Benedict & Juli

Aujourd’hui nous allons nous promener du côté Outre-Rhin.

Deux romans de la génération des jeunes auteurs (à succès) allemands: Benedict Wells & Juli Zeh. Des lectures qui ne m’ont ni ren- ni boule-versé.

« Becks letzter Sommer » (B. Wells) – Le dernier été de Beck

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Livre offert par ma collègue-amie S.H. en 2016, elle est consciente que je n’observe pas  (assez) l’évolution de la littérature allemande et aime contribuer à combler mes trous. (Merci S.!)

Benedict Wells est le nouveau prodige de la littérature allemande (Arte dixit : Benedict Wells a publié son premier roman à l’âge de 23 ans. Becks letzter Sommer, alias Le dernier été de Beck, plébiscité par la critique allemande, n’a toujours pas trouvé d’éditeur en France, ce qui ne saurait tarder, étant donné l’engouement outre-Rhin).

Le roman qui traite d’un  enseignant (le « Beck » du titre dit:  Those who can, do; those who can’t, teach ! (dans la trentaine, il est en pleine mid-life crisis et sa vie caractérisée par des histoires d’amour foireuses – même s’il y a une certaine Lara qui pourrait « faire l’affaire ») qui a marre de son travail. Il commence à trouver de nouveau de l’énergie en coachant musicalement un jeune élève (17 ans), d’origine lituanien, hyper-doué (un génie même contrairement à Beck qui lui a raté une carrière musicale  et n’est que « moyen »). S’ajoute à ce duo un ami géant noir hypocondriaque (Charlie). Ce trio va faire un voyage direction Istanbul (à travers la Hongrie, Roumanie) – attention : passage roadmovie.

Au retour du voyage Beck va démissionner de son poste de prof’ et déménage en Italie pour faire de la musique…mais l’inspiration lui manquera. Rauli pendant ce temps entame une carrière de musique (sans réussir toutefois).

Résumé qui dit tout et rien, vu que le sujet central « quand est-ce trop tard pour réaliser ses rêves ? » ainsi que la description de la vie tant amoureuse que de tous les jours de Beck prennent toute la place dans les 450 pages de la version poche (chez Diogenes). J’ai bien aimé le côté tragi-comique et la mélancolie qui caractérise le livre, mais je ne suis pas vraiment rentré dans ce roman – qui a servi de base pour un film sorti en 2015 en Allemagne (pas vu)

 .

C’est une vraie histoire (avec un très bon début enlevée et une belle fin ouverte) mais elle ne m’a pas « touchée ». J’ai apprécié l’écriture alerte, moderne, d’jeuns (les dialogues sont parfaits), mais souvent c’était trop loufoque et bavard (sans faire avancer le schmilblick, tout en instaurant, je le concède volontiers, une vraie ambiance) à mon goût – et certaines formules/expressions m’ont bien fait sourire. Toutefois, je comprends que le roman n’ait pas (encore ?) trouvé preneur pour la scène littéraire française (comme le film, qui ne se retrouvera jamais sur les écrans en France (comme tant d’autres)

Schilf – de Juli Zeh

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Ce livre existe en version française sous le titre « Ultime question » (chez Actes Sud) ultime-question-Schilf

Présentation de l’éditeur :

Un jeune homme accusé de meurtres se prétend originaire du futur où ses victimes vivent bel et bien. Il serait devenu assassin pour prouver l’existence de mondes multiples… Sollicités par la presse pour des éclaircissements scientifiques, Sebastian et Oskar, inséparables amis du temps de leurs études de physique, s’adonnent à une joute télévisuelle sur des questions cruciales : Qu’est-ce que la réalité ? Est-elle unique ? Existe-t-elle en dehors de notre perception ?
Quelques jours plus tard, un homme meurt et un enfant est enlevé. Les notions qui préoccupaient les deux hommes changent tout à coup de signification, et le commissaire Schilf se fraye un chemin à travers la jungle des indices présents ici-bas, dans le seul monde réel qu’il nous soit permis de connaître. Mêlant métaphysique et physique quantique à la question de notre rapport au réel et au virtuel, L’Ultime Question propose une intrigue haletante, servie par une intelligence redoutable.

