Trio cinématographique

C’était avant Bruxelles – et pendant la fonte des neiges. Après la « wilderness » de Catherine Poulain (Alaska) – critique du livre à suivre – j’ai fais ma sortie cinéma un soir ou j’avais envie d’un « Into the wild » puissance 2.

« The revenant »  (Alejandro Gonzalez Iñarritu)

The-Revenant-2016

Beaucoup d’images fortes dans ce film dans lequel transpire à chaque image la torture que doit avoir été le tournage de ce spectacle cinématographique qui a permis à Leonardo di Caprio d’empocher (enfin) son premier Oscar. (Emmanuel Lubezki à la caméra nous offre avec une caméra Alexa 65 de chez Arri des images d’une grande beauté plastique). Un trappeur (di Caprio) survit à une attaque de grizzly (scène assez impressionnante) et se vengera de la personne qui l’a laissé pour mort. C’est un survival pur et dure (avec son lot d’épreuves impitoyables), ce qui fait aussi que le film (2h36 quand-même) se traîne parfois un peu  avec aussi une traque finale assez étirée. Quelques scènes plutôt hallucinantes – de brutalité aussi (attaque d’indiens très réaliste), un di Caprio qui parlera peu mais crève l’écran avec sa performance signifiant les souffrances qu’il endure  (ahh le dernier regard qu’il nous jette !!) – se rajoutent de belles images d’une nature (encore) vierge, des arbres dans le style de Terence Malick….  (un maximum des scènes tournées vers les 16-17h avec une lumière rasante…)

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… Je me souviens encore de quelques images et de la volonté perceptible de Alejandro Gonzalez Iñarritu  de dépeindre le versant négatif du colonialisme….mais conlsu avec les mêmes phrases que la Culturieuse Martine F. sur FB : « Mais j’ai trouvé le fond un peu léger. « On est tous des sauvages » (sauf un)? On le savait, non? »

Autre sortie américaine : « Spotlight » (Tom McCarthy)

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Suivant un bon bouche à l’oreille – et malgré quelques voix discordantes – et « sensibilisés » par l’affaire autour du cardinal Barbarin, nous sommes allés voir cet opus oscarisé avec une flopée de stars (Mark Ruffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams, Liev Schreiber…)

Pas mal de discussions (autour d’une salade, fromage et un second vin Margaux  ( « Sirène de Giscours » 2012) après ce film-dossier académique certes, mais bien ficelé et rendant plutôt rythmé et accessible le travail de fourmis certainement ennuyant et barbant d’un groupe de journalistes. Ces vaillants travaillent arrache-pied pour mettre au grand jour le scandale (fait réel !) d’une Eglise catholique qui – aux Etats-Unis, ou la période de prescription  pour des faits de pédophilie est de 3 (trois !!) ans seulement – enterre les actes horribles commis envers des jeunes enfants, après avoir payé max. 20.000 $ aux familles contre leur silence …. Le film se concentre sur l’équipe des quatre (cinq) chroniqueurs et laisse quasiment hors champs les discussions/débats qui ont certainement eu lieu au sein de l’institution ecclésiastique. Les 2h08 passent en un éclair, peut-être deux temps morts -, le spectateur s’indigne  et on se dit que le journalisme d’enquête peut avoir du bien.

« The Assassin » (Hou Hsiao Hsien)

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« Saisir le battement de l’image » – tel semble être le credo de Hou Hsiao Hsien (68 ans),  taïwanais, dont j’ai pu voir (et aimer) dans le passé Le maître des Marionettes, Millenium Mambo et Le voyage du ballon rouge... et qui passe avec cette oeuvre là au film d’époque. Je dois avouer que même après avoir lu maintes critiques érudits je n’ai pas trouvé l’accès pour bien appréhender c e qu’il nous propose. Je laisse parler « Critikat »  http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/the-assassin.html

« Nous sommes donc en Chine au IXe siècle, au moment où la province de Weibo tente de se soustraire à l’autorité impériale des Tang. Yinniang, après avoir été initiée par une nonne aux arts martiaux, revient dans sa famille à la suite d’un exil de plusieurs années. Elle appartient à l’« ordre des assassins », et sa mission, justicière, est d’éliminer les tyrans. À son retour, sa mère lui remet un morceau de jade, symbole du maintien de la paix entre la cour impériale et la province de Weibo, mais aussi de son mariage avorté avec son cousin Tian Ji’an. Fragilisé par les rebellions, l’Empereur a tenté de reprendre le contrôle en s’organisant en régions militaires, mais les gouverneurs essayent désormais de les dérober à son autorité. Devenu gouverneur de la province de Weibo, Tian Ji’an décide de le défier ouvertement. Mais Nie Yinniang a reçu pour mission de la nonne de tuer son cousin, et elle lui révélera son identité en lui abandonnant le morceau de jade. C’est donc le dilemme tragique par excellence qu’expose The Assassin à travers la figure de Yinniang, devant choisir entre le sacrifice de l’homme qu’elle aime et la rupture avec son ordre.

Pour autant, la fresque historico-tragique centrée autour de ce couple fait la part belle à un autre binôme, féminin celui-là : si dans les nombreuses scènes de la première partie du film, il est difficile de comprendre la répartition des forces en présence, ce sont explicitement les figures antithétiques de Yinniang et de son maître, la nonne, respectivement vêtues de noir et de blanc, qui sont mises en évidence dès l’ouverture et la quasi clôture du film. Cette opposition chromatique est mise en scène davantage comme une réversibilité et une polarité par les cadrages : si l’un est oblique descendant avec Yinniang à sa gauche, l’autre qui lui fait écho par symétrie est oblique ascendant avec la nonne cette fois-ci à gauche. Entre ces cadrages aux deux extrémités de The Assassin, il est question de la voie de l’épée, sans cœur et sans pitié, et de la voie du cœur, chemin où évolue la figure tragique de Yinniang partagée entre devoir et amour. C’est encore une typologie de portraits féminins dressée par HHH, que ce soit dans la figure de la mère de Yinniang, dans la concubine et la femme de Tian Ji’an. Et, sans rien révéler de l’intrigue, c’est une question féminine qui dénoue le film et mène Yinniang à une sorte d’enfantement d’elle-même. Comme le phénix à qui la femme-assassin est comparée, c’est sa renaissance qui est le vrai sujet du film. Malgré, on l’a dit, la difficulté à appréhender le film, c’est un paradoxal mélange d’abstraction, d’épure, de retenue et de sensualité qui en fait toute sa beauté. C’est une suave picturalité que compose HHH avec ses plans tournés en Mongolie intérieure, mais aussi dans le raffinement extrême de la composition de ses tableaux : »

Je retiens du visionnage de belles images, une histoire difficile à suivre dans la première demie-heure, et que 6 personnes ont quitté la salle pendant la projection. Malheureusement je n’étais ce jour là pas sensible  à la sensualité (supposée) du film.

 

 

 

 

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour Trio cinématographique

  1. Asphodèle dit :

    Pfffiou, trois films à commenter d’un coup ? Tu as bon appétit dis donc ! 😆 The revenat ne m’attire pas vraiment sauf pour la beauté des images mais j’irais bien voir Spotkight ! J’en ai un autre sous le coude dont on me dit du bien « 45 ans » avec Charlotte Rampling…

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  2. Asphodèle dit :

    holala les fautes de frappe, je n’ai pas mes lunettes !!! 😆 Revenant et Soptlight !!!

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