Aucun homme ni dieu

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Roman de William Giraldi (traduit de l’anglais US) par Mathilde Bach (titre original : Hold the dark – et en Allemagne le titre du livre est  « Wolfsnächte » – nuits de loups)

Editions Autrement (Littératures)

Présentation de l’Editeur :

«Le premier enfant disparut alors qu’il tirait sa luge sur les hauteurs du village. Sans un bruit – nul cri, d’homme ou de loup, pour témoin.» Quand Russell Core arrive dans le village de Keelut, la lettre de Medora Slone soigneusement pliée dans la poche de sa veste, il se sent épié. Dans la cabane des Slone, il écoute l’histoire de Medora : les loups descendus des collines, la disparition de son fils unique, la rage et l’impuissance. Aux premières lueurs de l’aube, Core s’enfonce dans la toundra glacée à la poursuite de la meute. Aucun homme ni dieu nous entraîne aux confins de l’Alaska, dans cette immensité blanche où chaque corps qui tombe, chaque cri, semble absorbé par la splendeur silencieuse de la nature. Un roman envoûtant, poétique, inoubliable.

Ahh une belle claque ce roman/thriller  – comme si Sonatine et Gallmeister avaient essayé de faire éditer un roman ensemble. A la lecture me venait – souvent – à l’esprit Cormac McCarthy  (The road, No country for old men) – structure des phrases, rythme, déroulement, la violence – récit parsemé de passages un peu lyriques sur les immenses paysages enneigés, le froid….

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A la lecture de la 4e de couv’ on s’attend à tout mais pas à ce que l’auteur lâchera Russel Core à la page 109 pour le « réveiller » et faire réapparaître de nouveau page 259 (sur 309p) seulement, pour le feu d’artifice finale.

Loups, l’homme qui est le loup pour l’homme, la violence (la guerre – Afghanistan .Iraq ?), chamanes, les villageois métissés  de ce pays à 500 km d’Anchorage, là ou la nature vit selon ses propres règles… et ou il y a plus de petits avions  (coucous) qui s’écrasent dans les blizzards que de mouches à Grenoble en pleine été…

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« Autrement » garde une page à la fin de ses romans pour le « Mot du traducteur » :  Mathilde Bach écrit donc (entre autres) : « En entrant dans le texte, les premières impressions sont sensorielles, le froid d’Alaska, la sécheresse du désert,la douleur d’une mère, la violence de la guerre, le goût d’acier de la vengeance, le goût de soufre du secret. Puis on entre dans la langue, et il y a comme une musique permanente, qu’on n’avait pas entendu tout d’abord, mais qui est partout une fois qu’on l’a perçue. »

Je ne peux souscrire à cette sensation.

Un très beau page-turner qui vous emmène loin (pas seulement géographiquement) – toutefois à déconseiller aux personnes « sensibles », il y a des explosions de violence assez hard (mais qui m’ont – comme je l’ai dit plus haut – rappelé Cormac McCarthy  et parfois Don Winslow)

 

Livre lu dans le cadre du jury du Prix Pierre-François Caillé. Je parle ici à mon propre nom et aucunement ni au nom du Jury ni au nom de la SFT.*

*Le jury, présidé par Mme Débora Farji-Haguet et composé de quatorze traducteurs professionnels dont M. Björn Bratteby, président de la SFT, s’est réuni le vendredi 24 juin pour délibérer et présenter la liste des ouvrages retenus. Après une première lecture, six titres ont été sélectionnés sur l’avis positif d’au moins trois membres du jury. Il s’agit de quatre ouvrages de fiction et deux ouvrages de non-fiction, publiés par des grands groupes d’édition mais aussi des maisons indépendantes, dont un éditeur suisse :

  • Mathilde Bach, pour sa traduction de l’anglais (États-Unis) d’Aucun homme ni dieu de William Giraldi, aux éditions Autrement,
  • Hélène Cohen, pour sa traduction de l’anglais (États-Unis) de Dix jours dans un asile, un reportage de Nellie Bly, aux éditions du sous-sol/Seuil,
  • Lionel Felchlin, pour sa traduction de l’allemand (Suisse) de La Poste du Gothard ou les états d’âme d’une nation, de Peter von Matt, aux éditions Zoé (éditeur suisse),
  • Romane Lafore, pour sa traduction de l’italien de Sur la pointe des pieds de Luca Rastello, aux éditions de la Table Ronde,
  • Tatjana Marwinski, pour sa traduction de l’allemand (Suisse) de Le printemps des barbares de Jonas Lüscher, aux éditions Autrement,
  • Lucie Modde, pour sa traduction du chinois de Tout ça va changer, de Lao Ma, aux éditions Philippe Picquier.

Le prix sera décerné le 2 décembre, après délibération du jury, selon une grille d’évaluation très précise qui tient également compte de la qualité du travail des éditeurs.

A propos lorenztradfin

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