Vous vous souvenez peut-être de ma fiche de lecture (enthousiaste) du dernier né de J. Zeh (« Unterleuten ») https://lorenztradfin.wordpress.com/2016/10/08/gibier-peri/

Contrairement à l’Éditeur (français), je ne trouvais pas très haletante ce livre de 2008  et je n’ai pas non plus retrouvé le « Hitchcock » annoncé par certains critiques allemands (« …inoubliable comme un les chefs d’œuvres de Hitchcock« ). Certes il y a pas mal d’oiseaux (et autres animaux) dans le roman, mais pas de trace de Sir Alfred.

Ainsi, j’ai eu un peu de mal avec l’arrière-fond scientifique (où la physique fondamentale et le hasard jouent un rôle central), aimé toutefois le personnage du commissaire Schilf et de ses acolytes (très bien « dessinés ») ainsi que le jeu avec les codes du roman noir – et leur détournement (enlèvement, meurtre, enquête policière). Schilf est un commissaire malade qui enquête sur un meurtre commis, tout en luttant contre la sienne (une mort annoncée) et démasquera rapidement le meurtrier (l’énigme sera résolue dès le cinquième chapitre – sur 7 « sans que l’histoire soit terminé pour autant« ).

Roman finalement ambitieux (d’un point de vu scientifique) tout en étant assez « malin »et décalé, sans toutefois m’emporter.

Ci-dessous, pour les germanophones, les versions allemande & française du prologue – qui permettra de voir que les traducteurs on fait l’impasse (peur de spoiler ?) sur le « mal de tête mortelle » (n’oublions pas que le commissaire à un cancer qui ronge)…. et ne connaissaient pas (ou ont préféré passer outre) le terme « schräge Musik » (en parlant d’un « biais » pour rendre le « schräg »…). L’expression signifie  plutôt « drôle de musique » ou « musique bizarre/étrange »…. 

Prologue

Nous n’avons pas tout entendu, en revanche nous avons pratiquement tout vu car rien ne s’est passé hors de la présence de l’un des nôtres.
Un commissaire, en proie à de violents maux de tête, qui prise une théorie bien particulière des sciences physiques et ne croit pas au hasard, résout sa dernière affaire. Un enfant est kidnappé sans le savoir. Un médecin fait ce qu’il ne devrait pas faire. Un homme meurt, deux physiciens s’affrontent, un officier de police est amoureux. A la fin, tout semble différent de ce qu’avait imaginé le commissaire – et pourtant parfaitement identique. Les idées de l’homme sont une partition où vient s’inscrire en biais la musique de sa vie.
C’est à peu près comme ça que les choses se sont passées, selon nous. 

traduction française de Brigitte Hébert et Jean-Claude Colbus.

 

« Wir haben nicht alles gehört, dafür das meiste gesehen, denne immer war einer von uns dabei.

Ein Kommissar, der tödliches Kopfweh hat, eine physikalische Theorie liebt und nicht an den Zufall glaubt, löst seinen letzten Fall. Ein Kind wird entführt und weiß nichts davon. Ein Arzt tut, was er nicht soll. Ein Mann stirbt, zwei Physiker streiten, ein Polizeiobermeister ist verliebt. Am Ende scheint alles anders, als der Kommissar gedacht hat – und doch genaus so. Die Ideeen des Menschen sind die Partitur, sein Leben ist eine schräge Musik.

So ist es, denken wir, in etwa gewesen“

 

 

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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6 commentaires pour Benedict & Juli

  1. viduite dit :

    Effectivement, L’ultime question, lu en français pour ma part, ne m’avait pas transporté. J’avais bien aimé, par contre, son premier, Une fille sans qualité. Merci en tout cas pour cette lecture.

    Aimé par 1 personne

  2. lorenztradfin dit :

    Je n’ai pas lu les 2 derniers (traduits) de Kehlmann. Je me suis arrêté avec « Ruhm » (Gloire) en jugeant » (qui suis-je pour juger ?) qu’il est peut-être un peu sur-évalué. C’est encore « Les arpenteurs… » ( Vermessung der Welt) qui est pour moi le meilleur.

    J'aime

  3. Elisa dit :

    Merci pour cet article, j’avoue qu’aucune de ces critiques ne me donne envie de me lancer. Et si tu devais conseiller un roman actuel venant de l’Outre Rhin, un et un seul… Lequel mettrais-tu tout en haut ?

    Aimé par 1 personne

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