CDO & MBS en goguette

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CMO, CDO, CLO, MBS, ABS ….ces acronymes à trois temps dansent bien la valse viennoise au-dessus du volcan …Au vu des tempêtes sur les marchés financiers en ce début d’année (le krach sur les places financières asiatiques fait plonger toutes les places dans le monde  ou pour utiliser une des métaphores que j’affectionne : la Chine éternue et tout le monde attrape le rhume) je me dois – avec un temps de décalage – de parler d’un film que j’ai vu à Noël avec mon fils (et sa femme) :

« The big short  – Le casse du siècle » (de Adam Kay sur la base d’un livre de Michael Lewis The Big Short: Inside the Doomsday Machine) avec, excusez du peu :  Christian Bale, Steve Carell, Ryan Gosling, Brad Pitt…

Left to right: Jeremy Strong plays Vinny Peters, Rafe Spall plays Danny Moses, Hamish Linklater plays Porter Collins, Steve Carell plays Mark Baum, Jeffry Griffin plays Chris and Ryan Gosling plays Jared Vennett in The Big Short from Paramount Pictures and Regency Enterprises

Nous sommes en 2005. Le monde financier invente chaque jour de nouveaux instruments financiers, toujours plus audacieux et risqués, l’économie est en plein essor. Dans ce contexte assez insouciant et dominé par la cupidité  (ahhh, ces Lehmann, Fannie Mae, Freddie Mac, Bear Stearns, DB & Cie…), même les chômeurs peuvent s’endetter (grâce à des commerciaux véreux) et devenir « avec un risque minimal » propriétaires de leur chez eux….

Left to right: Ryan Gosling plays Jared Vennett and Jeffry Griffin plays Chris in The Big Short from Paramount Pictures and Regency Enterprises

Un gestionnaire de hedgefond, joué par Christian Bale, prévoit (calculs et facteurs multiples à l’appui) que le monde financier n’est pas loin d’un Crash gigantesque. Les banquiers et actionnaires auxquels il explique ses pronostics restent sourds  et se plient en quatre (tout en encaissant des commissions monstrueuses) quand il commence à parier contre le mainstream, contre l’immobilier (dont il perçoit bien la bulle) en « vendant à  découvert »* les actions des grandes sociétés immobilières quand d’autres pensent encore que cela montera au ciel…….quelques spéculateurs se joignent à lui, ou suivent dans le sillage…. 2 ans et demi plus tard le Krach a lieu …. et le fond de C. Bale va empocher un pactole en hausse de 478% (!)…

*La vente à découvert consiste à emprunter un titre contre le versement d’un intérêt, le vendre puis attendre la baisse effective pour le racheter et le rendre à son prêteur en ayant donc réalisé un profit. Cela consiste donc à parier que le prix d’un titre va baisser.

Je m’étais attendu à une des nombreuses variations autour des finance movies (« Margin Call » – Chandor ou « Loup de Wall Street » – Scorcese) avec un casting de rêve (ils sont tous parfaits), mais c’est plutôt un petit ovni assez malin, rapide et cynique qui prend  avec délectation tous les spectateurs pour des Nuls en finance…. en effet, noyé dans le croisement et recroisement des divers acteurs on assiste à un cours sur la cupidité des as de la finance, des traders et d’autres gestionnaires de fonds et on apprend pleines de choses sur les rouages de ce monde (vulgarisation souvent très jouissive : l’explication des CDO (obligations adossés à des actifs) par une Margot Robbie (déjà dans Loup de Wall Street)

margot-robbie

dans une baignoire grand luxe, mousse jusqu’aux épaules, verre de champagne en main…. jusqu’au moment ou elle congédie le spectateur… « Now, please, fuck off… »  vaut son pesant de « peanuts« .

Ruptures de ton, voix off, extraits de reportages de l’époque, juxtaposition de bling-bling et de gens jetés dehors de chez eux, incapables de payer leur traites… ce mélange de genres fait passer le sujet ardue comme un extrait de compte, comme une lettre à la poste je veux dire,  et rend (presque ) drôle la crise financière. Le film est un chouia trop long dans le dernier tiers, peut-être aussi parce que le spectateur a une avance sur les protagonistes (nous savons comment cela s’est terminé) et le ton allègre du début devient un peu plus grave, sans pour autant prendre position clairement contre  la finance déjantée (on sent juste qu’il est anti-capitaliste) et ne pose pas plus de questions puisque the show must go on….. (peut-être on aura un jour aussi un film sur la bombe à retardement que sont les prêts aux étudiants (aux States comme ici en France) ???)

Voici un extrait « typique » du film :

https://www.youtube.com/embed/Hs0YCD1O_ZA« >

J’ai passé un moment exquis – mais pour mon « eskuz » : mon job est de traduire (entre autres) des textes financiers et en tant que spectateur j’ai une petite avance (j’ai déjà lu le Tome IX de « Finance pour les Nuls »)

Left to right: Brad Pitt plays Ben Rickert and Finn Wittrock plays Jamie Shipley in The Big Short from Paramount Pictures and Regency Enterprises

 

 

 

 

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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3 commentaires pour CDO & MBS en goguette

  1. je n’envisageais pas de le voir, mais finalement…why not ? 😉

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  2. lorenztradfin dit :

    Par rapport à « Bélier » ça reste quand-même très très américain (pour une fois ce sont les « good guys » qui sont aussi des « bad guys » mais le film ne embarrasse pas de morale…. il n’est quand-même pas indispensable…

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  3. CultURIEUSE dit :

    Moi je n’irai pas…j’ai ma déclaration d’impôt à remplir, ça me prend bien assez la tête comme ça!

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