Immer ist alles schön – Tout est toujours beau

Livre lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix Caillé décerné par la SFT.

Le livre c’est trouvé sur la « short-list » du Prix Caillé 2020. Bien entendu je ne parlerai qu’à mon nom et n’évoquerai en aucune manière la traduction, réalisée par Raphaëlle Lacord. et publié aux Editions de l’Aire

Premier roman de Julia Weber (en allemand) sorti en 2017. Il a reçu bon nombre de prix (entre autre le Prix international de littérature Franz Tumler (2017) et a été nominé pour le « Goncourt » Suisse (Schweizer Buchpreis 2017)  – ( shortlist 5 livres)

[Les illustrations se trouvent dans le livre]

Une mère – Maria – et ses deux enfants (un garçon – Bruno) et une fille (Anaïs). Anaïs est d’une certaine manière le personnage principal de ce trio et la narratrice principale du roman de Julia Weber. Ils vivent dans un petit appartement – Pour eux c’est la  « maison de sa famille », un petit monde à elle/eux (un camarade de classe d’Anaïs, Peter, est le seul qui ne trouve pas tout à fait normal cette « maison »). C’est à travers du regard d’Anaïs que nous apprenons leur vie.

Parfois le monologue de Anaïs est interrompu, Julia Weber le fait alterner avec le récit de la mère aussi–  Ainsi on apprend son histoire ) elle (elle qui a besoin de danser, de boire, après avoir eu ses enfants trop jeune. Il y a la visite d’hommes aussi. Fred, qui veut peut-être épouser sa mère, et parfois un « géant » qui – aux yeux d’Anaïs, veut toujours parler à la famille et prend des notes (nous apprenons que c’est un travailleur social).

Tout est raconté dans une langue simple, avec des phrases répétitives (presque tantriques) qui commencent souvent par les mêmes mots, incantatoire, poétiques aussi. Les narratrices utilisent beaucoup d’images qui parfois déroutent le lecteur, puisqu’ils inhabituelles tout en étant d’une précision de scalpel. Julia Weber passe par ces mots « simples » pour mieux faire sortir (et/ou cacher) la difficulté et dureté de la vie : la dépression sévère de la mère, sa dépendance à l’alcool, son incapacité à s’occuper des enfants, les repas sommaires (parfois pas de repas du tout), la puanteur de l’appartement et l’altérité de la famille – tout cela n’est pas nommé directement et n’est reconnaissable qu’à travers le prisme des yeux d’Anaïs.

Un jour la mère laisse une carte postale et s’en va tout simplement, « trop fatiguée ». Anaïs et Bruno, désormais délaissés, se retirent de plus en plus dans leur monde imaginaire, dans lequel ils recherchent sécurité et protection. Exemple : Bruno perd ses lunettes et ne vois plus grande chose, Anaïs pense qu’il vaut mieux ne pas les lui rendre pour qu’il n’ait pas à voir tout….. Le récit, d’une force brute, devient finalement de plus en plus glaçant (et triste) et surprend par le jeux des perspectives narratives.

Pas d’explications. L’utilisation de mots simples, denses, lyriques/poétiques donne au récit une force plus grande encore parce qu’il fait ressortir le contraste entre la réalité et le monde imaginaire que se construisent les enfants (une sorte de « contre-monde/ Gegenwelt »). Le récit fait mal, nous pousse dans une sorte d’inconfort.

S’ajoute à cela une fin ouverte à des interprétations. Un beau travail d’étrangeté déroutant.

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
Cet article, publié dans Livres, Traduction, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s