« Dope ou ecstasy » ou « poitrine ou seins » – that’s the question ….

SPL010

Trop de travail cette semaine – donc je me limite à la reproduction de deux textes qui valent bien leur pesant de cacahuètes.

La Maison internationale des littératures à Bruxelles

avait invité des traducteurs à traduire une nouvelle (du flamand en français – je ne peux cependant pas vous proposer la version flamande). Mon ami-collègue Dominique Jonkers y a participé et sa version a été publiée avec celle de Guillaume Deneufbourg (sur 11 participants) !

La lecture des deux textes est un exemple réjouissant de ce que peut/sait le traducteur, l’importance de la créativité dont nous devons faire preuve…. Regardez juste les deux propositions de la 1ere phrase :

  1. « OK, j’avoue, c’est en partie à cause de la nuit dernière. C’est pas que je la regrette, faut aussi savoir prendre du bon temps. »
  2. « Bon, d’accord, la nuit dernière y est pour quelque chose — non pas que j’aie des regrets, faut bien que je vive ma vie, moi aussi. »

  et le reste est du même acabit…. un vrai atelier d’écriture !!

https://www.passaporta.be/nl/magazine/found-in-translation-annelies-verbeke-1?fbclid=IwAR0XFCi_eP9NcDFQ2BjfUTexm3Ycgl1HxunIFawhVKFidZeThZmiNyXnIug

Onze lecteurs enthousiastes ont répondu à notre invitation à traduire la nouvelle « In Hamelen » de l’auteure flamande Annelies Verbeke, issue de son dernier recueil Halleluja (éditions De Geus, 2017). Après avoir participé à notre atelier de traduction en présence de l’auteure et de sa traductrice française Françoise Antoine, ils ont eu l’occasion de proposer une seconde version améliorée, en profitant de ce qui avait été dit. Les textes de Dominique Jonkers et de Guillaume Deneufbourg ont ainsi été retenus pour une publication dans ce Magazine. Félicitations de Passa Porta !

Françoise Antoine : « Traduire cette nouvelle d’Annelies Verbeke n’était pas une mince affaire. Le vocabulaire utilisé par l’auteur est relativement neutre, mais le ton est rapide, tandis que l’atmosphère oscille entre désespoir, grotesque et absurde. La tentation est forte en français d’employer un registre familier, voire argotique : mais jusqu’où aller ?

Puisqu’il n’y a guère de réponse tranchée, nous avons choisi deux excellentes traductions aux partis pris différents, de la plus fidèle au texte original à la plus libre. Malgré leur approche particulière, toutes les deux présentent une grande cohérence interne et ont la capacité de rendre les états d’âme variés du personnage de la nouvelle. »

Comparez les deux versions ci-dessous !

