Le contorsionniste

Lu dans le cadre de la présélection de titres pour le prix Caillé

couv-contorsionniste-RVB

Roman américain de Craig Clevenger, traduit de l’anglais par Théophile Sersiron

« Une fois j’ai dit à une fille que je voulais être contorsionniste. J’avais vu un type à la télé quand j’étais petit, plier, tordre, déformer son corps dans une boîte scellée. Quand ils ont ouvert la boîte, il est sorti en rampant doucement comme une étrange créature s’extirpant de son œuf, tous les os intacts et la respiration normale.
Je ne saurais pas l’expliquer, mais pour moi c’est ce qui se rapproche le plus de ce que je fais. » (p.69)

Présentation de l’Éditeur Le Nouvel Attila

Un homme se réveille un matin dans un lit d’hôpital, victime d’une overdose, sous un nom qui n’est pas le sien. Daniel Fletcher a déjà vécu cette situation, mais la dernière fois il s’appelait Christopher Thorne, et la fois d’avant Eric Bishop…

Faussaire de génie traqué par les hôpitaux psychiatriques, la police et la mafia, le héros endosse pour leur échapper des identités à l’infini. Pour chacune d’elles, il fabrique des preuves nouvelles : noms, papiers, adresses postales, et jusqu’à ses souvenirs… Une fuite en avant qui va vite s’enrayer.

À mi-chemin de Fight Club et de Memento, ce récit d’un homme qui se fuit est un très beau texte sur le corps et le vertige de l’identité.

Il y a aussi un peu de « Usuel Suspects » et/ou toute proportion gardé de « Trainspotting ». Monologue d’une précision diabolique, parsemé d’écarts un peu « trash », qui va de l’obscure vers la quasi-lumière, et constellé de dialogues parfois plus vrai que nature.

On apprend la/les technique(s) de se fabriquer une/des identité, en commençant par les noms….,

« Vous devez disparaître. Vous pouvez peut-être trouver quelqu’un de votre âge, avec la même disposition que vous, sans famille, sans amis ni casier judiciaire et à l’article de la mort, prêt à vous vendre son nom pour quelques billes. Mais c’est peu probable. Alors il vous faudra commencer par le commencement.
Trouver un nom. Fouillez les pierres tombales, les notices nécrologiques, les vieilles bibles de vide-greniers. Trouvez quelque chose qui soit ressemblant mais pas évident, qui se remarque mais qui s’oublie : Norton, Dillon, Harris. »

la manière de fabriquer des « vieux » diplômes, justificatifs, papiers etc…. Le monologue et/ou les entretiens avec le(s) psy ainsi que – dans un tout autre style « clinique » – les rapports de séances par les mêmes psy vous entraînent dans les arcanes de la tête d’un (peut-on dire ?) malade (d’amour) d’une intelligence exceptionnelle.

On se laisse bien (et avec plaisir) embarquer par C. Clevenger dans une sorte de roadmovie-sur-place à travers une Amérique loin du grand rêve …(une bonne partie se passe dans des institutions et/ou en prison…)

La BO du livre contient à part « Take Five » (Brubeck) également

Sugar Mountain (Neil Young)

« J’ai mangé, me suis versé un verre de bourbon et j’ai passé « Sugar Mountain » en boucle, en souriant seul dans le noir. » (p. 262)

Un bon petit bouquin d’un Éditeur que je ne connaissais pas.

 

A propos lorenztradfin

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2 commentaires pour Le contorsionniste

  1. Ah ! J’ai vu l’équipe du Nouvel Attila à St Malo. Le monde de l’édition est riche de gens passionnés !

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