Cold War

Un bijou, que dis-je, un diamant … qui brille tellement …. que j’étais certes ébloui, mais point submergé d’émotions.*

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A peine 1h30, ce film du réalisateur (Pawal Pawlikowski) qui m’avait déjà convaincu avec son film « Ida » (ce film m’avait bcp touché à l’époque), retrace en une épure scénaristique 15 années d’un amour fou dans la Pologne des années 50, début 60… Et quel plaisir de voir un film tiré au cordeau (quand d’autres films s’étirent ou nous gavent de dialogues et/ou images qui n’apportent rien à l’histoire à part nous étourdir)…

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Wiktor sillonne toute la Pologne, accompagné par un petit groupe, dont une femme (chorégraphe) qui lui est proche (elle certainement plus de lui que lui d’elle – c’est l’actrice Agata Kulesza qui s’y colle, déjà « admirée » dans « Les innocentes » ainsi que dans « Ida » du même réalisateur), afin de faire des enregistrements de musique folklorique. Ces enregistrements doivent servir à créer le fondement d’un programme musical célébrant l’âme polonaise… Ce petit groupe cherchera dans cette Pologne d’après-guerre également des danseurs et chanteurs (garçons et filles) pour ce futur spectacle. On assiste à l’audition des jeunes ainsi qu’au coup de foudre (Zula).

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Occasion pour Pawlikowski d’accompagner ses images par de la belle musique… peu de dialogues, tout et suggéré, illustré – et vu les belles images léchées d’un noir et blanc somptueux – on a parfois l’impression d’être dans une sorte de clip magnifique, écrin pour cette musique.

Wiktor et Zula formeront bientôt (malgré la différence d’âge) – en cachette – un couple.

Zula devient un pilier de la troupe, présentations dans tout le pays, compromissions avec le pouvoir politique qui souhaite sortir du seul folklore et veut qu’on introduise des chants à la gloire de Staline, du Communisme etc… invitation à Berlin … nous sommes en 1953, il n’y a pas encore de mur…. et Wiktor s’enfuit à l’Ouest (seul – puisque Zula ne veut finalement pas l’accompagner…. « je ne suis pas assez bien pour toi….! » dira-t-elle à un moment)

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Début des années 60 : Zula passe à Paris avec sa troupe… et y restera avec Wiktor qui y travaille chichement comme compositeur et musicien pour le cinéma et/ou dans les caveaux de jazz (et ou il a une relation avec une « poétesse » jouée par Jeanne Balibar – qui a deux scènes mais qui racontent en elles-mêmes tout un roman). Les 2 vont (enfin) vivre librement leur amour – très belle scène dans un Club de jazz ou elle chantera…..la caméra caressante…

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Les circonstances, l’évolution de tout un chacun – et ce qui est beau – à mon sens – c’est que pleines de choses resteront hors champs, Pawlikowski suggère par de petites scènes, assez courtes, tout ce qui s’est passé avant, ce qui mène aux divers décisions et/ou réactions des deux protagonistes…

J’arrête là le « récit », la « narration » avance en pas de course et les ellipses s’enchaîneront…. et la passion (destructrice) qui lie les deux ne faiblit pas

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Pawlikowski raconte cette histoire finalement triste dans un format « carré » qu ne s’ouvrira jamais, avec des black-outs d’un noir total pour faire des sauts dans le temps…

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J’étais donc comme je disais dès l’entrée moins touché que j’espérais (je signale toutefois que d’autres spectateurs étaient émus quasiment aux larmes), mais je suis sorti de la salle obscure parfaitement ébloui, convaincu que tout plan de plus aurait de trop, amoureux de ce N&B et des cadrages éblouissants, ainsi que bluffé par l’actrice qui crève l’écran….. assez de raisons pour recommander ce film-roman-BD en papier glacé-opéra…..

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Joanna Kulig (qui a également joué dans Ida et les Innocentes, comme par ailleurs, je le découvre sur Allociné, dans La Femme du Vème…la mise en images du roman de Douglas Kennedy – pas vu celui-ci)

 

*Ici une « explication technique » du manque d’émotion :

https://wordpress.com/read/feeds/69041034/posts/2054096962

A propos lorenztradfin

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Un commentaire pour Cold War

  1. Strum dit :

    Pas vraiment convaincu pour ma part comme tu l’as lu sur mon blog. Trop d’attention porté au format, à l’élaboration des plans, trop de fragmentations du récit, trop de survol du drame, tout cela nous éloignant des personnages au détriment des émotions. Mais d’accord avec toi pour dire que Johanna Kulig crève l’écran.

    Aimé par 1 personne

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