Une vie (entière)

Merci à B. et la Bibliothèque Internationale de Grenoble et leur documents, DVD etc… en 7 langues… Grâce au bons conseils j’ai découvert une oeuvre sensible écrite en allemand  (la traduction de Élisabeth Landes est parue chez Sabine Wespieser en octobre 2015 :

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Pour moi c’est « Une vie » ( ou L’Humble Vérité de Maupassant) en mode masculine… Par ailleurs, il m’est difficile de résumer ce livre tant il raconte simplement une vie (extra-)ordinaire d’un montagnard autrichien né quelque part dans la 1ere partie du 20e siècle.

Présentation de l’Editeur français :

Bien souvent dans le restant de sa vie, Andréas Egger repensera à ce matin de février dix-neuf cent trente-trois où il a découvert le chevrier Jean des Cornes agonisant sur sa paillasse. Dans une hotte arrimée à son dos, il l’a porté au village, sur un sentier de montagne de plus de trois kilomètres enfoui sous la neige. Pour se remettre d’aplomb après cette course hallucinée, il fait halte à l’auberge : quand le corsage de Marie, la jeune femme qui lui sert son schnaps, effleure son bras, une petite douleur l’envahit tout entier.
Andréas Egger a déjà trente-cinq ans alors, et il a construit sa vie tout seul : orphelin, il a été recueilli à quatre ans par une brute dont les coups l’ont rendu boiteux. Malgré cela, comme il le dit à Marie au moment de lui demander sa main : un homme doit «élever son regard, pour voir plus loin que son petit bout de terre, le plus loin possible.»
Aussi prend-il part à l’aventure des téléphériques, qui vont ouvrir sa vallée à la modernité, avant d’être envoyé sur le front de l’Est, dans les montagnes du Caucase. A son retour, «le maire n’est plus nazi, à la place des croix gammées les géraniums ornent de nouveau les fenêtres des maisons», et les étables vidées de leurs bêtes abritent les skis des touristes.
Pris par la force visuelle de certaines scènes – la déclaration d’amour à Marie est un morceau d’anthologie -, et par une langue sobre et rythmée où chaque mot est pesé, on ne lâche pas ce saisissant portrait d’un homme ordinaire, devenu bouleversant parce qu’il ne se donne d’autre choix que d’avancer.

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Robert Seethaler nous propose le récit très bien documenté de la vie (entière) d’un simple homme montagnard qui ne sortira de sa vallée seulement pour se retrouver dans le Caucasus (pour combattre les russes) et rentrera 8 ans après la fin de la guerre (après avoir survécu les camps en Russie…) … Homme à tout faire, il vit de petits boulots, travaillera plus tard pour un société qui construit des remontée mécanique et autres téléphériques qui changeront à jamais les paysages paisibles (et sauvages) des alpes autrichiennes.

Le lecteur (re-)vit ainsi aussi le changement d’un paysage – non seulement intérieur) mais aussi extérieur, géographique…

« La population du village avait triplé depuis la guerre et kle nombre de lits presque décuplé, ce qui amena la commune à entreprendre, outre la construction d’un centre de vacances avec piscine couverte et jardin thermal... » (p. 130) …. » …il voyait briller par intermittence les voitures de ceux qui travaillaient à l’extérieur, faute d’avoir, pour quelque raison, trouvé un emploi dans le tourisme, et s’insinuaient chaque matin dans la file pour être à l’heure à leur travail au-delà de la vallée. Egger se plut à regarder cette chaîne bariolée qui serpentait sur ce petit tronçon, avant de s’estomper et de disparaître dans la clarté brumeuse…. » (p. 141)

La mort s’insinue sur plusieurs pages, sous couvert de la pureté dure de la neige, ou provoquée par une avalanche…

Les images sont fortes, très cinématographique parfois et incrustées dans une langue d’apparence simple mais teintée de poésie (brut et allant à l’essentiel)

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 » On peut acheter ses heures à un homme, on peut lui piquer ses journées ou lui voler toute sa vie. Mais personne ne peut prendre à un homme ne serait-ce qu’un seul de ses instants. « 

145 pages (version frç poche) qui se lisent facilement, une bouteille d’oxygène

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A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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