La femme qui ne vieillissait pas

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4e de couv’

 » À quarante-sept ans, je n’avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d’oie ni ride du sillon nasogénien, d’amertume ou du décolleté; aucun cheveu blanc, aucune cerne; j’avais trente ans, désespérément.  »

 Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt.

Celle qui prend de l’âge sans s’en soucier, parce qu’elle a d’autres problèmes.

Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre.

Et puis, il y a Betty. »

Si seulement j’avais écouté l’émission « La Masque et la Plume » au cours de laquelle ce roman a été descendu en flèche….. 

(Patricia Martin : « J’avais envie de t’étrangler, Jérôme, en lisant ça : pourquoi il nous fait lire un truc pareil ? On se fiche même de l’histoire, c’est tellement lourd et nul ! J’ai pris quelques citations : « Les hommes sont la plus belle conquête des femmes ; la leur c’est le cheval » : c’est bien, hein ? « C’est la guerre qui toujours broie l’immensité des possibles et ratiboise l’infini de l’amour. » « Il n’est pas de chagrin d’homme qui ne puisse devenir une source d’amour ».  Ce n’est pas possible enfin ! ….Beigbeder : On assiste à une grande offensive de gnangnantisation de la littérature populaire. Ce n’est pas que Grégoire Delacourt : j’ai lu le Joël Dicker, David Foenkinos… (regardez la liste des meilleures ventes)… Il y a cette offensive des littératures qui consistent à dire « Achète mon bouquin, je vais te faire du bien ». Le héros a une vie de merde au début puis ça s’arrange parce que tout le monde s’entraide. Je trouve que c’est de la littérature de fayot. Des livres lèche-culs, qui cherchent à séduire les masses en racontant des fables idiotes. Mais il faut reconnaître que Grégoire Delacourt a un talent inouï pour maintenir constamment un degré de banalité très élevé.) 

Certes, je ne chanterai pas aussi durement et âprement la chanson de la « gnangnantisation » mais parfois on en n’est pas loin. Je dirai plutôt que Delacourt a un talent fou pour mélanger le roman de gare de bas étage avec des réflexions qui touchent le lecteur/la lectrice (on peut presque être ému parfois au détour d’une phrase!) – mais même en le prenant au « 3e degré », ce conte pour adultes coelho’esque est un produit littéraire alibi pour parler de la vieillesse, de la difficulté de l’accepter celle-ci, de l’amour  aussi (notamment celui d’une mère pour ses enfants) et bien entendu entre H&F (accompagné d’une flopée de « banalités » malheureusement pas toujours très profondes)…

La-Belle-Jardiniere

Ce tableau (de Raphaël) nous accompagne souvent (cité au moins 10 fois). La belle « Doriane Graye » va à un moment de cette longue jeunesse de son enveloppe (attention le reste vieillit bien) adorer faire l’amour avec un jeune homme (de l’âge de son fils) – toutefois elle remercie son prof’ de yoga de lui « avoir enseigné et permis de maîtriser parfaitement la posture de la charrue – halasana – faute de quoi (elle) aurait été bonne pour le Samu) » (p. 186) …. eh ben, ça sert le Yoga quand il y a des assauts……

charrue1

Je dois avouer que j’ai assez aimé les premières 100 pages très légères : le récit de la jeunesse et des premières années de la vie de cette femme-jeune …. Les pages sont très vivantes, parsemées d’images, de musiques, d’événements que j’ai vécu (et entendus) et qui me (nous) rappellent ( en effet) que le temps passe ..(très)….vite…. mais au bout d’un temps ces références signalant un événement deviennent quasi-téléphonées ou trop schématique…

Enfin, ces 246 pages m’ont également rappelé quelques artistes (photographes) qui ont fait bcp de portraits dont parfois les mêmes personnes sur plusieurs années pour observer les « dents du temps » ….Comme ici

https://creapills.com/17-ans-ecart-amis-photos-20171121

Par ailleurs, le portrait tiré sur presque 20 ans chaque année devant le même fonds semble, selon la narratrice, ressembler à celui du portrait ci-dessous (de Avedon)

 

Peggy Daniels - Avedon

 

Une chanson dont l’évocation et l’ancrage historique revient sans cesse aussi:

Détente parfaite, si on ne se crispe pas trop compte tenu de l’écriture simple, directe et parfois « gnangnan ». Etant donné que j’avais bcp de travail à ce moment, cette lecture était en partie apaisante… (« non-demanding »)….

 

 

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour La femme qui ne vieillissait pas

  1. princecranoir dit :

    « Ohio », quelle chanson ! Elle me donne des frissons à chaque fois !

    Aimé par 1 personne

  2. Elisa dit :

    Bon flûte, j’ai rencontré Grégoire Delacourt au salon du livre de Paris et j’ai adoré le personnage. J’avais beaucoup aimé Danser au bord de l’abîme et j’ai offert cette femme qui ne vieillit pas à ma mère… C’est vrai qu’elle ne m’en a pas parlé, elle n’a pas dû aimer non plus 😉

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