De coyotes et de cochons (piggies)

Et voilà une claque…  Palahniuk, Robert Harris, Antoine Chainas, Bret Easton Ellis ou Truman Capote (de sang froid) rhabillez vous….

Je viens de lire le dernier-né de Simon Liberati (dont j’ai aimé « Eva » )

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« California Girls » est un roman-fiction basée sur des faits réels – les meurtres commis par les membres de la famille Manson http://thefriendshipcorollary.xooit.fr/t55-Charles-Manson.htm – et retrace les trente-six heures autour du passage à l’acte dans la maison de Roman Polanski (meurtre abominable de Sharon Tate et 4 autres personnes) ainsi que le massacre de la famille LaBianca.

Aragon aurait recommandé un jour (lu dans le dernier livre de Karin Tuil « L’insouciance ») : « de « sous-écrire » la réalité pour ne pas amplifier le réel. »

Dans le cas d’espèce je ne suis pas certain que Liberati a « sous-écrit ». C’est noir-noir, violent, abominable, toutefois drapé dans une écriture brillamment fine et documentée à donf….et formidablement construite. Je me suis posée la question en lisant si c’était du voyeurisme qui m’a fait avancer et me dis que finalement – non. Certes, je me dois d’avouer que j’étais fasciné par ces personnages si loin si loin de mon confort petit-bourgeois… qui n’avait touché que pendant les études les derniers soubresauts du mouvement hippie flower-power.

la-me-manson-tapes-archive-20120601  Le « beau » Tex.

Liberati nous ne cache rien (même s’il passe dans les 70 pages (sur 336 pages) de la description des meurtres dans la villa Polanski plus rapidement sur le meurtre de Sharon Tate, mais reprend « de plus belle » son service de chroniqueur pour nous relater les atrocités commises contre le couple LaBianca. Pour mémoire, le meurtre dans la maison de Polanski a duré une petite trentaine de minutes….

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Tout ça c’est dérangeant, on se trouve dans un no-mans-land entre fiction et faits réels… »Elle ne put s’empêcher de passer sa langue sur son doigt pour calmer l’échauffement, un geste enfantin qui la rassura grâce au goût salé de sa sueur. A peine sorti des profondeurs de sa salopette, le canif lui glissa entre les doigts et sauta comme une grenouille devant le type qui tenta de poser son pied dessus. Elle se pencha et récupéra l’arme en écrasant ses seins sur son dos dur et chaud alors que ses grandes mains semblaient prêtes à fouiller sa culotte. Contrairement à ce qu’elle espérait tout à l’heure, elle ne ressentait aucune excitation sexuelle. La peur la submergeait, le taux d’adrénaline montait si haut qu’elle était au-delà des sensations habituelles que lui procurait un type qui lui palpait les seins ou lui fourrait la main dans le slip..…. (p. 123)

 

Liberati nous décrit avant de venir aux meurtres la vie  à Spahn Ranch (où étaient logés Charles Manson et sa « famille » – et ou avait été tournée la  série « Bonanza » et ou les week-ends venus les touristes affluaient pour vivre la « vie de Cow-boys »), avant de suivre les divers protagonistes sur la base d’une documentation énorme (témoignages, rapports de police, auditions lors du procès, articles de journaux….) et montre d’une manière qui fait froid dans le dos comme ces tueurs ont pu continuer de vivre après les meurtres comme si rien ne s’était passé… (alcool, baise, drogues, vols…) – restant « innocents » ….

« Malgré l’heure tardive, il y avait encore du monde sur l’immense esplanade qui va de Santa Monica à Venice. Dans la masse noire, invisible et sonore de l’océan, les rouleaux dessinaient des lignes blanches que cassaient parfois les grands pontons de bois ornés de balises de couleur. A l’avant, dans le sable, on voyait les lueurs des feux de bois et des lanternes allumés par des groupes hétéroclites : des hippies mais aussi des étudiants, des gangs de latinos ou de nègres. On était samedi soir, en plein mois d’août, et la canicule finissante attirait beaucoup de noctambules sur la plage… » (p. 276 – immédiatement après les meurtres de la famille LaBianca – le « calme » )

La « famille » Manson :

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Extrait d’une interview avec Liberati :

Personnellement, j’écris le matin. Mais j’ai été totalement hanté par cette histoire. J’enquêtais sur le dossier, je passais ma vie sur Internet, à lire et relire les témoignages, à écouter des enregistrements – Susan Atkins a décrit six fois le déroulement du crime. Je vivais avec ce drapeau américain sur le canapé en velours marron vu sur les photos de la scène du crime, j’avais les plans de la maison en tête. J’ai commencé par le plus difficile, à savoir les meurtres. J’étais soulagé à chaque mort. Je me confiais à Eva: «J’ai enfin tué untel, il m’en reste encore deux.» C’était un travail d’obsédé, j’exorcisais vraiment quelque chose. J’ai été soulagé en mettant un point final au roman.  http://www.tdg.ch/culture/livres/Simon-Liberati-entre-sexe-drogue-et-meurtres-hippies/story/29170700

Un peu soulagé aussi après avoir fini le livre. Si on a envie de sortir un peu du ron-ron – c’est farpait … mais pas de tout repos.

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Les filles « californiennes » de C. Manson – un blog épatant qui retrace une à une les différentes femmes de l’entourage de Manson :

https://roxstar777.wordpress.com/tag/manson-girls/page/6/

Leslie :

http://www.tueursenserie.org/leslie-van-houten-pourrait-etre-liberee/

au moment de la demande de libération (refusée)…

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PS – Je lis dans « M » le magazine du Monde en date du 29.10. que Brian Wilson, le « patron » des Beach Boys – dont la chanson « California  Grils » est à l’origine du titre du livre de Liberati – est en 1968 encore un grand proche (!) de C. Manson (comme N. Young par ailleurs) – donne un concert le 30 octobre à la Salle Pleyel avec « Pet sounds » un des albums classics du pa,panthéon de la musique pop.

A propos lorenztradfin

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8 commentaires pour De coyotes et de cochons (piggies)

  1. CultURIEUSE dit :

    Je ne crois pas avoir envie de me plonger dans ce bain de sang pour ma part…Je choisirai plutôt Eva pour faire connaissance avec cet auteur.

    Aimé par 1 personne

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