Ahlam, Issam et les autres

Lu dans le cadre de notre Club de Lecture le roman de Marc Trévidic, grande figure de l’antiterrorisme en France, (et) spécialiste des filières islamistes. Avec son roman, le juge trace de façon implacable, glaçante, le portrait d’un monde qui chavire. (d’après la 4e de couv’).

Pour le dire d’emblée, je sors essoré, dépité de cette lecture et suis très très content de me plonger actuellement dans un livre autrement mieux écrit : « Pour la peau » (de Emmanuelle Richard).

Le site « livreshebdo » résume ainsi : http://www.livreshebdo.fr/article/marc-trevidic-ahlam-chez-lattes

« Le 2 janvier 2000, peu avant midi, une silhouette blanche débarqua du ferry El Loud. » C’est la première phrase du premier roman du juge Marc Trévidic,Alham, initialement programmé pour le mois de mars mais dont la sortie a été avancée au 6 janvier par son éditeur, Lattès.

Marc Trévidic y raconte l’histoire de Paul Arezzo, jeune prodige français de la peinture détruit par une rupture amoureuse et qui cherche à retrouver l’inspiration dans les couleurs de la petite ville de Kerkennah, en Tunisie. Il se lie d’amitié avec un pécheur, est accueilli au sein de sa famille, et se met à enseigner la peinture à Issam, le fils, la musique à Ahlam, la fille. Alors que le professeur reprend goût à la vie, ébloui par le talent de ses jeunes élèves, la haine et l’islamisme grandissent en Tunisie, exacerbés par les exactions du régime de Ben Ali. Autrefois inséparables, le frère et la sœur prennent peu à peu des chemins différents : Alham, belle jeune femme libre, devient une figure de proue de la révolution tunisienne, tandis qu’Issam se radicalise.

Puisant dans son expérience de dix ans au pôle antiterrorisme du tribunal de grande instance de Paris, l’auteur livre un premier roman prenant et documenté sur les origines de la montée de l’islamisme en Tunisie, et sur la récupération de la « révolution de jasmin » par les partis religieux. Porté par une écriture sensuelle, Alham se révèle aussi une ode à la beauté de l’art.

320 pages, 9 mots à la ligne, franchement je n’ai pas trouvé une écriture « sensuelle ».

« Elle était vêtue d’une robe légère dont le haut avait glissé jusqu’à la chute de ses reins. Sa nuque était nue, ses bras étaient nus, son dos était nu…Son corps était parfait. … » (p.280)

« …Paul était entré dans la famille. Il fut invité souvent. Un soir sur deux, après chaque sortie en bateau avec Farhat, il venait déguster la cuisine de Nora et manger du regard la cuisinière. …. Mais Paul était troublé. De plus en plus. Il était tombé sous le charme de Nora, de ses courbes parfaites, de ses gestes gracieux, de ses mouvements de tête raffinés et envoûtants, de ses cheveux noirs ondulants… (p. 34)

Si  l’opposition de la beauté des arts (musique, peinture – qui sont elles « haram » (péché)) et le fanatisme religieux , mêlée à  des réflexions sur la fragilité et malléabilité d’un adolescent et surtout le lavage de cerveau et la radicalisation de jeunes avaient des attraits sur le papier, si les apparitions dans les médias du juge (bel homme) et ses interventions au moment des attentats donnaient envie de connaître son écriture – le résultat est (était pour moi)  bonnement décevant.

Pour atténuer ce jugement, Je dois toutefois dire que les pages de ce livre dans lesquelles il décrypte et/ou décrit la radicalisation d’Issam … et/ou les évolutions politiques en Tunisie ainsi que certaines réflexions sur la liberté  et les droits des femmes, me font dire que Marc Trévidic devrait arrêter d’écrire des romans et plutôt se consacrer à des essais ou sa riche documentation et observation des réseaux et mécaniques de radicalisation auront plus d’impact que dans ce « roman de gare » ….

MoquŽe en bord de mer sur l'ile de Kerkennah

MosquŽee en bord de mer sur l’ile de Kerkennah (Nicolas Fauquet) 

Ci-dessous le lien vers un article de blog intéressant puisque il note toutes les références musicales du livre. La musique joue un rôle important dans ce livre… malheureusement parfois de manière trop lourde, notamment quand M. Trévidic nous propose sur plusieurs pages une théorie portant sur une sorte de langage universel permettant de transposer sur une toile « des mots » (rimes), « des notes »,  et des soupçons de « Dom Juan » par des couleurs… (sa « liste de Prévert de la peinture » p. 101 – 110 + 304 – 311) …

http://www.voixdeplumes.com/?p=144

 

 

 

 

A propos lorenztradfin

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5 commentaires pour Ahlam, Issam et les autres

  1. CultURIEUSE dit :

    Effectivement ces deux extraits sont affligeants.

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  2. Philisine Cave dit :

    Les deux extraits montrent un manque de musicalité des phrases et je suis super surprise de découvrir que l’auteur est mélomane, parce que cette sensibilité-là ne se retrouve dans son écriture, enfin celle que tu montres. Je n’avais pas l’intention de le lire. Je me méfie toujours des coups de projecteur médiatique.

    Aimé par 1 personne

  3. Laure Micmelo dit :

    Je n’étais pas très intéressée par ce livre, mais j’ai entièrement confiance en ton jugement, et là, clairement, un livre mal écrit et décevant, je vais passer mon tour.

    Aimé par 1 personne

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