Le printemps des barbares

Un autre livre lu dans le cadre de ma participation au Jury du prix Pierre-François Caillé, dont la SFT a par ailleurs publié la liste des livres en lice *. Il s’entend que je ne parlerais pas de la traduction ni de mon avis sur les chances de la trouver dans le trio de tête du jury et exprimerai uniquement mon opinion personnelle (et ne parlerai en aucun cas au nom du jury)

« Le Printemps des barbares »  –  Jonas Lüscher – traduit par Tatjana Marwinski (de l’allemand suisse) – Editions Autrement

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194 pages – presque une nouvelle que Jonas Lüscher nous propose – le roman a reçu le Prix Franz-Hessel https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Franz_Hessel  en 2014.

Le roman (la nouvelle ?) se passe dans un future proche (mais on pourrait tout à fait penser que c’est de nos jours). Le narrateur se promène avec un homme d’affaires, héritier d’une entreprise suisse spécialisée dans les circuits CBC, qui se trouve dans le même centre hospitalier psychiatrique (sic). C’est cet homme qui va raconter une histoire de sa vie (? vraiement ?) avec un nombre de retournements de situations impressionnants, des dangers, aventures en Tunisie….

L’homme d’affaires est l’invité d’un hôtel-spa de luxe (« Thousand and One Night Resort ») dans lequel sera organisé un mariage avec environ 70 personnes venant de la City de Londres, jeunes, riches, déconnectés de la vie ordinaire.  Disons qu’ils sont tous ultra-riches (brassant des milliers à la pelle)  au début de la fête et dans la nuit du mariage aura lieu un krach boursier d’ampleur mondial qui réduira à rien leurs fortunes (ils recevront par SMS leurs licenciements, ne pourront plus payer les/la facture(s), leurs comptes étant bloqués etc…) ce qui mènera inévitablement à un chaos, la barbarie du titre (je ne vous dit pas plus – ça y va ! )

Fascinant dans ce roman l’écriture un peu démodé, quasiment lascif d’un homme d’un certain âge – Lüscher, lui est né en 1976 – plutôt du genre passif, observateur – pour nous décrire des choses assez grotesques ou bizarroïdes (p.ex. cette image hallucinante de chameaux tués dans un accident d’autocar… et/ou quelques scènes d’un humour british de bon bon aloi…..ce qui m’amène, moi le lecteur, à penser parfois aussi que tout ce que je lis est le fruit d’un dérangé, ou que le monde est devenu fou.

La critique germanophone compare Lüscher à Martin Suter. Et ce côté Suterien fait que la lecture est agréable, teinté d’humour (noir aussi), parle de notre époque sans crier gare et s’avère être un beau passe-temps estival, parsemé de quelques réflexions sur l’argent, le monde régi par l’argent ; la confrontation occident-orient, riches vs « pôvres »….

* Décerné depuis 1981 par la Société française des traducteurs (SFT) en coordination avec l’École Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs (ESIT), le prix Pierre-François Caillé de la traduction récompense chaque année un traducteur d’édition en début de carrière (ayant à son actif au maximum trois ouvrages traduits et publiés). Pour l’édition 2016, les éditeurs étaient invités à proposer des œuvres littéraires de fiction ou de non-fiction (y compris des ouvrages de poésie, théâtre, bande-dessinée, vulgarisation scientifique et technique) traduites en français et publiées en 2015.

Le jury, présidé par Mme Débora Farji-Haguet et composé de quatorze traducteurs professionnels dont M. Björn Bratteby, président de la SFT, s’est réuni le vendredi 24 juin pour délibérer et présenter la liste des ouvrages retenus. Après une première lecture, six titres ont été sélectionnés sur l’avis positif d’au moins trois membres du jury. Il s’agit de quatre ouvrages de fiction et deux ouvrages de non-fiction, publiés par des grands groupes d’édition mais aussi des maisons indépendantes, dont un éditeur suisse :

  • Mathilde Bach, pour sa traduction de l’anglais (États-Unis) d’Aucun homme ni dieu de William Giraldi, aux éditions Autrement,
  • Hélène Cohen, pour sa traduction de l’anglais (États-Unis) de Dix jours dans un asile, un reportage de Nellie Bly, aux éditions du sous-sol/Seuil,
  • Lionel Felchlin, pour sa traduction de l’allemand (Suisse) de La Poste du Gothard ou les états d’âme d’une nation, de Peter von Matt, aux éditions Zoé (éditeur suisse),
  • Romane Lafore, pour sa traduction de l’italien de Sur la pointe des pieds de Luca Rastello, aux éditions de la Table Ronde,
  • Tatjana Marwinski, pour sa traduction de l’allemand (Suisse) de Le printemps des barbares de Jonas Lüscher, aux éditions Autrement,
  • Lucie Modde, pour sa traduction du chinois de Tout ça va changer, de Lao Ma, aux éditions Philippe Picquier.

Le prix sera décerné le 2 décembre, après délibération du jury, selon une grille d’évaluation très précise qui tient également compte de la qualité du travail des éditeurs.

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Un commentaire pour Le printemps des barbares

  1. Oh ! éditions Autrement, en principe gage d’originalité et de qualité, il ne doit pas être trop cher en plus… » ce qui mènera inévitablement à un chaos, la barbarie du titre (je ne vous dit pas plus – ça y va ! ) » Voici la phrase tentatrice

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