Le petit Bala

Traduit de l’albanais par Evelyne Noygues

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Lu dans le cadre du Jury du Prix Caillé (de la SFT). Le livre se trouve en lice pour le prix 2019.  Bien entendu je ne parlerai qu’en mon nom et ne laisserai rien paraître de ce que je pense de la traduction….ce sera au jury dans son ensemble d’en discuter.

Présentation de l’Éditeur : Le vers à Soie 

Revisitant le sujet d’une ancienne chanson populaire balkanique, Ridvan Dibra nous livre ici un roman psychologique sur l’exclusion, la solitude et la vengeance aux accents parfois œdipiens. Dans un style épuré et très oral, il plonge le lecteur dans les pensées et la psychologie tourmentées du jeune Bala qui, depuis la mort inexpliquée et brutale de son père, semble s’être définitivement isolé d’un entourage non moins hostile. Convaincu qu’il s’agit d’un meurtre et qu’il ne connaît que trop bien l’identité de l’assassin de son père, le petit Bala consacre son temps à fantasmer sa vengeance :

« Comment viser quand il faut fermer un œil et non les deux ?

Comment viser la gorge ou le cœur où planter le canif pointu ?

Comment trouver sa bouche pour l’étouffer avec une serviette ou un coussin ?

Comment reconnaître les poisons à verser dans son vin ?

Pour la première fois dans sa vie, peut-être, Bala commence à apprécier d’avoir du temps. Ce temps qui coule quelque part, à l’extérieur de lui. Comme le Ruisseau blanc. Sans s’arrêter un seul instant. Sans s’arrêter ni revenir sur ses pas. Jusqu’à hier encore, il ne s’en souciait pas. Ou s’il s’en était souvenu, c’était exceptionnel. Tout comme pour ce qui lui est extérieur. Tandis que maintenant il doit agir. Il doit se dépêcher. Se dépêcher tant qu’il a encore un œil qui voit. Même s’il ne lui en reste qu’un. Demain, il sera peut-être trop tard. »

(Le livre avait fait partie de la deuxième sélection pour les Prix de la Société des Gens de Lettres – Prix révélation de la traduction)

Il y a plusieurs thèmes dans cette histoire dont le curseur temporel va et vient de la préadolescence à la quasi-maturité : le manque d’amour parental, la vengeance, la solitude, les premiers bourgeons de l’amour…

La légende de la solitude – en « sous-titre » du Petit Bala – nous prévient – ce sera une légende, un conte (malgré son étrangeté) de type universel… avec 30 (un chiffre rond) chapitres avec des titres du genre : « Bala accepte la proposition de sa mère. Pour une seule nuit. Il dort avec elle » ((ch. 12) .. et des fins de chapitre (qui résument et ouvrent une fenêtre vers le prochain chapitre : « Bala prend sa décision dès le lendemain. Il ne dormira plus avec sa mère. Il n’y a aucune raison. » (fin ch. 12 p 53) .

Chapitres courts, phrases d’une simplicité – parfois décharnées, parfois embellies par des accents poétiques, des répétitions comme dans les refrains de chansons simples… – un texte qui a sa propre musique (cruelle et entêtante)…..(pas étonnant : il s’inspire d’une chanson montagnarde du Kosovo….)

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ce n’est pas le Kosovo – mais le Monténégro

Ridvan Dibra choisit de nous conter tout du point de vue de l’enfant, et on comprendra peu à peu que Bala a été conçu avec l' »intervention » du voisin de la famille de la mère (elle y vivait encore chez eux)  (un beau blond – blond comme l’est Bala) et qu’on l’a marié rapidos avec un homme, quasiment le premier venu,  laid et dépressif. Un homme  qui préférait la solitude et la chasse à sa famille/femme mais s’occupait bien de Bala (il lui apprend même à lire) … tandis que mère et voisin continuent de se voir…. Un jour cet homme « meurt » avec l’intervention de la mère et du voisin…..

Le lecteur suivra Bala dans l’élaboration d’un PLAN de vengeance….duquel il va cependant s’écarter ce qui ne sera pas une bonne idée… Les contes sont cruels.

En attendant Nadeau – consacre un article sur ce livre .

A lire pour sa courtitude et l’ouverture vers une littérature poétique d’ailleurs qu’il permet. Il laisse une petite musique dans le Ciboulot.

A propos lorenztradfin

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