Quelques « toiles »

Un peu de « soutien au cinéma français », une sorte de néo-western et un remake vus au cours des trois dernières semaines dans les salles obscures.

5693900.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Une comédie humaine qui décrit sur un mode humaniste et souvent drolatique la préparation au Concours de médecine. Thomas Lilti continue dans la veine de « Hippocrate » et « Médecin de Campagne« … empathie pour les personnes,  observation (bien documentée) d’un microcosme (le monde médicale) avec parfois des pointes de critiques contre l’inanité de cette sélection qui prime le bachotage et néglige l’empathie qu’il faut avoir un peu-beaucoup….(mais sans en faire un manifeste à charge).

Grâce à Vincent Lacoste et William Lebghil on sort de la salle avec le sourire (et une petite pensée pour une réforme souhaitable/visée de cette broyeuse (abêtissante) qu’est ce Concours.

La blogueuse « nousaussionvoyage » (qui me fait parfois rire, parfois pleurer) a publié récemment un bel article sur « sa » première année…. un article plus émouvant que le film, mais laissant entrevoir ce que Lilti ne fait qu »ébaucher » en survolant cette année (en mode drone et parfois simpliste). Toutefois, je le répété, j’ai passé un très bon moment avec ce film qui ne prend pas la tête.

Un autre bon moment avec un remake :

0923171.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Star de country un peu oubliée, Jackson Maine découvre Ally, une jeune chanteuse très prometteuse. Tandis qu’ils tombent follement amoureux l’un de l’autre, Jack propulse Ally sur le devant de la scène et fait d’elle une artiste adulée par le public. Bientôt éclipsé par le succès de la jeune femme, il vit de plus en plus de mal son propre déclin…

Je ne dirais pas « chef d’oeuvre d’émotions », mais je suis sorti très agréablement surpris.  C’est la 1ere réalisation de Bradley Cooper, Lady gaga je l’ai entendu la 1ere fois avec Tony Bennet dans « Cheek to cheek », c’est tout …. Rien donc à priori qui aurait dû m’inciter à voir le film. C’est juste la petite Madeleine en moi qui voulait voir de ses propres yeux ce qu’un homme hollywoodien d’aujourd’hui ferai avec la matière qui a servi chez Wellmann – je ne me rappelle pas l’avoir vu…-   (et surtout Cukor), la version avec La Streisand (année 70) était – même pour moi qui n’y connaissait encore pas grande chose du cinéma, un peu lourde à digérer (malgré Kris Kristofferson)….

La musique (de la 1ere partie n’est pas mal – « même » Bradley chante bien), une certaine intensité, le retrait de Bradley quand il s’agit de ne pas forcer le trait sur les addictions de son personnage… sont louables, une surcharge en explications psy (ahh le frérot!) et un peu de sirop gâchent un peu le plaisir, mais sommes toutes un beau film qui permet de lâcher deux, trois petites larmes…. et (encore une fois) de ne pas trop se prendre la tête après une semaine bien chargée.

0954159.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Davantage d’émotions, tiens tiens, je les ai trouvé dans un autre film vu dans la série « soutien à l’exception culturelle française ».  Les retrouvailles avec Romain Duris dans :

1242075.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Un film entièrement porté par des acteurs simplement farpaits !

Il faut savoir que les acteurs (tous !) connaissaient, au moment d’accepter leur rôles, certes le scénario de base, la trame du récit, les contours de leurs personnages, mais n’avaient « pas de dialogues écrits » (à répéter/apprendre par cœur) ! Non, là travail quotidien des scènes pour a) laisser de la liberté (au vécu/ressenti) aux acteurs  b) arriver par l’improvisation à l’essence même d’une scène/d’un échange/d’un mouvement sous-jacent du film…. Ce qui donne des scènes d’un réalisme (et je pèse mes mots) saisissant.

