Aime-moi ….. Love me tender

Constance Debré

Présentation de l’Éditeur :

« Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour. »
Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose la question de l’autre et de l’amour sous toutes ses formes, de l’amour maternel aux variations amoureuses. Faut-il, pour être libre, accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu’à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

Moi je le présenterai comme ceci :

Constance Debré (dont je n’ai pas lu le précédent livre : Playboy ») écrit, avec des mots (très) simples, en de courtes phrases (et plutôt syncopées) et parfois des mots crus (dans le genre Houllebecquien – « un cul est un cul » (p. 119)), un récit-lettre d’amour d’une femme (elle!) qui « ne fais pas son âge » à son fils, Paul, pour lui expliquer ce qui s’est passé dans sa tête (et sa vie) pendant plus de 2 ans après la séparation de son mari. Séparée de son mari, pour vivre pleinement son homosexualité (les conquêtes sont légions). Le mari, touché dans sa virilité (« ça doit être pas facile pour lui… » ) l’empêche, par tous les moyens, de voir son fils. Elle plaque son travail (elle est avocate), parle de sa famille (la dynastie Debré), sa vie, ses pensées et réflexions autour de l’Amour (entre personnes adultes ET maternelle), la lutte pour la garde de son petit Paul,  la décision d’abdiquer pour mieux se retrouver en tant que femme.

La gente masculine en prend pour son grade.

« L’homosexualité, pour moi, ne signifie rien d’autre qu’une vacance de tout. Oui, voilà, les grandes vacances, quelque chose de vaste comme la mer, avec rien à l’horizon, rien qui le ferme, rien qui le définisse. C’est pour ça que j’ai arrêté le travail. Pour être à la fois le maître et l’esclave, ne m’en remettre qu’à moi dans la quêtes des limites. Finito, le travail, les appartements, les familles. Vous ne pouvez pas savoir comme c’est bon.  » (p. 36)

C’est assez tranchant dans le fonds, pas (vraiment) complaisant et surtout pas misérabiliste pour un euro. Juste une pointe de colère, une certaine indignation…. mais je n’ai pas senti le « coup de poing » dont certains critiques parlent, en manque de qualificatifs marketing. C’est peut-être finalement ce côté « nombriliste » de l’autofiction (qui n’est pas si « fictionnelle » que ça) qui a étouffé l’empathie que j’aurai pu avoir pour cette histoire d’une métamorphose.

« Je ne suis pas une mère. Bien sûr que non. Qui voudrait l’être ? A part celles qui ont tout raté. Qui ont tellement échoué dans tout qu’elles n’ont trouvé que ce statut pour se venger du monde. […] Mère ça n’existe pas. Mère comme statut, comme identité, comme pouvoir ou non-pouvoir, comme position, de dominé et de dominant […] ça n’existe pas. Ça n’existe jamais ces choses-là. Il y a l’amour et c’est tout autre chose. L’amour qui n’a même pas besoin d’amour en retour, l’amour qui ne demande rien, l’amour qui sait ce qu’il est et qui ne doute jamais » (p.113)

Le livre se lit d’une traite, mais une fois fermé, l’homme-lecteur (je pense d’un coup que ça sonne comme Hannibal-Lecteur) que je suis a malheureusement déjà oublié la moitié de ce récit-thriller intime écrit un peu à la Angot par ce « cow-boy solitaire » (comme elle aime se décrire – pourtant elle n’est pas loin du sérail, n’a finalement que peu de problèmes d’argent, elle qui se dit se « dépouiller de tout » et se trouve assez entouré (de ses conquêtes, qui, à la lecture de certaines passages, me semblent étonnamment assez faciles….- (donc pour devenir « indestructible » face à l’amour il faut faire des conquêtes?).

Je verrai ce qu’en pensent mes amies du Club de Lecture.

jeaneg _ Constance Debré

Extrait d’une interview de l’auteure avec Transfuge 

Et il y a chez (Saint) Augustin, comme chez vous, deux individus qui cohabitent dans le même livre : celui d’hier et celui d’aujourd’hui. Dans Love me tender, se croisent la femme d’autrefois, mariée et avocate, et celle d’aujourd’hui, dépouillée, seule et sexuellement libre…

Oui, avec un point de rencontre impossible à résoudre, l’enfant. On peut se débarrasser de tout, quitter les amours passés, balancer les objets, démissionner, mais l’enfant, et l’amour pour l’enfant restent. C’est un point de conflit, réel, avec un procès, des événements, mais c’est aussi un conflit intérieur, impossible à résoudre. Mais je crois qu’on peut vivre avec des choses qui ne se résolvent pas. Je vais peut-être écrire un prochain livre de développement personnel, non ? (rires)

Cette lectrice catholique et tatouée de saint Augustin  évoque une vieille nageuse croisée à la piscine. Celle-ci avait fait de son derme une ode à son amant. Elle avait fini par inscrire à jamais : «Donne-moi tout ton sperme.» Commentaire : «Impossible de faire mieux. Respect.» (Libération en 2013

A propos lorenztradfin

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7 commentaires pour Aime-moi ….. Love me tender

  1. princecranoir dit :

    A te lire, je ne le sens pas pas trop ce livre. Je crois que je préfère lire Angot pour le coup.

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : Livre Inter 2020 | Coquecigrues et ima-nu-ages

  3. florencepaulhac dit :

    Croisement entre Duras (pour le style tranché et musical) et Angot (pour l’esprit de provoc qui dissimule la douleur), le style de ce livre m’a conquise. Constance Dubré joue la bravache mais il en ressort énormément d’émotion.

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