Lyon – Traducteurs & Beaux-Arts (Exposition – Fred Deux)

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C’est ici, à l’Université Catholique de Lyon (place des Archives), dans un bâtiment né de la transformation de l’ancienne prison de Lyon (il paraît que Klaus Barbie y était incarcéré) et mêlant des lignes contemporaines avec des structures du 19ème siècle, que la 24e rencontre annuelle du Réseau franco-allemand (on était une centaine de traducteurs/-trices de France, Allemagne, Belgique, Suisse et Autriche autour d’un programme riche, instructif et teinté gourmet.

Particulièrement intéressant pour moi une présentation sur les néologisme dans le domaine des déchets (« Déchet or not déchet…évitement, transformation, recyclage… »). Désormais les donneries, freeshops ou boutiques gratuites/pour rien, le littering et/ou le déchétarisme  ne me sont plus des inconnus…. Vive la 25e Edition en 2018 à Vienne (Autriche) !!

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J’ai profité de mon séjour dans cette belle ville de Lyon pour voir des amis qui habitent avec une vue imprenable sur la ville et son ciel changeant chaque minute et bien sur pour faire un tour de piste dans la ville et son musée des beaux-arts.

Oui, je sais, il y a actuellement la Biennale – et on avait prévu d’y aller – mais après la matinée aux Beaux-Arts, et un repas préparé de main-de-maîtresse (merci J. !) avec un apéro prolongé et un joli Cornas, on a laissé tomber…

Du coup je me limiterai  ici rétrospectivement à une présentation d’une exposition d’un artiste que je ne connaissais pas mais auquel le Monde avait consacré un grand article dans son Edition en date du 15.10. qui m’avait titillé : Fred Deux dans les profondeurs du corps

Dossier de presse de l’expo

 J’ai – moi le dessinateur – par secousses et de façons furtives bizarrement ressenti cela : j’atteins mes états de l’intérieur comme en nageant, devenant mon seul organe, le liquide dans lequel je me meus s’écartant pour mieux m’avaler (…), dans un engendrement de l’image vue, comme s’épanouit la fleur de la mort dans le sang à l’instant où il se fige. » (Fred Deux en 1980) – ‘1924- 2015)

Née dans une famille ouvrière modeste découvre en 1948 l’œuvre de Paul Klee (voici un travail de lui des années 50).

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Il commencera alors la plupart de ses dessins par une tache, à l’encre de Chine ou en couleurs, qu’il travaille ensuite avec diverses techniques. Son travail s’organise par cycles et par séries, selon un temps en spirale, avec des progressions et des reprises de motifs plus anciens.

L’exposition, qui réunira environ 230 dessins, restitue ce monde polyphonique, en suivant un fil chronologique, celui de ces cycles entre lesquels l’artiste éprouvait le besoin de «se casser la main». Elle montre la cohérence profonde d’une œuvre qui, dès le départ, pose telles deux matrices les outils qui la façonneront : la ligne et la tache. Des dessins dits de la Kleepathologie, faits à la fin des années 1940 à l’œuvre ultime, en passant par les jalons majeurs de ce travail – Otages, Spermes noirs et Spermes colorés, Autoportraits, dessins monumentaux des années 1980, livres uniques où la ligne se fait en même temps trait et mot – c’est le monde de Fred Deux qui se donne à voir et à traverser. Des objets, façonnés par l’artiste ou issus des arts premiers, telles des présences nécessaires, viennent faire écho à l’œuvre graphique et l’inscrire dans le chemin d’une vie. (extrait du dossier de presse)

(en couleur : Le charme – 1960) à droite « Les acteurs » 1970)

étonnant parcours de cet artiste autodidacte et d’une hypersensibilité…

(à gauche: une fin douce – 2010/2011 (mine de plomb et encre)

Fascinant, parfois troublant ces « êtres »

Pendant une vingtaine d’années, du début des années 1980 à la fin des années 1990, Fred Deux va faire naître plus de deux mille dessins. Durant ces vingt années, hors de toute nomination, hors de toute catégorisation, un monde se crée et se recrée, semblable et renouvelé. Les milliers de dessins dont la réunion forme son œuvre témoignent, par leur nombre et par leur lien profond, de cette union fondamentale régissant le monde de Fred: union physique et spirituelle, à l’image de ces millions de cellules, toutes différentes, toutes liées et procédant d’une même origine, qui forment un corps. Le Tout surgit de l’altérité. Le dessin, par sa prolifération même, restaure l’unité perdue. La couleur, qui avait pris son congé après les Spermes colorés, revient peu à peu, à partir de 1988. La peur du fond blanc se réveille, et avec elle le plaisir de souiller. Bientôt, la tache reviendra, pour un ultime voyage.

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(série Les otages – ensemble + détail à droite)

Série Sperme

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Dans le silence (du jardin de Cecile) – 1991-1992

Oeuvre des années 70 (détail + ensemble à gauche)

Il faut être avec l’encre et crier (2012) (à gauche l’ensemble à droite un  détail)

Pour le spectateur parfois obscur, toujours éblouissant pour cause de la minutie maniaque du trait des carrées ombrées ou pas… On en sort comme si on avait été dans la tête d’un fou furieux, ou pas si fou que ça juste invivable, obsédé par la représentation et le traçage de ce qu’il a en lui (et qui ne veut parfois pas sortir ou seulement en vagues…) …

Après cette expo’ nous avons encore un peu déambulé dans les autres salles, pour nous défaire d’un sentiment oppressé, et retrouver des peintures plus apaisées, d’un autre temps….

 Une noce chez le photographe, Dagnan-Bouvere

               Bonnard                                             Le boudoir bleu (JD Blanche) 

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Le Sidaner  – (Village au clair de lune) 

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Extrait d’un G. Courbet (La vague)

Biberach (Suabe) – Le jugement dernier (vers 1520) 

Albert Maignan (Adagio Appasionato) 

Eh ben : je vous dis Lyon, la ville Lumière/lumière elle vaut bien son détour !

 

 

 

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour Lyon – Traducteurs & Beaux-Arts (Exposition – Fred Deux)

  1. CultURIEUSE dit :

    Oui, le travail de ce Fred Deux me plaît. Si j’ai le temps, j’irai. Merci!

    Aimé par 1 personne

  2. lorenztradfin dit :

    L’expo est en effet intéressante – et son travail intriguant !

    J'aime

  3. Vu Fred Deux lundi, très éprouvant au bout d’un moment, on est dans la tête de quelqu’un d’obsessionnel, ces œuvres sont pleines de viscères, mais quelle technique ! Vraiment intéressant, même si c’est perturbant ( parce que c’est perturbant dirais-je ) et j’ai redécouvert la même salle que toi ( je n’étais pas allée aux Beaux-Arts depuis fort longtemps) avec un Vuillard somptueux
    https://bob520.wordpress.com/2011/04/16/edouard-vuillard-flowers-on-a-mantlepiece-in-clayesfleurs-sur-une-cheminee-aux-clayes/ et des Courbet magnifiques. J’avoue que cette peinture m’enthousiasme toujours autant

    Aimé par 1 personne

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