Mon Roi

Dans la série du soutien au cinéma français subjugué par Vincent Cassel.

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Sortie entre amis et visionnage (après avoir « décidé » ce soir contre Woody Allen) de « Mon roi » de Maïwenn, film remarqué à Cannes par le prix d’interprétation attribué à Emmanuelle Bercot, la femme dévorée par ce croqueur de dames inconstant qu’est Vincent Cassel, impérial, dans ce film.

N’en déplaise au Huffington Post (Adèle Bréau) qui écrit : « … Une femme qui fait un film de gonzesses, où une quadra un peu perdue s’entiche d’un salaud ordinaire (et d’ailleurs, qu’est-ce qui nous dit que ce pauvre Cassel n’a pas morflé auprès de cette dingue qui pleure et crie tout le temps?) sans même parvenir à le quitter…..Est-ce finalement pas le sujet de « Mon roi » lui-même qui dérange un public masculin bousculé par ces jérémiades jugées hystériques pour une simple histoire de cœur subie sans que ces messieurs comprennent bien comment ni pourquoi? Filmée par une femme, une histoire d’amour passionnée serait-elle alors réduite à un mauvais épisode de « Sous le soleil »? Allez, peut-être nous faisons-nous des idées. Cessons toute hystérie. Et foncez voir « Mon roi », sait-on jamais, ça pourrait vous plaire. Si vous êtes une gonzesse » – je ne suis pas une gonzesse, mais j’ai aimé ce film…. et je ne trouve pas que la « gonzesse » ne fait que pleurer et crier tout le temps….

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Une avocate d’un trentenaire finissant tombe – après un divorce qui l’a laissé passablement ébranlée – passionnément amoureuse d’un mâle animal (argenté et flambeur), « roi des connards », charmeur, manipulateur, menteur, infidèle et vivant à cent à l’heure. Elle va fonder un « foyer » avec lui et avoir un enfant….. mais va devoir composer avec ce mec imprévisible (il joue émotionnellement les montagnes russes : lundi je t’aime, mardi tu me fais chier, mercredi je veux un enfant de toi, jeudi j’étouffe….) …

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Le film débute par un accident de ski (lors duquel elle va se casser le « je-nous ») et la période de reconstitution-réparation de son « je-nous » (station balnéaire genre Berck)  pendant laquelle elle se liera à une bande de d’jeunes lui donne le temps et le loisir pour repenser au craquage de son mariage…. C’est donc un va-et-vient entre le « présent de reconstitution de soi » et des flash-backs en scènes alternées….manière d’aérer le récit d’une descente aux enfer par une brise de la mer du Nord.

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Certes le film est un chouia trop long (quelques scènes auraient facilement pu être coupées), les scènes de « repos » au centre de réhabilitation sont un peu trop « clean » et peut-être même en trop grand nombre – avec un Norman (THE Norman) pas très convaincant et des jeunes banlieusard un peu trop cliché à mon goût -) mais le chemin de « croix » de la femme est plutôt convaincant tiraillé entre son désir, son amour et l’intellect qui lui dicte de quitter cet homme « toxique », ce qu’elle tente quand-même tout en étant désarmée et aimantée par ce Séducteur plus grand que nature qu’est Vincent Cassel, magnétique (et parfois j’ai eu l’impression que c’est finalement lui qui est au centre et pas E. Bercot.

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Maïwenn – qui pour une fois n’apparaît pas à l’écran – filme (comme d’hab’ je dirai) – avec ses tripes. Dans la dernière scène (forte) la caméra caresse carrément le visage, les oreilles, les yeux, les mains, la nuque de Cassel, après dix ans de ups and downs, de pleurs et de joies, avec un amour et un désir que j’ai ressenti entièrement intact…. On aurait pu penser que Maïwenn va condamner, jeter aux orties ce félin, mais non, il y a ce regard de la femme d’une douceur infinie teintée de désir…. D’ailleurs cette scène de fin a divisé notre groupe … les uns y voyant le regard apaisé sur le constat que l’amour n’est pas possible et que la femme a trouvé un moyen de vivre sans ce mec, les autres la possibilité d’un regret de le voir partir, les braises encore intactes prêtes à se rallumer, de l’impossibilité de se reconstruire sans des cicatrices qui s’ouvrent sans cesse….. (un  véritable clivage Hommes – Femmes dans cette perception divergente).

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Comme d’habitude une critique bien ficelée de Critikat (même si je ne partage pas la sévérité – tout en comprenant les points évoqués, que j’ai toutefois mis sous le tapis en tant que spectateur…

http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/mon-roi.html

Mention très bien par ailleurs aussi à Louis Garrel (il joue le frère de l’avocate) qui distille un contrepoint bien réussi face au mâle souverain de Cassel.

A propos lorenztradfin

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2 commentaires pour Mon Roi

  1. Ce film ne me tente pas même si je perçois parfaitement le jeu subtil de Vincent Cassel, très bon aussi dans Black Swan. Bravo d’avoir su en parler. Et j’ai vu le Woody, sympathique, bien écrit (très bons dialogues, bien filmé) mais pas un de ses meilleurs. Enfin, je dois dire que Joachin Phoenix a de beaux restes… (humeur songeuse)

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