Adieu, beaux rêves souriants du passé, les roses de mon visage sont déjà fanées

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Nouvelle soirée magnifique à la MC2 (un grand merci aux programmateurs) :

Huit musiciens (violon, violoncelle, accordéon (!), trombone, cor, contrebasse, clarinette, flûte – + parfois quelques notes égrenés au piano (un nocturne chopinesque….entre autres ) et cinq chanteurs, parmi lesquels Judith Chemla (c’est elle dans « Une vie » de Maupassant réalisé par Stéphane Brizé), recréent LE grand opéra de Verdi « La Traviata »  sous forme de théâtre-opéra.

Vous vous rappelez le Crocodile trompeur/Didon et Enée d’après Purcell ? (c’était un coup de cœur en 2013). Là, on fait un saut de puce de 150 années environs (de Purcell à Verdi) et ce n’est déjà plus aussi loufoque…mais aussi inventif du point de vue mise en scène (dès le début….la fête sur un lointain son de techno (!sic) sur lequel se greffe l’accordéon, joint peu à peu par les autres instruments. Elle se déroule sous un voile, les acteurs/musiciens illuminés par des petites lampes….Ou aussi l’intermède (en lieu et place d’un entre-acte) ou on assiste à un traité sur les différents sortes d’haschisch …(le club spleenique des Gautier et Baudelaire nous salue)…

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Ecouter Chemla, brindille alourdie par la maladie, virevolter entre texte et parole donne une impression rare de ce que peut être la liberté sur une scène. «J’avais le désir d’aller au cœur de cet opéra. J’attendais les bonnes personnes, je ne savais pas quand, mais je savais que ce projet aurait lieu un jour», explique Chemla, travaillée depuis longtemps par le personnage, et qui considère chaque représentation comme «un miracle». (Libération 29.12.2016)

Verdi avec un chouia de jazz – ça a de la gueule et passé par ce filtre là l’émotion, la puissance émotionnelle de la partition de Giuseppe V. fonctionne toujours…. [je dois avouer que l’émotion m’a pris lors de l’affrontement de Violetta et Germont (Acte II…..Un di, quando le veneri &  Ah! Dite alla giovine & Morro…)… « La Chemla » n’est pas une Gheorghiu ni une Nebresko (et écoutez un jour la version de la Callas….! ou vous comprenez ce que je veux dire), mais sa fragilité (et blancheur) couplée avec une surprenante force de sa voix (on se demande ou elle puise ça ?!) rend le « discours d’une malade avec ces palpitations amoureuses » d’autant plus convaincant encore. Rajoutons à cela que Judith Chemla varie constamment son jeu, change sa voix des fois et son regard brillant, perdu et parfois triste nous touche au plus profond.

Un spectacle de 2 heures (sans entre-acte) qui passe comme une lettre à la poste et offre vraiment pour tous les goûts (théatreux ou opératiques)….

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On devrait dépoussiérer tous les opéras de cette manière, les réduire à leur essence même pour attirer un plus grand nombre …. Les spectateurs debout pour une longue ovation en sont l’illustration….

A propos lorenztradfin

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2 commentaires pour Adieu, beaux rêves souriants du passé, les roses de mon visage sont déjà fanées

  1. CultURIEUSE dit :

    oui oui oui! je suis à fond pour le dépoussiérage! Cet extrait donne vraiment envie.

    Aimé par 1 personne

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