Oxymort – F. Bouysse

Figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires. (Exemple : « un silence éloquent/assourdissant » ou « impitoyable tendresse  » ou aussi « effroi voluptueux »)  donc une « ingénieuse alliance de mots contradictoires »

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Ce roman tiré des tiroirs (des 1eres oeuvres) de l’auteur de « Né d’aucune femme » ne me laissera pas de souvenir impérissable.

Présentation de l’Éditeur (4e de couv’) – Huis clos au cœur de la mémoire

Un homme se réveille enchaîné sur le sol de ce qui semble être une cave humide. La sensation d’être un animal piégé… Il est incapable de se rappeler pourquoi il est là. Son ravisseur lui laisse seulement quelques énigmes à résoudre, transmises à la volée par une trappe qui se referme avant qu’il n’ait eu le temps de s’en approcher. Il fouille alors dans ses souvenirs à la recherche d’un indice qui pourrait lui permettre de se sortir de cette situation. Une intrigue psychologique insoutenable.

Le roman n’est ni « ingénieux » ni paré d’une « psychologie insoutenable ». C’est plutôt classique dans sa (dé-)construction à rebours cahoté (on débute avec un jour 0 – 2, passe à 0 – 11, un peu plus tard à 0 – 28 etc…) .

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On trouve certes la belle écriture dont F. Bouysse, avec ses phrases plutôt courtes et parfois lapidaires, des accents étranges de solitude noir teinté de désespérance, une ambiance lourde qui se par des fois d’une observation plutôt bien sentie de « notre époque » :

« Des gens débauchent, certains visiblement pressés de rentrer chez eux et d’autres, à la recherche d’une amarre. Ils se désagrègent ou s’agglutinent. Ils sont lourds du poids qui les rive au sol. Au-dessus, le ciel est un drap blanc qui borde la ville. Les rues ressemblent à des saignées dans un corps de pierre, de brique, de parpaing, de bois, de métal et de plastique. Ici se joue la musique de la vie.« 

Ah ce « enfer-mé »… ses pensées alternent avec celles du ravisseur. On passe du temps avec la belle Lilly – du genre Penelope Cruz et un commissaire (Farque), une collègue de l’enfermé et même un serveur de café (Kamel)…. et les caractères sont brossés à grands traits (justes) sans approfondissement (on dirait même presque une esquisse ou un script qui dessine les contours d’une mini-série TV (en 3 parties (?))

Bovary n’est pas son vrai nom. Je l’ai baptisée ainsi parce qu’elle arbore en permanence l’intense jovialité des gens infiniment tristes au-dedans. (…) Elle me fait l’effet de ces gens qui semblent toujours avoir eu 50 ans, ces gens dépourvus de beauté et de laideur aussi. Un juste milieu qui n’a dû l’aider en rien dans sa vie.

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Le temps s’est radouci. Quelques insectes se balancent dans l’air, ivres de surprise. Deuxième cigarette de la journée. Une drôle de magie, le matin. Les flots, jamais bleu, mais noirs, blancs, rouges, sur fond gris. Ce que Farque voit distinctement en marchant vers l’arrêt de bus le plus proche. 

Ça se lit très facilement et sans déplaisir (à peine 217 pages aérées dans la collection « J’ai lu »), mais ne laisse aucune trace véritable. Mais c’était ce qu’il me fallait dans cette période un peu chargée (et mouvementée – pas mal de visites). A lire sans se prendre la tête un jour pour un voyage en TGV, caché derrière son masque…..et écoutant la BO de ce roman (truffé de belles trouvailles musicales : Bruce S., L. Cohen, Christophe….)  et une fin « ouverte vers un autre crime »  (Merci A. pour ce prêt)

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour Oxymort – F. Bouysse

  1. princecranoir dit :

    Tu dis tiède mais je sens le chaud qui couve sous l’écriture. Oxymore jusque dans la critique.

    Aimé par 1 personne

    • lorenztradfin dit :

      C’est la femme fatale de l’illustration qui te fait cet effet….. ? (tzzz) Il y a un souffle un peu plus chaud tous les 20 pages…. le méchant n’est « que » fou et n’a pas l’épaisseur d’un Hannibal Lester par ex….. donc pour moi ça reste tiède…. sauf quand il y a Bruce S.

      Aimé par 1 personne

  2. Philisine Cave dit :

    Oui il y a le jeu de mots de titre oxymore (la figure de style) et oxy-mort (le titre sans le tiret). Bon, ton manque d’emballement me motive à passer mon chemin.

    Aimé par 1 personne

    • lorenztradfin dit :

      « Grossir le ciel » de lui est deux à trois crans au-dessus – je viens de le terminer….! Je n’aurai probablement pas le temps d’écrire rapidement sur ce livre là, je pars pour 4 jours en Allemagne dans ma famille…. mais j’en parlerai un de ces 50 – Bizz

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