Le nouveau Jean-Paul Dubois est arrivé. Le dernier lu de lui date de 2017 « La succession » (et je n’avais pas aimé « Le cas Sneijder« )… et celui-ci ?
Je re-trouve dans ce nouvel opus le mode « tristement joyeux ou joyeusement triste » paré d’une sensibilité à fleur de peau de cet auteur qui selon un article dans Le Monde (daté 5.9. ) écrit ses livres au mois de mars (il se limiterait aux 31 jours de ce mois !).
Editions de l’Olivier résument en 4e de couv’ ainsi :
Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.
Retour en arrière: Hansen est superintendant a L’Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu’il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L’Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l’emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L’Excelsior, des conflits éclatent. Et l’inévitable se produit.
Une église ensablée dans les dunes d’une plage, une mine d’amiante à ciel ouvert, les méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d’un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.
Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu’animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice.
Ça m’amuse de lire la célébration d’un livre comme « un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois » (sur 21 livres), toutefois il faut dire que c’est en effet un bien beau livre dans lequel éclate le talent de conteur de cet auteur, qui ici laisse parler, du fonds d’une prison (on n’apprendra que vers la fin l’événement qui l’a emmené à y rester presque 2 ans) le fils d’un pasteur (danois) et d’une femme française.
La lecture coule doucement, inexorablement, dans un va-et-vient entre retours en arrière sur une vie mouvementée – entre autres dans le ville de Thetfords Mines amiantée , en passant par Montreal ensuite, un peu du Danemark,…
la rencontre de (drôle) et la vie avec Winona (« Elle lisait en moi à livre ouvert, j’étais attentif à elle, multipliant les gestes de tendresse comme on le fait naturellement quand on aime quelqu’un. » (p. 182)) et le chien Nouk…et de nouveau le Danemark. – et la description de la vie en prison, il doit partager sa cellule avec un certain Horton qui n’est pas celui qu’on pense en le voyant…
Tous ces éléments assez dissemblables (rappelons encore une fois : père pasteur protestant danois qui va former une « famille » avec Anna, la Française, bientôt exploitante d’un cinéma d’art et d’essai – et féministe révolutionnaire….! – occasion pour Dubois, comme à l’accoutumé – de nous citer comme marqueurs du temps qui passe, des films marquants les divers époques de la vie (honneur à « Gorge Profonde » ! – pardon !) et une b.o. qui ravit les lecteurs de ma génération….) – il y’en a des tonnes de sujets burlesques … égrenés dans un style désinvolte, léger et tendre… donnent un joli portrait d’un certain monde qui se lit comme du petit lait (toutefois sans laisser une égratignure…. – je pense que je pourrais relire ce livre dans 10 ans et me dire « ça me dit qqchose… » mais j’aurai oublié certainement les petites phrases mélancoliques qui emballent les souvenirs et sensations d’un homme qui regarde dans le rétroviseur… qui voit « les rayures sur le quotidien » avec une acuité surprenant.
Le lecteur a parfois l’impression que JP Dubois note en cours d’année des anecdotes, faits divers étonnants qu’il recycle ensuite dans l’écriture de son livre. C’est plaisant mais pas très profond… Reste cette narration au goût mélancolique qui en même temps nous instruit sur les NSU, les Ford Pinto ou autres hydravions genre Beaver, les assureurs, les plomberies ou piscine d’un immeuble….
Une agréable parenthèse de lecture avec une musique bien à elle.
Le roman a reçu le Prix Goncourt 2019 au 2e tour. La Miss Nothomb – en tête des ventes – a été écartée !
Gorge comment tu dis ? Connais pas 😉
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Haha…. tu connais plutôt Deep Throat n’est ce pas ?….tzzzz
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Of course 😁
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Ah ces anglophiles….. préférant la V.O….. 🤣
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😊
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et pour être plus précis Dubois nomme(entre autres) Les Gauloises bleues, Blow Up, Théorème, Zabriskie Point, Sueurs Froids, La soif du mal, Le Cercle rouge, Le Boucher mais aussi « Splendor in the Ass » ainsi que « The Devil in Miss Jones » – tout un programme donc…..
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Saine curiosité, toute une époque aussi.
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Un auteur français que j’aime bien. Et il y en a peu. Mais comme tu dis, il ne laisse pas tellement de souvenirs.
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mais quasiment « idéal » quand on bosse dure comme moi actuellement…. ça entre, ça sort, laisse un petit goût nostalgique et tendrement amère et pschitt!, ça s’efface….
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