Ethos – Bir Başkadır

Netflix « vend » cette série turque (Saison 1 – catégorie « séries dramatiques sociales » – 8 x 43 minutes) avec les mots suivants :

Des habitants d’Istanbul transcendent les frontières socioculturelles et tissent des liens, alors même que leurs désirs et leurs peurs s’entrechoquent.

« Bir Başkadır » remplacé en frç par le titre « Ethos » veut, selon le Courrier International dire : « C’est différent » ou « C’est unique ».

Huit épisodes au centre desquels il y a surtout Meryem qu’on voit dans le 1er épisode tomber dans les pommes (on n’apprendra qu’au 8e pourquoi). C’est par ailleurs pour ces évanouissement subits qu’elle va voir une psychiatre. Meryem habite chez son frère (videur de boite de nuit) – un peu tyrannique sur les bords – et sa femme (qui a subi un traumatisme – résolution dans l’épisode 7), ils vivent assez loin d’Istanbul. Elle fait deux- trois fois par semaine le ménage à Istanbul chez des gens d’une autre classe sociale (et on a l’impression que le chemin parcouru de sa maison jusqu’aux appartements clinquants il y a au moins 1h30 – comme si on habitait à la Vallée de Chevreuse pour aller travailler dans le 16e).

Confrontation de la vie urbaine et rurale, femme voilée vs femme « libérée ». Mais non-soumise au diktat de l’islam ne veut pas dire être plus heureux.

Le journal Milliyet parle d’une série sur un pays perdu entre Orient et Occident, avec des personnages en quête d’un sentiment d’appartenance, qui ne savent plus très bien si leurs désirs et leurs buts sont les leurs ou s’ils ont intériorisé la pression religieuse ou familiale. C’est une œuvre qui montre aussi le caractère irrationnel des préjugés et tout ce qu’ils nous coûtent. Enfin, cette série nous montre l’importance et la pesanteur des appartenances sociales, le poids du milieu socio-économique dans lequel on naît et les difficultés qu’on a à s’en extraire.”

Il paraît que la série a déclenché des débats houleux en Turquie.

Décryptage de la série par un Podcast :

Série assez intrigante puisqu’elle nous sort un peu de notre confort et des schémas narratifs autrement plus occidentaux.

Je dis intriguant puisque bon nombre de scènes passent par la parole et une caméra fixe, des champs contre champ. Une grande partie notamment au début de la série est constituée des scènes d’échanges entre Meryem et une psy (qui a du mal – on apprendra plus tard pourquoi – a écouter une femme voilée qui l’agace et fascine en même temps). Elle s’en ouvre à une collègue-amie qui est une (des) amante(s) d’un des clients chez qui Meryem fait du ménage…. Parfois on a l’impression que ce qui n’est pas dit/exprimé est plus important que ce qui est dit.

Öykü Karayel, l’actrice qui joue Meryem est absolument magnétique – on est bluffé par sa naïveté parée d’un courage époustouflant révélant une intelligence autrement plus affutée que celle des personnes ayant fait des études (et auxquelles elle s’adresse avec un déférence (« grande soeur » « si Allah le veut »).

Toute la série joue peut-être avec pas mal de clichés, mais ceux-ci sont suffisamment éloignés de nous pour qu’on le regarde avec intérêt. (je dis ça puisque j’ai lu aussi qu’il y avait des femmes « diplômées » turques (appartenant à des associations proches d’Erdogan !) qui se sont déchainées puisque la série ne montre pas de femmes universitaires/diplômées voilées…)

Rythme assez lent mais on se laisse prendre par son « exotisme » et l’intensité du jeu des actrices (et des enjeux de société d’un pays au porte de l’Europe).

Quand je pense qu’en 1987 déjà, lors d’un voyage d’une semaine à Istanbul (je n’y suis plus retourné) j’ai eu l’occasion de passer une demi-journée avec des enseignants dans la banlieue d’Istanbul (mise en relation avec un vendeur de T-Shirts qui en fait était prof’ de français et avait besoin de ce 2e job pour survivre…). Déjà à cette époque les femmes de l’équipe d’enseignant avaient peur de l’avènement du voile….

A propos lorenztradfin

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2 commentaires pour Ethos – Bir Başkadır

  1. CultURIEUSE dit :

    Ah, en voilà une présentation alléchante! merci, la dernière fois que je suis allée à Istanbul, c’était pour les vingt ans de notre fille, il y a huit ans. J’ai beaucoup apprécié la ville, si riche d’histoire. Le pied, c’était le trek en Capadocce quelques années auparavant.

    Aimé par 2 personnes

    • lorenztradfin dit :

      Hah, nous c’était le 1er voyage après la naissance de notre fils. Il avait juste 9 mois – et nous avons fait la découverte en long et en large… avec une journée aux Iles des Princes, et une journée sur le sol « asiatique » … La série n’est pas aussi bien troussée (selon nos critères) comme celle de « Queen Ambit » mais c’est une bien belle curiosité pour des gens « curieux » de ce qui se passe en dehors de notre nombril.

      Aimé par 1 personne

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