue parfaitement la naïveté percutante de Klara et surtout la mélancolie sous-jacente du récit.

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Un commentaire pour Klara et le soleil

  1. princecranoir dit :

    Sans plus donc. La thématique semble naviguer entre Brian Aldiss et Asimov, effectivement proche de « Ex-machina » de Alex Garland.

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