Jackie & Jack

Et voilà un film sensible tout simplement magnifique – sous ses airs froids.

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Le film aurait pu s’intituler « Les 4 jours de Jackie  » . Allociné résume ce « biopic cubiste » ainsi :

22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des États-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.

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Portrait de femme éclaté (c’est la marque de fabrique de Pablo Larrain – dont j’ai pu voir il y a peu « Neruda« ) : Première dame (Femme de J.F. Kennedy et amoureuse de ce mari volage) – femme déchue, mère, mère d’enfants perdus aussi, veuve … Jackie K. est tout cela – et certainement encore davantage puisque le metteur en scène, de par ses choix de mise en scène et de découpage/montage, laisse une large place au mystère.

Nous l’avons bien constaté à la sortie du film – nous étions un groupe de 8 …. et on aurait dit que nous n’avions pas vu le même film ((très !) longues discussions sur cette femme blessée au plus profond d’elle : sympathique ? antipathique ? vaine ? vaniteuse ? orgueilleuse ? amoureuse ? – [2 ont bcp aimé le film, 2 pas mal, 1 est tombé amoureux de N. Portmann, 3 hésitants … dont 1 qui (2 jours plus tard) regardait le film avec des yeux autres après la lecture des Cahiers du Cinéma et reconsidérait son opinion rétrospectivement]

C’est justement un entretien avec P. Larrain publié dans les Cahiers du Cinema (n° 730 – avec 17 ! pages sur le film) qui m’a révélé que le scénariste (Noah Oppenheim) a écrit le scénario sept ans auparavant (Steven Spielberg a abandonné le projet, Darren Aronofsky pareil) et que sa structure était initialement quasiment linéaire : deux courtes scènes d’interview (au début et à la fin), puis une succession chronologique qui allait de l’assassinat de J.F.K à  Dallas jusqu’aux funérailles. Il était prévu que Jackie apparaissait dans environ une scène sur cinq …. Larrain a tout chamboulé : dans son film Jackie/ Nathalie Portman est dans quasiment TOUS les plans, en y intégrant par ailleurs des extraits (refilmés à l’identique*) d’une émission pionnière dans son genre, A Tour of the White House with Mrs. John F. Kennedy, qui avait à l’époque battu tous les records d’audience

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(c’était la 1ere fois qu’une caméra était entré dans la Maison Blanche), et qui montrait Mme. Kennedy faire le tour du « propriétaire » de la Maison Blanche tout fraîchement re-décorée par elle.

L’image publique que « la veuve de l’Amérique » choisit de donner d’elle-même et de ses enfants pendant cette semaine cruciale est le sujet central du film….. Image qui allait être écornée par son mariage avec le richissime armateur grec A. Onassis.

Stéphane Fontaine, le chef opérateur dit du film (« faut aimer le cubisme« ) qu’il est éclaté, que la « construction (est) subtile, mais qui parvient à ne pas altérer ou étouffer les sentiments. D’ailleurs, je crois que c’est un film très sensible, sur le sentiment davantage que dans l’analyse du sentiment » (CdC N° 730 p. 20).

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Malgré la « froideur » que certains de mes amis ont ressenti, j’étais « scotché » et touché par la sensibilité du portrait de cette femme qui d’un instant à l’autre bascule dans le vide… qui tombe du haut de son piédestal dans un néant abyssal, se re-saisit, impose une marche funèbre « à la Lincoln » contre l’avis de tous, tout en étant complètement « détruite » à l’intérieur…

Saisissant la  scène – véridique – ou Jackie, qqs heures après l’assassinat, encore dans son tailleur maculé du sang (et de la cervelle) de JFK, est assise dans l’avion à côté du cercueil de son mari, encore sous le choc, et assiste au serment de Lyndon Johnson (qui remplacera JFK à la tête de l’Etat).

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Ses errements dans la Maison Blanche…

S’ajoute à cela une bande son qui fait de ce film comme c’était le cas pour « Neruda » quasiment un opéra (oui je récidive)…  Les 1h40 ont passé en une vitesse vertigineuse (j’aurai pu rester des heures)…- d’autres spectateurs trouvent le film trop lent… De gustibus non disputandum est.

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De plus, un autre petit frisson : la présence de John Hurt – qui vient de mourir – et qui dans ce film joue un prêtre confident (et qui discuté avec Jackie la mort, la vanité, la croyance/foi, les sens de la vie…)…

*Enfin un grand coup de chapeau au chef opérateur (Stéphane Fontaine) – tournage de la visite de la « maison du peuple » avec une caméra tri-tubes des années 80, passage au noir et blanc et en plus il a filmé le retour vidéo avec une caméra 16… donc « mélange entre la trame de la caméra vidéo et celle de l’écran, et la texture et le grain du 16 mm » & les prises de Nathalie Portman (vraiment éblouissante – comme actrice) à 50 cm (!) environ du visage…. on est avec, dans elle…

 

A propos lorenztradfin

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