Smile

Les Commitments, The Snapper, The Van, Paddy Clarke Ha Ha Ha, La femme qui se cognait dans se sportes  (The Woman Who Walked Into Doors)…. oui c’est lui,  l’irlandais Roddy Doyle (né 4 ans avant moi), qui a offert ainsi aux lecteurs (et aux spectateurs de cinéma – puisque certains de ses livres ont été transposés à l’écran – avec un certain succès) un coup de projecteur sur la vie en Irlande…. Il a également écrit des livres pour enfants.

Son dernier né (pour le public français dans la très bonne traduction de Christian Mercier) n’est cependant pas pour des enfants… malgré son titre qui s’avérera être particulièrement « ironique ».

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Présentation de l’Éditeur :

Victor Forde vient de se séparer de sa compagne, Rachel Carey, le grand amour de sa vie. Il retourne vivre dans le quartier dublinois de son enfance, près de la mer, où il s’installe dans un immeuble moderne abritant essentiellement des émigrés d’Europe de l’Est. Il se force à se rendre tous les soirs dans le même pub, comme «on irait à la salle de sport ou à la messe». Il y rencontre un certain Ed Fitzpatrick, qui lui assure être un ancien camarade de classe. Il ne se souvient pas de lui mais a une sensation désagréable en sa présence, sans réussir à s’expliquer pourquoi. Ils se croisent régulièrement au pub : Ed recherche une complicité, il revient sans cesse sur leur passé d’écoliers chez les frères chrétiens.
Victor se bat avec sa mémoire et refuse de toute évidence des pans entiers de son passé. Ed Fitzpatrick, suspect, voire sinistre, agit sur lui comme un révélateur et l’oblige à affronter la réalité.

Roman entêtant, introspectif et qui nous emmène surtout jamais là ou on s’attend atterri. En effet, comme sur la 1ere de couv’ une image peut en cacher une autre, le lecteur sera averti : il ne faut pas se fier aux apparences.

Il m’est difficile d’écrire des pensées très différentes de celles mon amie blogueuse Lectrice en campagne, grâce à qui j’ai « appris » que ce livre est désormais dans les librairies en France. Je signe entièrement son article et son ressenti.

C’est un grand roman qui tout you, step by step,  s’approche à pas de géant d’un thriller psychologique, noir noir….Pourtant, il se « limite » à des scènes dans un bar (plein de dialogues comme enregistrés et pris sur le vif – desquels un réalisateur se saisira certainement rapidement…), scènes-moments pendant lesquels le narrateur (Victor Forde) se remémore son enfance ou des pans de sa vie avec sa oh siiii brillante épouse.

Le lecteur se rend bien compte que quelque chose ne tourne pas si rond que ça dans ce récit, mais je dois avouer avoir été estomaqué par les dernières pages qui braquent un projecteur de toute une autre couleur sur l’ensemble du roman – hah, on a même envie de relire quelques passages du début (et du milieu) pour se dire, comment diable je n’ai pas pu remarquer « ça » !

Toutefois le roman ne se limite pas à ce twist et au chemin qui y mène …. Doyle y brosse également un portrait assez clairvoyant de l’évolution de l’Irlande au cours des dernières 50 années (la durée de vie de Victor Forde)…. Tout en combinant ou synergisant d’une certaine manière ce qui caractérise ces romans précédents (mémoires d’enfance, regrets genre « midelife »-crisis, conversations à bâtons-rompus dans des pubs, l’abus fait aux enfants par les prêtres…..)

Comment un homme d’une cinquantaine, qui jusque là a toujours fait un détour autour des traumas d’enfance (vive l’éducation catho’ par des prêtres pervers….. j’ai souvent pensé (bizarement) au film « Magdalena Sisters » (de Peter Mullan)….. essaie de se construire une (nouvelle) vie ….. sur la base d’une réalité (dans quelle mesure elle est « réelle ») et d’une mémoire (défaillante ? peu fiable ?).

Particulièrement réussi la manière avec laquelle Roddy Doyle instille le doute et les questionnements dans le lecteur face à ce récit sorti des entrailles de la mémoire d’un homme blessé, mais « arrangé » par un homme qui est également un « écrivain » – qui joue avec les doutes, les questionnements, les souvenirs, les rêves.

Un beau roman presque pervers…. avec quelques belles scènes (en plus) de description d’une histoire d’amour genre Châteaux d’Espagne….

PS Je suis un peu surchargé actuellement et n’ai pas bcp de temps pour écrire sur les livres lus (j’espère pouvoir reprendre le fil à partir de la semaine prochaine)

 

 

 

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour Smile

  1. Elisa dit :

    Alors là je craque. Magdalena Sisters m’a beaucoup marquée et ta chronique me fait inscrire ce livre en haut de la pile. J’ai hâte d’avoir terminé mes lectures en cours. Merci. Bises 🙂

    Aimé par 1 personne

    • lorenztradfin dit :

      La lecture est et reste (comme l’écriture) qqchose de très personnel – mais pour appuyer ce que je viens de « chroniquer » (dans le sillage de Simone par ailleurs comme tu as pu voir) : nous (notre Club de Lecture France Inter) avons mis ce livre avec d’autres sur une liste de 5 livres « européens » – traduits – et tous (sans exception) qui l’ont déjà lu sont sous le charme…. par ailleurs avec ton « back-ground » « policier/thrilleresque » il te donnera des idées… Bises

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