Vrille arrière : le plongeon

J’aurai dû consulter l’excellent blog

http://www.nyctalopes.com/en-vrille-de-deon-meyer-le-seuil-policier/

avant d’emmener en vacances au ski la nouvelle production de Deon Meyer « En vrille » – traduit de l’afrikaans par Georges Lory, et j’aurais évité une déception.

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Je dois être lègerement Meyeromane ou addictif (comme Benny Griessel – le héro alcoolique récurrent) pour m’avoir laissé attirer une nouvelle fois dans les filets du Seuil malgré mes réserves exprimées dernièrement quant à la production désormais industrielle de Meyer (à l’image des Connelly, Grisham, Winslow etc…) .https://lorenztradfin.wordpress.com/2013/10/08/10080-minutes/  (et pourtant j’avais déjà replongé pour « Cobra »)…Une envie sous-jacente ou subliminale de voir (enfin) l’Afrique du Sud ? Le souvenir du pinotage et la promesse de nous faire voyager dans le vignoble sud-africain ?  http://avis-vin.lefigaro.fr/vins-du-monde/carnet-de-voyage/o112891-comprendre-les-vins-sud-africains et/ou http://chapitrevin.fr/Les%20vins%20d’Afrique%20du%20Sud.pdf ou tout simplement une « fidélité » aveugle de lecteur ?

4e de couv’

« Traumatisé par le suicide d’un collègue, Benny Griessel replonge dans l’alcool. Sa supérieure hiérarchique le protège en confiant à son adjoint Cupido l’enquête sur le meurtre d’Ernst Richter, créateur d’un site qui fournit en toute discrétion de faux alibis aux conjoints adultères. Richter faisait chanter ses clients. Est-ce là une piste ? L’analyse des relevés d’appels de son portable, l’épluchage des comptes de sa start-up, les interrogatoires de ses employés, les perquisitions ne donnent rien. Les soupçons se portent aussi sur François du Toit, un viticulteur en faillite. Rien de probant. Les Hawks sont dans l’impasse. La solution surgira, contre toute attente, de l’esprit embrumé d’un Griessel au bout du rouleau. »

Deon Meyer choisit d’entrée de jeu de distendre le récit – ce sont deux blocs d’histoires qui avancent en parallèle et ne se joignent que sur les dernières 50 pages environ (sur 446 ) – D’une part il nous propose la description minutieuse de l’enquête sur le meurtre d’un créateur de site web un peu louche sur les bords et d’autre part le monologue-dialogue entre un viticulteur avec son avocate (monologue qui permet de retracer – dans la veine de description sociologique de l’Afrique du Sud que j’ai aimé dans le passé dans ses romans –  l’histoire (de l’économie et des producteurs) du vin en Afrique du Sud, sujet certes intéressant pour le buveur de jus de raisin que je suis, mais qui n’est pas assez capiteux, pardon captivant et donne envie de retourner rapidement à l’enquête. Enquête dans laquelle Benny aura certes un rôle déclencheur pour trouver LA solution mais dans laquelle son collègue Vaughn Cupido (et son histoire sentimentale avec la belle Desirée  (sic !)) prend une place bcp plus grande.

C’est finalement assez mou – même si l’Histoire tient debout et reste honnête, oui un petit policier (je ne dirai pas polar) série B écrit à la va-vite (presque comme une ébauche pour un scénario), correctement traduit  par Georges Lory (une seule typo  p. 37 : « c’est pourquoi elle ne se laisse par influencer par le fait que... » – avec parfois des phrases qui me confortent à lire des romans d’autres contrées avec leur regard sur notre monde : Cupido qui sermonne Benny qui noie sa culpabilité de ne pas pouvoir stopper la criminalité dans son pays …. »Sais-tu combien d’embarcations chargées d’immigrants misérables accostent là-bas, dans les pays européens. Tu crois que chez eux la criminalité diminue ?  » (p. 247)

Lecture finalement décevante, mais rapidement bouclée (une production série B qui ne pèse pas lourde) et qui tout compte fait, à une semaine après la lecture, ne s’est pas imprimé dans mes cellules grises, à part peut-être l’histoire de la famille Du Toit (monologue) présentée presque comme un documentaire sur la viticulture sud-africaine. On peut éviter.

 

 

A propos lorenztradfin

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3 commentaires pour Vrille arrière : le plongeon

  1. CultURIEUSE dit :

    « La fidélité aveugle du lecteur »…ça me parle! j’achète mes auteurs préférés même s’ils m’ont déçus, tels Harrison ou Roth. Et j’ai tout Djian, (sauf Doggy bag) même s’il m’a gavé à un moment. Mon gourou de lecture. Son « Chéri-chéri », que j’ai réussi à attendre en poche et viens de terminer, est magistral, mieux que « Dispersez-vous… »

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  2. lorenztradfin dit :

    ça me rassure – merci pour ce soutien psychologique !

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  3. On est trois à être bien d’accord. Deon Meyer, j’en ai lu un, puis deux, puis plus. Si tu as envie d’Afrique du Sud, Bernhard, je te conseille vivement Louis Ferdinand ( ça ne s’invente pas…) Despreez, en particulier « Le noir qui marche à pied ». Et c’est un personnage intéressant, en plus. Je suis aussi addict à quelques auteurs, je distribue mes indulgences moi aussi ah ah ah !!!. Quant à Nyctalopes, je confirme que c’est un très bon blog, et de belles chroniques. Même si on n’aime pas forcément tout ce que partagent les autres, parfois, ça aide à faire le tri dans la pléthore. Bises, camarade !

    Aimé par 1 personne

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