En attendant les hirondelles

Un très beau film (algérien – avec des concours français, allemands et algériens) de Karim Moussaoui – à voir !

J’ai eu envie de voir ce film notamment parce que j’ai commencé à lire le livre de Alice Zeniter (« L’Art de perdre » ) – fresque franco-algérienne…

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Synopsis sur allocine.com :

Aujourd’hui, en Algérie. Passé et présent s’entrechoquent dans les vies d’un riche promoteur immobilier, d’un neurologue ambitieux rattrapé par son passé, et d’une jeune femme tiraillée entre la voie de la raison et ses sentiments. Trois histoires qui nous plongent dans l’âme humaine de la société arabe contemporaine.

Trois récits, trois personnages savamment liés entre aux (les passages d’un récit à l’autre sont d’une facilité confondante) qui dressent un tableau assez complet de la société algérienne d’aujourd’hui, loin, très loin d’une carte postale exotique (malgré le co-financement du Ministère de la Culture algérienne – et Karim Moussaoui ne se prive pas de laisser tomber, au détour d’une conversation des bribes de critiques : pot de vin, condition de la femme, chômage et/ou débrouillardise pour sur(vivre), incapacité/manque de volonté de l’administration de considérer des femmes violées comme victime…

C’est un véritable petit bijou de beauté, mélancolie et poésie… et coule comme un fleuve tranquille…. Pas de montage speed, pas de logorrhée, des dialogues d’une justesse, simples, directes, des situations de tragédie grecque. Le sens résulte quasiment toujours des moments de rien, des non-dits, des silences qui s’étirent, peuplées de regards qui comblent ce qui est tu.

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Mourad, un promoteur divorcé mais tenant à son ex-femme (et son fils) qu’ils voit souvent vit avec une jeune Française. Il va un soir assister dans une banlieue sinistre une agression, dont il ne va pas piper mot (pas de police non plus…mais l’événement va le ronger..)

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Aïcha va se retrouver lors du voyage vers son futur époux (choisi par les parents) face à un ami de jeunesse (mais de classe sociale jugé indigne par ses parents) – les dialogues entre les deux, les règles sociales, la découverte du désir – une danse libératoire (magnifique leur rapprochement par la danse…) sont d’une justesse et je dirais même musicalité (la musique joue un rôle important : soit notamment par la joie communicative ou par les plaintes de Bach – toujours entre les récits permettant de les entrelacer avec le « J’en ai assez !!! » :

Le 3e récit et celui de Dahman, un neurologue sur point de se marier (il attend depuis des mois que sa nomination à un grade supérieur à l’hôpital se concrétise pour avoir le feu vert de la famille de la « fille » (elle a au moins 15 ans de moins que lui !)

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Il sera confronté à son passé et une femme qui a été victime d’un viol collectif dont il avait été témoin pendant la guerre civile…

Aucun des protagonistes sort indemne de ses moments décrites presque de manière impressionnistes, par petites touches. Seuls moments de répits – des virées en voiture qui permettent de voir défiler des bidonvilles (ah ces terrains vagues et leur débris – « mais Bernhard on a ça chez nous aussi, les camps de Rom… » (disait A. en sortant) – les appartements clinquants pour l’un, vide et triste pour l’autre, les bureaux de l’autre, la tristesse des cafés, les beaux paysages ocres, les champs et les routes sinueuses et quasiment perdues….

Un très beau film qui résonnera encore longtemps par sa simplicité et évidence malgré la « choralité ».

Par ailleurs, étonnant pour moi le mélange constant entre les langues française et l’algérienne, comme s’il y a des mots/phrases qu’on ne peut dire qu’en français (ou vice-versa) …

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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4 commentaires pour En attendant les hirondelles

  1. pour moi, noté comme « à ne pas rater » ! très convaincant !

    Aimé par 1 personne

  2. la déchétarienne dit :

    « Ich habe genug » ne veut pas dire « j’en ai assez », mais « je suis comblé » !!
    Lisez un peu votre Bible, cher jeune ami 😉
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ich_habe_genug
    Lukas 2, 29 – Simeon
    29 HERR, nun läßt du deinen Diener in Frieden fahren, wie du gesagt hast; 30 denn meine Augen haben deinen Heiland gesehen, 31 welchen du bereitest hast vor allen Völkern, 32 ein Licht, zu erleuchten die Heiden, und zum Preis deines Volkes Israel.
    Gruss, Silvia

    Aimé par 1 personne

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