Perfidia

Résumé sur le site des Editions Payot (http://www.payot-rivages.net/livre_Perfidia-James-Ellroy_ean13_9782743632588.html)

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Perfidia inaugure le second Quatuor de Los Angeles, prélude au premier, encore plus ambitieux et qui reprend ses personnages devenus célébrissimes à l’époque de leur jeunesse. « C’est mon roman le plus ample, le plus détaillé sur le plan historique, le plus accessible sur le plan stylistique, et aussi le plus intime. Plaintif, mélancolique, il plonge dans la trahison morale de l’Amérique au début de la Seconde Guerre mondiale, avec l’internement de ses citoyens d’origine japonaise. Une histoire épique et populaire de Los Angeles en décembre 1941. Ce sera du jamais-vu », promet Ellroy.

Télérama : Des intrigues proliférant comme des cellules folles. Des crimes abominables, des extorsions, des trahisons, des mensonges racontés selon des points de vue multiples et fuyants. Des personnages par dizaines, certains réels, certains inventés, certains revenant avec force de ses anciens livres. Une ambiance étouffante, paranoïaque et un décor inédit : le Los Angeles d’avant sa naissance, basculant dans la panique et la surexcitation, le 7 décembre 1941, quand les Japonais attaquent Pearl Harbor.

En effet, il n’est pas aisé de résumer ou rendre compte des 828 pages de cet opus qui part à 100 à l’heure et nous permet de suivre 4 petites semaines – 6/7 au 29 décembre 1941 – depuis l’attaque de Pearl Harbor https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaque_de_Pearl_Harbor par les japonais et la folie qui s’empare des américains à partir de ce moment …

Avalanche glauque et poisseuse d’événements dans le sillage de Pearl Harbor avec un suicide (ou l’assassinat rituel (?)) d’une famille japonaise à la clé – la réponse à la question quasiment à la fin – Perfidia nous permet de côtoyer Hideo Ashida, un officier nippo-américain du Los Angeles Police Department (LAPD) dans les rets du racisme anti-japonais; William H. Parker (1905-1966) – un policier qui a vraiment existé; Dudley Smith, irlandais, flic pourri qu’on a déjà croisé dans le passé dans d’autres romans de J.E. (« L.A. Confidential »; « White Jazz ») et qui adore la benzédrine et l’opium, ainsi que les femmes (il sera – entre autres – dans les draps de l’actrice Bette Davis…. http://chicvintagebrides.com/index.php/style-icon/style-icon-bette-davis/ .) – …plein d’autres personnages comme Kay Lake (la femme fatale  qu’on peut retrouver dans « Dahlia Noir ») ) et last but not least  la ville L.A. ainsi qu’une ribambelle de (gangs) chinois, des metteurs en scène de films pornographique, des eugénistes et autres groupuscules nazies….ou enfin J.F. Hoover

https://fr.wikipedia.org/wiki/J._Edgar_Hooverhttps://fr.wikipedia.org/wiki/J._Edgar_Hoover

L’écriture est un peu moins frénétique que dans d’autres livres de l’auteur, moins de documents texto et ou extraits de journaux, ses « phrases » (il manque souvent un verbe) sont devenues encore plus courtes et -surtout –  rapides…. les chapitres passent en un éclair d’un personnage à l’autre, parfois en spirale, parfois en reprenant un bout de la scène précédente pour donner un éclairage différent, du point de vu d’une autre personne….

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Ce n’est pas du tout de repos, il faut rester alerte pour suivre…. c’est comme une douche glacée après une journée chaude….

« Ils déambulent et discutent interminablement. Ils tapotent des planches anatomiques et fument dix mille cigarettes. Ashida les observe. Deux interlocuteurs hargneux. Le Chinois qui vend des têtes réduites et le Juif de gauche.

Rachat de propriétés, chirurgie esthétique, calomnies xénophobes. Flics voyous, attaques de sous-marins, un massacre perpétré par une meute de lyncheurs . Des téléphones publics…. » (p.751)

Certaines scènes sont drôles – ainsi la vision de « Citizen Kane » (O. Welles) : « Ce film de crétin….Le film n’en finit plus. Il est aussi long que l’Ancien Testament. ….. ça se termine. C’est la chute du grand Cane. Sa vie aura été une danse effrénée sur un tas de fumier. Tout ça à cause d’une saloperie de luge de môme. ….(p. 703)

Tout à fait d’accord avec l’extrait de blog ci-dessous :

http://lebloglivres.nicematin.com/2015/05/james-ellroy-est-%C3%A0-bastia-le-8-mai-pour-une-rencontre-%C3%A0-17-heures-au-th%C3%A9%C3%A2tre-municipal-entr%C3%A9e-libre-il-y-a-une-sor.html

James Ellroy empoigne une dizaine de personnages et les fait vibrer durant 830 pages. On le connaît maintenant : sa narration ne supporte pas le temps mort. Outre les 24 jours de Perfidia, il se permet d’avancer heure par heure, du commissariat, à l’hôtel de ville, aux studios hollywoodiens, au quartier des Watanabe… Immensément romanesque, Perfidia a pour lui ce souffle de l’histoire que l’on a connu dans la trilogie Underworld : on y croise Joe Kennedy, Bette Davis, le maire de Los Angeles, celui de New-York (La Guardia !) et évidemment cette crapule de Hoover. Cela pue la documentation gigantesque, les piles de dossiers !

Qu’est-ce qu’apporte ce nouvel opus d’Ellroy ? Une vision encore différente de l’Amérique. Un autre angle. Et beaucoup de questions sur, finalement, ce que c’est que d’être Américain ! Quand les communistes sont chassés, les Japonais emprisonnés, l’antisémitisme même plus rampant et la paranoia bien installée. Depuis trente ans, l’auteur foule aux pieds le rêve ricain et le rêve hollywoodien. Mais, il  y a les femmes. Personnages bien plus centraux que l’on ne croit dans ses romans. Kay Lake, insaisissable, intelligente, désirable… et versée sur le communisme. Enfin, du moins le croit-on. Kay Lake, une femme comme on en croisait dans la trilogie Underworld, une femme pour laquelle ils sont nombreux à se damner. Kay Lake que l’on devine au coeur de ce quartet, magistral, à venir.

Rarement une phrase de plus de 2 lignes – j’ai maintenant besoin d’un peu de calme – relatif – et des phrases un peu plus longues …. (je lirai entre autres « Seuls sont les indomptés » de E. Abbey)…. Finalement une curiosité – qui réussit toutefois magistralement de restituer une ambiance…..

A propos lorenztradfin

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3 commentaires pour Perfidia

  1. CultURIEUSE dit :

    Oh Edward Abbey de « Désert solitaire »?

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  2. Il est déjà sur ma liste, Ellroy. C’est vrai qu’avec lui, faut s’accrocher; certains bouquins, je n’ai pas réussi à tenir jusqu’au bout. Le Dahlia noir reste pour moi le grand Ellroy, mais plusieurs amis m’ont dit que ce Perfidia était très bon, et tu confirmes…Néanmoins je vais attendre un peu, la chaleur ralentit considérablement ma lecture…
    Abbey, oui, celui-ci sera bien pour l’été je crois, l’Abbey du Gang de la clé à Mollette et du Retour du même gang, Culturieuse ! 🙂

    Aimé par 1 personne

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