hamelin

Annelies Verbeke
Traduit par Guillaume Deneufbourg

OK, j’avoue, c’est en partie à cause de la nuit dernière. C’est pas que je la regrette, faut aussi savoir prendre du bon temps. Le Baron de Münchhausen s’était débrouillé pour en avoir et mon problème, avec la MDMA, il vient pas de la dope elle-même, mais plutôt que je peux boire autant d’alcool que je veux quand j’en ai pris, j’arrive jamais à saturation – en même temps, ça date pas d’hier, j’ai pareil avec la coke. Donc oui, c’est ma faute, j’aurais pas dû descendre tous ces cocktails, mais sinon, pour le reste, j’en encore bien kiffé la soirée : j’ai passé mon temps à faire des tresses avec les poils de bras du baron, et lui, il arrêtait pas de m’embrasser sur les tempes, la bouche et les épaules, pendant qu’on se serrait l’un contre l’autre, qu’on dansait. Puis il y a eu cette promenade, on a dû rentrer dare-dare à la maison à cause de cette bonne femme, cette Katia, je me souviens plus du nom de son personnage – celle avec sa cuillère en bois – Dame Holle ou un truc du genre. Mais bref, elle était pas son personnage hier soir, on avait tous quartier libre, elle était au restaurant, déguisée en elle-même donc, et elle poussait son mari du coude en montrant du doigt dehors, vers nous, sur le trottoir, le baron pissait sur l’asphalte, il dessinait une montgolfière, mais ça se voyait pas tellement à cause de la pluie. Je voyais déjà le truc venir, j’allais terminer chez lui, mais c’était pas le problème, pas plus que son bide – il m’avait demandé avant si je le trouvais pas trop gros – j’aime encore bien ça moi, les bedons, je suis même restée couchée dessus un moment, ventre contre ventre, en croix, il me caressait les fesses, c’était bon d’ailleurs, je m’en souviens ; par contre, pour le sexe après, ce sont des choses qui arrivent, mais pas moyen de me concentrer, j’étais assise sur lui, et lui il était comme plusieurs mètres en dessous, à un moment donné, son crâne avait carrément la taille d’une tête d’épingle, trop zarbi. Je sais pas non plus quand je me suis endormie, je me souviens juste que le baron se moquait le lendemain, il disait que je devais aller bosser, mes yeux ronds, oh-oh-oh, le faisaient marrer, ah-ah-ah, et j’aurais trouvé ça drôle aussi s’il ne s’était pas fendu juste après d’un vilain rire gras. Je rentre donc à Hamelin, et à mon arrivée, Claudia me fait savoir que c’est plus la peine de venir à partir de la semaine prochaine, bim, dans les dents, sans prévenir, ils ont plus besoin de moi ici, terminé, fini, das Ende ! Je vois qu’elle fait la tronche ; c’est clair, quelqu’un est venu se plaindre, peut-être Dame Holle, et si c’est ça, le baron a du souci à se faire, mais je l’appelle pas car ce matin, c’était moche. Je cherche pas non plus à en savoir plus, je demande pas à Claudia de quoi je vais vivre moi maintenant, je lui pose même pas la question « Und was mit meinem Deutsch? Et mon allemand alors ? Je suis venue là pour apprendre l’allemand, non ? » Je lui demande rien, car une seule pensée m’occupe l’esprit, elle est très claire, limpide : on revient pas sur une promesse faite à une joueuse de flûte ! Je suis donc virée après quatorze jours de taf, et si je veux avoir ma paie, va même falloir finir la semaine dans cet accoutrement, jouer la même rengaine sur ma clarinette, aller toucher le fond, ça risque de laisser des traces. J’envisage à nouveau d’envoyer un message au baron, je ressens monter en moi un Besoin, un Besoin impérieux qui me submerge, mais je vais m’abstenir et ce besoin se transformera en Manque, et qui sait, je me mettrai peut-être enfin à pleurer, puis j’aurai une sorte de catharsis, va savoir. En attendant, je m’en tiens à deux verres de vin blanc pour faire passer ma gueule de bois. À peine une demi-heure plus tard, alors que je joue de ma clarinette, assise sur mon escabeau près de l’Hôtel de ville, je la vois se diriger vers moi. On peut pas en vouloir à une gosse, en général c’est la faute de ses parents, et ceux-ci font clairement pas exception. La dégaine de la troupe vaut le détour, donnez-moi une ambiance, un seul mot, deux syllabes : l’en-nui ? Banco ! Le père est la preuve vivante qu’on peut devenir riche avec un petit pois dans la tête et des goûts de chiottes et, ragaillardi par cet aboutissement, le mec ne rêve plus que d’une chose, s’enfiler une Porsche – il se voit encore, à cet instant précis, ouvrir le bouchon du réservoir, y introduire sa queue en érection et décharger la purée dans la seconde. La mère grimace en regardant autour d’elle, franchement, l’an prochain ils retourneront à Disneyland Paris. Je peux pas vraiment lui donner tort, cette Deutsche Märchenstrasse, cette fameuse route des contes de fées, c’est le comble du kitsch, elle me donne aussi la nausée, tout comme cette langue, mais pourquoi ai-je voulu l’apprendre ? Hamelin ! Hamelin ! Ville du joueur de flûte, dans le beau pays du Weserberg ! Malgré mon mal de crâne, je souffle dans ma clarinette, et par chacun de mes pores, jaillit ce même message, que je veux leur transmettre par télépathie : Passez votre chemin ! Grimm-Grimm ! Laissez le joueur de flûte en paix ! Mais rien n’y fait, ils ne passent pas leur chemin, ils restent plantés là, à me regarder d’un air compatissant, la fillette en premier, c’est la pire des trois : une gamine de neuf ans qui joue les bébés par soif d’attention, qui fait l’innocente en vous regardant d’un air glacial, une sale gosse qui demande d’une voix criarde : « Maman, c’est qui ? » La mère hausse les épaules, le père répond : « Der Rattenfänger, le joueur de flûte, mon ange » Et puis l’enfant, les yeux encore plus écarquillés, plante son regard encore plus glacial dans le mien : « Mais papa, le joueur de flûte, il n’a pas de poitrine, si ? » Et ils se tordent de rire, les deux géniteurs, ils se bidonnent, le père va s’en décrocher la mâchoire, la mère est au bord de l’asphyxie, elle tape des pieds, s’évente le visage. Mais quelle enfant extraordinaire, à peine sur cette planète et déjà si pervertie, il fallait le faire, et ils y sont parvenus ! Sa mère, tellement fière, s’apprête à expliquer à sa progéniture que dans la vie, certaines grandes personnes doivent se satisfaire de sales boulots parce qu’elles n’ont pas bien travaillé à l’école, et le père veut ajouter que rien de tel ne lui arrivera, qu’ils veillent sur elle. Mais ils n’y parviennent pas, car ma clarinette couvre les voix de toute la famille ! Et même de tout Hamelin ! Je joue si fort qu’ils doivent se boucher les oreilles, mari, femme et enfant, et ils ont beau courir, je cours plus vite encore, soufflant de toutes mes forces, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils ne m’échapperont pas, que je suis devant eux, ils rebroussent chemin, repassent devant mon escabeau, Claudia se précipite hors de son bureau, d’autres la suivent, en cortège affolé, ils font demi-tour, mais je suis plus rapide, je les dépasse et me poste à leur tête. Il me reste à les précipiter dans un ravin ou une rivière, à les conduire dans une grotte qui se refermera sur eux, mais l’orientation dans l’espace n’a jamais été mon fort, et je les conduis aux toilettes du personnel, dont j’ai encore la clé. Et là mes lèvres me tordent, ma bouche flanche, mes poumons s’essoufflent, les larmes perlent, à cet instant, je veux les retenir, mes larmes, mais je me dis aussi, finalement, que tout ceci, n’est qu’un commencement.

