Glace en hiver

Un hiver de glace – Winter’s Bone de Daniel Woodrell (Rivages – traduit par Frank Reichert)

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Le livre – je l’ai acheté après avoir lu une belle critique de ma chère Lectrice en campagnehttps://lectriceencampagne.wordpress.com/2015/10/23/un-hiver-de-glace-daniel-woodrell-rivagesnoir-traduit-par-frank-reichert/   – a également servi de base à un film (sorti en 2011 de Debra Granik – que je n’ai pas vu – http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/winter-s-bone.html.

Très beau roman qui donne envie de lire d’autres livres de l’auteur (dix – sans tenir compte des recueils de nouvelles).

L’histoire d’abord : Ree Dolly, 16 ans vit au fin fond de la région paumée des Ozarks (Missouri du Sud / Arkansas du Nord) avec ses deux jeunes frères et sa mère devenue (un peu folle et incapable de s’occuper des enfants). Son père, Jessup, connu pour ses dons en fabrication de cocaïne (la vallée semble être le paradis des laboratoires fabriquant de la méth…), les a laissé un jour, promettant qu’il allait revenir avec de l’argent et de quoi manger, mais il tarde à revenir. L’hiver rude se pointe….

« Les nuages semblaient s’émietter sur les pics distants, masses noires moutonnantes qui se déchiquetaient sur les sommets pour pommeler le ciel bleu de lugubre. Une ouate gelée commençait à tomber, non pas sous la forme de flocons ni de pluie, mais de petits tampons blancs qui éclaboussaient comme des gouttes en attérissants sur la neige et gelaient aussitôt en la recouvrant d’un vernis miroitant…. » p.69)

….et le sheriff annonce à la famille que Jessup avait hypothéqué sa maison pour payer une caution. A défaut de se présenter au tribunal (le jour de son procès dans une affaire de stup’), la maison sera saisie et la famille de Ree expulsée. La fille délurée va donc se mettre à la recherche de son géniteur dans une vallée habitée depuis des décennies par toute une floppée de membres de la famille qui ne se montrent pas plus clément que l’hiver avec ses griffes de froid.

Woodrell centre son récit 212 pages (en version poche/ Rivages) sur la quête – que je désignerai plutôt comme un chemin de croix – de Dolly. Belles descriptions de la contrée, de la nature et un tableaux attristant de la pauvreté (d’un quart-monde) et des laissés pour compte du capitalisme galopant dans des recoins reculés des States. La méfiance des amis/oncles de son père face à la « fouineuse » obstinée qui veut un peu trop savoir ou son père « se cache » se transforme lentement mais inexorablement en  hostilité butée (vive la loi du silence !!) … et Dolly va devoir affronter bon nombre d’épreuves ….

Traduction formidable par Frank Reichert (c’est lui aussi qui avait traduit « L’Hiver de Frakie Machine » – de D. Winslow et signe en tant que scénariste de BD sous le pseudonyme de Frank).

Pour finir encore un petit passage de ce néo-romantisme rurale :

« Amour et haine se tiennent toujours par la mai, de sorte qu’il tombait sous le sens que des gens mariés un peu chamboulés pussent de temps en temps confondre l’un et l’autre au petit matin et qu’il en résultât un sein meurtri ou un nez qui pissait le sang. Mais qu’on pût récolter des dents ébréchées ou des brûlures de cigarettes au poignet à se rouler librement dans le foin avec un inconnu tendait à démontrer tourte l’immensité de la stupidité qui infeste ce monde ». (p. 52)

Cela n’a rien à voir, mais afin de comprendre un peu le choix de l’éditeur pour la traduction du titre (en anglais « Winter’s Bone » – ce titre non traduit a été choisi aussi au moment de la sortie du film  (en effet le roman est très cinématographique avec une économie de moyens impressionnante) j’ai fait une recherche sur internet ….et suis tombé sur une autre signification assez surprenante pour moi :

Urban Dictionary : http://www.urbandictionary.com/define.php?term=Winter%27s+bone

A winter’s bone is a sexual act in which the giver enters the talent from behind while holding a snowball (connoisseurs prefer one composed of lightly-packed, freshly-fallen Park City snow) against the small of the partner’s back. Body heat will cause the snowball to melt, and the ice cold water will trickle down to where the deal is being done. For an increased degree of difficulty, the producer can forgo the snowball and plunge his junk into a snow bank after several thrusts for the same chilling effect. Real pros know the perfect count is seven thrusts between dips in the snowpack….

Par ailleurs, ce n’est pas à confondre avec le « snowballing » (boule d neige, une pratique sexuelle qui consiste à faire passer le sperme d’une bouche à l’autre…. (Wikipedia)

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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Un commentaire pour Glace en hiver

  1. Merci pour le lien ! Et contente que tu aies aimé ce livre. J’avais lu « Un feu d’origine inconnue » (éditions Autrement ) qui m’avait enthousiasmée; j’ai commandé d’autres titres, très bel auteur

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