Femmes sages & Femmes pas sages

Ce week-end  le cinéma a ouvert grand ses portes.

Vu ce week-end « Les figures de l’ombre » – un film (US) de Theodor Melfi ainsi que « Sage Femme » de Martin Provost (ma contribution au soutien du cinéma français). Devinez lequel était le meilleur (pour moi ?)

« Les figures de l’ombre » (Hidden Figures) – mais oui, parfois la traduction des titres fait perdre le double sens) – peut se résumer à la allocine comme suit : Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn.  Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

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Wikipedia me rappelle que le film est basé sur des faits réels et qu’il s’agit de l’adaptation du livre Hidden Figures de Margot Lee Shetterly autour de la physicienne, mathématicienne et  ingénieure spatiale américaine Katherine Johnson, une femme noire, qui a contribué aux programmes aéronautiques et spatiaux de la NASA et calculé notamment les trajectoires  du programme Mercury, de la mission Apollo 11 et vers la lune (1969). A côté d’elle deux autres femmes noires : Mary Jackson (qui a travaillé dans un groupe de mathématiciennes afro-américaines) et deviendra la première femme noire ingénieure de la NASA, ainsi que sa « superviseure » Dorothy Johnson Vaughn.

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Beau film classique, sans véritable surprise, mais plaisant à regarder et « intéressant » – à savoir, on « apprend » des choses ou on assiste au réveil de souvenirs endormis. En effet, nous nous trouvons dans une ère ans laquelle les ordinateurs étaient en stade balbutiants (occasion pour le film de nous faire rire un peu d’IBM …mais aussi de nous inciter à penser au présent :… la cohorte de « calculatrices »(femme mathématiciennes) craigne sa disparition avec l’avènement de l’ordinateur à cartes perforées….- cela ne vous rappelle rien ?) ; la ségrégation raciale était au beau fixe (Mr. « I had a dream » n’est pas loin….), mais ou en est-on vraiment aux Etats-Unis aujourd’hui (malgré Mr. « Yes we can ») ?

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S’ajoute à cela une bonne louchée d’humour (désamorçant les faits qui assèchent la gorge ….)  je m’explique : Katherine Johnson travaille dans un immeuble parmi des blancs et va devoir quitter l’immeuble dans lequel est situé son « bureau », faire presque 1 km pour pouvoir aller aux toilettes (réservées aux noirs) puisqu’elle n’a pas le droit d’utiliser ceux (réservées aux blancs) dans « son » immeuble .. c’est montre en « running gag », un peu à la Buster Keaton, sur fonds de musique soul, et « miracle » : cela rajoute – par la simple mise en scène et le découpage – au sentiment d’injustice…

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Le film est plein de petites scènes de ce type là. Malheureusement (à mon goût) il y a aussi les scènes types du film US édifiant : la petite histoire d’amour, l’éloge de la famille, les scènes à l’église (déjà mille fois vu et revu) …. mais dans l’ensemble j’ai passé un très très agréable moment dépaysant, instructif (ou nostalgique) et « feel good ».

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Tout le contraire de ce qui m’est arrivé avec « Sage Femme » de Martin Provost (Violette, Sérpahine) avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet…

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Claire est la droiture même. Sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père disparu, femme fantasque et égoïste, son exacte opposée. (allociné)

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Cette rencontre des deux Catherine (la flamboyante, joueuses aux cartes, futile (?), au seuil de la maladie versus la dévouée, rigide, limite chiante dans son abnégation) se veut être un film sobre intimiste, sensible. Et c’est vrai que cela commence plutôt pas mal. Malheureusement au fil des minutes le récit perd en crédibilité. Est-ce dû aux multiples ellipses (qui laissent dans le noir et/ou bon soins du spectateur) : elle était comment la complicité entre Claire (jeune) et Béatrice  (maîtresse du père) ? Est-ce dû au peu d’évolutions (ça traîne un peu dans le dernier tiers – malgré une prestation/présence très forte et sensible de Olivier Gourmet en chauffeur de camion/voisin jardinier qui réveille Claire à la « vie » (le désir en plus) – malgré aussi la tentative de « densifier » le récit : le fils de Claire veut devenir Sage-Femme, sera bientôt père,…). Ou est-ce la découverte qu’une opération d’un cancer au cerveau se fait aujourd’hui sans rasage des cheveux… ?

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Malgré l’abattage des deux Catherine et l’aide du sympathique Olivier Gourmet je suis sorti de la salle assez déçu.

A propos lorenztradfin

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