World gone by – Ce monde disparu

J’ai fais ces dernier temps pas mal de traductions à partir de l’anglais, je me suis donc senti prêt à lire de nouveau un livre sans traducteur/traductrice (même si les traductions d’Isabelle Maillet, la traductrice attitrée des livres de Denis Lehane n’enlèvent jamais rien au plaisir.

Le roman fait parti de la « série Coughlin) après « Un pays à l’aube », Ils vivent la nuit (ils-vivent-la-nuit – Le film) – les trois romans forment d’une certaine manière une « trilogie » mais se lisent sans problème aucun séparément (et « Un pays à l’aube » est et reste pour moi le meilleur des trois…. j’essaierai de ne pas dévoiler trop du récit (pas de citations, vu que je l’ai lu en anglais).

Présentation par l’Éditeur (Payot-Rivages) 

En 1943, tandis que le monde est en guerre, la Mafia prospère aux États-Unis. Après avoir régné sur le trafic d’alcool en Floride, Joe Coughlin a passé la main à son second Dion Bartolo tout en continuant d’agir comme conseiller pour les gangsters Meyer Lansky et Lucky Luciano. Mais un jour, il reçoit la visite d’un gardien de prison porteur d’un terrible message : un mystérieux commanditaire a mis sur sa tête un contrat dont l’exécution est prévue pour le mercredi des cendres. Joe n’a que peu de temps pour découvrir qui veut sa peau car il ne peut envisager de laisser son fils Tomas orphelin.
On retrouve l’intensité dramatique et la mélancolie propres à Dennis Lehane dans ce roman qui conclut en beauté la trilogie entamée avec un pays à l’aube.…

« Époustouflant, ce duel crépusculaire hante longtemps, comme un générique de fin d’un film de James Gray. » (Elle)

« Un pays à l’aube » (« The given day ») avait traité tellement de sujets (tensions entre les catégories sociales, tensions raciales, pauvreté, instabilité économique, corruption politique (et policière) que le 2e de la trilogie (« Ils vivent la nuit« ) paraissait presque fade à côté. Avec ce « World gone by/Ce monde disparu ») Denis Lehane arrive à nous livrer un roman de gangsters, rappelant parfois – dans les dialogues et le côté tragédie grecque – un « Grandfather/ Parrain » un peu supérieur à une série B.

De fait, parfaitement ancré dans la période de la 2e guerre mondiale (la mafia essaie de profiter de la guerre (la marine américaine a bien besoin de bateaux, non ? – les « krauts » en coulent, les jap’ aussi…) tout en composant avec le manque de « personnel » – les meilleurs de leurs effectifs sont à l’armée, les rouages commencent à grincer, les chefs doivent mettre la main à la pâte et se souiller les mains et sont obligés à faire le meilleur choix possible entre des options parfois plus terrifiantes l’une que l’autre.

Crocodile MCX MYK

Depuis la mort de sa femme cubaine Graciela, Joe Coughlin (inconsolable) est devenu le Consiglieri des Meyer Lansky, Luciano et consorts tout en élevant son fils Thomas. Il couche avec une femme mariée (tzzz, il n’aurait pas dû vu l’importance du mari), n’est pas raciste pour un sou (pas bien apprécié non plus par la bande de blancs mafioso) et fera de mauvais choix (tactique et moraux).

C’est d’ailleurs en cela que le roman est moins « lisse » que « Ils vivent la nuit« , puisqu’il fourmille de dialogues autour de l’éthique, de la morale, crée des situations de tragédie grecque dans laquelle le personnage centrale Joe pour lequel on pouvait avoir de la sympathie et même admiration devient de moins en moins fréquentable.

Money - Luciano

Je parie que le roman très bien construit sera porté à l’écran, il y a tout pour « plaire » :

de belles scènes intimes (il est vraiment doué pour les dialogues), des montées d’adrénaline, des fusillades, des trahisons, une relation père-fils crédible, des fantômes du passé, un contexte historique riche, Cuba et la Floride pour l’exotisme, une femme « fatale », les contours et frontières effacées entre le Bien et le Mal, loin donc d’un noir et blanc (plutôt dans un gris de Richter ) – en effet, il ne suffit pas de regretter ses péchés pour devenir/être un mec de bien…

 

 

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour World gone by – Ce monde disparu

  1. Philisine Cave dit :

    Je lirai Un pays à l’aube et peut-être World gone by. J’ai une vraie affection pour l’univers de Dennis Lehane, un écrivain hyper intelligent selon moi et qui m’a complètement scotchée/bluffée avec Shutter Island (une de mes rares claques littéraires). J’ai aussi beaucoup aimé Mystic River (et l’adaptation ciné avec Sean Penn est extra). Je n’ai pas lu Gone, baby gone (je n’aime pas ce titre) mais j’ai vu l’adaptation filmée avec Rosamund Pike (parfaite dans ce rôle) et Ben Affleck.

    Aimé par 1 personne

    • lorenztradfin dit :

      en effet, « Un pays à l’aube » est le plus abouti/ambitieux de la « trilogie »…. D’accord avec ton opinion sur la mise en image par Sean Penn… et « même » Ben Affleck s’est assez bien tiré de l’affaire pour « Gone, baby gone ». « Shutter Island » est pour moi le roman/thriller parano parfait – cette dimension « manque » dans les autres livres.

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  2. princecranoir dit :

    Tout pour plaire au grand écran, d’autant que James Gray le plébiscite. C’est tentant, j’avoue.

    Aimé par 1 personne

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