Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla

En ces temps troubles, lestés par une tonne de mots à traduire, dérouté par des problèmes d’internet à la maison (deadlines cependant tenus grâce aux web-cafés/espaces de co-working à Grenoble qui me sauvent), j’ai opté pour une lecture qui ne prend pas la tête. J’ai acheté donc le dernier J.F. Rufin, d’autant plus que ma compagne avait exprimé le désir de le lire.

Rufin - 7 mariages

C’est une lecture  d’une facilité confondante que j’ai rapproché plus d’une fois à un roman de gare (pardon Jean-Christophe !).

Un narrateur nous retrace en une ample fresque la vie (amoureuse) mouvementée d’un Français (le Edgar du titre) avec une Ukrainienne (Ludmilla) en embrassant une époque allant des années 60 à nos jours . Le narrateur qui s’avérera être le mari de la fille née de l’union (ou des unions) du couple fait donc le récit (linéaire) de l’histoire du couple, histoire intimement liée à l’Histoire de ces dernières 40 années et un tout petit peu à celle de l’auteur lui-même (marié trois fois avec la même femme semble-t-il).

Le lecteur que je suis/ j’étais suit avec un intérêt poli les pérégrinations entre les protagonistes qui rappellent pour Edgar les Bernard Tapie, J.M.Messier et/ou autres Pinault, pour Ludmilla des personnages inspirés par La Callas entre autres. Jamais toutefois, les pérégrinations m’ont incité à la réflexion ou ont crée une quelconque émotion.

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Est-ce parce que c’est écrit comme un conte ? (Grumberg avec son conte « La plus précieuse des marchandises » en suscitait en 5 fois moins de pages davantage d’émotions et interrogations). Est-ce la langue classique ? Le style s’approchant d’un récit de Gala ou d’un paparazzi avec ses appareils dotés de zooms ?

On voyage de l’Ukraine en France, de Paris à NY ou l’Afrique du Sud et/ou plus tard en Touraine. Chaque fois JC Rufin nous livre des cartes postales, des chromos d’une histoire que Anne et Serge Golon (« Angélique ») n’auraient pas reniée.

Je me suis, après avoir fermé le livre, jeté quasiment illico presto sur le dernier Ron Rash (Un silence brutal) qui dès les premières phrases m’embarque vraiment avec des personnages qui sont plus que des silhouettes et  dans lesquels le récit et le style sont plus ardus et conformes à ce que j’attends d’une lecture.

afrique du sud + villa

Si une lecture agréable et parsemée de quelques remarques sur l’amour dans toutes ses formes ainsi que des critiques voilées sur les écarts de richesse et quelques considérations sur les possibilités de vivre à deux vous intéresse pour la plage ou une chaise-longue sous un arbre dans un jardin ce livre est fait pour vous (je vous garantis – il ne vous prendra pas la tête) –  mais sachez que Arturo Pérez-Reverte et/ou Gabriel Garcia Marquez (et « même » un Erik Orsenna) font, à mon avis, nettement mieux dans ce genre de fresque.

A propos lorenztradfin

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