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hamelin

Annelies Verbeke
Traduit par Dominique Jonkers

Bon, d’accord, la nuit dernière y est pour quelque chose — non pas que j’aie des regrets, faut bien que je vive ma vie, moi aussi. Le Baron von Münchausen s’était débrouillé pour en trouver et mon problème, avec l’ecstasy — et c’est pas la première fois que je m’en rends compte — c’est pas la came en elle-même, mais c’est que je peux continuer à boire quand j’en ai pris, c’est pareil avec la cocaïne, zéro sentiment de satiété côté alcool. Bon, d’accord, c’était ma faute, pour les cocktails, j’aurais mieux fait de m’abstenir, mais la nuit était si belle : je passais mon temps à tresser des rastas avec les poils des bras du Baron, et lui passait son temps à me couvrir les tempes, la bouche et les épaules de baisers pendant qu’il me tenait dans ses bras, pendant qu’on dansait ; et puis il y a eu cette promenade, on a dû galoper jusqu’à la maison à cause de cette bonne femme qui était là, cette Katia, merde, j’ai oublié le nom de son personnage de conte de fées, celle avec sa grande louche, c’est Dame Holle ? En tout cas, hier, elle n’était pas son personnage, nous avions tous congé et elle était au restaurant, en civil, à donner des coups de coude à son mari et à nous montrer du doigt, dehors ; le Baron pissait, traçant une montgolfière sur l’asphalte, on n’en voyait rien parce qu’il avait plu. Ça commençait à prendre forme que j’allais dormir chez lui, c’était pas ça le problème, pas plus que sa bedaine – il me l’avait demandé, s’il n’était pas trop gros à mon goût – moi, je trouve ça génial, un ventre comme ça, j’ai passé un long moment couchée en travers sur son ventre, pendant qu’il me caressait doucement les fesses, c’était agréable, je m’en souviens, mais alors pour ce qui est du sexe, vraiment, ça arrive, j’arrivais pas à me concentrer, j’étais à cheval sur lui, mais il avait l’air d’être couché des mètres et des mètres plus bas, sous moi ; après un moment, sa tête avait rétréci jusqu’à la taille d’une tête d’épingle, c’était vraiment bizarre. Je ne sais plus exactement quand je me suis endormie, par contre, je me souviens que le matin, le Baron n’arrêtait pas de me pointer du doigt – que j’allais devoir retourner au boulot avec ces yeux tout écarqui-hi-hi-hi-hillés, et moi aussi, j’aurais trouvé ça très drôle s’il n’avait pas rigolé d’un air si vachard. Me revoilà donc en route vers Hamelin, je m’annonce au bureau, et cette Claudia de mes deux me fait savoir qu’on se passera de moi à partir de la semaine prochaine, comme ça, sans prévenir, plus besoin, ma contribution, c’est fini ; « la fin » ! Et elle a le regard si sournois que je sais qu’il a dû y avoir un truc comme une réclamation, peut-être de Frau Holle ; si c’est ça, le Baron peut en faire son deuil aussi, mais je ne l’appelle pas, parce que ce matin, c’était moche, et je ne demande pas à Claudia s’il y a une raison, je ne demande pas de quoi je vais devoir vivre, je ne demande même pas « Et je fais quoi, pour l’allemand ? Merde, je suis venue ici pour apprendre l’allemand, non ? » ! Non, je n’ai qu’une seule pensée, très cadrée, très claire : au Joueur de flûte de Hamelin, on ne fait pas de promesses sans les tenir. Me voilà renvoyée, et si je veux toucher mes deux semaines de paie, je dois continuer de m’afficher en public avec ce même costume grotesque, de jouer la même rengaine sur ma clarinette, je touche le fond, là, ça va me marquer à vie. J’envisage d’envoyer malgré tout un message au Baron, car je sens sourdre en moi un Besoin, je suis envahie par ce Besoin, mais je vais la fermer, et le besoin se transformera en Manque, et qui sait, peut-être alors pourrai-je pleurer un peu, peut-être y aura-t-il une espèce de catharsis – c’est ce que je me dis, et allons-y pour deux verres de vin blanc, pas