Toutes les familles sont des sociétés secrètes

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Sous les tropiques grenobloises (j’ai du mal à garder l’appart’ en-dessous des 30°C…) la seule lecture possible (sans se prendre la tête) : la prose de Douglas Kennedy – bien traduite par Chloé Royer – le titre anglais = The great wide open – est du petit lait un peu caillé . D.K. se met à nous faire (commettre?) un multi-tome à la Ferrante (L’amie prodigieuse) ou son Editeur lorgne-t-il sur Vernon Subutex (?) sans jamais arriver à sa cheville ? J’ai eu un petit sursaut en lisant à la fin du 3e tome un « à suivre » qui semble nous promettre une autre suite….(toutefois je crois avoir lu qqs part que cet opus devrait être en 3 tomes (seulement)

« Nous ne sommes pas seulement la somme de tout ce qui nous est arrivé au cours de notre vie, mais aussi un témoignage vivant de la façon dont on a interprété ces événements. La symphonie du hasard mêlée aux accords infiniment complexes de nos décisions – une partition qu’on se surprend souvent à réécrire pour en effacer les erreurs de jugement et les nombreux gâchis. »

Contrairement à A. qui a vanté les mérites de ce livre sur ses pages FB, je ne suis pas aussi enthousiaste, j’ai eu comme l’impression que D.K. aurait pu réduire cette fresque à un seul tome (disons, au hasard, à 600 pages) tant qu’il y a de redites et dilatations (mais vous allez me dire : « et pourquoi tu as lu les 3 tomes…??? »)

En réponse je dirais : qu’il a une manière bien à lui de nous happer, de nous rendre proche de son héroïne Alice (et de quelques autres personnes), et de la rendre aimable/admirable sous certains points à nos yeux. Je dirais même que D. K. peut s’avérer être presque une drogue (genre cigarette : j’aimerais bien arrêter, mais j’en reprend une taffe… et je replonge…)… notamment quand la chaleur vous empêche de dormir.

Comment résumer une fresque de ce type ?

Il était une fois la famille (middle-class) Burns : Brendan (catholique assez rigide, travaillant pour une mine – et accessoirement pour la CIA), sa femme Brenda (qui d’épouse délaissée va se transformer peu à peu en reine de l’immobilier NYais), Peter (l’ainé – futur auteur et fauteur /traitre (?) et Adam (celui qui se trouve en prison – et dont on apprendra comment il y est arrivé…) et enfin Alice, la narratrice, éditrice new yorkaise au moment de la narration et qui relate sont cheminement … qui débute avec son départ de la cellule familiale dans une université (Bowdoin University)

Bowdoin Attributes Jump in Reported Rapes to New Rules

symbole de la liberté (en partie factice et entravée par d’autres chaînes sociétales). Elle passera ensuite en Irlande (Dublin/Belfast)

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ou elle perdra un amour avant de revenir aux States pour devenir une grande Éditrice avec un bon nez pour les bons livres (et une capacité hors norme d’accompagner les auteurs) …

« Ne te figure jamais que tu peux écrire à la place d’un auteur. Garde toujours à l’esprit qu’un écrivain, quels que soient sa réussite et/ou son talent, est un amas ambulant d’insécurités et de névroses. Ton travail, c’est de gérer tout leur passif, y compris leurs doutes par rapport à eux-mêmes, leur crainte de l’échec, et l’inquiétude de ne jamais parvenir à reproduire leurs succès passés, s’extraire de la masse ou boucler le prochain chapitre. Il faut aussi que tu comprennes que l’écriture c’est du bluff, un abus de confiance qu’on s’accorde à soi-même, et que les auteurs sont obligés de réitérer chaque jour. Ce qui fait que la majorité d’entre eux sont en même temps dénués d’assurance et terriblement narcissiques. »

Tout y passe dans ces vingt ans (bcp de résonances pour quelqu’un qui comme moi a fait son bac’ – allemand – en 1974) :

la politique (Vietnam, Nixon, Watergate, B. Carter, Reagan, démocrates/républicains, CIA, Pinochet – Chili, IRA et ses attentats….- on va même croiser D. Trump – avant qu’il était devenu Président),

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le flower power (les hippies), la musique (on pourrait faire une B.O. à pleurer (comme dans Vernon Subutex), on va même dans un Paris (de clichés), les changements de mentalité (sur la route du capital et du roi Dollar le lecteur aura même un cours léger comme du popcorn sur les obligations pourries – Le désarroi de Ned Allan n’est pas loin! ), le SIDA (Aids), le monde de l’Edition…. et toujours l’Amour, les errances, les choix à faire, les liens familiaux qui se brisent ou survivent, se modifient …

Quand on n’est pas trop regardant voici un roman qui se boit comme un Spritz (ou Veneziano), la fin de chaque tome est suffisamment bien ficelée pour qu’on ait envie de continuer… un page-turner (mais dans lequel j’aurai sabré pas mal de pages et/ou réflexions redondantes).

Aucun doute, D.K. ne perdra pas ses fans…. vu que c’est nettement mieux que « La femme du Ve »….. même si cela reste assez plat rehaussé par un peu de philosophie de bazar….

Cette entrée de blog sonne la clochette pour une petite pause de 2 semaines (actives mais sans ordi’ !)  

Bonnes vacances – bonnes lectures – bonnes toiles ! 

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour Toutes les familles sont des sociétés secrètes

  1. princecranoir dit :

    Un Kennedy qui parle de Nixon, Reagan, Carter et même Trump, c’est plus un thriller politique, c’est un wall of fame de la Maison Blanche !
    Mon été prend fin et je n’ai pas ouvert une page de roman à mon grand désespoir. La vie est trop courte. 😦
    Bonnes vacances (en cours ou finissantes)

    Aimé par 1 personne

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