La collectionneuse de feux d’artifices

Ce n’est pas la première fois qu’un/des traducteur/-s est/sont les héros de roman ,mais certainement la première fois qu’une traductrice judiciaire fait parler d’elle (au point de faire la Une du Tradzine de la Société Française des Traducteurs (SFT) * (voir lien vers l’article en bas de page).

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https://editions-metailie.com/livre/la-daronne/

J’avais noté ce roman au mois de mai déjà, après la lecture de l’article que mon amie Simone avait publié, mais ce n’est que maintenant que j’ai trouvé un « moment » pour  dévorer tout crû les 175 pages de ce petit bijou d’humour noir empreint d’une tristesse qui suinte de partout..

Patience Portefeux (à noter que mes collègues traducteurs judiciaires appartenant à la catégorie les appellent  des « Jérôme Portefaix » !), 53 ans, veuve, qui « parle  la bouche légèrement tordue, ce qui fait que le côté droit de (son) visage est un peu moins ridé que le gauche. » ….(a) un physique robuste avec cinq kilo de trop pour en avoir pris trente à chacune de (ses) deux grossesses…. » (p.18). Cette Patience-là, on sent déjà dans cette description une auto-dérision (mâtiné d’une acidité qui fait du bien quand elle parle de notre société et/ou des institutions (non seulement judiciaires),  traduit notamment les écoutes téléphoniques réalisés par la police judiciaire dans le cadre d’enquêtes sur le trafic de drogue et le grand banditisme… Elle traduit l’arabe… et va « tomber » sur une cargaison très très fourni de cannabis (de 1ere qualité) et va s’en occuper. Elle sera la Daronne*. Sans culpabilité, avec très peu de peur(s) et un détachement ironique qui font merveille.

Je ne vais pas spoiler – le déroulé de l’Histoire est d’une logique imparable, servi sur un plat qui donne envie d’en lire plus de cette langue féroce et poétique (oui-oui, c’est possible) qui elle restitue avec bonheur pour le lecteur une observation (critique) du monde dans lequel nous vivons. Avec, en prime, une trame narrative parfaitement maîtrisé, entrelardée de retours en arrière (c’est que ce bout de femme a un pedigree et une histoire personnelle qui – en fin de compte – expliquent bien sa destinée).

Ainsi on va croiser Audrey Hepburn, vadrouiller dans de beaux hôtels, enterrer des cadavres dans son jardin, travailler au noir, aller chez Tati et rêver de collectionner des feux d’artifices…. et apprendre pleines de choses sur le(s) trafic(s) de drogue, GoFast et autres plaisirs hors du commun pour un traducteur financier devant son écran.

Je vous dis : un plaisir – finalement trop court.

*La patronne la maîtresse de maison 

Le roman a reçu le Prix Le Point du Polar européen 2017 !

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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2 commentaires pour La collectionneuse de feux d’artifices

  1. Très très contente que tu aies aimé, et en même temps, ce livre me semblait t’aller comme un gant. Tous les gens à qui je l’ai conseillé sont sous le charme. je suis d’accord avec toi, il suinte aussi la tristesse, ce roman, et puis la poésie, la fantaisie, sans compter cet humour extraordinaire. Un coup de cœur, n’est-ce pas ? On en redemande !

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