L’éléphant

Une petite lecture pour laquelle je remercie ma collègue-amie-4-eyes-principle-partenaire S.H. qui m’a offert ce livre – cadeau pour mes 65 ans !

Fable réjouissante, mais qui aurait pu faire mieux.

La 4e de couv’ française (traduction du livre par Olivier Mannoni) – la 4e de couv’ allemande est quasiment identique.

Dans une grotte près de Zurich, Schoch, un sans-abri, découvre un jour un petit animal improbable, un éléphant rose et luminescent. Une seule personne sait comment la petite créature est née et d’où elle vient : le généticien Roux. Il aimerait en faire un événement mondial, une sensation. Mais il lui a été dérobé. Kaung, un Birman, l’un de ceux qui chuchotent à l’oreille des éléphants, a accompagné la naissance de l’animal et estime qu’un être pareil doit être caché et protégé.
Un conte aussi fantastique que réaliste, un questionnement sur la place du sacré et de la bonté dans un monde envahi par la technologie génétique

Une intrigue qui débute doucement, en accompagnant un sans-abri (un ancien banquier sombrant depuis 10 ans dans l’alcoolisme et qui un jour se réveille et voit « un éléphant rose »  – en voyageant dans le net on voit confirmé que cette expression est une métaphore relative aux hallucinations causées par l’abus d’alcool (on parle de delirium tremens) ou tout autre produit stupéfiant) et qui se termine « presque » comme un thriller (très bon pour un film TV). *

* Et les éléphants roses alors ?

Il semble qu’ils trouvent leur origine dans la nouvelle autobiographique de Jack London « John Barleycorn » éditée en 1913, qui raconte son combat contre l’alcoolisme : « C’est l’homme que nous connaissons tous, stupide, borné, dont le cerveau engourdi est rongé d’asticots […] ; qui voit, au bout de son extase, des souris bleues et des éléphants roses.« 

Si les souris bleues n’eurent pas de descendance, l’expression « Seeing pink elephants » fut adoptée aux USA. Elle s’enracina et se répandit Outre-Atlantique avec Disney en 1941 et son dessin animé de Dumbo, où ce dernier complètement « shooté », chantait la « Pink Elephants on Parade ». Les Looney Toons cartoons se mirent ensuite de la partie dans la même veine avec le succès que l’on connaît.

Photo of colorful drawing: Smiling pink elephant

« C’était un minuscule éléphant. De 40 centimètres de long et 30 de haut tout au plus. Il avait les proportions d’un jeune animal et la peau d’un cochonnet en massepain avec des petits poils roses sur le dos. »

L’intrigue de ce conte passera de la grotte, en saut temporaires, d’un cirque (dans le Oberland de Zürich), à un laboratoire de génie génétique, en passant d’une vétérinaire (Véra) et sa villa sur le Zürichberg  direction Chine (un grand groupe travaillant sur le génie génétique) et finalement au Myranmar. De manière très fluide Suter fait converger deux volets narratifs (un débutant en avril 2013, l’autre le 12 juin 2016) jusqu’en 2018 pour ne faire qu’un.

elefantenmuseum-in-myanmar-soll-auf-bedrohte-tiere-aufmerksam-machen-74ac

Grâce à un talent narratif indéniable, Suter fait le tour de la vie des éléphants, nous apprend pleines de choses sur la génétique (et sa manipulation), met au pilori l’appât du gain faisant fi à toute éthique, glisse à son habitude deux, trois recettes de repas (un végan aussi) dans le récit, parle de la vie d’un sans-abri…. (il a très bien documenté le livre)

Tout cela dans un style alerte, non dénué d’un humour ironique qui fait du bien. Toutefois, face à un tel sujet (la manipulation génétique) et malgré le plaisir non-feint pris lors de la lecture [un joli mini-éléphant qui enchante, inspire (fait même changer de vie), ou qui génère l’envie et l’avidité chez les gens qui le rencontrent…une belle métaphore pour tout ce qui rend meilleur ou mauvais chez le genre humain)] oui tout ça aurait pu être un peu plus profond ou titillant nos esprits… Cependant, Suter c’est « contenté », je dirais, de nous proposer un « simple » conte comme un cocktail qui se sirote (dans mon cas lors du voyage aller et retour d’Allemagne) avec plaisir mais qui ne laisse ni euphorie, ni mal de tête.

PS Parmi pleines de choses j’ai appris que « les hommes murmurant à l’oreille des éléphants » s’appellent « Oozie » (en allemand/birman) [Cornac/mahout en frç…]

 

 

 

A propos lorenztradfin

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3 commentaires pour L’éléphant

  1. princecranoir dit :

    J’en apprends et en vois de toutes couleurs sur les elephants!
    Ce petit livre me semble bien sympathique.

    Aimé par 1 personne

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