Trouville, Casino

 

Autopsie d’un braquage par un « papy braquer » de 75 ans (fana des casinos) et de ses suites – d’après des faits réels comme on dit (25.8.2011 à Trouville )

C’est le 1er livre de Christine Montalbetti que je lis. Je l’avais acheté en début d’année parce qu’il me paraissait avoir l’étoffe, non les caractéristiques pour figurer sur la liste du Livre Inter 2018. Ce n’était pas le cas – mais je ne regrette pas mon achat.

Et malgré sa demande (à elle) page 179 : « Je vous en supplie, n’écrivez pas sur vos blogs qu’il est dommage que je digresse. Avant de sortir votre stylo rouge mental et de me corriger un peu scolairement (avouez), avec votre petit air sévère, qui me blesse (eh oui), posez vous sincèrement la question: la digression, est-ce que ce n’est pas l’espace même de la liberté?.... »  je vais écrire sur ce récit (et souligner sa technique de digression – que j’ai récemment encore « pratiqué chez/avec Philippe Jaenada).

Ça commence très bien avec la phrase suivante:  « On n’entre pas comme ça, dans un casino. »

Suit une description enlevée des mesures de sécurité du Casino de Trouville (Groupe Barrière)

Bildergebnis für Casino Trouville

… pour ensuite changer constamment soit vers le 25.8.2011 – avec indication de l’heure du début d’après-midi jusqu’à la fin « tragique » à 16h47 – soit vers l’année de l’écriture du livre ou une des visites sur place pour s’imprégner des lieux, du paysage – soit à l’intérieur de la maison de ce braqueur (et de sa compagne) ou dans la tête des deux…leur passé imaginé ou pas… Au total 131 chapitres…. avec parfois des accélérations, des « pôses » aussi (dans lesquelles elle joue avec de diverses hypothèses, fait des rêves, essaie de tout voir avec les yeux du braqueur (très belle scène ou elle s’imagine d’aller chez le même coiffeur, si jamais le couple est allé chez le coiffeur de Gacé … un passage de trois pages ou C. Montalbetti décrit avec un talent incroyable un salon de coiffure et les gestes d’une coiffeuse….)

Bildergebnis für vieux salon de coiffure + Normandie

C’est « joyeusement coq à l’âne » comme elle le dit elle-même page 197, en convoquant la Dame aux Camélias, Dumas, Abbéville ou la pluie aussi:

« La pluie ne faisait pas que dévaster le jardin, qu’éventrer plus avant l’impasse, que gonfler les sols et s’infiltrer dans les murs : elle vous mangeait de l’intérieur. Elle avalait les pensées. Il n’y a plus qu’elle, souveraine, acariâtre, colonisatrice, plus que la pluie toute-puissante, qui pliait tour sous elle. Elle bornait tout l’espace à la maison, elle annulait l’extérieur, elle vous soumettait à sa tyrannie bruyante. La pluie à battre la courette et le toit, à flageller votre petit monde. Et vous deux, dans le ventre de la maison, hagards et enfermés » (p. 22)

DSC_1197

(photo prise en 2013 après une journée de pluie)

Donc pas un policier, ni une étude social des « sans dents » ou d’un couple de retraités (avant Macron)  mais fourmillant de détails d’observation (critique et nonchalante) par une auteure habile qui joue avec nous, les lecteurs (qu’elle embarque un peu comme des complices dans son voyage…

Très belle critique chez « en attendant nadeau » (quelle mine ce site !) :

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/01/09/montalbetti-roman-policier/

 

 

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour Trouville, Casino

  1. CultURIEUSE dit :

    J’avais pris le Jaenada à la biblio. Impossible de lire ça. Les digressions me hérissent.

    Aimé par 1 personne

  2. Elisa dit :

    Les digressions peuvent saper l’histoire, mais bien dosées j’aime beaucoup ce procédé ; c’est souvent le terrain idéal à la sérenpidité, j’y trouve souvent ce que je ne cherchais pas.

    Aimé par 1 personne

    • lorenztradfin dit :

      Tu as raison dans le fonds, on peut être surpris de « tomber » sur un bijoux, mais là notamment vers la fin, sous couvert de faire « durer le suspense éventée », c’était un peu too much (pour moi).

      J'aime

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