Un homme (père de deux enfants, marié, Olivier joué par Romain Duris) travaille dans une boité de logistique/distribution genre Amazon (chef d’équipe et bientôt syndicaliste) va devoir gérer le départ inopiné de sa femme (qui n’en peut plus, dépression caché devant son entourage…): « ses » batailles donc : « remplacer » la place vide laissée par sa femme partie, la broyeuse de boite (aux décisions inhumaines, orientés rentabilité), l’engagement en tant que syndicaliste aussi, les enfants qui s’inquiètent (et/ou fuguent à la recherche de leur maman)….

3647666.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Je craignais – avant d’y aller – un peu du larmoyant potentiel, du trop de critique social facile…. Guillaume Senez est plus fin que ça et le résultat est d’un réalisme teinté d’une humanité et d’empathie avec un zeste de vérisme qu’il faudra saluer (aucune démagogie non plus – une autre chose que je craignais) … et cela dans un parfait équilibre (à mon sens) – L’actrice jouant la sœur de Olivier (Laetitia Dosch – je ne l’ai encore jamais vu dans un film ni au théâtre) est comme Duris simplement parfaite. Pour moi le meilleur « Duris » depuis « De battre mon cœur s’est arrêté » – et de loin le meilleur film des 4 ici présentés – mais aussi le seul qui vous prend, au détour, aux tripes….

Enfin j’ai vu le film de Jacques Audiard (auteur de « Dheepan », « Un prophète », « De battre mon cœur s’est arrêté ») … Avec « Les frères Sisters » on change de registre et de pays.

Beau quatuor d’acteurs :  John Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed… mais film qui navigue à mon avis un peu trop à vu sans grand dessein.

Beau film, avec une coloration à la « Impitoyable » (de C. Eastwood – ces images de nuit, autour d’un feu ou l’embrasement d’une maison….)  mais loin de sa maîtrise. On reste avec les acteurs (parfaits), mais Audiard veut peut-être courir trop de coyotes à la fois.

Encore la Madeleine en moi qui a été surtout scotché par quelques (belles) scènes intimistes (la découverte d’une brosse à dent; la demande faite à une prostituée de jouer une scène pour un des Sisters (J. Reilly) : il lui donne un châle doudou – offerts pas sa dulcinée avant de partir « travailler » et lui demande de rejouer, avec des mots gentils (qu’il lui souffle) la scène lors de laquelle la dulcinée lui a offert ce châle pour le tenir chaud…. la prostitué est perdue face à cette demande, pas habituée à tant de « gentillesse » et refuse de jouer la « doublure »… Malheureusement il n’y avait pas bcp de scènes de cette intensité dans ce film.

Mes amis blogueurs Newstrum et Princecranoir parlent mieux que moi du film.!

 

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Quelques « toiles »

  1. Strum dit :

    Merci pour le lien Lorenz. « Courir trop de coyotes à la fois », c’est tout à fait ça !

    Aimé par 1 personne

  2. princecranoir dit :

    Je me joins à Strum pour les remerciements. 🙂
    Ton article sur « a star is born » donne envie. J’ai prévu de revoir le Cukor d’ici peu. Peut-être attendrai-je pour voir cette nouvelle version, même si le contexte semble bien différent. J’avoue que le tandem Bradley Cooper/Stefani Germanotta me semble très crédible à première vue, rappelant effectivement celui formé par Kristofferson (Countryman parmi les meilleurs à mes yeux) et Streisand.
    Je garde un bon souvenir de la version de Wellman, avec un Fredric March magistral. Encore un grand acteur trop oublié.

    J'aime

  3. Ohhhhhh tu m’as citée dans ton article!!! Je souris avec mon coeur!! 😘😘😘

    Aimé par 1 personne

    • lorenztradfin dit :

      …. sachant que ton article arrivait « juste à temps » (et m’a plus ému que le film) – et vu que très peu de lecteurs cliquent sur les liens… (en général) … tu n’auras pas de raz-de-marée, ni de tsunami…. mais moi je suis content du sourire de ton cœur !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s