Nous étions nés pour être heureux

Un petit coucou…. En effet, je vis en reclus derrière mes écrans – encore jusqu’au début du mois d’octobre – pour cause d’une grande mission qui m’occupe bien avec des sujets aussi « passionnant » que l’application obligatoire de certains standards IFRS et/ou IFRIC….

Ce qui ne m’empêche pas de continuer à lire ou « même » partir en week-end… d’ou cette petite entrée sur une lecture (malheureusement décevante) :

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Lionel Duroy m’a parfois ému avec ses romans, parfois un peu agacé… là il nous fait une variation d’une resucée de tous ses romans autour sa famille (les de Suduiraut ici les Dunoyer de Pranassac) avec un père menteur et ruiné, une mère folle qui a précipité la famille nombreuse, de Neuilly à Vaucresson, dans la pauvreté, avec les bougies comme seule lumière pendant un moment…) .. 30 années après un 1er roman dans lequel il a dépeint l’histoire familiale, roman qui a provoqué une crise dans la fratrie qui a coupé tous les ponts avec le cher auteur (et ses enfants – de divers mariages – qu’il avait par ailleurs également toujours décrits dans ces romans..) pour, d’un presque-commun accord luis rendre visite, tous ensemble! tous ensemble! (3 générations, dix-huit personnes) pour faire la paix… et donner dans l’excuse-nous…..on n’était pas gentils…

Entre apéro, repas (simple), fromage, le narrateur passe d’une personne à l’autre (attention, même si on a déjà lu les romans antérieurs on risque de se perdre au début avec l’avalanche des noms et liens familiaux…) , plonge dans ses souvenirs, ressasse comme il sait le faire, en creusant le petit détail qui tue/a tué…, s’énerve un peu, s’adoucit aussi…

On peut se demander si ce roman est une sorte de « Schlussstrich » (point final) à une histoire que Duroy a transformée en une oeuvre limite épique teintée de tragédie grecque ? ou est-ce un rêve (on peut se demander si la famille a vraiment fait la paix et enterré les « cadavres »)…. Question type du lecteur pour ce genre de littérature d’autofiction nombriliste.

Il faut avouer qu’il a du style ce Lionel pour passer sans couture visible (mais aussi sans chapitre) du présent vers le passé et/ou les livres écrits (« Priez pour nous », « Chagrin », « Echapper » …. pour ne nommer que ceux là ) au détour d’une phrase, d’un mot, d’une image… c’est franchement réussi, mais – là aussi je suis franc -, j’ai regardé ça comme le repas chez le voisin, sans être touché par les apartés, les réconciliations ou réflexions /discussions sur ce qu’on a le droit de transformer en littérature, sur les regrets et gestes manqués…

Je me suis attendu à un peu plus de la part de cet « archéologue du malheur d’une famille ». Dommage !

PS Vu un film français autour de cette spécialité française : repas de famille « Fête de famille » (de C. Kahn) … je n’étais pas convaincu mais il est nettement plus intéressant que ce roman….

Pps : Février 2020 – A. vient de lire le livre et en sort émue. Elle souligne la capacité de passer sans couture du présent au passé, des relations avec les ex les enfants aux réflexions sur la vie, les regrets …. concède cependant qu’elle ne se souvenais plus des romans précédents.

A propos lorenztradfin

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