plus, pour soigner ma gueule de bois. Même pas une demi-heure plus tard, je la vois se diriger vers moi, je suis sur mon escabeau à jouer de la clarinette, près de l’hôtel de ville. On ne peut pas en vouloir à une gosse, c’est souvent la faute des parents, et ici, c’est vraiment ça. Faut les voir se traîner jusqu’à moi, toute une famille qui porte son humeur sur le visage, un mot, deux syllabes – l’ennui. Bingo ! Le père a montré au monde qu’on peut devenir très riche avec une activité cérébrale en veilleuse et un manque total de goût ; depuis cet exploit, son seul fantasme consiste à vouloir enculer une Porsche ; même maintenant, dans sa tête, il dévisse le bouchon du réservoir, il y plante son érection et jouit pratiquement dans la seconde. La mère jette un regard réprobateur autour d’elle, l’an prochain, ils retourneront à Disneyland Paris, c’est mieux. Je ne peux même pas lui donner tort ; j’en peux plus de cette Route des contes de fées, là, tout de suite, le kitsch me donne envie de gerber, la langue aussi, mais pourquoi j’ai voulu apprendre l’allemand, bon sang ? « Hamelin ! Hamelin ! La ville du Joueur de flûte, dans le pays du Weserberg ! » La tête en feu, je souffle dans ma clarinette, tandis que chaque pore de ma peau exsude un unique message télépathique : « Passez votre chemin ! Foutez la paix au Joueur de flûte ! Grimm – Grimm ! » Mais ça, passer, me foutre la paix, ils ne le font pas. Ah non, ils ne le font pas. Ils restent là à me regarder d’un air apitoyé, et la pire des trois, c’est la fillette : je m’en rends compte maintenant, une de ces gamines de neuf ans qui, par goût d’attirer l’attention, joue parfois au bébé, à l’innocence, alors même qu’elle te lance un regard glacial, une sale gosse, avec une petite voix perçante, qui demande : « Maman, c’est qui ? » À quoi la mère hausse les épaules, et c’est le père qui répond : « Le Joueur de flûte. » Et la même gosse, encore, le regard encore plus rond et encore plus froid planté dans le mien : « Mais Papa, le Joueur de flûte de Hamelin, il a pas de seins, si ? ». Et les parents trouvent ça tordant, tous les deux, le père rit à gorge déployée, la mère trépigne, elle hyperventile, le visage dans les mains. Ah, cette enfant, quelle merveille, à peine sur cette planète et déjà si pervertie, ça demande du travail, mais ils y sont parvenus. Bouffie de fierté, la mère est sur le point d’expliquer à son rejeton qu’il y a des gens qui doivent accepter n’importe quoi comme boulot, même le plus bizarre, parce qu’ils n’ont pas bien travaillé à l’école, et le père va renchérir, expliquer que ça n’arrivera jamais à sa petite chérie, mais je les en empêche, je couvre les voix de toute la famille ! De tout Hamelin ! Je les oblige à se boucher les oreilles, l’homme, la femme et l’enfant ; où qu’ils courent, j’y cours plus vite, je cours en soufflant à perdre haleine dans mon instrument, devant eux, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils ne m’échapperont pas, que c’est moi qui les mène, où je veux, sur tout le chemin du retour, au-delà de mon escabeau ; Claudia aussi sort en trombe de son bureau, d’autres gens suivent le mouvement, c’est tout un cortège affolé qui se retourne, mais je suis plus rapide, je les dépasse en courant et je les mène de nouveau. Il n’y a plus qu’à les attirer vers un ravin ou une rivière, une grotte qui se refermera sur eux, mais l’orientation dans l’espace n’a jamais été mon fort, alors je les entraîne aux toilettes du personnel, j’ai encore la clé. Mais là, mes lèvres se tordent en une grimace, ma bouche m’abandonne, mes poumons s’essoufflent, et voilà qu’arrivent les larmes, les voilà, juste maintenant, et je me dis, pas maintenant, mais aussi, je me dis : c’est un début.

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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